SATURNALES
LA POLITIQUE ET NOUS
«Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s’occupe de vous» écrit Montalembert. Combien vrai! Nous sommes con-tinuellement agressés par la politique. De nos jours, tout est politique. L’économique, le social, le sport, la culture, l’éducation et même la religion! Difficile de distinguer un domaine de l’autre. Alors, comment demander à une catégorie de citoyens de ne pas parler de politique? Car les religieux sont des citoyens comme les autres. On les met à contribution quand cela convient aux politiciens.... Et on leur demande de se taire quand ils refusent d’entonner le même refrain! C’est cela la liberté! «Quand je suis le plus faible, je vous demande la liberté parce que tel est votre principe. Mais quand je suis le plus fort, je vous l’ôte parce que tel est le mien» dit Louis Veuillot.
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QUE NOUS SOMMES POLIS!
Ceux qui lisent la presse étrangère, ceux qui regardent et comprennent les TV étrangères, enfin tous ceux qui voient, entendent et respirent ont dû tressaillir en apprenant que des documents du Foreign Office, jusque-là conservés sous le bois-seau ont été rendus publics, avec l’accord de la reine Elizabeth, le 23 décembre 1996. La publication de ces documents montre bien que le roi Edouard VIII n’était pas un sympathisant nazi, mais bien plutôt un «crétin». (Loc. Cit). Selon un initié de Buckingham Palace «les documents confirment qu’Edouard VIII était un grand crétin, mais pas un traître. Or, Edouard VIII est l’oncle paternel de la reine Elizabeth! Courageuse reine! Qu’en est-il de la Presse libanaise? Si nous la comparons aux presses britannique, française, italienne, améri-caine etc... notre presse est fort polie. Par exemple, elle ne dit pas que tel gouvernant est un crétin, que tel autre est un voleur, qu’un troisième est un âne..... Non, non, nous gardons ces pensées pour nous. Nous ne disons pas, surtout, que la ma-nière de s’asseoir de nos responsables les mains placées entre leurs jambes écartées, affalés dans des fauteuils est contraire à la politesse. Idem, nous ne disons pas que leur manière de se laisser photographier les mains dans les poches de leurs pantalons en train de farfouiller on ne sait trop quoi est fort disgracieuse! Non, non, nous sommes très polis. Nous savons bien ce qui se passerait, si nous osions dire du mal du cousin, du neveu, du petit fils du «Monsieur» au pouvoir. Alors nous répétons: «Que vous êtes joli, que vous me semblez beau!
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LIBERTE A L'ANGLAISE !
Alain Peyrefitte raconte cette histoire dont il a été personnellement témoin. “A Hyde Park, le public était moins curieux d’entendre la harangue d’un orateur que la réplique apportée par un auditeur. Pas une idée n’était exclue d’avance. “Notre roi est bègue, il doit s’en aller” clamait un jour un tribun improvise´, juché sur une chaise. Un des spectateurs parut s’indigner de ce propos. L’agent de ville qui surveillait placide-ment la scène, lui tapota l’épaule: “Keep quiet, let him speak” (Tenez-vous tran-quille. Laissez-le parler). Un citoyen attaquait Sa Majesté sous la protection de Sa Police et celle-ci ne s’en prenait qu’au citoyen qui perdait son calme! La police faisait confiance: une hérésie tolérée se désamorçait d’elle-même.
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A LA LIBANAISE !
Dans son discours de quelques minutes à ses concitoyens à l’occasion de Noël et du Nouvel An, Bill Clinton a demandé aux Américains que 1997 soit l’année de l’amitié, de la politesse. Qu’on reprenne les “Please” (s’il vous plaît), les “Thank you” (Merci); enfin, que l’on redevienne humains, civilisés, gentils. Au Liban, un incident qui vient de se passer, en dit long sur notre soi-disant politesse et affabilité orientales. Un diplomate étranger a envoyé ses vœux aux responsables libanais accompagnés d’un produit de son pays. Certains l’ont remercié. Mais il ne reçoit pas signe de vie d’un grand responsable qui a de nombreux secrétaires à sa disposition. Au bout d’une quinzaine de jours, cet ambassadeur étranger s’étonne et se demande si ce cadeau est bien parvenu à destination. Il demande à sa secrétaire de s’enquérir et la réponse brutale, qui en dit long arrive: “Oui, nous l’avons bien reçu! Pourquoi?” En effet “Pourquoi?” Pourquoi cette impolitesse, ce manque de courtoisie?
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PAS DE "BAC" POUR MALRAUX !
Sait-on que l’illustre Malraux, celui qui repose dans le caveau NÞ6 du Panthéon, n’a jamais décroché son bachot? A 16 ans, il pose sa candidature au prestigieux Lycée Condorcet. Hélas! son curriculum vitae, jugé par trop insuffisant, lui vaut un refus sans appel. Humilié mais point découragé, le jeune André Malraux décide qu’il se passera de baccalauréat et renonce pour de bon aux études classi-ques! Il sera un écrivain et un grand! Le plus grand! Il décrète que “La fortune appartient aux audacieux”. Et il réussira son pari. Un de ces derniers mots: “Ce qui compte incontestablement c’est la question! L’Histoire est toujours l’Histoire de la succession de questions, pas de la succession des réponses. “Nous apprenons à avancer, une torche à la main.”
MARY YAZBEK AZOURY.