D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

DECLARATIONS ET CONFUSION

La déclaration par laquelle le président Nabih Berri a insinué qu’il disposait de renseignements faisant état de contacts effectués par des hommes politiques avec Israël, n’a pas manqué de provoquer de vives réactions dans les milieux officiels et parlemen-taires. Bien que le président du Con-seil et le chef du palais Bustros aient démenti l’information, à ce sujet, diffusée par la télévision israélienne, prétendant que des entretiens auraient eu lieu entre des responsables libanais et israéliens, avec l’assentiment du chef du gouvernement...

PAS DE CAMPS D’ENTRAINEMENT AUX REVOLUTIONNAIRES BASQUES…

Une source proche du palais de Baabda assure que le président Chirac n’a pas évoqué, lors de sa récente visite au Liban, la ques-tion de camps de révolutionnaires basques sur notre territoire, plus exactement dans la Békaa, ainsi que l’a rapporté l’AFP. L’agence française précisait que des révolutionnaires iraniens en-traînaient les occupants de ces camps à des opérations terro-ristes… De son côté, une source en rapport avec les organismes liba-nais de sécurité, qualifie ces nou-velles de fantaisistes et dénuées de fondement, «la partie française étant persuadée que leur propa-gation a pour but de compromettre les relations franco-libanaises».

RAAFAT SLEIMAN SE TROUVE-T-IL ENCORE AU LIBAN?

Des organismes officiels écar-tent la possibilité de retrouver au Liban l’auteur des malversations perpétrées par Raafat Sleiman au ministère des Finances, disant que ce dernier a certainement quitté le pays, avant qu’un mandat d’arrêt soit décerné à son encontre. Cependant, les milieux judi-ciaires sont persuadés que Slei-man se trouve toujours en terri-toire libanais et ne l’a pas quitté en utilisant un faux passeport, comme certains le prétendent… Rappelons que le prévenu, fonctionnaire de quatrième caté-gorie, préposé au bureau pour la vente des timbres fiscaux, est impliqué dans ce scandale, en même temps que Farid Moussalli, de nationalité palestinienne.

DES “FUITES” DANS LES AMBASSADES LIBANAISES?

Une source proche du ministère des Affaires étrangères fait état de “fuites” découvertes dans cer-taines ambassades et missions consulaires du Liban en Europe. Aussi, révèle la même source, des contrôleurs s’apprêtent-ils à effectuer une tournée auprès de ces ambassades et consulats, aux fins d’enquêter sur les malver-sations qui auraient pu se produire dans leurs comptes...

QUID DE L’UNIFICATION DE L’OPPOSITION PARLEMENTAIRE?

D’après un membre en vue de l’Assemblée nationale classé parmi les opposants, ceux-ci éprouveraient quelque difficulté à se rassembler au sein d’un bloc parlementaire unique, en raison de maints facteurs et considérations politiques. Il semble que les députés de l’opposition ne parviennent pas à s’entendre autour de la ligne politique à suivre. Et de plus, la désignation d’un chef de file, d’un secrétaire général ou d’un porte-parole du bloc dont se récla-meraient les députés opposants, s’avèrerait difficile voire impos-sible...

QUI A GAGNE, QUI A PERDU?

Les milieux politiques procè-dent à un «bilan des pertes et profits» réalisé par les trois présidents dans la formation du nouveau Cabinet. Ainsi, ils observent que le chef de l’Etat a consolidé sa position au sein de la nouvelle équipe haririenne où il compte quatre ministres (Bouez, Barsoumian, Hobeiche et Fakhoury) alors que le président Nabih Berri a maintenu les ministres (chiites) de son bord, ainsi que le ministre melkite. Les deux principaux perdants, d’après les milieux mentionnés sont le président Hariri qui n’a pu «imposer» que Bassem Sabeh, contre sa renonciation à des ministrables sunnites qui ne se réclament pas de son bloc. M. Walid Joumblatt est le second grand perdant, puisque son plus proche allié, Marwan Hamadé a été remplacé par Sleimane Frangié à la Santé, alors que Akram Chéhayeb détient le portefeuille de l’Environnement, ce départe-ment ministériel manquant de personnel et disposant d’un budget minable…

MISES EN GARDE D’O. KARAME

Le président Omar Karamé a mis en garde la «troïka» prési-dentielle contre la perpétuation de la politique suivie au cours des dernières années, plus précisé-ment depuis l’accession au pouvoir de M. Rafic Hariri, visant à se partager les projets, les ser-vices publics et jusqu’à l’infor-mation audiovisuelle. L’ancien chef du gouvernement prévoit des développements graves à plus ou moins brève échéance et invite les ministres nordistes à œuvrer aux fins de modifier la politique du Pouvoir.

POUR DESAMORCER LES «DOSSIERS EXPLOSIFS»

Un nouveau ministre met l’accent sur la nécessité urgente de désamorcer les «dossiers explosifs» qui avaient été rouverts dans la période ayant séparé la démission du Cabinet et la formation du nouveau gouver-nement haririen. Ce ministre craint que la né-gligence du Sérail dans ce domaine, ait pour conséquence de provoquer des réactions en chaîne dont les conséquences ne tar-deront pas à paraître au grand jour.

