RENCONTRE AVEC MARGIE SUDRE
“LA FRANCOPHONIE EST HORS DE DANGER AU LIBAN”,
DECLARE LE SECRETAIRE D’ETAT FRANÇAIS.
Le ministre d’Etat de la Francophonie, Mme Margie Sudre.
La Francophonie au Liban est hors de danger!” Tel est l’heureux constat auquel a abouti le ministre d’Etat français Margie Sudre à l’issue d’une visite très fructueuse au Liban consacrée au développement des relations bilatérales aux plans culturel et informationnel. Le couronnement de ce séjour, sinon son objectif prioritaire, aura été l’inauguration des studios “F.M.” offerts par Radio France Internationale à Radio-Liban dans le cadre du protocole de coopération information-nelle qui lie la France au Liban. Mme Sudre a, également, conclu avec le P.D.G. de Télé-Liban, M. Jean-Claude Boulos, un accord cadre pour la remise en marche et la rénovation du fameux “Canal 9” fran-cophone de Télé-Liban, jadis très apprécié par les spectateurs libanais francophones! Le ministre d’Etat de la Francophonie a, également, inauguré durant son séjour officiel au Liban l’exposition du livre français à Sin el-Fil ainsi que le Centre linguistique français de Tripoli, après avoir souligné la prépondérance du rôle que joue le Centre culturel français de Deir El-Kamar au ni-veau de la propa-gation de la langue française dans un pays traditionnel-lement franco-phone. La cérémonie d’inauguration des studios “F.M.” de Radio-Liban, à laquelle étaient présents le mi-nistre de l’Infor-mation, M. Farid Makari, le direc-teur de l’A.N.I., M. Rafic Chélala, le directeur de Radio-Liban, M. Fouad Hamdane, et côté français, l’ambassadeur de France, M. Jean-Pierre Lafon, le conseiller culturel M. Jean-François Desmazières et le chargé de mission audiovisuel, M. Chastres. Elle a été suivie par un cocktail offert par la délégation officielle française. C’est dans les salons somptueux de l’hôtel que Mme Sudre nous a accueillis pour répondre à nos questions:
A partir de la gauche: M. Jean Diab, le ministre Mme Margie Sudre, le président de R.F.I., M. Jean-Paul Cluzel, M. Khalil Hadifé et M. Rafic Chélala, directeur de l’ANI.
COOPERATION FRANCO-LIBANAISE
- En quels termes définissez-vous la nouvelle coopération informationnelle franco-libanaise qui vient de se concrétiser?
“En vertu de la convention de parte-nariat informationnel ratifiée par le Liban et la France, RFI dote Radio-Liban d’un émetteur puissant et de deux studios d’émission afin de couvrir, à partir du 27 octobre 1996, 14 heures de programmes quotidiens RFI sur 96.2 en FM. “RFI présentera des émissions de culture, de voyage et d’actualité comme “Le voyage dans le monde”, “Accents d’Europe, “Le magazine des femmes,” “Les archives du jour” et “Le magazine de la mode”. RFI proposera, aussi, des programmes d’actualité et évoquera au quotidien l’économie et l’actualité culturelle. C’est là une innovation tout à fait remarquable au plan de la coopération informationnelle franco-libanaise. Il est vrai que les informations de RFI sont à vocation internationale, mais nous ferons en sorte que les informations sur le Proche et le Moyen-Orient soient prioritaires. C’est la première fois que l’on établit ce type de partenariat informationnel!”
- Ne pensez-vous pas que ce type de coopération aurait gagné à être plus “concret”, à travers la création d’un bureau ou d’un centre radiophonique autonome à Beyrouth plutôt qu’à travers une diffusion satellitaire?
“Je pense que les émissions satellitaires concrétisent bien une telle coopération. Celle-ci devient directe et immédiate par le biais des réseaux satellitaires. D’ailleurs, nous sentons le besoin de la langue arabe pour accrocher et «fidéliser» les auditeurs. En ce qui concerne le côté concret que vous évoquez dans la coopération conjointe, il faut souligner que des actions de formation professionnelle au niveau des techniciens et des animateurs vont être entreprises tant à Beyrouth qu’à Paris.»
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M. Jean-Paul Cluzel, P.D.G. de Radio France Internationale. |
- Et qu’en est-il de la coopération au niveau de la télé?
«Nous allons réhabiliter et renforcer le canal 9 de Télé-Liban. Je viens d’entre-prendre les premiers pourparlers avec son P.D.G., M. Jean-Claude Boulos, qui a à cœur ce projet. Un expert de la T.V. française viendra bientôt à Beyrouth à cet effet. Quant aux T.V. privées, il faudrait, à mon avis, attendre pour que la situation au plan audiovisuel se clarifie et voir ce que la loi va autoriser. Si vous suivez la M.T.V., vous constatez que 50% de ses émissions sont françaises. Nous souhaitons créer une chaîne télévisée purement francophone».
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Le ministre de l’Information, M. Farid Makari. |
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RESPECTER LES SPECIFICITES
- Pour revenir au partenariat radio, ne pensez-vous pas que la diffusion d’infor-mations relatives au Liban, est de nature à susciter quelques «susceptibilités» ou une certaine «confusion» eu égard à la politique nationale en matière d’informa-tion suivie dans ce pays?
«Nous ne voulons pas du tout heurter les susceptibilités politiques libanaises et nous ferons en sorte de respecter même les spécificités politiques!»
- Comment peut-on promouvoir véritablement la Francophonie au Liban?
«Elle est l’affaire de tous les Libanais sans exception. Elle se développe, à mon avis, à travers l’éducation et la création de centres linguistiques français; à travers également les institutions d’assistance, telle que «Francophonie-Diffusion» qui se charge de distribuer des disques aux différents Etats francophones. Il faudrait aussi que les jeunes Libanais se tournent vers le français, par goût…» En guise de conclusion, le ministre d’Etat de la Francophonie se rappelle la grande réalisation entreprise par la France dans le domaine universitaire au Liban, à savoir l’Ecole Supérieure des Affaires ou «ENA» qui accueillera des étudiants venus de partout, - même des établissements américains, comme s’est plu à le souligner Mme Margie Sudre: Tout cela ne démontre-t-il pas que la France est bien présente au Liban? Il faut relever que le poète et écrivain, détenteur du Grand Prix de la Franco-phonie, M. Salah Stétié faisait partie de la délégation officielle française. Pendant son séjour à Beyrouth, M. Stétié a signé à la Librairie Antoine, son ouvrage: «L’autre côté brûlé du très pur» qui avait obtenu le Grand Prix de la Francophonie. Il a également signé lundi dernier aux éditions Dar An Nahar, «Lecture d’une femme»; ainsi que la traduction de cette même œuvre et celle de «Fièvre et Guérison de l’Icône». Parmi les ouvrages signés par M. Stétié figurent: «La Parole et la Preuve», un livre de réflexion sur la poésie, la langue et le dialogue des cultures.
N.S.