D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
HARIRI SUR LA DéFENSIVE...
Les observateurs constatent que, pour la première fois depuis qu’il a accédé à la présidence du Conseil, M. Rafic Hariri se trouve sur la défensive, surtout à la suite de la campagne menée par les opposants, en vue d’obtenir la prorogation du délai accordé aux médias audiovisuels (qui expire fin novembre), pour se mettre en règle avec la loi régissant ce secteur. Le président du Conseil persiste à dire qu’il appliquera la loi dans sa forme actuelle, sans y apporter aucune modification. Au parlement, le président Berri a laissé entendre qu’il remettrait sur le tapis la loi mentionnée, dès la fin du débat de confiance...
HOSS, OPPOSANT ŒUVRANT DE L’INTéRIEUR DU SYSTEME
Le président Salim Hoss a déclaré à l’issue d’un entretien avec cheikh Mohamed Kabbani, mufti p.i. de la République, qu’il continuera à soutenir les médias et leur personnel. L’ancien chef du gouvernement a insisté, notamment, sur la nécessité de régler cette affaire d’une manière rationnelle, qua-lifiant de négative la décision du gouvernement de s’opposer à la prorogation, jusqu’en avril, du délai imparti aux moyens de l’information audiovisuelle pour se mettre en règle avec la loi régissant ce secteur. Enfin, M. Hoss se considère comme «un opposant agissant de l’intérieur du système et sous le plafond de Taëf».
POURQUOI DAYEH A-T-IL éTé éCARTé DU CABINET HARIRI?
Quelques heures avant la pro-mulgation du décret présidentiel portant constitution de la nouvelle équipe gouvernementale, le nom de Me Bassam Bachir Dayeh, figurait parmi les ministres sunnites. Cependant, il a été remplacé au dernier moment par M. Ghazi Seifeddine, membre de la direc-tion régionale du parti Baas sy-rien. Me Dayeh a été enlevé de la liste des ministrables, dit-on, suite à la démarche effectuée par la “liste pour le développement et du changement”, concurrente à celle du président Omar Karamé, dont Me Dayeh est un de ses proches. Les adversaires de l’ancien chef du gouvernement n’ont pas vu d’un bon œil le fait de le représenter au sein du nouveau Cabinet, alors qu’il mène une campagne virulente contre M. Hariri et son équipe ministérielle.
DAMAS TENTE DE RéCONCILIER HARIRI ET JOUMBLATT...
Les efforts déployés par Damas en vue de dissiper la tension qui caractérise les relations entre le président Hariri et M. Walid Joumblatt, ministre des Déplacés, ne semblent pas avoir porté leurs fruits. De fait, une délégation syrienne a visité le palais de Moukhtara pour remettre au leader druze un message personnel de la direction baassiste, émettant le souhait de le voir arrêter la campagne mé-diatique qu’il a déclenchée contre le chef du gouvernement. Les responsables syriens auraient proposé une rencontre Hariri-Joumblatt au palais de Baabda, mais celle-ci n’a pas eu lieu, en raison du refus des deux hommes de s’asseoir à la même table. Aussi, ont-ils chargé le ministre de la Défense, Mohsen Dalloul, ami commun de MM. Hariri et Joumblatt, d’entreprendre des démarches auprès de ces derniers pour les amener à reprendre leur coopération. Aux dernières nouvelles, le ministre des Déplacés a boycotté le débat à l’Assemblée, mais a laissé entendre qu’il accordera la confiance au Cabinet...
QU’EST-IL ADVENU DES RECOURS EN INVALIDATION?
Les cercles politico-parlemen-taires s’interrogent sur le sort que le Conseil constitutionnel a réservé aux dix-neuf recours en invalidation présentés par des candidats malheureux aux ré-centes élections législatives. Renseignement pris, il semble qu’un délai de deux mois est accordé au Conseil mentionné pour rendre ses arrêts, à compter de la date de nomination des rapporteurs chargés de présenter leurs conclusions. Le Conseil constitutionnel tient, apprenons-nous, des réunions quotidiennes, sauf les dimanches et jours fériés depuis deux semaines, en présence de ses dix membres.
REPORT DES MUNICIPALES AU PRINTEMPS 98?
Un membre en vue de l’Assem-blée nationale prédit le report des élections municipales jusqu’au printemps 98 et, partant, le déclenchement d’une campagne féroce entre le nouveau Cabinet et la Chambre des députés. Surtout qu’il s’avère particulièrement malaisé de désigner les conseil-lers municipaux dans les diffé-rents districts. Le même parlementaire estime, toutefois, qu’il est possible pour le Sérail de parvenir à une solution de compromis avec les députés, celle-ci consistant à procéder au choix des membres des Conseils municipaux en accord avec le gouvernement.
AUTOUR DE LA CONFéRENCE DE BARCELONE
Une délégation européenne est attendue début décembre à Bey-routh, pour engager des pour-parlers de caractère politico-économique, en rapport avec la conférence de Barcelone sur le dialogue euro-méditerranéen. Ces pourparlers porteront, principalement, sur le projet de partenariat entre le Liban et l’Union européenne, qui doit remplacer l’accord signé entre les deux parties en 1977. La délégation aura des entre-tiens avec le ministre et le secrétaire général du palais Bustros, ainsi qu’avec le ministre de la Réforme administrative.
éCONOMIE ET POLITIQUE
Une délégation économique syrienne de haut rang arrivera, prochainement, à Beyrouth, com-prenant plusieurs responsables et hommes d’affaires d’Arabie séoudite, pour mettre la dernière main à des projets de coopération. La délégation mentionnée qui comptera un responsable du ministère des Affaires étrangères examinera, également, les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays dans les instances internationales, spécialement aux Nations Unies.
