LES NOUVELLES FIGURES DU PARLEMENT

DEPUTE (PSNS) D’ALEY

ANTOINE HITTI:

JE SUIS UN PARLEMENTAIRE LIBANAIS DE LA “SYRIE NATURELLE” ET MON LIBANISME S’INTEGRE DANS MON IDENTITE SYRIENNE

Il a adhéré au Parti populaire syrien en 1967 et devait être arrêté dix mois plus tard puis condamné à 3 ans de prison, sous l’inculpation d’affiliation à un parti dissous. Mais il n’a passé en prison que six mois, ayant bénéficié de l’amnistie accordée à tous les membres de l’ex-PPS. Ceux-ci avaient été incarcérés après la tentative du coup d’Etat de 1961. Le Dr Antoine Hitti qui m’a reçu en son domicile de Chemlane, parle de sa profession médicale, en précisant qu’il s’est spécialisé, d’abord, en pédiatrie; puis, en médecine familiale. Durant les douloureux événements, il a ouvert une clinique à Souk el-Gharb, après avoir été nommé inspecteur général du parti dans la montagne. Durant l’invasion israélienne de 1982, il se trouvait aux Etat Unis où, au terme d’un séjour de douze mois, il s’est fixé pendant dix ans dans le Golfe. Puis, il a réintégré le pays en 1993, “pour contribuer à son relèvement”.

Quant à sa décision de poser sa candidature aux législatives, elle a été prise par la direction du parti.

- Vous vous présentez en tant que membre du Parti social national syrien. Qu’est-il advenu de votre libanisme?

“Il existe à l’intérieur de mon identité syrienne. En ce sens que mon affiliation va à la “Syrie naturelle” dont fait partie, d’office, le Liban”.

- La Grande Syrie ou le Croissant fertile?

“Il est plus vrai de dire la “Syrie naturelle” ou la Grande Syrie et le Croissant fertile, si vous le voulez.”

DEPUTE SYRIEN SIEGEANT AU PARLEMENT LIBANAIS?

- On peut vous considérer comme un député syrien siégeant au parlement libanais?

“Je suis un député libanais, le Liban faisant partie de la “Syrie naturelle”, conformément à mes convictions politico-sociales”.

- Etes-vous au service du Liban ou de la “Syrie naturelle”?

“Je sers le Liban, le peuple libanais et mes enfants à travers la “Syrie naturelle”. Car j’ai beaucoup aimé le Liban, au point de chercher un remède pouvant le guérir de ses maux et de ses crises. J’ai trouvé ce remède dans les principes du Parti social national syrien”.

- Quels sont, à votre avis, les maux du Liban?

“Ils sont nombreux, entre autres: l’individualisme confessionnel, le féodalisme, l’affiliation nationale qui est partielle, non naturelle s’insérant dans la conception générale de la patrie naturelle.”

- La charte proclamée par Antoun Saadé est-elle applicable?

“Sans nul doute”.

PAS D’AMBITIONS PERSONNELLES AU PSNS

- Comment expliquez-vous la dissidence survenue au sein du PSNS?

“Nous formons tous un même parti appelés à propager ses principes et à les appliquer. Le membre n’a pas d’ambitions personnelles et se donne entièrement à l’action partisane. Le PSNS a été longtemps persécuté et il aspire à servir l’intérêt supérieur du Liban”.

- Avec quel bloc parlementaire comptez-vous coopérer sous l’hémicycle?

“Nous sommes cinq parlementaires déterminés à coopérer avec toutes les forces nationales. J’entends celles qui combattent les juifs”.

- Quels sont vos projets pour la région d’Aley?

“Nous nous préoccupons de relever sa situation sociale, économique, sanitaire et ses infrastructures, à l’effet de porter les citoyens à s’attacher à leurs terres en combattant quiconque cherche à l’en extirper et, plus particulièrement, l’ennemi israélien”.

- Vous tenez des propos de guerre, alors que la région semble s’acheminer vers la paix?

