CEREMONIE
AU COURS D’UNE BRILLANTE CEREMONIE AU SENAT FRANÇAIS
MONORY, KARAM ET ALIA SOLH RECOIVENT LES PRIX DE L’U.C.F.L. CELUI DE FRANCOPHONIE ETANT ATTRIBUEE A LA “REVUE DU LIBAN”
JOURNEE HISTORIQUE POUR LE LIBAN ET LA FRANCE AU SENAT FRANÇAIS
Dans la salle Boffrand du Sénat français, le président Monory et le président Karam entourés de l’ambassadeur Paul Blanc, de Alia Solh, MM. Samir Daher et Stelio Farandjis.
Trois prix francophones consacrant, s’il en est encore besoin, l’amitié franco-libanaise ont été attribués la semaine dernière à Paris à MM. René Monory, président du Sénat français, Melhem Karam, président de l’Ordre des journalistes et à Mme Alia Solh. Ont été remis: le “Prix du troisième millénaire”, à M. Monory; le “Prix de la Francophonie”, à M. Karam, en tant que rédacteur en chef de “La Revue du Liban” et le “Prix de la pensée libre” à Mme Alia Solh, au cours d’une brillante cérémonie ayant pour cadre la salle de Boffrand du Sénat, en présence de plusieurs sénateurs et députés français; de MM. Stelio Farandjis, secrétaire général du haut Conseil de la francophonie: Paul Blanc, Jean-Marc Daillet, Paul Marc Henry, Jean Husson, anciens ambassadeurs de France. On notait, également, la présence de MM. Sami Kronfol, délégué permanent du Liban auprès de l’UNESCO; Hussein Rammal, chargé d’Affaires du Liban à Paris, ayant représenté M. Naji Abi-Assi. chef de la mission diplomatique libanaise (absent ce jour-là de la capitale française); le sénateur André Gutterin, président de l’Association d’amitié libano-française; Georges Gros, président de la Fédération internationale des journalistes d’ex-pression française et la baronne Mireille de Pierre Bourgue. Il y avait là, aussi, MM. Raymond Eddé, leader du Bloc national; Robert Naoum, consul du Liban; le prince Hicham Ben Abdallah, fils de l’ex-prince héritier du Maroc et de Mme Lamia Solh; Me Mohsen Slim, ancien parlementaire, vice-président de la Fédération mondiale des droits de l’homme; Joseph Najm, président du conseil de l’ULCM en Suisse, ainsi que de nombreux Libanais établis en France et en Europe. Après les hymnes nationaux français et libanais, Me Samir Daher, président de l’Union culturelle franco-libanaise, a pris la parole pour exposer l’objectif de cette institution à savoir: servir la science et la vie en commun, sans lesquelles le danger menace le genre humain.
M. et Mme Melhem Karam avec le Dr André Aoun, le Dr Carma Karam et notre correspondante à Paris, Mlle Marie Bteiche.
DAHER: L’HUMANITE A LA CROISEE DES CHEMINS
“A l’orée du troisième millénaire, ajoute-t-il, l’humanité se trouve à la croisée des chemins. Qui édifiera le monde et où se trouve la voie de l’avenir? C’est pourquoi, il faut adopter des positions émanant du cœur, en vue d’édifier un monde meilleur, donnant à l’homme espoir et confiance. C’est ce qu’a accompli le président René Monory, promoteur du projet “Futuroscope”. Et de conclure: “Le Liban qui a donné à l’humanité l’alphabet, le modèle de vie en commun et qui milite en faveur de la liberté, partage la compréhension du président Monory quant à cet acte gran-diose”. Il termine en rappelant l’urgence de l’aide au Liban: “pour lui permettre de recouvrer sa souveraineté absolue”.