COMMISSION PARLEMENTAIRE D’ENQUêTE PERMANENTE?
Un membre de l’Assemblée a proposé la constitution d’une commission parlementaire per-manente ayant pour tâche d’examiner toute question que la présidence de la Chambre juge nécessaire de lui transmettre. Cependant, le président Nabih Berri a renvoyé l’examen de cette proposition jusqu’après le vote par le parlement, du projet de budget 1997.
MANIFESTATION NATIONALE à WADI EL-SITT
L’inauguration de l’église Mar Matta à Wadi el-Sitt (caza du Chouf), placée sous le patronage du chef de l’Etat, qui s’y est fait représenter par M. Elias Hanna, ministre d’Etat, s’est transformée en une manifestation nationale. De fait, des personnalités et notabilités choufiotes de toutes les communautés y ont assisté pour la première fois depuis la fin des douloureux événements. Dans son homélie, Mgr Khalil Abi-Nader a mis l’accent, juste-ment, sur la nécessité de préser-ver, en la raffermissant, l’unité nationale. Le prélat maronite n’a pas manqué de remercier MM. Walid Joumblatt, ministre des Déplacés et Nabil Boustany, député du Chouf, de leur contribution à la reconstruction de ce lieu de culte.
ON DIT...
- Qu’une haute instance a regretté devant un certain nom-bre de personnalités politiques, d’avoir soutenu un candidat ayant réussi aux récentes législatives, contre un ancien député auquel la chance n’a pas souri...
- L’initiative prise par les députés en vue de l’applica-tion de la loi sur l’enrichisse-ment illicite sur leur propre personne, n’a pas bénéficié de l’appui des instances concer-nées.
- Des milieux officiels es-timent que les révélations faites par un ministre au cours d’une conférence de presse, à propos d’un scandale financier, se sont retournées contre lui...
EN RACCOURCI
- Selon des sources proches du chef du gouvernement, le président Rafic Hariri effec-tuerait une visite en Russie au mois de janvier, où il signerait plusieurs accords de coopérat-ion dans les domaines écono-mique, culturel et touristique. Les textes de ces accords sont mis au point, actuellement, par M. Oleg Peressypkine, ambas-sadeur de Russie, en collabo-ration avec les services qualifiés du palais Bustros.
- Il nous revient qu’au cours de la conférence des «Amis du Liban» qui se tiendra à partir du 16 décembre à Washington, la capitale fédérale soulèvera des sujets de caractère économique ayant été débattus lors de la conférence économique pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Celle-ci a eu lieu au Caire, le Liban et la Syrie l’ayant boycottée, parce que les négocia-tions arabo-israéliennes n’ont réalisé aucun progrès au volet bilatéral.
OPINION
Développement équilibré et confessionnalisme
le développement équilibré a été le plus évoqué lors du débat de confiance à la Chambre. Presque tous les députés de province en ont parlé longuement, chacun se contentant de plaider pour sa paroisse. En ce sens que le parlementaire nordiste, ainsi que ceux du Sud, de Jbeil, du Kesrouan et du Chouf limitaient leurs interventions à leurs circonscriptions respectives. Pourtant, chaque député est censé représenter tout le Liban et doit défendre les droits et revendications de tous les citoyens. Les députés de Beyrouth n’étaient pas équitables, aucun d’eux n’ayant pris la peine de parler du développement équilibré, même dans la capitale. De fait, les travaux d’infrastructure battent leur plein dans certains secteurs de la ville et y seront achevés, alors qu’ils n’auront pas commencé dans d’autres secteurs dans plusieurs années. Preuve en est le tunnel de Mazraa-Unesco, ainsi que d’autres mini-tunnels et autostrades en cours de construction. Plusieurs de ces ouvrages ont été terminés, alors que la route de Téhouita et l’autostrade reliant Karm el-Zeitoun à la corniche du Fleuve restent un calvaire pour les citoyens obligés de les traverser plusieurs fois par jour. Parce que les fonds ne sont pas disponibles, les automobilistes continuent à pâtir des embouteillages monstres à Nahr el-Kalb, mettant des heures à couvrir un kilomètre dans cette zone en voiture. Ce fait est étrange! En effet, il semble qu’on veuille enfermer les citoyens dans un “ghetto”... Probablement, pour bloquer le trafic, surtout à l’approche des fêtes de fin d’année, ce qui affecterait, sérieusement, les établissements commerciaux et toutes les entreprises quelle qu’en soit la nature. Quoi qu’il en soit, nous partageons l’obsession de ceux qui multiplient les déclarations sur le développement équilibré et invitons les responsables à mettre un terme à cette frustration et à ses causes, en n’opérant pas sur base des deux poids et deux mesures. Ainsi, il ne faut pas qu’une ville ou un village jouissent pleinement des services de l’Etat au plan des routes, de l’électricité, etc... alors que d’autres en sont privés. Est-il logique que les abonnés de l’OEL acquittent les factures, alors qu’ils reçoivent le courant par intermittence? Ce qui leur fait regretter le temps des milices! Tous nous sommes pour le développement équilibré, pour assurer l’égalité des chances à tous les citoyens. Il faut, naturellement, que les personnes déplacées réintègrent leurs villages. Si l’Etat n’est capable de s’occuper que de Beyrouth, qu’il applique la clause de l’accord de Taëf prévoyant l’adoption de la décentralisation administrative. De cette manière, les districts auront la possibilité de prendre en charge leurs problèmes. On a fait assumer à Taëf deux maux: le sien propre et celui du confessionnalisme. Depuis 1843, nous sommes aux prises avec le confessionnalisme que nous n’avons pu abattre à Taëf. Sera-t-il réduit à néant par le développement équilibré? Tel est notre souhait le plus cher !
NADIM EL-HACHEM.