SATURNALES

“EN POLITIQUE, IL N’Y A NI AMITIE, NI INIMITIE...”

Talleyrand l’a bien dit: “En politique il n’y a ni amitié, ni inimitié permanentes, il n’existe que des intérêts permanents”. On l’a constaté dans les pays arabes, au cours de la visite triomphale toute récente, qu’à effectuée le président français Jacques Chirac. Au Liban, on prévoyait le délire enthousiaste de l’accueil, tant officiel que populaire. La surprise est venue de la Syrie qui, de loin, a dépassé toute attente: colliers de fleurs, pétales de roses, riz, drapeaux tricolores, musique, fanfare... Tout y était. Depuis la visite de Jamal Abdel Nasser, on n’avait rien vu de pareil. La chanteuse Asmahane - dont une biographie récente, vient de paraître - raconte dans un livre antérieur de souvenirs, ce dont elle a été témoin, un jour à Damas. Sortant de chez elle, elle aperçoit une manifestation portant triomphalement un jeune étudiant avec une foule scandant le nom de l’adolescent. Intriguée, elle demande la raison de ces ovations et de ces vivats. Est-ce un nouveau chanteur en vogue? Est-ce un sportif célèbre? Est-ce un héros national? “Pour sûr, lui répond-on. C’est un héros national. Aux examens de fin d’année, il vient d’obtenir un zéro pointé en français”. C’était Damas en 1946.

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LES ETUDIANTS? MEILLEURS QUE LES JOURNALISTES

Tous ceux qui ont eu le plaisir d’être présents ou d’assister en direct à la Télévision, à la rencontre Jacques Chirac - étudiants libanais ont été impressionnés: les étudiants se sont montrés meilleurs questionneurs et meilleurs connaisseurs en politique que de nombreux journalistes qui sévissent tous les jours sur nos écrans avec un micro à la main. L’à-propos de leurs questions (du moins pour la majorité), l’excellence de la formulation de ces questions, la clarté de leur vision ont prouvé qu’ils avaient bien pioché avant leur rencontre historique. Historique, car effectivement, c’est bien la première fois au Liban qu’un chef d’Etat daigne ou condescende à passer plus de deux heures avec de jeunes étudiants. Surtout au Liban, où on les considère généralement juste bons à étudier et à laisser la politique aux “grandes personnes”, souvent adultes en âge, il est vrai, mais aussi très souvent ignorantes des problèmes de l’heure, obnubilées par leurs seuls intérêts. Or, les jeunes étudiants et autres jeunes sont l’espoir et l’avenir du Liban. C’est vers eux qu’il faut regarder, c’est eux qu’il faut consulter... Oublions les vieilles barbes et leurs sempiternelles querelles, quotas et leurs IQ (quotient d’intelligence) souvent déficients! A noter que le lendemain, le Premier ministre Hariri, a suivi l’exemple de Chirac, en répondant aux questions d’anciens de l’ESIB, panachés de quelques étudiants. Ce n’est déjà pas mal!

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ENTRE PRESIDENT ET PRESIDENTE DE L’UFE

Poignées de mains, accolades chaleureuses, baise-main distingué, Jacques Chirac a eu un mot aimable pour tous ceux qui l’ont accueilli à l’AIB et lui ont souhaité un bon voyage, au départ. Une charmante dame en robe imprimée a eu l’exclusivité de la bise fraternelle sur les deux joues du président Chirac: Mme Christiane Kammermann, présidente de l’Union des Français de l’étranger, section Liban, déléguée auprès du Conseil Supérieur des Français de l’étranger à Paris. Un statut quasi-sénatorial! Par ailleurs Jacques Chirac connaît Christiane Kammermann, bien avant son élection à la présidence de la République. Comme on le sait, il est fidèle à ses amitiés. Telle est la raison du traitement «préférentiel» envers la sympathique présidente de l’UFE.

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«QUIA NOMINOR LEO»

Comment se partageront-ils les maroquins? Consultations, rencontres, accolades, tout cela est du théâtre de Boulevard, avec distribution de rôles pour ce naïf de Libanais. Ce n’est même pas du théâtre classique, encore moins romantique. Cela tient bien plus du vaudeville, avec l’humour en moins et la pompe en plus! On essaie de sauver la face, on essaie de maintenir le mythe du quota, on essaie de prouver que «la Guerre des Trois, (non pas de Troie) n’aura pas lieu». En dépit de tous les efforts, on sait fort bien à l’avance qui sortira grand vainqueur de ces débats. Le pourquoi? «Parce que je m’appelle Lion». (Quia Nominor Leo).

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LA CIVILISATION A LA SUEDOISE C’EST FACILE, C’EST PAS CHER… ET PROTEGE L’ENVIRONNEMENT

On ne demande pas à nos édiles des travaux d’Hercule, encore moins de reconstruire le Liban en sept jours, bien que certains se prennent pour Dieu le Père. Tout ce qu’on leur demande, c’est de faciliter l’existence de tous ceux qui vivent au Liban, Libanais ou étrangers. Suivons l’exemple de la Suède pour l’hygiène et la propreté. Des méthodes faciles à suivre qui ne demandent qu’un peu d’organisation. Et c’est beaucoup moins onéreux que les projets mirobolants que l’on fait miroiter pour les ans 2000 et quelques. Le ramassage des ordures en Suède, comment se fait-il? Des pancartes invitent les Suédois et les visiteurs à jouir de la beauté de la nature tout en la respectant. Pour ce faire, les ordures doivent être triées au départ par le citoyen. Des poubelles ou des seaux géants de toutes les couleurs sont prévus dans ce but. JAUNE: poubelles pour verres, bocaux, etc… BLEU: pour les papiers, journaux, cartons. VERT: les ordures ménagères proprement dites. VIOLINE: les boîtes en fer blanc, métalliques, etc… BLANC: tout ce qui est en plastique, bouteilles d’eau minérale, emballages etc… ROUGE: toutes les autres ordures qui n’appartiennent à aucune des catégories précédemment citées. Sur les poubelles, des dessins illustrent leur destination. Ainsi, le dernier des imbéciles s’y retrouverait!

MARY YAZBEK AZOURY.