LES NOUVELLES FIGURES DU PARLEMENT

ANCIEN ADMINISTRATEUR DE NABATIEH AYANT ACCEDE A LA CHAMBRE

GHAZI ZEAITER:

NOUS DEVONS MOBILISER NOS RELATIONS POUR RECUPERER NOS DROITS A TRAVERS LA LIBERATION DU TERRITOIRE

Nouvel élu du parlement, M. Ghazi Zéaiter est d’avis que “nous devons mobili-ser toutes nos relations, exploi-ter nos amitiés dans l’intérêt du Liban et récupérer nos droits à travers la libération totale de notre territoire”. Le député de Baalbeck-Hermel appelle les Libanais à coopérer sans réserve pour relever tous les défis que nous avons à affronter. De la situation économique, il estime “qu’elle n’est pas désespérée, mais exige des plans et des programmes mûrement établis”.

A la question: “Quel est votre rôle en tant que membre de l’Assemblée et disposez-vous d’un programme préétabli?”, il répond:

“Il s’agit moins d’un plan de travail que d’un rôle dont je dois m’acquitter, sur la base de mes engagements vis-à-vis de mes électeurs et concitoyens”. M. Zéaiter, rappelons-le, était administrateur de Nabatieh. Interrogé sur le point de savoir s’il s’inspirera dans son action parlementaire de celle dont il s’acquittait en tant que mohafez, il émet ces réflexions: “En assu-mant son rôle sous l’hémicycle, le député rend service à ses com-patriotes. Il s’agit pour lui de contrôler l’Exécutif et de légiférer”.

AU SERVICE DE LA PATRIE

- Vous êtes membre du Bloc de la libération et du développement; cela contredit-il vos idées, principes et objectifs en tant que député békaaiote?

“Pas du tout. Je peux servir ma circonscription et coopérer avec le bloc parlementaire dont je me réclame. Il ne peut y avoir de différend entre les membres de l’Assemblée quand ils œuvrent en faveur du Liban tout entier. Avec mes collègues de la Békaa, nous nous soucions de réaliser les projets de nature à relever le niveau de vie des habitants de ce district”.

- Des scandales ont été révélés, dernièrement, dans certaines administrations étatiques. Qu’auriez-vous à dire à leur sujet?

“Je ne dispose pas de tous les détails pour rendre un jugement en connaissance de cause. En ce qui concerne les fuites et les dépenses, je ne peux me prononcer sur ce point, car en tant qu’administrateur, mes attributions ne m’habilitaient pas à prendre des décisions sur les questions d’ordre financier”.

LE LIBAN-SUD DOIT ETRE AIDE ET SOUTENU

- On a fait état de la dilapidation par le Conseil du Sud des crédits qui lui ont été alloués. Que pensez-vous de cette accusation, en votre qualité d’ancien administrateur de Nabatieh?

“Cet organisme ne relevait pas de ma compétence. Cependant, je peux assurer que le Conseil du Sud s’est toujours acquitté à la perfection de sa mission. Toujours est-il qu’il s’est trouvé, à certains moments, dans l’impossibilité de satisfaire toutes les doléances des citoyens. Car celles-ci sont énormes, alors que les possibilités financières restent en-deça des besoins. “Il ne faut pas oublier que le Sudiste pâtit des bombardements et des agressions quasi-permanentes de l’ennemi israélien. Il va sans dire que le Liban-Sud mérite d’être aidé et soutenu, pour lui permettre de tenir tête aux attaques quotidiennes. Malheureusement, les possibilités financières de l’Etat restent limitées”.

- Comment évaluez-vous l’action gouvernementale. En d’autres termes, approuvez-vous le projet économique du président Hariri?

“Je préfère émettre à ce sujet un avis basé sur une étude approfondie, car je ne voudrais pas porter un jugement à la légère”.

SITUATION ECONOMIQUE DIFFICILE

- Comment jugez-vous la situation socio-économique que le chef de l’Etat qualifie de “solide”?

“Il ne fait pas de doute et tout le monde le reconnaît, il existe une crise économique étouffante, exigeant du citoyen des frais supplémentaires qu’il n’est pas en mesure de supporter. Peut-on nier que la saison hivernale nécessite des dépenses plus lourdes? Qu’il nous suffise de mentionner les scolarités et les frais annexes devenu exorbitants. “Quant au jugement porté par le président de la République, il peut être plus informé de certaines données dont je ne dispose pas encore en qualité de nouvelle figure du parlement”. “Nous souhaitons, naturellement, que notre économie soit forte et se développe davantage, pour pouvoir relever tant de défis auxquels les Libanais sont actuellement confrontés”.

QUID DU PROGRAMME HARIRI?

- Approuvez-vous donc le programme économique du président Hariri?

“Le programme du chef du gouvernement, tel qu’il l’a exposé au cours d’une récente rencontre à l’USJ, peut être valable et béné-fique. Cependant, je crois qu’il mériterait une révision de l’ordre des priorités, à l’effet d’améliorer les conditions de vie du citoyen. “Nous ne désespérons pas de notre situation économique, mais on ne peut ignorer les difficultés que rencontre le Libanais dans son quotidien. De plus, l’occupation d’une partie du Sud et de la Békaa ouest, et les agressions permanentes d’Israël qui affectent les populations civiles dans leurs personnes et leurs biens, tout cela se répercute, négativement, sur l’économie nationale”.

LA TROIKA ET LA REFORME

- La réunion de Taëf a engendré la “troïka”; qu’en pensez-vous?

“Je ne peux définir une telle formule, ni la manière dont les trois présidents se comportent. Il apparaît, toutefois, qu’un consensus est à la base de leurs décisions, surtout sur le plan administratif. “La même coordination entre les présidents devrait jouer pour sortir le pays des problèmes et des crises dont notre peuple pâtit dans tous les domaines. “En ce qui concerne la réforme administrative, elle suppose la levée de l’immunité couvrant les fonctionnaires et l’application du principe de responsabilité face aux administrés. “Cela nécessite la réactivation des organismes de contrôle et des institutions étatiques”.

HOMMAGE A LA FRANCE ET A L’U.E.

- Comment évaluez-vous la tournée du président Chirac au Liban et dans la région, sous l’angle de son impact sur le processus de paix?

“En tant qu’Etat libanais, nous devons mobiliser toutes nos relations et exploiter nos amitiés dans l’intérêt de la patrie. De cette façon, nous pourrons recouvrer nos droits spoliés, à travers la libération du territoire en application des résolutions internationales. “A cette occasion, nous devons rendre hommage aux prises de position de l’Europe, en général, et de la France, en particulier. L’attitude du président français est magnifique et nous devons l’exploiter dans l’intérêt de notre pays à l’avenir, autant auprès de l’Union européenne que des nations amies”.

(Propos recueillis par Hala Husseini)