D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
POURQUOI W. JOUMBLATT S’ATTAQUE-T-IL A HARIRI?
Les milieux politiques s’interrogent sur les raisons qui poussent M. Walid Joumblatt, à s’en prendre au président Rafic Hariri et, surtout, à réclamer la formation d’un Cabinet d’entente nationale au sein duquel l’opposition serait représentée. De même, le ministre (sortant) des Déplacés critique le président du Conseil à cause des scandales récemment découverts dans certaines institutions étatiques. De plus, il s’élève contre le fait pour M. Hariri “de lier le sort de la livre libanaise à sa personne, ce qui est très dangereux”. Le leader joumblatti qui prenait la parole au cours d’une séance oratoire à Rachaya, devant une nombreuse assistance au premier rang de laquelle avaient pris place: MM. Elie Ferzli, vice-président de la Chambre; Fayçal el-Daoud et Marwan Farès, députés, a déploré le fait pour l’Assemblée nationale “de ne pouvoir réclamer des comptes au gouvernement, ni pour le Conseil des ministres d’avoir la possibilité d’apporter un changement aux projets”. Enfin, M. Joumblatt soutient que la “troïka” transgresse les clauses de l’accord de Taëf, tout en perturbant la vie politico-parlementaire...
AUTOUR DE LA RENCONTRE HOSS-KARAME A TRIPOLI
La rencontre ayant eu lieu, durant le dernier week-end à Tripoli, entre les présidents Salim Hoss et Omar Karamé, n’a pas manqué de susciter l’intérêt de la coterie du président Hariri et des ministres proches du chef du gouvernement. Selon certains recoupements, MM. Hoss et Karamé ont échangé les vues sur la situation dans le pays, en général et, en particulier, sur la façon dont la chose publique est gérée depuis le moment où M. Hariri occupe le Sérail. Les deux anciens présidents du Conseil ont déploré l’état des institutions et le fait pour les gouvernants de se partager le “camembert”, allusion au président Fouad Chéhab qui appelait les politiciens les “fromagistes”... “La patrie est en danger”, a dit M. Karamé.
PAS D’ELECTIONS MUNICIPALES DANS L’IMMEDIAT
Interrogé au cours d’une réunion de son bloc parlementaire tenue à Koraytem, la semaine dernière, sur le fait de savoir s’il était possible d’organiser des élections municipales au printemps prochain, M. Rafic Hariri a écarté cette possibilité, tant que la carte électorale n’aura pas été mise au point et adoptée, “seule celle-ci, dit-il, pouvant rectifier les erreurs relevées dans les listes d’électeurs au cours des récentes législatives”. Aussi, M. Hariri ne s’attend-il pas à l’organisation des municipales avant le printemps 1998. Entre-temps, le gouvernement envisage de parvenir à un arrangement avec l’Assemblée, à propos de la nomination des membres des conseils municipaux, selon des critères et des conditions à définir.
BEYROUTH, CENTRE D’ARBITRAGE?
M. Esmat Abdel-Majid, secrétaire général de la Ligue arabe, est attendu début décembre à Beyrouth, à l’effet de parrainer la signature d’un accord de coopération entre le centre libanais d’arbitrage et le ministère koweitien de la Justice et d’un second accord à conclure avec le centre régional d’arbitrage commercial dont le siège est au Caire. En prévision de la signature des accords mentionnés, MM. Nasser el-Nasr, ministre koweitien de la Justice et Mohamed Aboul-Aynaïn, président du Conseil d’arbitrage égyptien, viendront à Beyrouth. La signature des accords en question, fera de notre capitale un centre important d’arbitrage dans le monde arabe.
LES MALVERSATIONS EVALUEES ENTRE 10 ET 11 MILLIARDS...
Une source proche du ministère des Finances évalue à 10 ou 11 milliards de livres libanaises, le montant des sommes extorquées au service des timbres fiscaux. Celles-ci se montaient à 15 ou 16 milliards, mais le ministère a pu récupérer cinq milliards de livres, par l’intermédiaire de la Banque du Liban. Ce montant était déposé au nom du principal inculpé, Raafat Sleiman, dans certaines banques de la place, le prévenu ne pouvant plus bénéficier du secret bancaire sur ses comptes personnels. Fait à signaler: ce montant représente le prix des timbres fiscaux non falsifiés, les recettes réalisées par les prévenus de la vente des timbres fiscaux contrefaits étant astronomiques...
