LA CHRONIQUE

CHARGES FISCALES ET FRAUDES A GOGO!!

Et le procureur d’ajouter: “Que serait une Justice à deux vitesses, qui accor-derait aux politiques une impunité, refusée aux autres citoyens.” Indignés, les Libanais, se de-mandent: à l’âge de l’informa-tion instantanée, rien, désormais ne manque pour appeler les choses par leur nom. Face à la flambée de scan-dales qui embrase d’un bout à l’autre l’administration publi-que, un S.O.S. à l’adresse de la Justice, s’avère impératif. La seule capable de rétablir la vérité et de s’attaquer à la corruption qui sévit dans presque tous les services publics. Elle n’a pas d’autre choix. C’est son rôle, sa place et son pouvoir d’enquêter et de punir. Puisse-t-elle passer à l’action! A en croire le procureur général, le juge Adnan Addoum, l’année 97 sera l’année de la lutte contre la corruption. Nous voudrions bien le croire. Il en serait temps!

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Les maîtres-queux des finances publiques nous servent, sans vergogne, au quotidien, une bonne cuisson de charges fiscales, quitte à nous les faire ingurgiter, aussi aigres soient-elles, alors que le chef cuistot nous prépare sur un autre coin du fourneau, d’autres menus non moins désagréables. Les nouvelles majorations des tarifs de l’électricité, et du télé-phone, des transports en com-mun, de la Mécanique, ajoutées aux autres impôts déjà en vigueur, sous prétexte d’alléger les déficits budgétaires, ne font en réalité qu’appauvrir un contribuable acculé à subir les abus d’une politique fiscale de plus en plus insupportable. Il est vrai, qu’en démocratie, le citoyen n’est pas dispensé de ses obligations vis-à-vis du Fisc, à condition cependant que les charges soient réparties en fonction des moyens de tout un chacun. Comment ne pas comprendre la colère d’une société telle que la nôtre? Confrontée à des difficultés économiques accu-mulées et insurmontables? Comment prôner la paix sociale, quand la démocratie, armature indispensable à toute politique sociale est menacée par ceux-là mêmes qui se réclament en être les dépositaires exclusifs? Quand elle est soumise aux impératifs absolus d’une caste de privilégiés qui statuent et légifèrent en son nom? Alors que seules les réformes cohé-rentes et équitatives sont légi-timées en démocratie; aujour-d’hui, ici et ailleurs? Certes pour y aboutir, il faudrait réduire au maximum, les dépenses budgétaires, les prélèvements inutiles et les dérapages. C’est l’unique voie qui assure la croissance et la prospérité, toutes deux anémiées au Liban. Les responsables du Fisc devraient, au lieu de s’exercer à inventer des surcharges favo-risant les plus puissants au détriment des plus faibles, présentées à l’opinion comme étant le seul moyen possible pour remédier à la crise, feraient mieux de freiner la corruption rampante dans l’archipel des Finances, sous le nez de ceux sensés en être les gardiens astucieux et fidèles.

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La marginalisation des hommes jugés capables de mettre sur les rails une politique financière et socio-économique actuellement réservée au lobby financier au pouvoir, n’offre guère de possibilité au redresse-ment du Liban, catégorisé parmi les retardataires. Précarité qui frappe, non seulement les institutions et leurs infrastruc-tures, mais surtout ceux qui auront à supporter en guise de panacée, les maux laissés en souffrance, en quête d’un traite-ment efficace, et de paravent au laxisme régnant à tous les niveaux et dans tous les domaines de la vie publique, ainsi qu’à la pousée vertigineuse des inégalités, avec toutes leurs ambiguïtés et leurs revers. Ce qui, en d’autres termes, signi-fierait, l’établissement d’une “société modèle” fondée sur la paupérisation d’une société déjà en malaise, au profit des ma-gnats financiers, et ce, à l’insu d’une majorité qui, consciente de l’imposture qui l’entrave, réclame incessamment la mise en vigueur d’un système fiscal plus juste, qui lui permettrait incontestablement de sortir de l’étouffoir où elle est condamnée à vivre “sine die”. Les Libanais en ont assez avec la politique de l’impro-visation hasardeuse et ses travers faisant fi des priorités servant de matrice à tout système financier ou fiscal, qui s’apparente le mieux à la réalité, capable d’enclencher une nouvelle dynamique créatrice d’emplois stables et équitatifs, répondant aux nécessités présentes et futures.

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L’héritage du prochain gouvernement est lourd et sa crédibilité court de grands risques à son corps défendant, car il devrait se pencher, entre autres, sur le problème social, comme étant le grand chantier de l’avenir! Un pari non des moindres. Toutefois, trouvera-t-il un vaccin contre la corruption qui menace les piliers de la 2ème République? Et aura-t-il les coudées franches pour le faire?

“La justice n’a pas inventé la corruption, ce sont les politiques et leurs commis qui en font trop.”

Eric de Mongolfier Procureur de Valenciennes.

José M. LABAKI.