D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
LA “TROÏKA” EST-ELLE MORTE ET ENTERRÉE?
La déclaration inopinée faite par le président Nabih Berri en recevant le nouveau conseil de l’Ordre de la Presse, en son bureau au parlement, n’a pas manqué de surprendre, les cercles politiques et parlementaires. Le chef du Législatif a, en effet, critiqué la troïka du pouvoir, disant qu’elle est à l’origine de la mauvaise gestion de la chose publique. Fait à signaler: M. Mohsen Dalloul, ministre de la Défense, a donné raison au président de la Chambre, disant que “lorsque la troïka sera enterrée, l’ordre sera rétabli au sein des institutions étatiques”... De son côté, M. Elias Hobeika, ministre des Ressources hydrauliques et électriques, a reconnu que “quelque chose ne tourne pas rond au niveau de nos structures politiques”, sans en préciser la cause...
APPEL DE CHAMSEDDINE À L’UNITÉ NATIONALE
“Les agressions répétées d’Israël, dont les dernières en date ont été perpétrées à Tabarja et à Damas, doivent nous inciter à resserrer les rangs et à sauvegarder, en la consolidant, l’entente nationale pour pouvoir déjouer les complots de notre voisin du Sud”, a déclaré l’imam Mohamed Mahdi Chamseddine, président du Conseil supérieur chiite. Aussi, invite-t-il les loyalistes et les opposants à s’ouvrir les uns aux autres, à l’effet de dissiper les germes de discorde et, partant, de renforcer le front interne.
DANS L’ATTENTE D’UN SIGNE DE DAMAS
Le président Elias Hraoui attend, dit-on, un signe de Damas pour s’y rendre, à l’effet de s’enquérir de l’état de santé du président Hafez Assad, à la suite de l’opération chirurgicale qu’il vient de subir avec succès. Par ailleurs, le chef de l’Etat a réitéré son appel aux Libanais d’outre-mer, à l’occasion de la visite d’une délégation officielle en Equateur, ayant à sa tête M. Talal Arslan, ministre des Emigrés, les engageant à effectuer des investissements dans la mère-patrie aux fins de contribuer à son relèvement et, aussi, de la visite, au palais de Baabda, de M. Raymond Abi-Rached, émigré des Etats-Unis, qui a offert dix ambulances complètement équipées à des institutions officielles et humanitaires locales.
AUTOUR DE LA CENSURE PRÉALABLE SUR L’AUDIOVISUEL
Me Ibrahim Kanaan, secrétaire général du conseil juridique britannique pour le Moyen-Orient, a émis son avis juridique à propos de la censure préalable devant être imposée aux émissions de caractère politique diffusées par satellite. “Ces émissions, dit-il, doivent être soumises plutôt à des normes juridiques précises imposées par les Etats concernés aux chaînes émettant à partir de leur territoire. “Ces chaînes pratiquent, par la suite , une auto-censure à caractère professionnel qui leur permet d’assurer une couverture rapide des événements dans le cadre des émissions par satellite, souligne Me Kanaan. “Une telle couverture rapide ne saurait être tributaire du jugement d’un censeur dont l’action est incompatible avec les impératifs de rapidité rendus nécessaires par la concurrence internationale. “Nul n’a le droit, conclut-il, de douter de la conscience professionnelle des journalistes et de se baser sur un postulat pour limiter leur liberté d’expression sans aucun fondement juridique. Il s’agit là d’une violation des lois en vigueur et de la Constitution libanaise.”
SITUATION DÉPLORABLE À RADIO-LIBAN
M. Mohamed Obeid, directeur général du ministère de l’Information, qualifie de “désastreuse” la situation à Radio-Liban. “Huit milliards de livres, précise-t-il, ont été prévus pour rééquiper la station radiophonique officielle, mais ce montant a été utilisé à une autre fin parce qu’il n’est pas possible d’améliorer la situation de cette station avec ce montant dérisoire”. M. Obeid révèle, d’autre part, que le projet relatif à la grande station radiophonique est bloqué, probablement faute de crédits. M. Mohamed Abdel-Hamid Beydoun, député du Sud, qui écoutait parler le directeur général de l’Information, a émis cette réflexion: “Il est préférable d’utiliser les crédits à une fin utile, plutôt que de les voir se volatiliser”.
VERS UNE NOUVELLE HAUSSE DU PRIX DE L’ESSENCE...
Une source renseignée prédit une nouvelle hausse des prix de l’essence, entre mille et mille-cinq cents livres par vingt litres, les responsables attendant le moment propice pour annoncer cette augmentation. De même, assure la même source, les prix du mazout, du fuel oil et d’autres carburants seraient relevés dans la même proportion.
OÙ ONT DISPARU LES 60 MILLIARDS DE TÉLÉ-LIBAN?
M. Mohamed Abdel-Hamid Beydoun, député du Liban-Sud proche du président de la Chambre, s’interroge sur le sort des 60 milliards de livres affectés à Télé-Liban en vue de son renforcement. “Comment cet argent a-t-il été dépensé, dans quel but et sous quel contrôle? Est-il permis qu’une entreprise étatique dépense les fonds mis à sa disposition d’une manière arbitraire, sans avoir des comptes à rendre à qui que ce soit? “Nous exigeons une réponse claire dissipant le doute et le soupçon qui se sont emparés des esprits”, conclut le parlementaire sudiste...
