D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

IMPORTANCE DE L’éMIGRATION

M. Talal Arslan, ministre des Emigrés, a mis l’accent sur la nécessité de ramener les éléments compétents qui se sont expatriés durant les douloureux événements ou au cours des dernières années, pour contribuer à la reconstruction de la mère-patrie. “La diaspora libanaise, a-t-il assuré, constitue la soupape de sécurité pour l’économie nationale”. De son côté, le président Nabih Berri a dit qu’il ne fallait pas considérer les Libanais d’outre-mer comme autant de “vaches laitières” qu’on solliciterait pour financer les projets d’équipement ou pour investir dans les secteurs productifs. “Il faut, aussi, a ajouté le chef du Législatif, tenir compte de leur potentiel humain et politique, comme de leur capacité d’aider à consolider la démocratie au Liban et dans le monde”.

HARB DéNONCE LA CIRCULAIRE DE L’INTéRIEUR

M. Boutros Harb, député de Batroun (Liban-Nord), a dénoncé la circulaire par laquelle le ministère de l’Intérieur demande aux partis et aux associations de lui communiquer les noms de leurs membres, «ce qui ne s’était jamais produit auparavant dans notre pays». «Cette mesure, observe-t-il, s’insère dans le cadre du contrôle que le Pouvoir se propose d’instituer sur l’action politique et sociale. Ceci transgresse le principe de la liberté reconnue par la Constitution, habilitant les citoyens à adhérer aux partis et aux associations qui exercent leurs activités confor-mément aux lois et règlements en vigueur. «La loi, précise M. Harb, n’exige des partis et associations que de commu-niquer à l’Intérieur les noms du comité fondateur, sans plus».

INDICES D’UNE GUERRE-éCLAIR?

Les milieux politiques craignent que ce qui se passe dans la région fron-talière et les territoires occupés, surtout en Palestine, soient des indices d’une guerre-éclair qu’Israël déclencherait d’ici au printemps, afin d’imposer la paix dans la région selon ses propres conditions. Ces milieux font état des nouvelles que reproduisent les journaux israéliens et américains, ces dernières semaines, indiquant que «l’Iran achemine des armes au Liban-Sud via la Syrie», ce pays étant accusé «de disposer d’armes chimiques»…

LE PORT DE BEYROUTH, «PORTE DE L’ORIENT»

M. Bahaëddine Itani, député de Beyrouth, proclame son appui à M. Omar Meskaoui, ministre des Trans-ports, dans l’initiative qu’il a prise récemment de réactiver, en les réorganisant, les services portuaires. «Le port de Beyrouth, soutient M. Itani, doit jouer le rôle qui était le sien avant la guerre, dans l’intérêt de l’économie nationale. Il doit redevenir ce qu’il a toujours été, la porte de l’Orient desservant les pays de l’hinterland».

A QUAND LE MOUVEMENT ADMINISTRATIF?

Selon une source proche de la troïka au pouvoir, le mouvement administratif serait décrété en même temps et non par étapes, comme ce fut le cas la dernière fois. De plus, il sera tenu compte de l’avis du Conseil de la fonction publique et des organismes de contrôle, avant la nomination des nouveaux titulaires, la précédente expérience s’étant avérée désastreuse. Selon cette même source, l’avis dudit Conseil serait respecté, quels que soient les candidats proposés aux postes vacants, pour éviter les erreurs commises dans le passé.

LES ATTRIBUTIONS à L’HôTEL-DE-VILLE

Dès le moment où le Conseil des ministres a fixé aux 1er et 7 juin 97, les dates auxquelles auront lieu les élections municipales, il serait question dans les sphères gouvernementales de clarifier les attributions de l’Adminis-trateur et du président du conseil municipal de Beyrouth, celles-ci pêchant par un manque de transpa-rence. «Ce qui, selon un membre du Cabinet Hariri, donnerait lieu à des tractations de nature à semer les germes de la discorde parmi les gouver-nants»…

EN RACCOURCI

- M. Ahmed Soueid, député du Liban-Sud, s’est prononcé en faveur de la renonciation au slogan de “ni vainqueur, ni vaincu” dans le cadre de l’éventuelle révision de la Constitution, “car, dit-il, l’uni-que vaincu serait le Liban”.n

- Le Liban a passé durant le dernier week-end des heures d’inquiétude, suite au lancement de trois katiouchas dans la région nord d’Israël, ce qui a laissé craindre des représailles de la part de notre voisin du sud. Mais le fait pour le “Hezbollah” et d’autres groupes de la résis-tance de n’avoir pas revendiqué cette opération, a contribué à faire baisser la tension.

OPINION

LE DéPOTOIR DE BOURJ HAMMOUD ET LES AIDES PROMISES!

Le dépotoir de Bourj Hammoud, nous sommes condamnés à le subir; à humer les odeurs pestilentielles qu’il exhale tout au long du jour et de la nuit. Il se trouve à Beyrouth, la capitale, non dans un endroit perdu de la république, à l’instar des autres dépotoirs, pardon des réserves réparties entre les villes, les villages et les forêts. On dirait que c’est devenu la règle, pour que nul ne se plaigne d’en être privé… Nos rivages n’y échappent pas, aussi et c’est le provisoire qui dure! Nous nous nourrissons et jetons les restes autour de nous… de nos fenêtres. Ceci étant, qu’est-ce qui nous empêche de ne pas ramasser les ordures ménagères de nos maisons pour les acheminer vers les dépotoirs, source de la pollution, fléau de ce siècle? La pollution affecte, également, la mer, surtout quand le dépotoir, comme celui de Bourj Hammoud, est situé près du littoral. Ainsi, on veut gagner du terrain sur la grande bleue pour accroître notre richesse nationale!. Peut-être en avons-nous besoin, aujourd’hui, notre dette publique ne cessant de grossir ou devant s’alourdir après les prêts que nous consentiraient les «amis du Liban» à des taux réduits, pour nous aider à parachever la reconstruction. Il faut dire, toutefois que le monde recommence à avoir confiance dans notre pays, persuadé que c’est un Etat capable d’assurer sa pérennité. Les représentants des trente-deux Etats et de la dizaine d’organisations internationales qui se sont rendus cette semaine à Washington pour prendre part à la réunion des «amis du Liban», n’auraient pas fait le déplacement s’ils n’étaient pas sûrs que le Liban est appelé à durer. De même, ils ne se seraient pas engagés à lui octroyer des fonds par milliards sur base d’un calendrier préétabli. Pourtant, les engagements américains restent plutôt timides: l’aide des USA se monte à 12 millions de dollars seulement, ce qui représente le budget d’une personne fortunée, non celui de la première puissance du globe. Washington a quand même promis son assistance, en dépit de l’opposition permanente d’Israël qui s’emploie à déstabiliser notre pays. On sait que Benjamin Netanyahu ne voit pas d’un bon œil le Liban, parce qu’il est le principal concurrent de l’Etat hébreu. Aussi, notre voisin du Sud tente-t-il toujours de frapper nos infrastructures. Cela dit, est-il permis que le Liban, que le monde veut transformer en un centre pour ses activités futures, devienne un grand dépotoir? L’élimination de la réserve de Bourj Hammoud ne paraît pas proche, dit-on, pour plusieurs raisons invoquées par les responsables, mais non convaincantes. Nous voulons, quant à nous, vivre dans un environnement sain, à l’abri des odeurs nauséabondes.

NADIM EL-HACHEM.