JOURNEE NATIONALE

GARDIENNE DE

L’INDEPENDANCE,

L’ARMEE EST AU SERVICE PERMANENT DE LA PATRIE

Le 1er août 1945, l’armée libanaise est passée sous l’autorité de l’Etat libanais indépendant et le commandement du général Fouad Chéhab, secondé par le colonel Sleiman Naufal, nommé chef d’état-major. A la même date, le président Béchara El-Khoury, suivi des dignitaires de l’Etat, passait en revue l’armée libanaise lors du premier défilé militaire du Liban indépendant. Il va s’en dire que l’histoire de l’institution militaire depuis sa création officielle, le 1er août 1945 jusqu’à nos jours, a été semée d’embûches et de défis, mêlée à la sueur et au sang, tout en étant riche en leçons et en expériences. La bataille héroïque de Malkieh, le 5 juin 1948, tint lieu de purgatoire à la jeune armée libanaise. Dans cette bataille, le troisième bataillon libanais de francs-tireurs, sous le commandement du lieutenant-colonel Jamil Houssami, a affronté les forces de l’ennemi israélien qui occupaient ce village. La confrontation s’est terminée par la victoire de l’Armée libanaise qui a libéré cette localité dont elle a arrosé le sol avec le sang de ses bienheureux martyrs et, à leur tête, le capitaine martyr Mohamed Zgheib. Ce fut la première occasion donnée à l’Armée nationale d’un Liban indépendant de défendre sa terre contre l’occupation ennemie et d’offrir la vie de ses hommes pour sauvegarder la patrie et son indépendance.

UNIFICATION ET RECONSTITUTION DE L’INSTITUTION MILITAIRE

Le premier défi national au lendemain de la terrible guerre qui a ébranlé le pays, était de remettre le pays sur les rails de la reconstruction. C’est pourquoi, la première tâche à laquelle se sont attelées les autorités fut la reconstitution de l’Armée, pilier même de la sécurité et de l’indépendance, redonnant ainsi l’espoir aux citoyens après que la guerre eut divisé toutes leurs institutions et dispersé l’armée. A la même époque, le commandement a pris la décision courageuse et responsable de réunifier l’institution militaire et de la reconstituer sur des bases saines s’appuyant sur des données essentielles telles que la protection de la sécurité du citoyen et l’imposition de l’autorité de l’Etat dans tout le pays. En un temps record, le commandement de l’Armée a réussi à réparer les énormes dégâts qui ont touché ses constructions, ses équipements et son armement, à mettre un terme à la politisation, à la dispersion et au confessionnalisme qui sévissaient dans ses rangs, tout en œuvrant en vue de rectifier la vision et l’orientation générales. Cette ligne de conduite du commandement a rapidement porté ses fruits et la restructuration de l’institution a été menée à terme par la fusion des différentes brigades. Le rétablissement de l’ordre et le maintien de la sécurité furent une des premières conséquences du retour de l’Armée sur la scène intérieure; de même, la clarté de la décision politique unifiée face à l’ennemi israélien, a permis à l’Armée de prendre position au Sud et dans la Békaa Ouest, afin de protéger le pays et préserver son indépendance, en luttant avec les moyens dont elle dispose contre les agressions ennemies, en apportant aide et soutien aux citoyens qui restent accrochés à leurs terres, participant ainsi à la sauvegarde de l’indépendance et fournissant un appui essentiel à la position de l’Etat dans les négociations pour la paix, en coordination avec la Syrie. Il est clair pour tous que cet Etat indépendant n’aurait pu survivre et se développer ni l’indépendance être préservée, sans le consensus populaire général et la participation de tous, politiciens et militaires, à la construction et à la consolidation de l’Etat. Les grandes aptitudes, la discipline et la rigueur de l’institution militaire ont, pour leur part, joué un rôle majeur dans la protection et la sauvegarde de l’indépendance.

