D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
LE NOUVEAU CABINET SERA LE 63ème DEPUIS 1943
Le nouveau Cabinet que M. Hariri a été chargé de constituer, sera le 63ème depuis l’avènement de l’indépendance en 1943, la première équipe gouvernementale ayant été formée par Riad Solh le 25 septembre de cette année. Neuf de ces gouvernements, n’ont pas rédigé de déclaration ministérielle pour obtenir la confiance de l’Assemblée sur sa base, pour maintes raisons. 670 ministres ont fait partie des soixante-trois Cabinets, 135 d’entre eux pour une fois. L’émir Magid Arslan a battu le record en ayant été ministre vingt-cinq fois; suivi de Philippe Takla (16 fois), Rachid Karamé (15 fois) et Joseph Skaff (13 fois). Fait à signaler: Rachid Karamé s’inscrit en tête de liste parmi les présidents du Conseil, charge qu’il a assumée à dix reprises; suivi de Abdallah Yafi (9 fois), Sami Solh (7 fois), Riad Solh et Saëb Salam (6 fois). Aucun chef du gouvernement n’a été renversé à la Chambre.
UN DEPUTE FIDELE A SON BLOC PARLEMENTAIRE
M. Abdel-Rahim Mrad, député et ministre (sortant) de l’Enseignement technique et professionnel, assure s’être conformé jusqu’au dernier moment, aux décisions du “Bloc du sauvetage et du changement” dont le chef de file était le président Salim Hoss. M. Mrad a dit encore qu’il s’est employé sans relâche, en vue d’amener MM. Hoss et Hariri à mettre sur pied une liste de coalition lors des récentes législatives, sans y parvenir. Enfin, il a laissé entendre qu’il prendra une décision à propos du bloc parlementaire dont il fera partie, après la formation du nouveau Cabinet.
POURQUOI CETTE CAMPAGNE EHONTEE DE JOUMBLATT?
Les milieux politiques se sont arrêtés longuement sur la campagne déclenchée par M. Walid Joumlatt, spécialement au discours qu’il a prononcé à l’Université américaine de Beyrouth, dans lequel il a présenté certains politiciens comme étant des “traîtres et des éléments stipendiés”.. De même, le leader druze a mis en garde contre ce qu’il a appelé “les pachydermes de la finance” qu’il a soupçonnés “de vouloir transformer l’AUB en paquet d’actions relevant de leur société financière”. PROGRAMME CHARGE POUR MARGIE SUDRE Un programme chargé a été établi pour le séjour au Liban, où elle est arrivée mercredi, de Mme Margie Sudre, ministre français de la Francophonie, qui inaugurera plusieurs institutions subventionnées par Paris. Ainsi, en présence de la Première Libanaise, Mme Sudre inaugurera l’Institut franco-libanais pour la réhabilitation et l’exposition du livre français. De même, elle confèrera avec le ministre de l’Information, avant de couper le ruban tendu à l’entrée d’un nouveau studio de Télé-Liban, auquel le gouvernement français apportera sa contribution matérielle et technique. Le programme de Mme Sudre prévoit des visites à Tripoli, Saida et, peut-être, à Nabatiyeh, si le temps le permet, à l’effet d’inspecter le bien-fonds devant servir d’emplacement au lycée que le président Chirac a promis de faire construire dans cette localité sudiste.
L’ENQUETE SUR LA CORRUPTION SERA MENEE A SON TERME
Au cours des consultations qu’il a effectuées avec les membres de l’Assemblée avant de confier à M. Hariri le soin de former le nouveau gouvernement, le chef de l’Etat a fait part de sa détermination à faire aboutir l’enquête sur la corruption administrative. Certains parlementaires rapportent que le président Hraoui a pris l’initiative de relancer les investigations, après les scandales découverts dans certains ministères ou organismes étatiques. Ce dossier ne sera fermé, apprend-on qu’une fois identifiés les coupables et leurs instigateurs. “Le président de la République, ajoutent les députés, insiste sur la nécessité d’épurer l’Administration officielle et de déférer les fonctionnaires reconnus coupables de malversations à la Justice pour recevoir un châtiment exemplaire”.
POURQUOI TELE-LIBAN A-T-ELLE REDUIT SES EMISSIONS EN FRANÇAIS?
