SATURNALES
PLUS SPONTANE QUE RIGOUREUX
C’est passable. C’est même bien. C’est spontané. Mais ce n’est pas rigoureux. Grâce au président Jacques Chirac, nos dirigeants ont voulu suivre son exemple et dialoguer avec les citoyens. Après le Premier ministre Hariri, qui s’y est essayé le lendemain même de Chirac, c’est au tour du président de la République, “Primus inter Pares” (premier entre ses pairs) de se mettre au dialogue. Le dialogue qui s’est établi entre le président Hraoui et les présents pourrait être qualifié de spontané, mais pas de rigoureux. Le président Hraoui a su esquiver les questions délicates et directes comme celles relatives aux ingérences de Damas dans les affaires libanaises. Il n’a pas non plus répondu à une autre question relative au droit du peuple libanais à se prononcer sur ses propres affaires par référendum. Ni répondu vraiment au sujet des problèmes relatifs aux libertés et à la pauvreté... Même sa réponse relative aux permis accordés aux nouvelles universités est vague. Le président veut qu’on ait confiance, son leit motiv qui revient inlassablement: “Faites confiance à votre pays”. Mais le hic est justement là: les Libanais font confiance au Liban, mais non à ceux qui les gouvernent. Et critiquer les gouvernants, ne veut pas dire trahir le Liban. “Puis, au sujet des scandales financiers, là, c’est la pierre d’achoppement. Déclarer que les scandales financiers existent partout, qu’il ne faut pas exagérer, n’est pas une réponse très diplomatique. Effectivement, les scandales existent en France, en Grande-Bretagne, en Italie, etc... Mais les auteurs sont démis de leurs fonctions, mis en examen, jugés et condamnés. On l’a bien vu avec Tapie et Benito Craxi pour ne citer que ceux-là. Enfin “quand sur quelqu’un l’on prétend se régler, c’est par les bons côtés qu’il lui faut ressembler”.
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SERMENTS D’AMOUR...
... Ne durent qu’un instant. Le temps de la visite du président Jacques Chirac, on a promis monts et merveilles pour encourager la francophonie, dont la reprise d’une chaîne de TV francophone au Liban. Mais comme on le sait, les promesses n’engagent que les personnes qui y croient. Beaucoup de médiatisation autour de la reprise de RFI; puis, rien! Quant à la francophonie, si l’on juge par la qualité de la langue de Molière, maltraitée par nos médias, c’est un autre problème. On se demande si tout comme l’écrevisse, elle ne s’en va pas “à reculons, à reculons”. Bien que les quatre chaînes de TV opérantes ont les moyens financiers pour engager de bons traducteurs, on ne sait quelle paresse les pousse à faire du n’importe quoi en français. Personne n’a eu l’idée de consulter un dictionnaire pour savoir que Miss ne se traduit pas en “demoiselle”, qui est servie à toutes les sauces. Mais la dernière des dernières, sur une des grandes chaînes, l’ambassadeur du “Holy See” (Saint-Siège) est devenu l’ambassadeur de la “Mer Sacrée”!
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OU SONT PASSES LES ANCIENS AMBASSADEURS LIBANAIS?
On a vu au palais présidentiel à Baabda, le 22 novembre, le chef de l’Etat, le président du Conseil et le chef du Législatif recevoir les félicitations traditionnelles de nombreuses personnalités. Ainsi ont défilé par ordre protocolaire, les anciens présidents de la République, de l’Assemblée, du Conseil, les ministres, les ambassadeurs, les anciens ministres, les représentants des chefs spirituels du pays, les officiers de l’armée, les anciens directeurs généraux, hauts fonctionnaires, personnalités syndicales et politiques, etc... Ceux qui ont brillé par leur absence? Les anciens ambassadeurs du Liban, dont une majorité se trouve au Liban. Pourquoi cette absence? Les a-t-on invités? Si c’est “non”, c’est une grave négligence. Si c’est “oui” et qu’ils se sont abstenus, c’est encore plus grave! Dans tous les pays du monde, les ambassadeurs quand ils rentrent chez eux, deviennent “Conseillers honoraires” (c’est-à-dire qu’ils ne coûtent pas un sou à l’Etat) du ministère des Affaires étrangères, du chef de l’Etat ou du Premier ministre! Cela devrait en être ainsi au Liban! Quand une personnalité visite le Liban, on devrait faire appel à l’expérience de l’ambassadeur qui a été en poste dans le pays du visiteur, en sus de l’ambassadeur en poste à l’heure présente. L’ancien ambassadeur a pour lui, le recul du temps et souvent une vision plus objective de la question! Alors pourquoi cette mise à l’écart de toutes ces personnalités, qui ont souvent gardé de profondes amitiés dans les pays où ils ont servi?
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LA CONTRE PUBLICITE
Les publicistes libanais avant de vouloir à tout prix faire quelque chose d’original (comme cette publicité concernant une certaine serviette hygiénique) doivent garder en mémoire les grands échecs publicitaires de ces trente dernières années: 1969: J. Walter Thompson, lessive Ala: “enzymes gloutons”. Les ménagères ont craint que la lessive mange les couleurs de leur linge, plutôt que les saletés. 1972: BNP “Votre argent m’intéresse” (Trop direct). 1973: Vittel “Buvez et pissez” (vulgaire). 1978: Citroën “l’anti-tape-cul” (le client achète d’abord une voiture confortable, pas un anti-tape-cul). 1981: Valéry Giscard d’Estaing: “Il faut un président à la France” (Réplique: “on n’en avait donc pas?” Le président se présentait pour un second mandat... Ce fut Mitterrand!
| A L’OMBRE DE CHAQUE GRAND HOMME UNE FEMME?
La dernière anecdote qui circule aux Etats-Unis? Bill et Hilary Clinton font une escapade à la campagne incognito. En chemin, un pépin de voiture, les oblige à s’arrêter à la première station d’essence-garage. Etonnement, stupeur, cris de joie, puis embrassades entre le garagiste et Hilary. Les explications suivent: le garagiste a été le premier amour de Hilary, avant qu’elle ne rencontre Bill Clinton. En route, le président des USA, tout content, dit à sa compagne: “Honey, imagine-toi ce que tu serais devenue, si tu avais épousé ce gars: garagiste et non First Lady”! Et Hilary de rétorquer doucement et suavement: “No darling! Si je l’avais épousé, c’est LUI qui serait devenu président des USA!” |
MARY YAZBEK AZOURY.