D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

O. KARAMé: QUE HARIRI RéCOLTE CE QU’IL A SEMé…

La coterie du président Omar Karamé lui attribue des réflexions dont il ressort que les difficultés socio-économiques, en plus des scandales financiers ayant éclaboussé certains ministères et responsables, rendent malaisée la réforme que le président Rafic Hariri s’est engagé à réaliser dans sa déclaration ministérielle. L’ancien président du Conseil laisse entendre, que «M. Hariri doit récolter les fruits de ce qu’il a semé…»

OÙ EN SONT LES RAPPORTS ENTRE HARIRI ET JOUMBLATT?

Les cercles politiques craignent que le froid qui caractérise les rapports entre le président Hariri et M. Walid Joumblatt, ministre des Déplacés, ait pour conséquence de paralyser le bloc des députés d’Aley qui compte des membres proches des deux hommes. On constate que, chaque fois que le ton monte entre MM. Hariri et Joumblatt, le Premier ministre multiplie ses rencontres avec M. Talal Arslan, ministre des Emigrés.

R. EL-KHAZEN APPELLE À LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE...

M. Rouchaid el-Khazen, député du Kesrouan, ne cesse d’appeler à la révolte ou, tout au moins, à la désobéissance civile. “Nous nous trouvons dans une situation devenue intenable, dit-il. Les gens n’arrivent plus à joindre les deux bouts, en raison du marasme qui paralyse le marché et les secteurs productifs”. Le parlementaire kesrouanais s’en prend aux gouvernants “qui ne se penchent pas sur les problèmes intéressant les citoyens dans leur vie quotidienne, à qui ils interdisent d’élever la voix ou de manifester pour crier leur détresse et leur colère...”

QUID DE LA DÉMISSION DE RIAD TABBARAH?

Le gouvernement semble devoir geler la démission présentée par M. Riad Tabbarah, ambassadeur du Liban à Washington, du moins pour le moment, parce qu’il a joué et continue à jouer un rôle actif dans les préparatifs de la réunion des “Amis du Liban”, à savoir: le groupe consultatif devant tenir une réunion lundi prochain dans la capitale fédérale. Aussi, le maintien de M. Tabbarah est-il jugé indispensable, parce qu’il est au courant des moindres détails des dossiers que les participants à la réunion de la capitale fédérale sont appelés à discuter.

LE DÉDOMMAGEMENT DES PÊCHEURS DE JBEIL

M. Emile Naufal, député de Jbeil, a rendu visite au chef du gouvernement, lundi dernier, pour l’informer des dommages subis par les pêcheurs de sa circonscription, suite aux intempéries. Le président Hariri a, aussitôt, demandé à M. Imad Nawam directeur général des Transports, de prélever 1,200 milliard de livres sur les réserves du budget 96, pour faire procéder, dans le plus bref délai, au renforcement de la jetée du port de Jbeil en vue de protéger les embarcations par temps de houle.

AUTOUR DE LA DÉCLARATION DE L’ASSEMBLÉE DES PRÉLATS

Les milieux politiques se sont arrêtés à l’importante déclaration diffusée par l’assemblée des prélats catholiques, à l’issue de leur réunion mensuelle, dans laquelle ceux-ci lancent un appel à la solidarité, “en vue d’édifier une patrie digne de tous ses fils, sur base du dialogue franc”. Les milieux mentionnés disent que cette déclaration traduit les sentiments du peuple libanais dans son écrasante majorité, d’autant que les prélats ont insisté sur la nécessité, pour l’Etat, de réactiver ses institutions et de redoubler d’efforts à l’effet de consolider la stabilité interne.

BERRI INVITERA LE PRÉSIDENT DE L’ÉQUATEUR

Le président Nabih Berri a déclaré qu’en sa qualité de président de l’association des parlementaires d’origine libanaise, qui sont nombreux dans le monde, il adressera une invitation officielle au nouveau chef de l’Etat équatorien, le président Bou-Karam. Le chef du Législatif part du fait que les Libanais d’outre-mer peuvent constituer un loby efficace, apte à venir en aide à la mère-patrie.

ARSLAN A-T-IL ROMPU AVEC SES ANCIENS ALLIÉS?

Plusieurs semaines après la fin des législatives et la participation de M. Talal Arslan au Cabinet Hariri, les anciens alliés du leader yazbaki n’ont pas encore pris contact avec lui, ne serait-ce que pour le féliciter ou pour un échange de vues sur les problèmes de l’heure. “MM. Pierre Hélou, Fouad el-Saad et Marwan Farès ont-ils rompu avec l’émir Talal?”, se demandent leurs partisans et amis communs!