DEBAT DE CONFIANCE ENFIEVRE

Les observateurs s’attendent que le débat de confiance soit en-fiévré, les membres de l’Assem-blée ayant plusieurs griefs à formuler, en ce qui concerne la constitution du Cabinet, le choix des membres du gouvernement et la répartition des portefeuilles. Aussi, ces mêmes observateurs pensent que le Cabinet haririen n’obtiendra pas la confiance avec la facilité qu’imagine son chef…

NOUVEAU CABINET ET MENTALITE RETROGRADE

De l’avis des analystes objec-tifs, le troisième Cabinet Hariri a été mis sur pied selon une mentalité «rétrograde». Ceux-ci attirent l’attention sur le fait que l’opposition s’annonce virulente, d’autant que deux membres en vue de l’Assemblée, en l’occurrence: Walid Joumblatt et Issam Farès ont déjà pris à partie le président du Conseil, en des termes dénotant un profond ressentiment vis-à-vis de M. Hariri et de ses proches con-seillers ou collaborateurs… A cela s’ajoute le vif mécon-tentement manifesté par la hié-rarchie melkite qui peut pousser son insatisfaction jusqu’à deman-der aux ministres grecs-catho-liques de se retirer de l’équipe gouvernementale.

ON DIT...

- Qu’un député opposant prépare un ouvrage consignant les documents relatifs aux scandales, à la corruption et aux abus qui entachent le pouvoir. Il justifie le fait de les avoir groupés dans un livre par l’impossibilité de les publier dans la Presse.

- Que l’engagement de fonctionnaires dans les services de l’Etat se poursuit sur une large échelle mais dans la plus grande discrétion, en dépit de la pléthore de ronds-de-cuir dont se plaint l’Administration étatique.

- Que le veto opposé par une haute instance a écarté un journaliste connu de la nouvelle équipe ministérielle.

EN RACCOURCI

- M. Georges Kassarji, député de Zahlé, préfère ne pas adhérer au bloc des parlementaires arméniens, arguant que ceux-ci font partie du groupe du président Hariri.

- Le président Nabih Berri répondra à un certain nombre d’invitations officielles qui lui avaient été adressées par des responsables arabes et étrangers, après en avoir fini avec les législatives et le renouvellement des commissions parlementaires.

OPINION

L’ETAT DOIT ETRE JUGE!

Le pauvre contribuable libanais est condamné à travailler nuit et jour, pour pouvoir acquitter les impôts et taxes à lui imposés par l’Etat. Et s’il venait à se plaindre, les gouvernants en déduisent qu’il a désespéré de cet Etat et de sa patrie. “Le Libanais ne sait-il pas, disent-ils, qu’il est tenu de payer le prix de la guerre? Ainsi, l’Europe a payé très cher ce prix. L’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Russie et la France ont payé le prix de la guerre; pourquoi les Libanais se plaignent-ils? Les pays d’Europe ont payé, il est vrai, le tribut de leurs guerres pour contribuer à se relever. Aussi, les Libanais sont-ils appelés à casquer le prix de leurs guerres et des guerres des autres sur leur territoire. Alors que les courtiers, les corrupteurs et ceux qui accomplissent des transactions parviennent, on sait de quelle façon, à contourner les impôts et taxes qui n’affectent que les citoyens de condition modeste et à revenu limité. De toute façon, le prix est soumis à des critères. En général, il est versé en contre-partie d’une marchandise ou d’un service rendu. Mais il n’est pas logique qu’il soit imposé et perçu d’une manière arbitraire. Même les milices ont respecté cette règle. Les impôts et taxes augmentent et se multiplient au point qu’on peut parler d’une opération de vol organisée aux dépens de l’argent du citoyen. Sinon comment qualifier le relèvement du tarif des communications téléphoniques, du prix de l’eau et de l’électricité? Puis, l’Office de l’Electricité du Liban revient à ses vieux registres pour déterrer de prétendues factures non payées par les pauvres abonnés, lesquels n’ont d’autre latitude que de payer et de protester ensuite... Il s’agit, de plus, de factures remontant à une dizaine d’années si ce n’est davantage, les tarifs étant calculés, alors, en centaines de livres et non en centaines de milliers, comme c’est le cas aujourd’hui! Cela dit, qui est responsable de l’accumulation de telles factures, l’abonné ou l’OEL dont les percepteurs devraient être sanctionnés pour négligence? Quant aux tarifs des communications téléphoniques, ils ne manqueront pas de grever encore davantage les budgets familiaux et de priver les abonnés de leurs maigres économies. Déjà, l’administration du téléphone avait perçu 50.000 livres de chaque abonné, ce montant couvrant, soi-disant les frais de rattachement des lignes au nouveau réseau électronique. Pourtant, la même administration avait déjà perçu, l’an dernier, 125.000L.L. pour le même motif! Tout cela inquiète le citoyen qu’on s’emploie à plumer chaque jour davantage et qui est contraint d’accomplir plusieurs emplois afin de pouvoir acquitter ses impôts et taxes. Fait encore plus déprimant: on en veut aux Libanais de critiquer le pouvoir - au lieu de le louer et pourquoi? - alors qu’ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts et à assurer une vie décente à leur maisonnée...

NADIM EL-HACHEM.