MEDIATION EN COURS ENTRE KORAYTEM ET MOUKHTARA
M. Ghazi el-Aridy, conseiller politique de M. Walid Joumblatt, a été vu ces derniers jours faisant la navette entre Moukhtara et Koraytem, pour tenter de dissiper le froid, voire la tension, qui caractérise les rapports entre le président Hariri et le leader du PSP. Il y a lieu de signaler que la dernière rencontre entre les deux hommes remonte à une quinzaine de jours; elle avait eu lieu dans le cadre des consultations parlementaires effectuées par le président du Conseil désigné. M. el-Aridy se montre très discret sur les résultats de sa médiation, se limitant à dire qu’il ne désespérait pas d’atteindre son objectif.
EN PREVISION D’UNE (NOUVELLE) REFORME ADMINISTRATIVE...
Les organismes de contrôle de l’Administration étatique ont entrepris de surveiller de près les services officiels, en prévision de la réforme administrative que le chef du gouvernement s’est engagé à réaliser, dès la formation du Cabinet et après avoir été nanti de la confiance de la Chambre des députés. M. Hariri a promis, d’ores et déjà, de placer l’Administration gouverne-mentale à l’abri de la politique et de confier au Conseil de la fonction publique le soin de procéder à un assainissement des services publics.
RAPPORTS TENDUS ENTRE JOUMBLATT ET A. EL-KHALIL
Les députés membres du «Front de lutte nationale» dont M. Walid Joumblatt est le chef de file, constatent que les relations entre ce dernier et M. Anouar el-Khalil, ministre (sortant) de la Réforme administrative, connaissent une certaine tension. La raison de cette tension provient de ce que M. el-Khalil ne s’est pas conformé à la décision du «Front de lutte nationale» à propos de la désignation du nouveau président du Conseil: alors que ce bloc de l’Assemblée a jugé préférable de ne pas citer de nom, M. el-Khalil a avancé le nom de M. Hariri. Le leader joumblattiste n’a pas manqué de notifier à M. el-Khalil sa réprobation de son comportement et d’aucuns s’attendent qu’il l’exclue de son bloc parlementaire.
RABABI, MINISTRE DU TOURISME?
Le nom de M. Sami Rababi est cité par les milieux politiques concernés par la formation du nouveau Cabinet, d’autant qu’il bénéficie de l’appui des chefs de l’Etat et du gouvernement désigné. M. Rababi jouit d’une expérience dans le domaine touristique, ayant assumé pendant quatorze années le poste de président de l’Organisation mondiale du Tourisme. En même temps, il fut l’un des responsables actifs de la MEA et le bras droit de Nagib Alameddine, ancien PDG de la compagnie nationale d’aviation. Le président Hraoui a reçu, la semaine dernière, M. Rababi qui lui a remis une étude détaillée consignant les moyens à mettre en œuvre en vue de réactiver le secteur touristique et, partant, d’en faire l’une des principales sources de revenus, susceptible de contribuer au relèvement de l’économie nationale et à son essor.
ON DIT...
- Que les services concernés ont entamé l’étude relative à l’organisation d’élections partielles en cas de vacance parlementaire, s’employant à déterminer si le scrutin devra se dérouler sur base du mohafazat ou du caza…
- Qu’un député se concerte avec certains de ses amis et conseillers, sur le point de savoir s’il doit déclencher une campagne contre une haute instance ou si, au contraire, il est préférable pour lui de garder le silence…
- Qu’un responsable menace de révéler les noms de personnes ayant trempé dans les contacts effectués avec des responsables israéliens qu’ils auraient rencontrés dans des capitales arabes.
EN RACCOURCI
- M. Bahije Tabbarah, ministre de la Justice, a dit qu’il ferait partie du nouveau gouvernement, tant que le président Hariri voudrait encore de lui... Naturellement!
- Cheikh Abdel-Amir Kabalan, vice-président du Conseil supérieur chiite, a mis l’accent, cette semaine, sur la nécessité pour le gouvernement “de se pencher sur les problèmes qui intéressent les citoyens de condition modeste dans leur vie quotidienne... au lieu de se préoccuper de partager les parts du gâteau”...