FACTEUR D’UNITE ET DE STABILITE

Depuis sa création, l’Armée libanaise a été le protecteur de la sécurité et de la sauvegarde de la nation et du citoyen, un facteur de l’unité et de la stabilité nationales et le bouclier abritant la patrie des dangers qui la guettent. L’Armée rassemble tout son savoir et ses forces pour se battre selon ses moyens et ses capacités en se sacrifiant sans compter pour sa terre et son peuple, pour protéger le drapeau de son pays, défendre ses frontières et préserver son indépendance et sa souveraineté. L’Armée a su sauvegarder et consolider l’indépendance en appliquant les décisions et les ordres du commandement et grâce à la responsabilité de ses membres qui ont accompli leur devoir dans les différents domaines de la défense, de la sécurité et du développement, dans le respect de l’éthique et de la discipline militaires, de la constitution et des règlements et lois en vigueur. Le peuple libanais a toujours aspiré à la liberté et à l’indépendance. Au cours de son Histoire, il a connu diverses situations et formes d’auto-détermination. Dès la mise en place des structures politiques contemporaines au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Libanais furent parmi les pionniers de l’indépendance de leur pays en envoyant leurs représentants à la Conférence mondiale pour la paix à Paris.

RAISONS D’ETRE DE LA “TROUPE DU LEVANT”

Avec l’annonce des alliés de leur désir de créer une armée d’engagés volontaires arabes sous le nom de “Troupe du Levant”, un grand nombre de Libanais, pleins d’enthousiasme s’y sont engagés, créant, ainsi, en son sein un statut libanais distinctif. Ces mêmes Libanais furent à l’origine du statut militaire ayant servi de base à la création ultérieure de l’armée libanaise: ils furent, également, à l’origine du premier statut national qui les a conduits à l’indépendance. La “Troupe du Levant” était une troupe étrangère placée, à l’origine, sous le commandement de la France qui avait établi des liens privilégiés avec les différentes classes sociales libanaises dont faisaient également partie ceux qui, enrôlés dans cette “Troupe”, étaient sous ses ordres.

PREMICES DE L’INDEPENDANCE

Il est évident que les raisons et les objectifs qui ont guidé le commandement français lors de la création de la “Troupe du Levant”, sont différents de ceux qui ont poussé les Libanais à s’engager dans cette troupe. C’est pourquoi, dès la chute de l’empire ottoman vers la fin de la Première Guerre mondiale et avec la mise du pays sous mandat français, le désir d’indépendance a commencé à prendre forme dans l’esprit des Libanais. Officiers et soldats engagés dans la “Troupe du Levant” ont commencé à réclamer d’une voix forte l’indépendance de leur pays. Le refus et l’intransigeance du commandement français ont incité les soldats avant-gardistes à revendiquer leurs droits nationaux par divers moyens pacifiques, tout en ayant recours à l’expérience acquise dans une des deux écoles militaires de Damas ou de Homs d’où ils étaient diplômés, ou à travers les missions administratives ou de combat qu’ils avaient accomplies jusque-là. Le début de la deuxième Guerre mondiale et la participation de la France laissa plus de liberté aux officiers libanais au sein de la “Troupe du Levant” pour réaliser leurs aspirations d’indépendance. Les autorités mandataires ayant l’esprit occupé par la guerre, relâchèrent légèrement leur emprise sur le Liban, ce qui permit à un consensus populaire général, renforcé par la crise économique. la mauvaise gestion du pays par les autorités françaises et les échos d’une révolution syrienne anti-française de se former, avec l’indépendance comme premier objectif. Le regard des Libanais se tourna, tout naturellement, vers les officiers patriotiques travaillant dans le cadre des forces françaises et qui, à leurs yeux, personnifiaient l’espoir, le symbole et la force militaire nationale sur laquelle ils comptaient.

PREMIERE PROMESSE OFFICIELLE D’INDEPENDANCE

La division des forces armées françaises entre gaullistes et partisans du gouvernement de Vichy; puis, la mainmise des forces de Vichy sur le matériel et l’équipement des troupes du Levant a permis aux officiers libanais d’affirmer à nouveau leur fidélité à la patrie, passant outre aux directives et des ordres de l’armée mandataire qui allaient à l’encontre de l’intérêt national. De plus et au paroxysme de l’affrontement entre troupes gaullistes et vichystes, le commandement de Vichy a donné ordre aux officiers libanais et à leurs soldats de faire la guerre aux gaullistes et de leur tendre des embuscades comme ils le feraient pour des forces ennemies. Après s’être réunis pour discuter de la nouvelle situation, les officiers libanais prirent la décision de désobéir aux ordres de Vichy et de ne pas s’engager dans une guerre qui n’était pas la leur. Après la victoire de l’armée française conduite par le général De Gaulle, le commandement français donna ordre aux forces spéciales et aux engagés libanais de prendre position à Zouk Michaël et d’attendre que la décision sur leur avenir. Les officiers libanais se réunirent de nouveau afin d’adopter une position servant l’intérêt suprême de la nation et prirent la décision de servir, désormais, le seul intérêt du Liban; de n’obéir qu’aux autorités libanaises. Ils rédigèrent, à cet effet, un document historique qu’ils signèrent de leurs noms et lièrent la poursuite de leurs missions militaires à une promesse d’indépendance totale du Liban par les autorités gaullistes et alliées. Après maintes tractations, les autorités concernées se rendirent à leurs revendications et leur firent la première promesse officielle d’indépendance après la seconde guerre mondiale.

