D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

QU'A DIT CHIRAC A HARIRI ?

D’après des cercles diplomati-ques renseignés, le président Jac-ques Chirac a informé M. Rafic Hariri, quand il l’a reçu la semaine dernière, de l’émotion suscitée en France par les interpellations opé-rées à la suite du mitraillage d’un minibus syrien à Tabarja. “Ce n’est pas une bonne chose pour le Liban et, aussi, pour ses voisins, a ajouté le chef de l’Etat français, car une telle affaire peut affecter le renom du Liban à l’étranger”. Ces propos ont été rapportés par les agences de presse étrangère, l’AFP notamment. L’agence natio-nale d’information (ANI) a passé sous silence ce volet des entretiens Chirac-Hariri relatifs aux arresta-tions de quarante personnes se récla-mant de l’opposition (chrétien-ne)...

LE TORCHON BRÛLE ENTRE FERZLI ET HARIRI...

Le chef du gouvernement n’a pas caché son désappointement des remarques émises par M. Elias Ferzli, vice-président de la Cham-bre, au cours d’une interview télévisée, à propos du congrès des “amis du Liban” tenu, récemment, à Washington. D’autant qu’il a émis des doutes au sujet des chiffres rapportés quant au volume de l’as-sistance promise par les pays dona-teurs, les qualifiant “d’exagérés”. Un proche du président Hariri estime que de tels propos réduisent la confiance arabe et mondiale dans la capacité du Liban de recouvrer sa vitalité et, aussi, atténuent l’enthou-siasme des pays frères et amis à y opérer de grands investissements. Aussi, prête-t-on à M. Hariri l’intention de préparer une réplique à M. Ferzli, étayée de chiffres.

AUTOUR DES REFORMES CONSTITUTIONNELLES

M. Jacques Jokhadarian, député de Beyrouth, relève des éléments positifs dans la proposition du chef de l’Etat relative aux réformes cons-titutionnelles, notamment en ce qui concerne la loi sur le statut person-nel. “Il est nécessaire, dit-il, de don-ner au citoyen le droit d’opter pour le mariage religieux ou civil, alors qu’il peut continuer à se conformer aux préceptes de sa religion. “Est-il logique que le Libanais se rende à Chypre, en Turquie ou ailleurs pour contracter un mariage civil, lequel est enregistré ici par la juridiction qualifiée?” M. Jokhadarian observe qu’en France, le mariage civil est obliga-toire et le mariage religieux, facul-tatif. “La Turquie qui est un pays musulman, poursuit-il, a adopté le même système. Pourquoi n’en serait-il pas de même chez nous? Nous insistons pour qu’une solution soit trouvée à cette question dans l’inté-rêt des citoyens. Naturellement, cela ne peut se réaliser en un tournemain mais d’une façon progressive”.

REACTIVATION DES PROJETS DANS LA CAPITALE

Des cercles parlementaires cons-tatent que les projets sont exécutés avec plus de célérité que précédem-ment, dans certains secteurs de la capitale, alors qu’ils se poursui-vaient au ralenti au cours des der-niers mois. Ces milieux s’interrogent sur la raison d’un tel changement dans la réalisation des travaux en cours.

ECHOS REJOUISSANTS DU GABON

M. Mohamed Ali el-Abdallah, secrétaire général de l’Union liba-naise culturelle mondiale (ULCM), s’est félicité de l’esprit positif ayant régné lors de la réunion, tenue der-nièrement au Gabon, par le Conseil national africain. M. el-Abdallah a rendu homma-ge, à cette occasion, à M. Kassem Hojeij, président de ce conseil et aux membres, pour l’action qu’ils entre-prennent en vue de raffermir les relations entre les émigrés libanais établis dans ce pays africain, d’une part; le gouvernement et le peuple gabonais, d’autre part. De même, il a félicité le président Omar Bongo pour le climat démo-cratique ayant marqué les dernières élections au Gabon. “La politique suivie par le président Bongo, a ajouté M. el-Abdallah, est accueillie favorablement par toutes les colo-nies étrangères qui encouragent sa perpétuation, parce qu’elle favorise l’essor économique de ce pays hospitalier”.

