D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
MISE EN GARDE DE BERRI
Le président Nabih Berri a mis en garde contre «la tendance de certains milieux à vouloir renverser la table sur toutes les parties, pour semer le trouble au Liban et ramener le pays plusieurs années en arrière». Le chef du Législatif met, également, en garde contre maints dangers qui menacent le Liban, dont les menaces israéliennes. «La guerre, conclut-il, semble être devenue une nécessité pour l’Etat hébreu, le pouvoir en place à Tel-Aviv n’étant pas enclin à favoriser le processus de paix dans la région».
«AMAL» RENONCERAIT A SA LICENCE DE TV…
M. Ayoub Hmayed, ministre des Affaires sociales (membre de «Amal») a laissé entendre que le mouvement chiite pourrait renoncer à la licence qui lui a été accordée pour fonder une station de télévision, «si cela aiderait à régler le problème de l’audiovisuel». M. Hmayed a dit encore: «Je n’imagine pas que l’opposition soit en permanence dans une attitude de fronde. Le Conseil des ministres délibère sur base de données et de critères connus, à travers lesquels chaque membre du gouvernement a la possibilité d’exprimer son point de vue et de défendre sa position envers toutes les questions litigieuses».
WAKIM PARLE D’UN «PROJET POLITIQUE» SUSPECT…
M. Najah Wakim, député de Beyrouth, fait état d’un projet politique suspect «ayant pour but de rayer le Liban de la carte, en annihilant l’esprit de résistance de notre peuple». «Si, demande-t-il, le nouveau projet américain pour le Proche-Orient prévoit la création d’une zone administrative entre Israël et Gaza ou entre l’Etat hébreu et l’Egypte, devrait-il y avoir, également, une pareille zone entre la Syrie et Israël? «La réponse à cette question est nécessairement négative… Le problème qui se pose ne concerne pas le président Hariri, mais l’équipe politique qui l’entoure, car il apparaît que le but visé est de soumettre le Liban à la suprématie du capital israélien».
LA RECONSTRUCTION A BESOIN DE STABILITÉ POLITIQUE
M. Osman Dana, ancien ministre et député de Beyrouth, répète qu’il nous faut attendre deux ans, au moins, pour voir la situation intérieure s’améliorer. “Le Cabinet ayant obtenu la confiance de la Chambre, dit-il, il est nécessaire d’assurer un climat de stabilité pour permettre au gouvernement de réaliser les projets d’équipement et de développement dont le pays a besoin, sur base d’un ordre des priorités”. M. Dana insiste, d’autre part, sur la nécessité d’assainir l’administration étatique et, surtout, de réactiver les organismes de contrôle au double plan administratif et financier. Faute de quoi, les responsables ne pourront faire œuvre utile.” Enfin, il a mis en garde contre l’erreur qui consisterait à soulever, prématurément l’élection présidentielle, car ceci se répercuterait, négativement, sur la conjoncture locale, surtout au plan économique: “Cette échéance, conclut-il, ne doit être évoquée que trois mois, tout au plus, avant la fin du mandat présidentiel”.
I. KANAAN RÉÉLU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU C.J.B.
Le Conseil juridique britannique pour le Moyen-Orient a réélu Me Ibrahim Kanaan pour un nouveau mandat d’un an au terme d’une bataille ayant mis aux prises le groupe arabe et le groupe non-arabe au sein dudit conseil. Les élections se sont déroulées au cours d’une assemblée générale présidée par le ministre britannique pour le commerce et l’industrie, en présence du bâtonnier des avocats de Grande-Bretagne et du chef de la section internationale de l’Ordre. Les Etats arabes se sont fait représenter par leurs délégués au sein du Conseil: il s’agit du Liban (par une délégation formée de trente juristes), de la Jordanie, de l’Egypte, de la Syrie, de l’Autorité palestinienne, de Bahrein, du Koweit, de l’Etat des Emirats arabes unis et de Qatar.
