EDITORIAL

Par Melhem KARAM

AU PROCHE-ORIENT PAS DE PAIX ET PAS DE CONFIANCE AU LIBAN!

Quiconque entend parler de l’équation entre l’extrémisme et la modération, croit que la balance est tenue de manière à différencier le droit de la vanité. Qui entend dire que le plateau de la modération l’emporte sur celui de l’extrémisme, croit que les gens se rapprochent quelque peu des droits de l’homme. La réalité diffère de cela. Car le comportement avec l’équation de l’extrémisme et de la modération entre, contrairement à toutes les règles et les descriptions, dans le labyrinthe de l’humeur, de l’arbitraire et de l’interprétation dont l’espace s’élargit. Galbeddine Hikmatyar, le musul-man extrémiste, devient certaines fois modéré… le jour où les «Taliban» se transforment en mouvement extré-miste. Puis, les «Taliban» deviennent acceptables en dépit de leur extrémisme… parce que Galbeddine Hikmatyar est devenu incapable de servir, en raison de son échec dans certains domaines et parce qu’il a dévié de la bonne voie, en accordant le refuge à ceux qui peuvent porter préjudice aux intérêts américains. On fait, alors, appel aux «Taliban» qui récitent les prières sur son âme au moyen des armes lourdes. Qui dans le monde dépasse Benjamin Netanyahu en extrémisme? Que n’a fait Netanyahu et que n’a-t-il pas dit? Qui a échappé à son extrémisme? Même les lieux de culte en ont eu leur part. Il a dit au président US, comme pour s’en vanter, qu’Israël se préparait en vue d’un essor économique pouvant lui permettre de se passer de l’Amérique. Et au président français, il a dit qu’il ne veut pas donner un rôle à la France dans le jeu du Proche-Orient. Bien plus, il a clairement précisé qu’il est interdit à Hervé de Charette, ministre français des Affaires étrangères, de visiter la «Maison d’Orient» à Jérusalem, parce que cette visite affecte la souveraineté israélienne sur la Ville sainte. Exactement, comme la fermeture du tunnel jouxtant la mosquée Al-Aqsa. De Washington à Eretz, Taba et Eilat, le résultat est nul. A cause de qui? A cause de l’intransigeance israélienne qui veut qu’Israël du Likoud renie tout ce qu’Israël du parti travailliste a signé et promis… Comme si le Pouvoir n’était pas continuité dans ce domaine précis, en dépit de la succession des gouvernements. Puis, qui sait? Netanyahu pourrait pénétrer demain… pour n’importe quel motif… dans les territoires arabes occupés portant désormais le nom de «territoires autonomes», tout en restant occupés… du moment que le veto américain couvre l’Etat hébreu au Conseil de Sécurité. Et en assimilant son agression à une «erreur» qui ne mérite pas d’être condamnée même si, de l’avis de la France et de l’Europe, elle mérite d’être examinée en prévision de la condamnation. Des choses incompréhensibles parce qu’elles contredisent la logique… et même la continuité politique. Cependant, la politique se perpétue sans règles, ni moyens, hormis les règles des intérêts et les moyens de les préserver. Barazani occupe Irbil avec l’appui de Bagdad. Qui l’aurait dit? Et Bagdad y trouve l’occasion de liquider ses comptes avec l’opposition irakienne… kurde et non kurde. Chez nous, il y a la troïka. Seule leur présence au Pouvoir rassemblent les présidents. Ainsi qu’il a été dit sur Arafat et Netanyahu le jour où ils participaient au sommet de Washington… Des paroles complaisantes ont été prononcées en Europe dans ce domaine. Il a été dit qu’ils s’accordaient sur une chose, à savoir: leur présence à la Maison-Blanche. Chez nous, il existe bien des maisons… de Baabda, à Aïn el-Tiné et Koraytem. Des maisons-palais, car chaque président de la troïka doit être le maître d’un palais. Nul n’étant meilleur que l’autre. Du moment que le premier est élu pour six ans; le second, pour quatre et le troisième étant appelé à se succéder à lui-même. N’est-ce pas ce qu’a dit Al-Moutanabbi à Seif el-Islam? Ceci est important. Mais le plus important est que chaque tête contredit l’autre. Il s’agit d’intérêts qui s’ouvrent sur trois sièges et trois tribunes. Le Pouvoir est paralysé… de l’expédition des affaires courantes à la législation. Le jour où les trois têtes s’accordent, des points d’interrogation sont soulevées. Effectivement, qu’est-ce qui s’est passé entre le Conseil constitutionnel et le ministère de l’Intérieur? Est-il vrai que le ministère n’a pas communiqué au Conseil les documents requis pour lui permettre de statuer sur les recours en invalidation des élections, ces documents étant censés se trouver dans les armoires du ministère? Le Conseil constitutionnel a tenu à ce propos des paroles qui ne cicatrisent pas les blessures, le jour où le ministre de l’Intérieur a dit que son ministère n’était pas au service du Conseil constitutionnel. Qui vivra verra. Les arrêts dudit Conseil concernant les recours en invalidation pourraient changer les conditions de vie des gens, quant à celui qui dispose des affaires de ce temps. Cependant, le jeu reste celui des têtes, en définitive. Même dans les malversations des fonds publics. Les têtes tiennent des propos qui doivent être exécutés et ces derniers diffèrent parfois de ceux qu’on attend… Puis, nous trouvons étrange d’entendre les gens dire de nous, que nous ne sommes pas dignes de confiance. Nous parlons de nous-mêmes et certains parlent de quelques autres. Nous disons aussi les uns des autres: Pas de confiance. Quelle confiance inspire un Cabinet ayant gouverné pendant trois ans… et se promet de revenir au Pouvoir pour s’y maintenir pendant quatre autres années? Jusqu’à l’an 2000, nous sommes à la merci des mêmes gens… Nous ne réagissons pas et eux ne prennent pas la peine d’agir! Quant aux élections, elles ont constitué un jeu de rassemblement. Une livre qui reste bien en-deçà de la limite minima. Une reconstruction sous le poids de laquelle ploie le Trésor, tant il est surchargé de dettes. Comme si celui qui bâtit d’une main détruit de l’autre. Car pour arrêter les destructions, il faut réactiver les roues de l’économie qui sont des roues de paix et de confiance. Or, au Proche-Orient, il n’y a pas de paix, comme il n’y a pas de confiance au Liban.