REPROBATION UNANIME DE L'ATTENTAT DE DAMAS

Les instances politiques et spiri-tuelles ont, unanimement, réprouvé l’attentat perpétré dernièrement à Damas. De plus, elles ont réitéré la solidarité entre le Liban et la Syrie pour mettre en échec les complots israéliens. Ceci, est apparu, clairement, dans les messages adressés par ces instances au président Hafez Assad, qui ont réaffirmé les liens existant entre les deux pays, liens qu’il importe de raffermir davantage dans cette étape particulièrement délicate que traverse la région. Par ailleurs, les milieux politi-ques et médiatiques continuent à s’interroger sur le point de savoir s’il existe un rapport entre le mitrail-lage du minibus syrien à Tabarja, au nord de Beyrouth et l’attentat perpétré contre le bus à la rue Baramké à Damas.

QUID DES ELECTIONS MUNICIPALES ?

Alors que les cercles politiques ont accueilli avec scepticisme la décision du gouvernement d’orga-niser les élections municipales au mois de juin, les milieux proches du président du Conseil s’attendent que les préparatifs de ces élections soient entrepris dès la semaine prochaine. A cet effet, assurent ces milieux, l’organisme chargé de procéder à la rénovation des lois, s’oriente vers l’abrogation du rôle des caïmacams en vue de réduire les formalités administratives. A ce propos, la proposition de M. Auguste Bakhos, ancien député du Metn, relative au découpage admi-nistratif, semble devoir être adop tée.

MERAABI : TOUT VA DE MAL EN PIS

Exprimant son désappointement de la situation si peu enviable qui sévit au Liban et dans la région, M. Talal Méraabi, député de Akkar, a déclaré: “La situation est fatigante comme les gens sont fatigués, l’image étant morose. “Où allons-nous? telle est la question que chacun se pose. La situation sur le plan économique, de la vie quotidienne et à la frontière ne portent nullement à l’optimisme. Les investissements ont tari et les gens vivent, en l’absence de la mort”.

MISE EN GARDE DE TOK

M. Gébrane Tok, député du Liban-Nord, estime que l’explosion d’un autobus à Damas, venant après le mitraillage du minibus syrien à Tabarja, indiquent, clairement, que la sécurité et la stabilité sont directement visées au Liban et en Syrie. Ceci, ajoute-t-il, exige plus de coopération, de coordination et d’attachement à la paix juste et globale. L’étape actuelle doit inci-ter toutes les parties à prendre garde aux dangers qui menacent le processus de paix et, partant, le Liban et la Syrie. Les perturbations sécuritaires tendant à compromet-tre la sécurité et la stabilité, autant que la vie des civils innocents, reflètent la stérilité de la logique israélienne par rapport à l’opéra-tion de paix. “De plus, elles doivent placer la communauté internationale devant ses responsabilités et de son engage-ment à instaurer une paix véritable dans la région, sur la base des principes définis à la conférence de Madrid. “L’attachement libanais et sy-rien aux constantes de la paix juste et globale, ainsi que l’instauration de cette paix, constituent autant de facteurs condamnant les pratiques israéliennes à l’encontre des popu-lations civiles. Le sang des per-sonnes victimes de l’agression criminelle, pavera la voie à la paix tant souhaitée, qui représente le grand défi face à Israël”.

LE R.N. "AYONS CONSCIENCE DE NOS LIMITES"

Suite au blâme formulé par le président de la Chambre, Nabih Berri contre Bkerké, pour s’être excusé de ne pouvoir recevoir les vœux le jour de la Nativité, en signe de protestation contre la procédure suivie dans les interpellations de fin d’année, le Rassemblement Na-tional, formé du PNL, du courant aouniste et des partisans du pré-sident Amine Gemayel, a déploré que de telles critiques prennent pour cible les plus hautes instances nationales. Siégeant sous la présidence de M. Dory Chamoun, le R.N. a diffusé un communiqué où il est dit, en substance: “Chacun de nous doit être conscient de son rôle et de ses limites, de telles attaques et manœuvres n’ayant pour objet que le désir d’oppression et de semer les germes de la zizanie”.

ON DIT...

- Que le responsable d’un parti s’est excusé au-près d’un nouveau député élu à la tête d’une commis-sion parlementaire: “L’im-pression qu’on avait de vous, lui dit-il, diffère tota-lement de la manière dont vous vous acquittez de vos charges depuis votre acces-sion au parlement”.

- Que les milieux ban-caires ont eu vent d’un différend opposant des ins-tances déterminées, autour de la nomination de fonc-tionnaires dans une insti-tution en rapport avec le secteur bancaire.