FUSION AVORTÉE ENTRE DEUX STATIONS RADIOPHONIQUES

Les efforts déployés par des amis communs au Parti communiste libanais et au Parti socialiste progressiste en vue de fusionner leurs stations radiophoniques - la “Voix du Peuple” et la “Voix de la montagne” - n’ont donné jusqu’ici aucun résultat. Pourtant, une telle opération accroîtrait les chances de ces deux stations de continuer à émettre, car elles auraient ainsi la possibilité de satisfaire les conditions posées par le Conseil de l’audiovisuel.

LES ÉLECTIONS MUNICIPALES EN JUIN 97

Bien que le Conseil des ministres ait fixé au mois de juin l’organisation des élections municipales, les milieux politiques et populaires se montrent sceptiques quant à la possibilité pour le gouvernement de tenir sa promesse. En effet, il s’agit de mettre à jour les listes d’électeurs. Puis, il importe de préparer la carte électorale et, aussi, d’adopter la mécanisation dans les services préposés à l’organisation du scrutin. “Les municipales se dérouleront dans le délai prévu”, a assuré mardi le ministre de l’Intérieur. “Tout sera prêt à temps et les élections auront lieu à la date fixée par le gouvernement... à moins d’événements exceptionnels rendant l’opération électorale impossible”. D’ores et déjà, apprenons-nous, les crédits réclamés par l’intérieur (3,5 milliards de livres) pour couvrir les frais de la consultation populaire de juin sont disponibles. Détail à signaler: il faudra 4.000 bureaux de vote dans tous les districts, à raison d’un bureau pour chaque groupe de 400 à 600 électeurs. Et qu’en sera-t-il des localités situées dans la zone frontalière occupée par Israël? Le ministre a déjà réglé ce problème: il n’y aura pas d’élections dans cette zone, les moukhtars et les conseillers municipaux devant y être nommés et non élus. Effectivement, les obstacles sont si nombreux et complexes, qu’on est en droit de douter de la capacité des services officiels de les aplanir.

FAUTE DE CONCURRENTS, ELIAS AOUN RééLU D’OFFICE LE RENOUVELLEMENT DU CONSEIL DE L’ORDRE DE LA PRESSE REPORTÉ AU 16 DÉCEMBRE

M. Elias Aoun remercie l’assemblée générale de sa confiance, après sa réélection; il est entouré
de MM. Baalbaki, Karam et Abdel-Ghani Salam, du “Liwa”.

Par décision de l’assemblée générale, qui a approuvé une proposition en ce sens du conseil de l’Ordre de la Presse, les nouveaux membres du conseil de cette corporation seront élus lundi prochain 16 décembre et représenteront la catégorie des imprimés politiques. Cependant, M. Elias Aoun, membre sortant dudit conseil, au sein duquel il représente la catégorie des journaux apolitiques, a été réélu d’office, faute de concurrents, en présence de près de cinq-cents confrères. L’élection fixée au lundi 9 décembre a été reportée d’une semaine, afin de permettre plus de concertations, pour fixer leur choix sur les noms devant constituer le nouveau conseil exécutif. Il s’agit d’établir une liste de dix-huit membres, les candidats étant au nombre de vingt-et-un. Prenant la parole, M. Bassem Sabeh, ministre de l’Information a, en sa qualité de secrétaire sortant de l’Ordre, appelé ses confrères à agir avec sagesse. “Cet Ordre, dit-il, a été de tout temps l’un des membres de la démocratie que traduit aujourd’hui ce climat fait de vitalité”. Aussi, demande-t-il à l’assemblée générale de donner à MM. Mohamed Baalbaki et Melhem Karam un peu de temps pour parvenir à une décision adéquate. M. Sabeh émet, ensuite, cette réflexion: “Je suis venu ici en tant que secrétaire du syndicat et j’en repars en tant que ministre de l’Information”.

M. Bassem Sabeh, ministre de l’Information, secrétaire sortant de l’Ordre, au cours de son intervention.
On reconnaît à ses côtés: MM. Mohamed Baalbaki et Melhem Karam.