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SUCCEDERA-T-ELLE A BOUTROS GHALI? GRO BRUNDTLAND CANDIDATE DES USA AU POSTE DE SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU
Selon des sources fiables, sa candidature au poste de secrétaire général des Nations Unies est soutenue par les Etats-Unis, qui ont menacé d’user de leur droit de veto pour empêcher la réélection de l’actuel «patron» de l’ONU, M. Boutros Ghali. Il s’agit de Gro Harlem Brundtland, ancien Premier ministre de Norvège, qui a démissionné fin octobre dernier, entraînant la chute de son gouvernement travailliste. Des rumeurs circulaient depuis quelque temps sur un éventuel retrait de Mme Brundtland de la scène politique norvégienne qu’elle domine depuis plus d’une décennie, «pour prendre la tête d’une organisation internationale». Mais elle refuse jusqu’ici de dévoiler ses intentions sur ce point. Agée de 57 ans, Mme Brundtland est l’auteur d’un rapport sur «le développement durable» effectué en 1987 pour le compte des Nations Unies. Ce document a servi de base au sommet mondial sur l’environnement ayant tenu ses assises à Rio-de-Janeiro, en 1992. |
OPINION
LE «ROULEAU COMPRESSEUR» BLOQUE LORS DE LA FORMATION DU CABINET…
Le «rouleau compresseur» que rien ne semblait arrêter, s’est subitement immobilisé lors de la formation du nouveau Cabinet. Pourquoi? A-t-on voulu cela, jusqu’à ce que le président Bill Clinton en aura fini avec sa bataille électorale ou bien jusqu’à ce que le cœur de Boris Eltsine recommence à battre normalement après avoir subi, avec succès, une opération chirurgicale? Les échéances internationales sont passées sans accroc. Mais chez nous, elles sont ajournées. Les écoles ont rouvert leurs portes, ainsi que les universités. Les pères de famille se sont arrangés pour inscrire leur progéniture dans les établissements scolaires, pendant que le gouvernement et l’Assemblée étaient paralysés, en raison de la crise ministérielle. C’est tout juste si le premier a expédié les affaires courantes, alors que la nouvelle législature a réélu son président, renouvelé ses commissions et son bureau. L’a-t-on voulu afin d’épargner à l’Exécutif les tracas que lui auraient valu tant de problèmes exigeant des solutions urgentes, intéressant le citoyen dans sa vie quotidienne? Ou est-ce pour éclipser les scandales plus accablants que celui des timbres postaux découvert au ministère des Finances? Les gens ont oublié les scandales, autant que leur condition de vie particulièrement difficile, à l’occasion des tractations en vue de la formation du nouveau gouvernement. Ils ont perdu de vue le marasme économique et l’amenuisement de leurs revenus, pour se souvenir du temps des milices, de triste mémoire. Pourtant, la mise sur pied de la nouvelle équipe gouvernementale devait, à leur avis, prendre quelques jours, sinon quelques heures, la nouvelle formule étant dans la poche du président du Conseil désigné et des «décideurs»! Mais ces derniers ont pris leur temps, car ils se souciaient, surtout, de constituer le Cabinet selon leur bon plaisir, de manière à s’assurer la majeure partie du gâteau, se souciant le moins du monde du citoyen et des problèmes auxquels il est confronté. En réalité, ils n’ont pas connaissance ou feignent de les ignorer; preuve en est qu’ils posent en permanence cette question: Est-il vrai que la vie a renchéri? Et doit-on se lamenter si les factures de l’eau, de l’électricité et du téléphone ont tendance à gonfler chaque mois davantage?» A vrai dire, l’Etat chez nous s’est métamorphosé en commerçant où s’activent une armée d’entrepreneurs, alors que la corruption sévit sur une large échelle, ces derniers se préoccupant d’accroître leur fortune, même aux dépens des pauvres gens qui ont commis la faute de naître dans ce pays! Ils triment à longueur de journée pour pouvoir acquitter les impôts et taxes imposés même sur l’air qu’ils respirent… Il importe d’appliquer l’accord de Taëf dans son esprit et sa lettre, ce qui suppose que l’Etat est déterminé à s’attaquer à tous les sujets de plainte. Le nouveau Cabinet sera-t-il en mesure d’agir?
NADIM EL-HACHEM.