SATURNALES
...”SANS GRAISSER LE MARTEAU”
Une anecdote, un peu féroce circule actuellement au Liban, après le scandale des Finances, qui porterait sur quelques 20 milliards de livres libanaises disparues, on ne le sait en un an ou plus. De bouche à oreille, on répète la plaisanterie suivante: “Il y a deux sortes de Libanais: ceux qui donnent des pots-de-vin et ceux qui les prennent...” Cette expression est caricaturale et il existe une troisième catégorie qui crève de faim et ignore donc les paiements sous le manteau. Le Cabinet s’en va donc, laissant en sillage de gros scandales politico-financiers, avec la valse des milliards se balladant, semble-t-il, entre différents ministères. Comme la plupart des enquêtes menées dans les Républiques bananières, la disparition des deux principaux suspects ralentit les investigations. Mais on trouvera bien quelques boucs émissaires: Un sous-sous-sous chef de service, un adjoint à l’assistant de l’inspecteur, un comptable-assistant du remplaçant du caissier, etc... Néanmoins, le Libanais sait fort bien comme le dit le “Petit Jean de Racine: “On avait beau heurter et m’ôter son chapeau “On n’entrait point chez nous sans graisser le marteau...”
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LA NUIT DU PHENIX ET LE COURROUX DU CIEL
Ce dimanche 13 octobre n’a pas porté chance aux organisateurs de “La Nuit du Phenix”. Mettons tout de suite hors de cause l’artiste François Melchior qui, lui, a pleinement rempli son contrat. Les organisateurs, s’ils ont joué de malchance quant à la météo ont aussi prouvé leur incompétence. Quand on reporte deux fois, pour n’importe quelle raison que ce soit, un spectacle, il faut prévoir avant tout le remboursement des personnes empêchées ou ne voulant pas se rendre à ce spectacle, à la nouvelle date comme si cela est “By Royal Command”. Or, il n’y avait aucun responsable, côté financier, qui assumait ce rôle. Tous avaient disparu. Trempés jusqu’à la moelle, les spectateurs sont repartis avec des rhumes et bronchites, quand cela n’a pas été plus grave. Il existe des spectacles en plein air dans le monde entier. Et même en août, les organisateurs prévoient “le courroux du ciel”, les intempéries et la pluie. Ainsi, au célèbre concert Pavarotti à Londres et au Festival d’Edimbourg (en plein été), on avait prévu la vente de parapluies, d’imperméables disponibles en nylon, de capes en plastique etc... Et il a plu! Ici, rien de tout cela, la pluie aidant, le plus grand désordre a régné: les possesseurs de cartes à 50$ s’installant n’importe où, puisque leurs places étaient indûment occupées par les détenteurs des billets de 10$... Une pagaille, comme on les connaît au Liban! “La nuit du Phénix”? Sans doute pour le Liban. Mais certainement à repenser pour les organisateurs amateurs!
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QUAND “MICHKA” ET L’URSS ONT CONTROLE LES CIEUX!
Peut-on contrôler la Météo et le Ciel? Oui, si l’on est la toute puissante Union Soviétique! Lors des Jeux Olympiques d’été à Moscou, mon époux alors ambassadeur du Liban en URSS et moi-même attendions avec impatience le Jour J, le 19 juillet 1980, qui marquait l’inauguration des Jeux. A notre réveil, le ciel gris et maussade avec de gros nuages laisse prévoir un orage imminent. Des orages, comme seuls le sont les orages d’été moscovites et qui peuvent durer des heures et des jours. Soudain vers 11 heures, les chancelleries diplomatiques sont alertées par un bruit d’avions et de chasseurs militaires tourbillonnant dans les airs. D’ambassade en ambassade, on se demande si la situation en Afghanistan a empiré, si la sécurité de Moscou est en péril, si...si...si.... Déjà, l’atmosphère politique et diplomatique n’est pas très brillante, en raison du boycottage des Jeux par de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la République fédérale allemande (d’alors), de l’Australie etc.... Au bout d’une heure d’interrogation, l’ambassade des USA donne l’explication du phénomène: les avions chasseurs et autres ont pour mission de chasser... les nuages, en provoquant un courant d’air et en distillant un gaz (je ne sais plus lequel) pour éclaircir l’atmosphère, jusqu’après la cérémonie inaugurale des Jeux Olympiques. En fait, mission accomplie et réussie pour le ballet aérien, qui se retire à l’heure dite pour laisser place à un des plus beaux spectacles réalisés pour les Jeux. La mascotte de ces Olympiades, un magnifique ours brun, surnommé “MICHKA” descend d’un ciel illuminé alors que la musique retentit au son de “l’hymne à la Joie”, suivi de l’hymne spécial composé en l’honneur des Jeux de Moscou, sous un ciel des plus clairs. Inoubliables olympiades, puisque le Libanais Hassan Beshara, remporte la médaille de bronze en lutte gréco-romaine, catégorie super-lourds. Il monte sur le podium alors qu’éclate l’hymne libanais et que le drapeau frappé du Cèdre flotte au mât. C’est aussi au cours de ces mêmes Jeux, que le collègue de mon époux, l’ambassadeur d’Espagne en URSS, Don Juan Antonio Samaranch est élu président du Comité Olympique International. Le meilleur cadeau pour l’anniversaire, de ses soixante ans!
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“LE SUFFRAGE DES ELEVES RATIFIE PAR CELUI DES PROFESSEURS”
L’exercice de la démocratie commence à un très jeune âge. Ce n’est pas lorsqu’on atteint les 20 ou 21 ans que l’on commence à y penser. C’est fidèle à cet esprit qu’au pensionnat du Sacré-Cœur (Fondation Madeleine Sophie Barat), le Grand Prix d’Excellence est décerné, non pas par les professeurs, mais bien “par le suffrage des élèves ratifié par le celui des professeurs”, selon la formule consacrée. Deux semaines avant la distribution des prix, les élèves de la classe de cinquième, jusqu’à celle du BAC, Deuxième partie, comme on l’appelait, c’est à dire les Terminales, se réunissent en collège électoral dans la grande salle d’études. Des enveloppes sont distribuées à toutes les électrices. Il est vrai qu’elles sont aux environs de 150 étudiantes, seulement. Les noms des candidates une dizaine, toutes appartenant aux Terminales sont affichés sur le tableau et lus à voix haute. On donne aux élèves cinq minutes pour réfléchir. Puis, les enveloppes anonymes bien fermées, sont déposées dans une urne devant toutes les personnes présentes, professeurs et élèves. Quelques espiègles glissent des noms à la “Coluche”, mais l’élection est prise en général très sérieusement. Le dépouillement des bulletins a lieu devant tout le monde et sur-le-champ. Le jour de la distribution des prix, l’annonce solennelle est ainsi faite: “Le Grand Prix d’Excellence est décerné à Mademoiselle... D’après le suffrage des élèves ratifié par celui des professeurs”. Quel plaisir et quel bonheur pour les jeunes électrices âgées de 12 à 17 ans, de voir leur candidate couronnée d’une superbe couronne de roses roses ou blanches et chargée de très beaux livres d’art. C’est ainsi qu’on apprenait la “démocratie” chez les Dames du Sacré-Cœur. Ne pourrait-on reprendre cette expérience dans les collèges du Liban? Se trouvera-t-il des éducateurs pour faire crédit aux jeunes?
MARY YAZBEK AZOURY.