MONORY: MERCI DE VOS SENTIMENTS
Puis, le «Prix du troisième millénaire» a été remis au président René Monory qui a remercié, tout d’abord, l’assistance «des marques de sympathie, de l’hommage qui m’est rendu et des sentiments exprimés à l’égard de ma personne qui ont dépassé mes prévisions». Et d’enchaîner: «J’ai une conception particulière de la vie politique. Je suis maintenant un vieux politique. Certains regrettent que l’on cumule parfois les mandats. Moi, je les ai cumulés sans pour autant m’effondrer sous leur poids. Je crois qu’il est bon d’avoir les points de vue différents de Paris, de province et de l’étranger: tout cela est complémentaire et si l’on travaille beaucoup, l’un renforce l’autre. Les mandats ministériels que j’ai pu avoir grâce au président GISCARD d’ESTAING, à l’époque, m’ont aussi beaucoup apporté, obligé à réfléchir, à voir le monde tel qu’il est et à ressentir complètement les mutations en cours. «Dans nos pays d’Europe, peut-être sommes-nous plus avancés que d’autres, peut-être aussi sommes-nous restés plus passifs, longtemps, grâce aux «Trente Glorieuses», cette période où tout était tellement plus facile pour l’Europe et, en particulier, pour la France; où l’on n’a pas vu assez tôt les mutations en cours. C’est une sorte d’incompréhension que l’on vit en France, sans doute parce que ce qui se passe est irréversible. Il aurait fallu depuis beaucoup plus longtemps faire de la pédagogie, mais il est plus facile de faire de la démagogie… «Faisons donc de la pédagogie. D’ailleurs, le Futuroscope, à propos duquel vous me conférez cette distinction, c’est justement ce dont je veux parler: parce que les choses ne peuvent que changer, il fallait y réfléchir, essayer de faire comprendre la plus grande masse de peuple possible. Je parle là de pédagogie de masse, pour les Français et les étrangers. Dans le Futuroscope, il y a une partie visible, c’est la partie ludique, le parc et une partie qui n’est visitée par personne et qui sert à chercher, à former, à penser. Dès le départ, je disais que l’idée tournait autour d’une fonction essentielle de l’Homme: le travail, la culture, la formation, le loisir. Il faut montrer aujourd’hui, de façon visible et réelle, ce que sera la vie de l’Homme dans toutes ses composantes. J’ai été très aidé par mes amis et je pense que cette distinction va aussi à mes collègues sénateurs qui m’ont fait confiance en me portant à leur présidence, ainsi qu’à mes amis du Département de la Vienne, qui m’ont soutenu de tous leurs moyens.
De droite à gauche: M. Elie Achkar, directeur de l’Office national du Tourisme libanais à Paris, Mme Kronfol, Mme Melhem Karam, le général de Chizelle, la princesse Lamia Solh, Hicham Ben Abdallah, fils de l’ex-héritier du trône du Maroc, la fille de Alia Solh et son époux.
TOUT CE QUI N’EST PAS DEFENDU EST PERMIS
«On me disait parfois: nous ne comprenons pas ce que vous voulez faire. Je répondais: tant mieux, c’est que j’ai trouvé quelque chose. C’est peut-être cynique, mais la décentralisation m’a beaucoup apporté. Ma devise était: «Tout ce qui n’est pas défendu est permis». Je l’ai fait et cela s’est plutôt bien passé. J’ai voulu que puissent apparaître, autour de l’Homme, les semences de demain en quelque sorte. La vie ne sera plus la même, elle sera plus agréable. Pour l’instant, elle ne paraît pas aux Français plus agréable, parce qu’il faut se remettre en cause, remettre en cause le bien et les acquis sociaux et c’est une formule un peu vague, qui suscite donc bien des refus de renouveler les choses. Or, les hommes politiques sont faits pour chercher le bonheur des hommes et des femmes et je suis sûr que la société de demain sera meilleure, une fois franchis les caps difficiles. «Vous évoquiez à l’instant le milliard et demi de personnes qui, dans le monde, souffrent de la faim. J’estime que l’humanité de demain doit prendre en compte ce problème. Il faut donc que les pays développés ne deviennent pas de plus en plus égoïstes - ce qu’ils sont déjà ce moment - de plus en plus indifférents à ce qui arrivera demain. J’ai, d’ailleurs, créé dans mon Département une Fondation déclarée d’utilité publique, chargée d’étudier, en prospective, la façon dont pourront vivre, dans 20 ou 30 ans, les hommes et les femmes de la planète, car je ne suis pas sûr que l’on parvienne à ce résultat sans le préparer. “Telle est la vocation de l’homme politique. Car s’il ne travaille qu’à sa réélection, ce n’est pas suffisant. J’ai eu la chance de passer à travers toutes les élections dans de bonnes conditions, grâce à la majorité populaire. Je dis, parfois, sous forme de boutade, que l’homme politique doit être impopulaire tout le temps, sauf quelques moments avant l’élection où il faut bien être un peu populaire! Mais, je le répète, le reste du temps, il doit être impopulaire, car s’il ne l’est pas, c’est qu’il demande à l’opinion publique ce qu’elle veut. Or, elle dit: “Je ne veux rien changer. Et si vous ne changez rien, elle vous renvoie dans vos foyers. Reconnaissons que c’est assez difficile à concilier. Le fait est que les sondages révèlent cons-tamment: “Ne touchez à rien”, mais que si vous ne touchez à rien, les gens ne sont pas non plus contents. Voilà pourquoi je vous ai dit qu’il fallait savoir être impopulaire et faire les choses d’avenir.
