Promotion des officiers
LE LITIGE OPPOSANT HARIRI ET DALLOUL AU COMMANDEMENT
MILITAIRE ANNULE LE CONSEIL DES MINISTRES
BAABDA FAVORABLE A UN REGLEMENT A TRAVERS LE CONSEIL D'ETAT
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Pourquoi le Conseil des ministres prévu pour mercredi dernier, a-t-il été annulé? Est-il vrai que cette décision a été motivée par le désir des chefs de l’Etat et du gouverne-ment de préparer la conférence mi-nistérielle libano-syrienne de demain samedi à Damas? Telle fut la raison invoquée, officiellement. En fait, l’annulation de la réunion du Conseil des minis-tres a été provoquée par le conflit qui a éclaté au grand jour entre le président Rafic Hariri et le com-mandement de l’Armée, au sujet de la promotion de huit officiers supé-rieurs du grade de colonel à celui de brigadier. Durant toute la journée de mardi, Yarzé a été le théâtre d’activités in-cessantes, au terme desquelles décision a été prise par le comman-dement militaire de mettre à exécu-tion la promotion des officiers en question, telle qu’approuvée par le Conseil militaire siégeant sous la présidence du général Emile Lahou-d et d’en informer le chef de l’Etat. Les officiers promus ont donc été autorisés à afficher l’insigne du grade de brigadier, cette décision ayant été qualifiée d’irrévocable. A la suite de concertation entre les présidents Hraoui et Hariri, il a été résolu de reporter le Conseil des ministres jusqu’après le retour de Damas des deux présidents, dans l’espoir que les “frères” syriens se-ront intervenus pour offrir leurs bons offices, en vue de régler cette épineuse affaire.
Pourquoi cette crise?
Cela dit, il sied de rapporter en détail les causes de cette mini-crise opposant le palais du gouvernement au commandement de l’institution militaire. Il est d’usage que le 1er janvier de chaque année, soit mise au point la liste des officiers devant béné-ficier d’une promotion. Le 1er janvier 1996, huit officiers ayant le grade de colonel devaient être promus au grade de brigadier à dater du 1er juillet de la même année. Aussi, un projet de décret a-t-il été élaboré en ce sens et soumis au chef du gouvernement pour appro-bation. Mais celui-ci a refusé d’y apposer sa signature, arguant qu’il s’oppose à la promotion de l’un des bénéficiaires de l’avancement. (Il s’agit, semble-t-il, du colonel Jamil As-Sayed, chef-adjoint des services de renseignements de l’armée, à qui il reproche certains débordements). Aussitôt, les huit officiers ont présenté un recours devant le Conseil d’Etat dont le rapporteur, après avoir examiné le dossier, a émis un avis favorable en vertu duquel les officiers ont le droit d’être promus à un grade supérieur à dater du 1er juillet 1966. Le Conseil d’Etat doit, en conséquence rendre un arrêt dans ce sens à la fin du mois courant. Le général Lahoud a donc signé, il y a quelques jours, une note administrative autorisant les huit officiers à porter leurs nouveaux galons de brigadier, en attendant que le chef du gouvernement signe le décret officialisant leur promo-tion. Mais la note du commandant de l’armée n’a pas eu l’heur de plaire au ministre de la Défense, Mohsen Dalloul qui a adressé au comman-dant en chef une note lui demandant d’annuler la mesure se rapportant à la promotion de facto des huit colonels.
Médiation syrienne?
Devant ce fait, des milieux offi-ciels s’attendent à une médiation de la part de Damas qui, dit-on, veille-ra à préserver le prestige des deux parties en conflit, en proposant une solution de nature à leur sauver la face. La médiation syrienne se concré-tiserait, probablement, au cours de la réunion que la commission de coordination libano-syrienne tien-dra samedi sur les bords du Barada. Il y a lieu de signaler que le président de la Chambre, Nabih Berri a pris position envers cette affaire mercredi, en déclarant que la promotion des officiers est une question du ressort du Conseil militaire, lequel est seul habilité à se prononcer à son sujet, sans aucune ingérence politique... Le président de l’Assemblée a pris contact le même jour avec M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien en charge du dossier libanais, pour le mettre au courant de la cause du conflit, avant de tenter de rapprocher les points de vue entre le chef du gouvernement et le ministre de la Défense, d’une part, et le commandant en chef de l’armée, d’autre part. D’ores et déjà, MM. Berri et Hariri ont eu un long tête-à-tête mardi au siège du parlement, place de l’Etoile, M. Dalloul qui assistait à la réunion de la commission parlementaire des Finances et du Budget consacrée à l’examen des prévisions budgétaires du ministère de la Défense, s’est joint aux présidents de la Chambre et du Conseil. Mais rien n’a transpiré de leurs conciliabules... Mais selon certains recoupe-ments, le président Hariri serait res-té sur sa position, refusant d’enté-riner le décret relatif à l’avancement des huit officiers supérieurs. Enfin, il nous revient qu’au cours d’une concertation de la troïka, il a été décidé de laisser au Conseil d’Etat “le soin de trancher cette affaire dans le cadre exclusif de la loi”.
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Aux dernières nouvelles, le président Hariri aurait accepté de souscrire à l’avancement de sept des huit officiers. Mais le général Lahoud insiste pour les faire bénéficier tous de la promotion.