L’ASSEMBLéE MAîTRESSE DE SA DéCISION

Puis, M. Baalbaki remercie les confrères présents d’être venus nombreux. “Même si le quorum est atteint, ajoute-t-il, et après un échange de vues avec le président de l’Ordre des journalistes, Melhem Karam et d’autres collègues, il a été jugé préférable d’ajourner l’élection, à l’effet de parvenir à un accord sur les noms des candidats”. M. Karam abonde dans le même sens, disant que l’assemblée générale est maîtresse de sa décision. Le conseil de l’Ordre ne veut pas supporter la responsabilité de l’ajournement du scrutin et préfère y associer l’assemblée. Soumise au vote, la proposition est approuvée à une écrasante majorité. A ce moment, M. Elias Aoun a pris la parole pour remercier les confrères de leur confiance et s’engager à s’en montrer digne.

ON DIT...

- Qu’un député nordiste a évité, tout d’abord, de paraître dans une émission télévisée, en même temps qu’un de ses collègues opposant, pour ne pas se mettre dans l’embarras. Mais, il a fini par accepter de prendre part à l’émission, en se limitant à émettre son opinion à propos des problèmes d’ordre socio-économique.

- Qu’un haut fonctionnaire nommé à un poste important du temps du précédent Cabinet, n’a pas encaissé jusqu’ici ses traitements, en dépit de la promulgation du décret relatif à sa nomination…

- Que plus d’un millier de personnes ont rendu visite, dimanche dernier, à un ministre détenant le portefeuille d’un département de services, ce qui a eu pour conséquence de lui faire ressentir une grande fatigue à la fin de la journée…

EN RACCOURCI

- M. Issam Naaman, ancien député de Beyrouth, se rappelle de ses rencontres avec feu Kamal Joumblatt, chaque fois qu’on évoque devant lui le dialogue «chaud» qu’il engage de temps à autre avec Walid Joumblatt.

- Certaines associations féminines ont émis le désir de soutenir la proposition visant à réviser la loi sur le statut personnel, pour qu’elle réponde mieux aux impératifs de l’heure. De même, elles formulent le souhait de voir la Libanaise faire partie des municipalités et des conseils exécutifs des Ordres des professions libérales.

OPINION

BERRI A MIS LE DOIGT SUR LA PLAIE DES FACTURES DE L’OEL

Enfin, le président Nabih Berri a mis le doigt sur la plaie, disant que l’électricité ne peut ni ne doit servir à “rançonner” les citoyens et à appliquer à leur encontre la politique des deux poids et deux mesures; en ce sens qu’on fait payer les uns et non les autres! Ou bien les uns payent le double de leur dû à l’OEL, alors que les autres n’acquittent que la moitié du montant de leurs factures… Ainsi, une personne a déposé une plainte indiquant que sa facture d’électricité s’est élevée à 85.000 livres, alors que celle de son frère se monte à 200.000 livres, alors qu’il se trouve depuis trois ans au Canada. Cet état de choses a amené le chef du Législatif à demander à M. Samir Azar, président de la commission parlementaire des Travaux publics, de convoquer cette dernière et de protester, en présence du ministre des Ressources hydrauliques et électriques, contre cette anomalie. Le ministre s’est rangé sur l’avis des députés, a promis d’ouvrir une enquête et de remettre de l’ordre dans le service des perceptions de l’OEL. Depuis longtemps et dans cette chronique, nous avons soulevé cette question, en attirant l’attention sur le fait que l’Office de l’électricité percevait des montants illogiques. Ses factures se chiffrent en millions. Les percepteurs justifient ce fait en arguant qu’il s’agit de plusieurs factures à la fois. L’OEL grève le budget des gagne-petits qu’il prive du courant s’ils tardent à acquitter les factures; puis, leur inflige de sévères amendes avant de le leur fournir de nouveau. Nous avons alerté le ministre de tutelle et les autres responsables concernés, en dénonçant le fait pour l’OEL de reprendre des factures vieilles de dix ans pour faire payer aux abonnés des millions. Pourtant, selon la règle en vigueur, l’abonné est tenu de payer le courant qu’il consomme, sa facture devant être établie selon le chiffre figurant sur son compteur. Or, tel n’est pas le cas. Le président de l’Assemblée s’est saisi maintenant de ce dossier et a promis de régler cette affaire dont pâtissent la plupart des citoyens. Nous ne pouvons que remercier le président Berri, le président de la commission parlementaire des Travaux publics et ses collègues, de même que le ministre des Ressources hydrauliques et électriques pour avoir résolu de remettre de l’ordre dans ce secteur. A tous, nous disons Bravo!

NADIM EL-HACHEM.