SATURNALES
“SELON QUE VOUS SOYEZ PUISSANT
“Ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir” écrit ce bon La Fontaine. On a arrêté une bande de voleurs à l’arraché, spécialistes du vol de sacs de ces dames, en sus de bijoux, d’argent et autres babioles. C’est bien. Très bien! Un menu fretin que l’on expose à la hargne du public, dans tous les médias avant procès, jugement et condamnation. Cela est fait, semble-t-il, pour donner un exemple du bon fonctionnement du système au Liban. Pendant ce temps, ils courent, ils courent, non pas le furet, mais les voleurs de milliards, les coupables de corruption, de concussion, de népotisme, d’importation de déchets dangereux. Pour ceux-là motus et bouche cousue. Il faut protéger la mafia et les mafiosi. République bananière. Même pas.
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“HUMAIN, TROP HUMAIN”
Ce qui s’est passé cette semaine au Liban avec la formation du Cabinet. On a pris à peu près les mêmes et on a recommencé. Sous prétexte de démocratie, on a récompensé les frondeurs. Il est bon de faire de l’opposition, mais faire de l’opposition quand on bénéficie des privilèges, sans en assumer les responsabilités, c’est absurde. Un gouvernement homogène n’est pas un gouvernement béni-oui-oui. Homogène veut dire qui présente une harmonie, une unité entre ses divers éléments. Cela ne veut pas dire un consensus automatique sur toutes les questions. Or, ce gouvernement n’est ni homogène, ni harmonieux, ni même équilibré. On aurait voulu voir un Nassib Lahoud, un Fouad Turk, un Marwan Hamadé faire partie de la nouvelle équipe. Marwan Hamadé a obtenu plusieurs milliers de voix de plus, que la tête de liste c’est-à-dire M. Joumblatt aux élections. De plus il a travaillé sûre-ment, consciencieusement et intelligem-ment. Cela a suffi pour qu’il soit “OUT”... M. Walid Joumblatt a avoué urbi et orbi les fraudes fiscales dans les sociétés qu’il préside. Il est renommé ministre des Déplacés. M. Fouad Sanioura qui a été témoin de la valse de millions introuvables au ministère des Finances, est aussi re-nommé secrétaire d’Etat à ce même ministère. On ne prétend pas comprendre les raisons qui les ont ramenés, bien qu’on sache le qui, le pourquoi et le comment! Mais l’intolérable dans tout cela est qu’on prend le Libanais pour un imbécile, un débile à qui on ne doit pas rendre des comptes. «Tel est mon bon plaisir» semble être la devise du Chef d’orchestre qui fait jouer une partition, dont il n’est même pas l’auteur. «Humain, trop humain» ce ministère, tout comme le livre de Nietzsche, le plus sombre qu’il ait écrit, et que l’on suit au Liban!
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«GLISSEZ MESSIEURS, N’APPUYEZ PAS»
Nos chaînes de télévision charrient de tout, du plus raisonnable au plus farfelu. On y entend une cacophonie d’idées où le faux ensevelit la vérité dans un vacarme sans nom. Dans ce flot de paroles où chaque intervenant joue au docteur, comment se retrouver? Comment aussi décanter dans ce flot d’images, ce déferlement de publicités, de vidéo-clips ce qui doit être retenu, ce qui est à rejeter? Comment endiguer le vulgaire, le dégoûtant, l’intolérable, la violence, le sang? Passons sur le reste et regardons un peu ces publicités. Il y a des publicités sur le sanitaire fort sympathiques. Sur l’hygiène aussi. Mais il en est une intolérable - du moins plusieurs téléspectateurs ont téléphoné - pour le signifier, une publicité qui concerne une marque de serviettes hygiéniques. Là non contentes de regarder, deux jeunes filles (car elles sont deux à présenter le même produit) expliquent avec force gestes à l’appui et tout comme dans une démonstration chirurgicale, les raisons de leurs préférences pour cette serviette. Elles tâtent, elles palpent, elles caressent l’eau bleutée absorbée, elles font tout un show de ce qui devrait simplement être suggéré. Suggérer c’est créer. Nommer c’est détruire. Et c’est le résultat de cette si peu «BCBG» publicité!
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REFLECHIR, REND CHAUVE
Pourquoi les hommes sont plus atteints par la calvitie que les femmes? Parce qu’ils réfléchissent davantage. Tel est le résultat d’une étude menée par un groupe de chercheurs mixtes, hommes et femmes. Aujourd’hui, Reuter nous informe que les femmes exerçant de hautes fonctions dans la vie active, souffrent, elles aussi, de la perte prématurée de cheveux et ceci d’après la revue britannique «Hair International». La tension, la mauvaise alimentation, les contraintes horaires, sont les raisons de cette chute de cheveux. Victoire féminine, qui ne soulève pas les hourras. Victoire à la Pyrrhus. La chute de cheveux, n’est plus un monopole d’hommes.
MARY YAZBEK AZOURY.