“Dans la première étape, nous devons libérer les portions occupées de notre territoire au Liban-Sud et dans la Békaa ouest. Et dans une étape ultérieure, nous consacrer à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens”.

- Pensez-vous pouvoir vous acquitter de votre mission au double plan politique et médical à travers la députation?

“La députation ouvre la voie à la poursuite de ma mission et à servir nos objectifs politiques et nationaux”.

POLITIQUE ET ALLIANCE

- Votre alliance électorale avec Walid Joumblatt s’est-elle terminée après la fin du scrutin?

“Je respecte les orientations nationales de Walid bey et notre alliance ne s’achève pas avec toute personne dont la ligne politique se rapproche de la nôtre ou la rejoint”.

- Le parti dont vous vous réclamez considère-t-il la députation comme un but ou un moyen?

“C’est une tribune qui nous permet de propager nos objectifs. Les élections ont pris fin et notre ligne politique restera la même, telle que l’a définie Saadé”.

- Les élections ont-elles été saines et se sont-elles déroulées dans un climat démocratique?

“Il y a eu des tares d’ordre technique et un manque d’organisation flagrant, surtout en ce qui concerne les listes d’électeurs. Notre parti se propose de contribuer à l’élaboration d’une loi électorale moderne, aux fins de préserver l’esprit démocratique”.

PAS DE BOYCOTTAGE A ALEY

- Y a-t-il eu boycottage du scrutin à Aley?

“Non, les gens ont participé aux élections dans une proportion variant entre 45 et 50 pour cent”.

- Que se passe-t-il dans la région proche-orientale?

“Deux forces s’affrontent dans cette région: la force du peuple syrien, d’une part et celle des juifs soutenus par l’Amérique. Il nous est donné de faire face à l’Etat hébreu qui menace notre existence, tout en visant à exercer son emprise sur notre patrimoine, notre terre et nos biens”.

- La paix est-elle imminente?

“Il n’y a pas de paix tant que les juifs seront nos voisins”.

- Même s’ils relancent les négociations?

“Même si les négociations devaient aboutir, la normalisation de nos rapports ne serait plus possible. De toute manière, rien ne pointe à l’horizon qui me paraît bouché pour le moment”.

LA COEXISTENCE IMPOSSIBLE AVEC ISRAEL

- La coexistence n’est-elle donc pas possible avec les juifs?

“Les juifs ne s’harmonisent avec aucun autre peuple, preuve en est, qu’ils ne se sont intégrés jusqu’ici avec aucune collectivité humaine. De plus, ils n’œuvrent jamais qu’en faveur de leurs propres intérêts. C’est pourquoi les sociétés européennes et autres se sont débarrassés d’eux en leur cédant une partie de notre territoire”.

- Comment jugez-vous l’option “Liban, d’abord” posée par Tel-Aviv?

“Il s’agit d’un piège ayant pour but de diviser les forces anti-israéliennes, d’isoler le Liban et la Syrie. C’est pourquoi, je suis pour une solidarité totale entre Beyrouth et Damas, les volets libanais et syrien devant aller de pair”.

LE REDEPLOIEMENT SYRIEN SE PRODUIRA

- Que pensez-vous des mouvements de troupes syriennes au Liban?

“Ce qui se passe sur ce plan est dans l’intérêt du Liban et de la Syrie”.

- La clause de l’accord de Taëf prévoyant le redéploiement de ces troupes sera-t-elle appliquée?

“Sans nul doute et c’est le but réel des mouvements qui s’opèrent sur le terrain”.

- 1997 sera-t-elle l’année de la paix?

“Rien n’est garanti avec Israël qui excelle dans le système de la douche écossaise.”

- Que se passe-t-il en Irak qui, à votre avis, fait partie de la “Syrie naturelle”?

“Ce pays traverse une étape difficile qui laisse craindre son morcellement et sa dislocation. L’Irak est connu, historiquement, pour être la réserve stratégique de la Syrie et le complot dont il est l’objet tend à torpiller cette réserve”.

J.M.