Au cours de sa visite au Liban, le président Jacques Chirac s’est informé auprès des responsables des raisons ayant provoqué la régression de la langue française dans les émissions radiophoniques et télévisées. Il a demandé si cela avait quelque rapport avec la réorganisation de l’audiovisuel. Il lui a été répondu par la négative, ramenant ce fait aux possibilités financières limitées de Télé-Liban, celle-ci ayant utilisé, précédemment, le Canal 9 pour la diffusion des programmes en langue française. Après un long échange de vues à ce sujet, l’accord a été conclu sur le fait suivant: le gouvernement français assurera les possibilités matérielles et techniques, pour remettre en fonction le Canal 9. Par ailleurs, selon des sources parlementaires, la nouvelle législature aurait tendance à proroger son mandat de huit mois... On sait que le Conseil constitutionnel avait émis à ce sujet, un avis défavorable, estimant que la prorogation du mandat de la Chambre transgresse la Constitution.
FRANCHE EXPLICATION ENTRE HARIRI ET DALLOUL
A la suite de déclarations hostiles faites, dernièrement par M. Mohsen Dalloul, ministre sortant du Cabinet Hariri, le chef du gouvernement a multiplié ces jours-ci les rencontres avec son ancien collaborateur, dans le cadre de ses consultations parlementaires en prévision de la formation du nouveau Cabinet. Ces rencontres ont permis à M. Hariri de connaître les raisons ayant amené M. Dalloul à critiquer l’action gouvernementale, au cours de conférences de presse qu’il a tenues à son domicile de Ali An-Nahri (caza de Zahlé) durant le week-end. Mais on ignore encore si les deux hommes sont parvenus à normaliser leurs rapports et si M. Dalloul fera partie de la nouvelle équipe ministérielle, comme le souhaite le chef de l’Etat.
ON DIT...
- Que les observateurs s’attendent à la constitution de plusieurs blocs parlementaires dans certaines régions, chacun jouissant de son autonomie...
- Qu’une personnalité en vue a opposé son veto à une autre dont le nom a été cité pour faire partie du nouveau gouvernement.
- Que pour la première fois, des députés nouvellement élus sont accompagnés dans leurs déplacements et à la Chambre par une équipe médiatique chargée de couvrir leurs activités...
EN RACCOURCI
- Le chef du Législatif a accepté de présider la cérémonie d’ouverture du congrès scientifique national pour l’évaluation des résultats des législatives qui doit tenir ses assises les 16 et 17 novembre à l’hôtel “Marriott”.
- Les milieux officiels et politiques s’interrogent sur la véracité des rumeurs concernant les “scandales du sexe et de la drogue” dans lesquels sont impliquées des personnalités. De plus, ils se demandent si l’enquête menée autour de ces scandales atteindra son terme...
- Au moment où la limousine présidentielle s’est trouvée à la hauteur de la Résidence des Pins (près de l’hippodrome), le président Jacques Chirac a baissé la vitre pour saluer la foule massée sur les trottoirs, d’un large geste de la main... Ce qu’il n’a fait nulle part ailleurs au cours de sa visite au Liban.
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BANQUE AUDI LANCE 100 MILLIONS DE US$ D’EUROBONS DANS UNE PREMIERE EMISSION PRIVEE LIBANAISE A 5 ANS Banque Audi SAL vient de lancer avec succès une émission d’eurobons à 5 ans en levant 100 millions de US dollars sur les marchés financiers internationaux. Cette émission prévue initialement à 75 millions de US dollars, fut augmentée suite à la forte demande qu’elle a entraînée. Elle se place dans le cadre d’un programme EMTN (Euro Medium Term Notes) de 200 millions de US$, régi par les lois de l’Etat de New York. Les obligations seront cotées à la Bourse de Londres. En réussissant cette opération, Banque Audi renforce sa dimension internationale. Elle réalise de ce fait une première au Liban, en lançant une émission obligataire régie par la loi 144A des Etats-Unis, la rendant accessible aux investisseurs américains. L’opération représente la première émission par le secteur privé libanais à 5 ans. Banque Audi se positionne déjà comme un pionnier sur les marchés internationaux de capitaux. Son émission, l’année dernière, de 34 millions de US$ de GDR fut la première du genre au Liban et au Moyen-Orient. Cette stratégie innovante lui a valu l’octroi en 1996 par Euromoney du prix de la Meilleure Banque au Liban. Le syndicat qui a arrangé l’opération était dirigé par Meryll Lynch International, le groupe de vente était composé de BNP, Flemings, HSBC, Paribas, the Arab Investment Company et Infibank. L’émission fut vendue par Meryll Lynch International et la direction générale de la Banque au cours d’une semaine de “road show” qui les a menés aux Etats-Unis, en Europe et dans le Golfe. L’émission fût considérablement sursouscrite avec une demande atteignant 250 millions de US$, dont 75% émanant d’investisseurs institutionnels. De ce fait, la banque ouvre au secteur bancaire libanais un nouveau créneau d’investisseurs institutionnels. Les souscriptions sont réparties à concurrence de 40% sur l’Europe, 40% sur les USA et 20% sur le Moyen-Orient. Les obligations seront offertes avec une prime de 315 points de base au-dessus des bons du Trésor US à 5 ans. Cette émission porte les ressources à long terme de la banque à plus de 250 millions de US$, ce qui va certainement renforcer et consolider les ressources globales. L’organisation d’un programme EMTN se traduira par une meilleure gestion des actifs et des passifs rendue nécessaire par la montée des besoins de financement à moyen et long terme de l’économie suite au redressement et à la reconstruction. La direction générale de la banque pense que cette émission consolide, non seulement sa dimension internationale, mais accroît son implication sur les marchés internationaux de capitaux. Cette opération contribue, aussi, à renforcer la position du Liban sur la carte financière internationale. |
OPINION
QUELLES REALISATIONS ET QUEL AVENIR?