La remise des certificats d’aptitude à la deuxième promotion
d’officiers spécialisés, a eu lieu au cours d’une cérémonie
qui s’est déroulée à la caserne Choucri Ghanem, à Fayadieh,
sous la présidence du brigadier Khalil Jalbout, commandant de
l’Ecole militaire, représentant le général Emile Lahoud,
commandant en chef de l’armée. On notait la présence de
plusieurs officiers, en plus des parents des nouveaux gradés.
La cérémonie a été clôturée par un défilé militaire symbolique
auquel ont participé des unités de l’Ecole militaire.
Notre photo montre un officier prêtant le serment traditionnel.


Dans son ordre du jour à l’occasion du 53ème anniversaire de l’indépendance

Le général Emile Lahoud:

“Militaires, votre impartialité et votre détermination vous ont rendus dignes de la confiance des citoyens”

Militaires, Tout au long de cette année, vous avez fait face à des échéances difficiles au cours desquelles vous avez, une nouvelle fois, prouvé que vous étiez dignes de la confiance de la nation et des citoyens. Ces échéances vous ont rendus plus forts et vous ont permis de mieux défendre la nation et de préserver son indépendance. “L’indépendance, une Consigne Sacrée”, est le slogan de la fête de l’indépendance choisi par votre commandement; cette consigne est une responsabilité et un fardeau lourds à porter. Vous avez toujours su vous montrer à la hauteur, supportant votre fardeau et restant fidèle à votre serment quelles que soient les échéances que vous avez affrontées. Militaires, L’ennemi israélien occupe toujours une partie de notre terre au Sud et dans la Békaa Ouest, en dépit des résolutions internationales réclamant son retrait. Il a élargi ses zones d’agressions auxquelles vous avez répondu sans faillir et avec résolution, malgré l’inégalité des moyens. Vous êtes demeurés dans vos positions et grâce à votre soutien et votre assistance, le peuple est resté accroché à sa terre, s’abritant derrière vous et se reconnaissant en vous, son armée nationale, son rempart et son bastion. Aux menaces proférées par l’ennemi, vous avez répondu par l’attachement à votre terre et votre promptitude à défendre la patrie. Et lorsqu’il a eu recours aux menaces et à la ruse pour rompre la concordance des positions du Liban et de la Syrie, votre commandement a réagi par une plus grande coordination et une coopération plus étroite entre nos deux armées, afin de confronter les agressions ennemies. Militaires, Au front et à l’intérieur, vous avez toujours veillé sur la sécurité de la nation et des citoyens. Partout où vous vous êtes rendus, vous avez amené dans votre sillage la confiance et la sécurité, ouvrant ainsi la voie à la reconstruction et à la prospérité. Grâce à vos efforts et vos sacrifices vous avez jeté la lumière sur les crimes commis à l’encontre des fondements nationaux et vous avez déjoué les machinations ennemies visant à ébranler la sécurité et la stabilité nationales. Militaires, Vous avez prouvé que vous étiez une armée nationale plébiscitée par tous les Libanais et votre rôle dans toute sa diversité a reçu l’appréciation de tous et notamment lors des élections législatives de l’été dernier. Vous avez veillé à la sécurité de l’opération électorale dans le seul but de garantir la liberté d’expression et la sécurité de tous sans partialité ou ingérence. Votre impartialité et votre détermination vous ont rendus dignes de la confiance des citoyens. Militaires, Vous êtes tous soumis à la loi dont vous tirez votre autorité et vous l’appliquez sur tous, à la lettre et sans exception, car c’est la seule manière de maintenir la sécurité, permettre la reconstruction et de préserver l’indépendance, cette consigne sacrée dont vous avez la garde.

Vive l’Armée

Vive le Liban

Yarzé, le 22/11/1996

Général EMILE LAHOUD

Commandant en Chef de l’Armée