L’ambassadeur Samir Kronfol, le chargé d’Affaires Rammal, le sénateur Adrien Goutran, M. Raymond Eddé, M. Robert Naoum, consul du Liban, le sénateur Claude Hurriet, l’ambassadeur Philippe Husson.
JE SUIS TRES FIER DU SENAT
“En l’occurrence, ce n’est pas le travail d’un homme, c’est celui d’une équipe, avec de l’imagination. “Aujourd’hui, je suis très heureux de voir comment les choses se sont passées. Je suis très heureux, très fier du Sénat, qui a pris un virage. Ce matin, par exemple, je recevais des administrateurs du Sénat qui revenaient de stages au Fonds Monétaire International, à la Commission Euro-péenne, dans les régions, dans les com-munes et étaient pleins d’enthousiasme. Cela m’a démontré que j’avais eu raison d’insuffler à mes collaborateurs la volonté d’aller voir ailleurs ce qui se passe. Si l’on ne voyage pas, on ne sait pas ce qui se passe, on est un politique incomplet. Je crois que le Sénat, aujourd’hui, est en train de se modifier, grâce à mes amis sénateurs qui sont totalement convaincus de tout cela, car ils voient la modernisation qui est insufflée tous les jours dans cette maison. “On avait donné une image fausse du Sénat: il a toujours bien travaillé, mais il est vrai qu’il a le temps devant lui, le temps de la réflexion. Elus au second degré, les sénateurs sont gens de réflexion. Mais cela ne se savait peut-être plus assez. “Aujourd’hui, cela se sait davantage. Je suis très fier de ce qui bouge au Sénat et qui me porte à chercher autre chose. Tant que j’aurai un souffle de vie, je ne chercherai jamais à regarder le passé, car c’est tellement plus intéressant de s’occuper de ce que l’on ne connaît pas et que l’on espère voir belles! Ma vie sera, donc, consacrée au futur et j’ai bien senti que c’était le sens de votre démarche. “Je souhaite vivement que votre Union Culturelle prospère. Il y a ici des sénateurs prêts à vous aider. Aujourd’hui est un grand jour pour moi. Je vous remercie infiniment. Je n’ai pas eu de mérite, mais j’accepte votre prix”. Ensuite, M. Paul Blanc, a présenté Mme Alia Solh en tant que penseur et que personne cultivée méritant de porter le legs de son père, feu le président Riad Solh, avant de lui remettre le “Prix de la pensée libre”. Mme Solh a remercié l’Union de sa délicate attention, avant de parler de la situation dans les domaines politique et culturel au Liban et dans le monde. Enfin, elle réclame l’aide pouvant permettre au Liban “de dépasser les difficultés auxquelles il est confronté et d’étendre sa souveraineté à l’ensemble de son territoire”.
Le président Monory et M. Melhem Karam.