Un des leurs a témoigné... Le chef de l’Etat en personne s’est plaint. “La corruption sévit et le chaos est partout; les scandales ont tendance à se généraliser”. Le président Hraoui a dit cela, en justifiant le retard mis à former le nouveau Cabinet, en attirant l’attention sur le fait que tant de dossiers nécessitent une étude approfondie. “Il importe donc de faire appel à des personnes compétentes, capables de mettre un terme à la corruption et de placer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut”. A vrai dire, voici ce qui est demandé: que la reconstruction soit prise en charge par des personnes connues pour leur passé et leur probité, afin d’assumer les missions difficiles qui leur incombent. Ceci du point de vue du principe. Mais nous entendons prononcer bien des noms de ministrables qui ne sont pas de cette qualité. Comment pouvons-nous expliquer cela? Ou bien la relativité joue-t-elle son jeu dans ce domaine? Tel le fait de dire: Il est intègre et “pur” relativement? Point n’est besoin de transiger ici: ou l’homme est honnête ou il ne l’est pas. On pourrait dire que les saints ne sont pas de ce monde, ceux-ci ayant renoncé à tout pour se consacrer au service des autres et pour édifier ce bas monde sur des bases saines. Les “saints” dans le nouveau Liban sont devenus des gens nantis, dont la fortune ne peut être détruite par les flammes. Nous ne sommes pas contre les gens riches; au contraire, nous les soutenons, à une condition: que leur fortune ne soit pas réalisée aux dépens des pauvres et des citoyens qui ploient sous le poids des impôts et taxes, dont les recettes se volatilisent à vue d’œil et sont utilisées le plus souvent à des fins autres que celles pour lesquelles ils ont été perçus. Ou qui sont acheminées vers des caisses pareilles à celles de Raafat Sleiman et d’autres personnes que l’enquête a pu identifier par hasard, alors que d’autres courent encore la prétentaine ou continuent à sévir dans des services administratifs minés par la corruption et qu’aucune réforme n’a réussi jusqu’ici à assainir. Et de plus, certains d’entre eux ont été réembauchés après avoir été licenciés, de la manière que l’on sait... Hier, il a été insisté sur la nécessité de remettre en état les infrastructures dans tout le pays. Imaginez-vous que des réseaux d’égouts ont été aménagés dans le fin fond de la république, sans être mis en service, parce qu’il importe de réaliser d’autres projets, en vue de se débarrasser des déchets. Durant la dernière quinzaine, la capitale a été noyée par les averses diluviennes. Ainsi, la grâce de l’eau s’est transformée en catastrophe ayant affecté tout citoyen dans sa vie quotidienne, chaque citadin ayant été immobilisé sur les routes durant des heures. Depuis cinq ans, on ne parle que des infrastructures qui se traduisent par des inondations rendant nos rues et nos routes impraticables, alors que nos dettes ont atteint des chiffres astronomiques avec leurs intérêts, au point que le Liban est dans l’impossibilité de les acquitter. Est-ce le nouveau Liban promis à ses fils? Nous avons élaboré le projet de loi sur la naturalisation qui a constitué la base des récentes législatives, en prétendant répondre à la demande générale relative à l’intégration nationale ou éliminer toutes les appréhensions quant à l’avenir!
NADIM EL-HACHEM.