SAAD: LE CABINET PERDRA SES ILLUSIONS
“Le gouvernement se fait beaucoup d’illusion en croyant que ce qui s’est passé, la semaine dernière, au plan de la grève s’arrêtera à ce stade”, a déclaré M. Moustapha Saad, député du Liban-Sud. “Il s’agit, a-t-il ajouté, d’une étape dans la lutte démocratique qui se poursuivra sous différentes formes et par divers moyens, tant que l’Etat fera la sourde oreille aux justes revendications de notre peuple, en particulier de sa classe laborieuse”. Le parlementaire sudiste observe, à ce propos que “l’une des causes des revers arabes, réside dans le fait que les forces armées tant militaires que sécuritaires, n’étaient pas suffisamment préparées pour défendre la patrie et ses frontières, leur rôle s’étant limité à protéger les régimes en place”. M. Saad dénonce, en conséquence, “la transformation de la capitale en champ de bataille où ont été déployées les forces armées et les chars, face à des citoyens qui voulaient manifester leur colère et réclamer plus de justice sociale”. Enfin, il a déploré “le rétrécissement du paysage audiovisuel et médiatique”.
RENCONTRE DE PARLEMENTAIRES FRANCOPHONES AU CAIRE
Le Liban était représenté par une délégation de neuf membres à la rencontre des parlementaires francophones qui s’est tenue, récemment au Caire, à l’initiative du Conseil mondial des députés s’exprimant en français. Trente parlementaires égyptiens y ont pris part, aux côtés de leurs collègues de Tunisie, du Maroc et du Liban, les débats s’étant prolongés pendant trois jours, sur base d’un ordre du jour préétabli. Le thème général de ces assises était le suivant: “La Chambre et l’identité nationale”. Ce sujet revêtait une grande importance par rapport au Liban, car son parlement est, à la fois, national et confessionnel. Aussi, les parlementaires libanais ont-ils exposé à leurs confrères les spécificités de notre représentation nationale.
ARSLAN RELANCE LE PROJET DE SÉNAT
M. Talal Arslan, ministre des Emigrés, en marge de la controverse instituée autour des réformes constitutionnelles, auxquelles le chef de l’Etat a fait allusion lors de sa récente conférence de presse, a rappelé la clause de l’accord de Taëf, préconisant la création d’un sénat au Liban. Par ailleurs, le leader yazbaki a insisté sur la nécessité pour le gouvernement, d’engager avec la CGTL un dialogue franc et direct, destiné à régler les problèmes intéressant la classe laborieuse.
DéMARRAGE DIFFICILE DU NOUVEAU CABINET
De l’avis général, le troisième Cabinet Hariri démarre dans des conditions plutôt difficiles, bien des données ayant changé au plan officiel et général dans le pays. Ainsi, la «Rencontre nationale libanaise» qui a décidé de surveiller de près le gouvernement, représente une force à ne pas dédaigner, d’autant qu’elle regroupe des personnalités ayant une large assise populaire, tels les présidents Hussein Husseini, Omar Karamé, Salim Hoss, MM. Boutros Harb, Nassib Lahoud, Mohamed Youssef Beydoun, etc… Aussi, s’attend-on à ce que la nouvelle équipe ministérielle ait à faire face à une opposition grandissante, rien dans le programme du Sérail n’inspirant confiance quant à sa possibilité de juguler la crise socio-économique.
QUI EST RESPONSABLE: DEMERDJIAN? OU SANIOURA?
Les journalistes en émoi alertent en masse, et pour cause, leur Ordre: on refuse de les exempter des taxes municipales - ou du moins de les geler - comme cela a été le cas au cours des cinquante dernières années. Il s’agit, en fait, d’un «droit acquis», mais le ministre des Affaires rurales et municipales, Hagop Demerdjian, ne veut rien entendre. Il est catégorique: Les journalistes doivent acquitter les taxes… Aussi, commencent-ils à recevoir des «papiers roses» leur enjoignant de payer, «sinon il sera procédé à la saisie de vos biens meubles et immeubles». Tout retard dans l’acquittement des taxes les expose à des amendes… Devant cette manière d’agir du ministre Demerjian, un mouvement se dessine dans les milieux de la Presse, en faveur du boycottage de l’Etat et de toutes ses activités, à titre de représailles… Cela dit, on se demande si Hagop Demerdjian a pris sa décision de sa propre initiative ou s’il a été poussé par M. Sanioura! En effet, celui-ci recourt à tous les moyens pour remplir ses caisses vides… les deniers publics se volatilisant au profit d’escrocs (genre Rifaat Sleiman) qui courent toujours la prétentaine…
ON DIT...
- Que des responsables ont annulé un concours décidé par une institution publique, la veille de la date fixée pour le concours, sans justifier leur initiative… qui n’a pas manqué de surprendre!