- Que des milieux poli-tiques attendent la fixation de la date à laquelle le Con-seil supérieur libano-syrien siègera pour la première fois cette année, à l’effet de dé-battre de questions d’intérêt commun aux deux pays.

EN RACCOURCI

- Cheikh Mohamed Ra-chid Kabbani a récité les prières du vendredi 3 janvier à la mosquée de l’imam Ali Ben Abi-Taleb à Tarik Jadidé, pour la première fois depuis sa titularisation.

- Selon des sources di-plomatiques, la France au-rait mis en garde le Liban contre la gravité de la situa-tion dans la région où des perturbations risquent de se produire sur le plan sécu-ritaire, non seulement chez nous, mais dans d’autres pays limitrophes d’Israël.

OPINION

Sans paix nous nous portions bien. Que serait-ce avec la paix?

Les «occasions» ou les «soldes» de fin d’année chez les commerçants baissent les prix jusqu’à 50 pour cent. Ceci est un indice très grave par rapport à la situation dans le pays, car il met en relief l’un des deux faits ci-après: ou bien les commerçants du Liban sont des «voleurs» pour se permettre de vendre leurs marchandises à moitié prix et cela est illogique! Ou bien leur comportement est motivé par un besoin qu’on ne peut satisfaire qu’en tendant un appât au client, en proposant des prix alléchants en vue de se procurer des liquidités. Et là réside le problème! Les liquidités manquent et le marché souffre d’un marasme qui menace tout le monde... de faillite... ou de famine! Les commerçants débitent leurs marchandises au-dessous du prix de revient, à l’effet d’assurer les liquidités qui leur font défaut et afin de réserver la piastre blanche pour la journée noire». Qu’attendent-ils à présent? Que la situation s’améliore, et comment? Du moment que la politique pouvant favoriser cette amélioration est inexistante? Car tout au Liban repose sur une paix promise qui a tout l’air d’un mirage! Nous avons passé notre vie, de 1948 à 1975, à trimer dans un climat peu sain et, en dépit de cela, nous avons connu la prospérité, laquelle s’est généralisée au Liban. Aucun jour nous n’avons édifié notre politique sur une paix attendue d’un jour à l’autre. Nul ne sait, aujourd’hui, pourquoi fut cette supposition, à savoir que la paix soit instaurée et que les aides nous parviennent avant son instauration! Il a été beaucoup dit du forum des «amis du Liban» à Washington. Peut-être, sommes-nous contraints d’attendre pour voir s’il est, vraiment prometteur. Ou bien s’il sera pareil aux congrès des «frères», dont les promesses étaient, chaque fois, plus nombreuses que les réalisations! Si le forum des «amis du Liban» apporte, effectivement, l’abondance au Trésor libanais, pourra-t-il mettre fin au marasme qui domine la scène locale? Les expériences que nous vivons, actuellement, ne sont pas encourageantes. Le pays foisonne de projets relatifs au redressement et à la reconstruction. Tous ces projets sont pleins de vie, au point que personne ne peut fermer l’œil, même la nuit, pour dormir du sommeil du juste, tant est forte la chaleur du travail. Face à ce qu’il peut voir et entendre, l’observateur ne peut que s’attendre au bien-être et à la prospérité. Cependant, la vérité est blessante. Les fonds sortent du Trésor pour échoir dans les caisses des grandes sociétés, étrangères pour la plupart, comme la main-d’œuvre. Autrement dit, l’argent ne fait pas le tour du marché, mais s’oriente vers l’extérieur, à l’instar des salaires payés aux gens de maison «importés». Dix pour cent à peine de l’argent sortant du Trésor de l’Etat sont répartis sur le marché, ce qui ne suffit nullement au besoin. Nul n’a pensé noyer le marché de liquidités au moyen de prêts simples octroyés aux petites entreprises commerciales et industrielles, susceptibles de leur assurer la continuité et, au citoyen, une sorte de sécurité, seuls les sociétés géantes et les grands en tirant profit. Nous sommes repus de la pléthore de promesses et de faux espoirs! Pourtant, ce qui est demandé est beaucoup moins que cela: que le citoyen sente l’existence de l’Etat, ne serait-ce que dans les problèmes simples: ceux de la circulation, par exemple, et de la décharge de Bourj Hammoud. Est-ce trop demander?

NADIM EL-HACHEM.