LE ROLE HISTORIQUE DE “LA REVUE DU LIBAN”
M. Stelio Frandjis, secrétaire général du haut Conseil de la Francophonie, a présenté, alors, M. Melhem Karam, par un mot dans lequel il a mis en relief ses qualités intellectuelles et médiatique et les services qu’il rend à travers “La Revue du Liban” pour soutenir la francophonie, contribuer à son extension et renforcer les liens franco-libanais. De plus, il rend hommage au rôle historique de cet hebdomadaire “qui a consisté non seulement à soutenir la francophonie, mais aussi le verbe libre partout dans le monde”. “Avec ses trois consœurs: “Al-Bayrak”, “Al-Hawadess” et “Monday Morning”, elle constitue un empire médiatique rare, représentant 48 pour cent de la totalité des lecteurs au Liban. “Al-Hawadess” est la première revue du monde arabe, éditée par l’unique institution journalistique publiant des imprimés dans les langues arabe, française et anglaise. “Quant à Melhem Karam, ajoute M. Frandjis, il occupe une place de choix au triple plan syndical, journalistique et de la pensée. Il est l’auteur d’articles qui sont retransmis, chaque semaine, par les moyens d’information de portée internationale. Nous sommes fiers de ce qu’il représente et de ce qu’il donne aux plans syndical et du leadership”. Son allocution terminée, M. Frandjis remet à M. Karam le “Prix de la Francophonie”, l’écusson de l’Union culturelle franco-libanaise et le Prix du ministère des Emigrés.
KARAM: AU SERVICE DU LIBAN, DE LA FRANCE ET DES JUSTES CAUSES
Notre rédacteur en chef devait prononcer, alors, le discours dont voici le texte intégral: Monsieur le président, Mesdames, messieurs, Chers confrères et amis, C’est pour moi un grand honneur de recevoir le “Prix de la Presse Franco-phone”, attribué à “La Revue du Liban” qui a, à son actif, soixante années d’efforts ininterrompus au service du Liban, de la France, des justes causes et des valeurs communes à nos deux pays. Est-il besoin de rappeler que notre hebdomadaire a été fondé à Paris en 1928 par les regrettés frères Ibrahim et Emile Maklouf qui poursuivaient leurs études dans la capitale française? Ayant ses bureaux au 9 de la rue Gay-Lussac, au cœur du Quartier Latin, “La Revue du Liban” bénéficiait de la collaboration de personnalités françaises du monde politique, littéraire, scientifique et des arts. La médaille de vermeil de l’Académie Française lui a été décernée en 1932. Après l’entrée des troupes nazies à Paris en 1940, les frères Maklouf prenaient à Marseille le dernier paquebot en partance pour Beyrouth où ils relançaient leur périodique une année plus tard. Après la mort d’Emile Maklouf, son frère Ibrahim, a bien voulu me céder la licence de sa revue, en posant une condition: qu’elle ne dévie pas de la ligne tracée par ses fondateurs. Je me suis conformé à son désir, tout en apportant à l’hebdomadaire les améliora-tions exigées par l’évolution de la profession journalistique et par les impératifs de la technique moderne, tant sur le plan de la rédaction, que du format et de la mise en page. Ainsi, “La Revue du Liban”, a suivi la marche du temps, sans pour autant perdre son esprit et son âme. En ce sens qu’elle a poursuivi sa politique d’ouverture sur le monde arabe, tout en luttant en faveur de l’indépendance et de la souveraineté du Liban, comme du raffermissement des relations franco-libanaises. Rien de ce qui intéresse la France ne lui est étranger ou ne la laisse indifférente. Depuis que j’en assume la charge, elle contribue à promouvoir une compré-hension plus profonde de la France et une collaboration plus étroite avec ce pays ami, si proche du nôtre.
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Cela dit, je me dois de mentionner la mission, combien exaltante, dont s’acquit-tent les responsables de la francophonie au service d’une langue qui fait partie désormais de notre patrimoine. Il me plaît de rappeler ce que madame Margie Sudre a déclaré en débarquant mardi dernier à Beyrouth - où elle a inauguré le salon “Lire en français et en musique” et lancé de nouveaux program-mes de Radio France Internationale: “Le Liban est le fief de la francophonie, la presse libanaise d’expression française se distinguant par son excellent niveau et sa grande variété.” Le fait pour elle d’avoir affirmé que “la langue française se porte très bien dans le monde”, n’a pas manqué de réjouir tous les francophones.
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Je ne peux omettre ici de présenter mes chaleureuses félicitations au président Monory, pour le “Prix du mérite du 3ème millénaire” qui lui revient de droit, en tant qu’homme politique de premier plan, doublé d’un grand mécène des lettres et des arts. De même, je félicite ma consœur et compatriote Alia Solh pour le “Prix de la Libre Parole” qui lui a échu, elle dont la pensée cristalline est affranchie de toutes contraintes ou considérations restrictives. De fait, elle se fie à ses convictions inébranlables héritées de son prestigieux père, feu le président Riad Solh et ne prête l’oreille qu’aux pulsations de son cœur. Je me dois aussi de remercier l’Union Culturelle Franco-Libanaise, dont le président docteur Samir Daher a toujours milité pour la défense des droits de l’homme et pour consolider les relations amicales et fraternelles entre la France et le Liban et à qui on doit la création de ce prix et l’organisation de cette rencontre.
