SATURNALES
L’INDEPENDANCE?
En droit, on parle d’Indépendance, quand il s’agit d’une collectivité ou d’un pays, qui n’est soumis à l’autorité d’aucun autre. Les deux con-ditions sine qua non de l’Indépendance, sont que les Etats doivent jouir de la souveraineté interne et de la souveraineté externe. Est-ce le cas du Liban? Si quelques lecteurs ont par malchance regardé la TV au Liban, ces derniers jours, ils se sont sûrement demandé, dans quel pays ils se trouvaient. Il était difficile, suite aux harangues, photos, déclarations et applaudissements de bien se situer, à moins que ce ne fût à la cour du roi Pétaud, “car on n’y respecte rien et chacun y parle haut.” Avec les festivités de la commémoration de la soi-disant Indépendance, les Libanais vont être submergés de discours, de paroles, d’envolées poétiques. Ils devront subir, s’ils regardent la TV ou écoutent la Radio, des heures de parlotte. Comme le disait aussi Lord Mancroft: “Un discours est comparable à une histoire d’amour: n’importe quel imbécile peut la démarrer, mais il faut être rudement fort pour la conclure”.
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DE GAULLE, LA CONCISION ET LA CLARTE
Le temps n’a pas d’importance au Moyen-Orient. Comme preuves? La longueur des diatribes et les discours fleuves des responsables, des commentateurs à la TV, à la radio, dans la presse. Plus c’est long, meilleur cela est-il. Du moins le croit-on! On demandait au Général de Gaulle, le temps que lui demandait l’écriture d’un discours. “Cela dépend essentiellement de la durée de mon intervention”, répondit le Général. “Pour une demi-heure de discours, je compte deux ou trois jours. Pour une allocution de cinq minutes, une semaine au moins m’est nécessaire. “Et pour parler deux heures, je peux vous le faire tout de suite.”
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| ALYA EL SOLH: LA “GOLDEN LADY” FUTUR PREMIER
MINISTRE?
De nombreux pays, n’ont eu leur salut que par des femmes. En commen-çant
par Jeanne d’Arc, en pas-sant par Indira Gandhi, |
L’UNIVERSITE ARABE EST DEVENUE ENGLISH SPEAKING...
Ironie du sort, au moment où le Liban témoigne d’une grande francophilie et se veut un des pays de pointe de la franco-phonie, qu’advient-il dans ce beau pays? L’Université Arabe qui, comme son nom l’indique dispensait son enseignement en arabe, est devenue “English Speaking”. Pourquoi a-t-elle viré à la langue de Shakespeare? Plus de 80% d’étudiants universitaires au Liban, ont opté pour l’anglais. Le Pourquoi? Le nombre d’universités anglophones dans le monde accorde de plus en plus des bourses aux étudiants pour les études post-universitaires. Rien de comparable avec les bourses des pays francophones. Plus tard, ces étudiants trouvent plus facilement du travail dans les pays arabes et dans le monde entier. Les USA ayant signé de nombreux accords universitaires d’équivalence avec beaucoup de pays. Les manifestations culturelles que la France organise au Liban, quoique fortement médiatisées, sont à elles-seules insuffisantes pour convaincre l’étudiant libanais d’opter pour les études supérieures en français. Qu’on me permette de me citer en exemple: quoique ayant fait toutes mes études secondaires en français, j’ai obtenu deux bourses de pays anglophones une pour les Etats-Unis en 1970, du “Kennedy Center” qui m’a permis de visiter 22 Etats, de rencontrer de nombreux hommes politiques et intellectuels du Nouveau Monde. En 1971, j’ai obtenu la bourse de Lord Thomson of Fleet, c’est-à-dire celle du “London Times”, qui m’a fait connaître en profondeur l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Ecosse. Mes stages professionnels en France, ont par contre, toujours été privés et à mon compte. Pour conclure: je sais que ce que j’écris ne plaira pas à nombre de francophones et francophiles, dont je fais partie. Et pourtant que suis-je? Un simple baromètre. Trop de Libanais prennent l’annoncia-teur des tempêtes, pour celui qui les déchaîne.
MARY YAZBEK AZOURY.