LA CHRONIQUE
L’AUTRE POLITIQUE
Depuis son avènement, la 2ème République, n’en déplaise à ses tenants, ne fait que gaffer. Elle déraisonne de plus en plus. Elle ne fait que pomper dans les portefeuilles des Libanais, le peu qu’il leur reste, sans leur offrir en échange de ces ponctions, le moindre avantage. Le paradis fiscal dont elle rêve, est une arme à deux tranchants. Seule une politique de l’emploi, peut créer un marché de travail stable et de longue durée. Seule une administration refondue et assainie est en mesure de prendre en charge la reconstruction d’un Liban à refaire. Il ne sert à rien d’imposer à une société en déprime telle la nôtre, des contraintes inutiles.
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Depuis longtemps, les Libanais ont le moral par terre. De troublantes interrogations quant à leur avenir, les inquiètent. C’est d’une nouvelle voie, d’une autre politique qu’ils ont besoin. D’une politique plus rigoureuse certes, mais surtout plus dynamique, plus avertie, plus ouverte. Il va falloir avancer le calendrier, pour leur donner les moyens d’affronter les problèmes qui les affectent et qui, cependant, restent sans solution. C’est d’ailleurs, la meilleure carte que devra jouer le futur gouvernement, le meilleur champ à exploiter dans un temps où laxisme et corruption se disputent la priorité en l’absence d’une vision d’avenir, d’une politique de rechange capable de prendre la relève. C’est l’unique arme qui assurerait aux Libanais les moyens de faire face à l’inflation galopante, aux déficits socio-économiques qui n’en finissent pas de se creuser. C’est là où le bât blesse le plus.
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Néanmoins, seront-ils acculés à se résigner, quoiqu’il advienne, à la politique du laisser-faire, du laisser-aller, dérivant vers l’inconnu? L’économie n’étant pas encore relancée; l’inflation n’étant pas vaincue; le pouvoir d’achat étant plus régressif que jamais; la politique sociale inexistante; celle de l’enseignement torpillée, malgré les efforts inouïs déployés par l’astucieux ministre de la Culture et de l’Enseignement supérieur; celle de la Santé demeurant insuffisante, en dépit des réalisations notables de son ministre M. Marwan Hamadé. Et de surcroît, malgré une administration vivant à l’âge de toutes les désuétudes et corrompue jusqu’à la moëlle, l’on persiste à croire que la paix sociale est rétablie, la confiance aussi, et que la réforme est possible! C’est ce cercle vicieux qu’il faudrait rompre. Le temps des débats cornéliens est révolu.
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Toutefois, pour sortir de l’impasse, il faudrait un système de protection sociale qui soutient la consommation. Faute de croissance, le système actuel s’avère incapable d’endiguer les tensions inflationnistes œuvrant à son encontre. On le perçoit au comportement des ménages et des entreprises. Le chômage progressif, et la baisse vertigineuse de leur pouvoir d’achat les incitent à s’alarmer plutôt que d’investir et de consommer. C’est ce cap qu’il faudrait franchir, en regardant en face les causes de leurs déficits. On n’efface pas les traces profondes de dix sept ans de guerre, en retombant dans les mêmes erreurs du passé, pour lever la chape de plomb qu’on a mise sur l’économie. Ne nous leurrons pas, des réformes en trompe l’œil, on en a marre!
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Le Liban a besoin d’une politique qui favoriserait la Justice sociale, qui rendrait plus équitative la distribution des revenus, une justice sociale dont le contenu, dépendrait de l’idée que l’on se fait de celle-ci et à quel prix elle doit se faire. Puisqu’en définitive, c’est elle qui encouragerait les Libanais à avoir confiance en leurs dirigeants, qui attendent de leur part, autre chose que des discours et des calculs d’apothicaire. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de renforcer à tout prix une action commune, étroitement liés que nous sommes à la mondialisation dans tous les domaines et à tous les niveaux; à la modernité qui avance à toute allure, et ce, sous l’égide d’une démocratie libérée de tous les vices du siècle finissant.
“Si les politiciens s’emploient à exploiter les circonstances, c’est aux observateurs qu’il incombe, d’en trouver pour chacune, une explication, Soyez présents”.
Le Pape Paul VI à la Presse couvrant le Concile Vatican II.
José M. LABAKI.