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Je terminerai par cette réflexion extraite du discours que le président Jacques Chirac a prononcé devant le Parlement libanais lors de sa visite officielle au Liban en avril dernier: “Le cœur des Libanais n’a jamais cessé de battre au rythme du cœur de la France... La force de notre amitié repose sur les liens indéfectibles de l’esprit et du cœur, que rien ne peut ternir”. Merci.
MANIFESTATION DE L’AMITIE FRANCO-LIBANAISE
La cérémonie du Sénat français a été suivie avec un vif intérêt à Paris. Elle s’est transformée en manifestation de l’amitié franco-libanaise et des liens de haut niveau existant entre la France et les Arabes, après les prises de position du président Jacques Chirac qui doivent faire l’objet de notre gratitude. L’Union culturelle franco-libanaise et, à sa tête Me Samir Daher, est parvenue à assurer une organisation impeccable de la cérémonie au cours de laquelle les prix ont été remis à MM. Monory, Karam et Mme Solh, le niveau de l’assistance ayant été particulièrment élevé à cette manifestation qui a symbolisé des valeurs que sont la culture, la pensée et la démocratie.
LA FRANCOPHONIE N’EST PAS UNIQUEMENT UNE LANGUE, C’EST AUSSI UN MODE DE VIE”
A son retour à Beyrouth, M. Karam a déclaré: “Je suis honoré de porter le “Prix de la Francophonie” décerné à “La Revue du Liban”, dont je suis le rédacteur en chef, en appréciation de sa contribution à renforcer les relations entre le Liban et la France et à propager la langue française. “J’ai touché du doigt en France un appui total au Liban et aux causes arabes. De même, j’ai ressenti un climat de fraternité, comme si je me trouvais dans mon propre pays. Ce sentiment je l’ai éprouvé pour la première fois, car nous commençons à récolter les fruits des initiatives du président Chirac en vue de rapprocher davantage son pays du nôtre, ce que partagent la plupart des pays d’Europe.” Et de poursuivre: “Les Arabes doivent récompenser la France, en contribuant à favoriser l’expansion de sa langue, en élargissant leur amitié avec elle et en ne la restreignant pas à deux ou trois Etats géants, car la France est, aussi, un “géant”, sa langue pionnière ayant des racines profondément ancrées dans l’Histoire et le passé. “Puis, la France est une pépinière de la pensée, de la liberté, du don littéraire et des droits de l’homme. La francophonie n’est pas seulement une langue; c’est, également, une civilisation et un mode de vie faisant partie intégrante de la civilisation de la Méditerranée. “A une certaine époque, on l’appelait “l’océan méditerranéen” ou “l’environne-ment méditerranéen” ou encore “la culture de l’homme”. “La Francophonie est le pont culturel entre la France de la pensée, de la révolution, des droits et de la Charte de l’homme remontant à la révolution de 1789 et entre les peuples francophones. Ce n’est donc pas, uniquement, une langue; c’est, aussi, une âme et une pratique. De là, la responsabilité de la France dans les domaines culturel, de la pensée, de la civilisation et même dans le domaine politique. “Je me souviens que lorsque j’étais élève du secondaire, des professeurs français nous enseignaient la langue française au collège de La Sagesse. Nous nous demandions qui payait leurs émoluements? Et on nous répondait: Le consulat ou la Mission culturelle de France. Ceci ne manquait pas de nous surprendre: des professeurs enseignant dans des écoles non-françaises dont les élèves sont libanais et qui percevaient leurs mensualités de l’ambassade de France! “Nous n’avons compris le sens de cela que lorsque nous avons grandi, nos livres de littérature française, de Droit français et nos références étant également français. “Le Liban a pu joindre à la culture occidentale, dont la française, la culture arabe. Aussi, n’est-il pas étonnant de dire que le Liban est le point de rencontre des civilisations, au triple plan de la culture, de la langue et de la pensée.”