- Qu’un député opposant du Mont-Liban a blâmé un collègue d’avoir adopté une position différente de la sienne lors du débat de confiance à la Chambre. Ce parlementaire a justifié son attitude en alléguant qu’il devait «acquitter une dette le jour de son échéance»…
- Que des instances académiques ont jugé inexactes les statistiques fournies par deux responsables, affirmant disposer de chiffres prouvant le contraire de ce que ces derniers ont voulu dire, induisant en erreur l’opinion publique.
EN RACCOURCI
- Les milieux proches du Conseil constitutionnel s’attendent à ce que ce dernier tarde, au-delà de deux mois, à rendre ses arrêts à propos des recours en invalidation présentés par des candidats malchanceux aux récentes élections législatives.
- Bien que les dernières élections municipales remontent à 1963, des sources officielles s’attendent que le renouvellement, par voie d’élection, des conseils municipaux soit ajourné une fois de plus. Etant entendu que le mandat de ces conseils expirera le 31 décembre 96.
OPINION
LE DéVELOPPEMENT éQUILIBRé ... à PARTIR DES MUNICIPALITéS
Le développement équilibré est devenu la cause de tous les maux. Parce qu’il en est ainsi, il a été mentionné dans le document de l’entente nationale et consacré dans la Constitution de la IIème République dont l’article 7 stipule: “Tous les Libanais sont égaux devant la loi et, partant, doivent jouir des droits politique et civique, tout en assumant les obligations entre eux sur le même pied d’égalité”. Ces faits auraient dû être traduits depuis longtemps sur le terrain. Cela signifie que le citoyen libanais, quelle que soit son affiliation et partout où il est établi sur le territoire national, doit jouir des mêmes droits et s’acquitter des mêmes obligations; qu’il vive au Hermel, au Sud, au Nord, au Mont-Liban, à Koraytem ou au quartier Sursock. Et rien ne réalise mieux le minimum d’égalité que la décentralisation administrative. C’est pourquoi, toute loi en rapport avec les municipalités et la décentralisation reste sujette à un recours auprès du Conseil constitutionnel, si elle n’assure pas l’égalité entre les citoyens. Ceci exige donc la généralisation des municipalités dans toutes les régions de la république. Or, l’Etat est en train de “voler” les administrés. Ainsi, bien des lois prévoient le prélèvement de 10 pour cent sur les factures de l’électricité, de l’eau et du téléphone, en plus des taxes sur les carburants, de 3 pour cent de la taxe sur les propriétés bâties et 3 pour cent sur la taxe de transfert. Toutes les recettes provenant de ces taxes alimentent la caisse des Offices autonomes et doivent être réparties entre les municipalités sur base de règles prenant en considération le nombre des habitants et les rentrées de chaque municipalité. En d’autres termes, ces montants profitent aux villes et villages ayant des municipalités, à l’exclusion de ceux qui n’en ont pas. A cela s’ajoute le fait pour l’Etat de transgresser depuis vingt ans et jusqu’à ce jour, les règles sur base desquelles ces subsides sont distribués aux municipalités, spécialement, celles qui bénéficient du soutien d’un leader ou d’une personnalité influente; les ayants-droit en sont privés par le fait même. De toute manière, les petites municipalités ne sont soutenues par aucun leader, surtout si les habitants ont voté contre lui, ainsi que l’a souligné l’ancien député du Metn, Auguste Bakhos, au cours d’une interview télévisée. Une nouvelle loi devrait être élaborée, prochainement, aux termes de laquelle il serait procédé à la généralisation des municipalités, en tenant compte des données géographiques. Ici, une question doit être posée: la non réalisation du développement équilibré est-elle voulue? Dans la négative, les municipalités sont en mesure de régler tous les problèmes en rapport avec le développement, sans recourir à l’Etat. Les habitants des villages éloignés, peuvent prendre à leur charge le ramassage des ordures, le percement d’une route vicinale et son asphaltage, sans solliciter l’aide d’un ministre. Telle est la voie du développement équilibré qui, s’il était réalisé, encouragerait les populations rurales à s’accrocher à leurs terres et à les exploiter, au lieu de les laisser en friche et de s’établir dans les centres urbains ou, ce qui serait pire, de s’expatrier. Ne dit-on pas: “Un paysan qui se suffit est un sultan caché?”. Agissons donc de manière à ramener tous ces “sultans” à leur patelin, où ils mèneront une vie décente, au lieu de vivoter dans les villes dans des conditions souvent dégradantes!
NADIM EL-HACHEM.