MOUSSAWI: L’INFORMATION, UNE RESPONSABILITÉ NATIONALE
M. Ammar Moussawi, député, soutient que “l’information est une responsabilité nationale qu’on ne peut ni ne doit soumettre au principe des pertes et des profits. “Que pense le ministère de l’Information, demande-t-il, des programmes diffusés par certaines télévisions ayant obtenu des licences et qui font la promotion d’Israël? “Nous constatons, de plus en plus, que ces télévisions sont devenues celles du gouvernement et non de l’Etat ou de ses institutions, alors que les opposants n’ont pas le droit de paraître sur le petit écran”.
VERS LE RETOUR DES DÉPLACÉS DE LA BANLIEUE-SUD
Des sources parlementaires concernées par les problèmes de la banlieue-sud, assurent que le retour des déplacés des localités de Mraijé, Laylaki et Téhouitat Al-Ghadir est en cours de règlement, le “Hezbollah” étant disposé à examiner la question dans le plus bref délai. La commission parlementaire des Finances et du Budget avait approuvé, lundi les prévisions budgétaires du ministère pour les affaires des déplacés. Au cours des discussions, les responsables du ministère et des députés membres du “Bloc de fidélité à la résistance” sont tombés d’accord sur la nécessité de trancher cette affaire sans plus de retard. M. Ali Ammar, ancien député, a été chargé de poursuivre l’étude de ce sujet, en sa qualité d’expert en la matière.
À PARAÎTRE BIENTÔT: “TOLÉRANCE” DE M. YOUNÈS
M. Manuel Younès, ancien député, passe le plus clair de son temps à mettre la dernière touche à son nouvel ouvrage à paraître bientôt et ayant pour titre: “Tolérance”, le dernier ayant été intitulé: “L’amitié”. Fait à signaler, les thèmes de la tolérance et de l’amitié intéressent au plus haut point l’UNESCO, avec laquelle l’ancien parlementaire entretient de bons rapports.
LE LIBAN SE CONFORME À L’ARRANGEMENT D’AVRIL
Les cercles diplomatiques se réjouissent de ce que le Liban se conforme aux clauses de l’arrangement d’avril et en a donné la preuve en procédant à l’arrestation de deux membres du Front démocratique pour la libération de la Palestine, soupçonnés d’avoir lancé des Katiouchas en direction de la Galilée à partir du Liban-Sud. Ainsi, le gouvernement libanais aura annihilé le prétexte invoqué par Israël pour pilonner certaines localités sudistes, en alléguant qu’elles abritent les éléments de la résistance ayant pilonné les kibboutzim.
ON DIT...
- Que les milieux politiques s’attendent à la dissipation du froid qui caractérise, en ce moment, les rapports entre deux personnalités officielles...
- Que des instances gouvernementales prévoient la titularisation d’un chef spirituel assurant ses charges depuis quelques années à titre intérimaire, depuis le décès de son prédécesseur, à l’instar du mufti de la République.
- Qu’une notabilité sudiste a dû intervenir en force en vue d’arrêter l’importation de produits organiques pour les transformer en engrais destinés aux terres agricoles du Liban-Sud.
EN RACCOURCI
- D’après des sources gouvernementales, il serait question de prévoir dans la nouvelle loi électorale, une clause interdisant le cumul de la députation et des charges ministérielles. Dans ce but, il serait envisagé d’élire un député suppléant, lequel prendrait la place à la Chambre d’un député à qui serait confié un portefeuille ministériel.
- La nomination de notre confrère, Saëb Diab, en tant que directeur des informations à Télé-Liban, a été favorablement accueillie, en raison des qualités professionnelles dont jouit M. Diab.
- Des cercles politiques recommencent à douter de la possibilité pour le gouvernement d’organiser les élections municipales aux dates prévues, soit les ler et 8 juin 97.
OPINION
N’ENCOURAGEONS-NOUS PAS LE TOURISME POUR NE PAS AGGRAVER LES EMBOUTEILLAGES?
Deux membres du gouvernement: Fattouche et Jaber, ministres respectivement du Tourisme, du Commerce et de l’Economie, s’époumonnent à faire la promotion du “mois du tourisme” en février prochain. A cet effet, ils ont pu convaincre les propriétaires d’entreprises intéressées (hôtels, restaurants, compagnies d’aviation et centres touristiques) à réduire leurs tarifs durant ce mois dans une proportion de 50 pour cent. Et ce, dans le but d’attirer les touristes, en leur offrant des conditions avantageuses. Cependant, même avec une réduction de 50 pour cent, nos prix demeurent supérieurs à la norme internationale. Ainsi, le tarif d’une nuitée dans un hôtel est fixé à 300 dollars, soit au-delà de 1.500 francs français, le tarif minimum étant de 200 dollars, soit plus de mille FF. Dans bien des pays, il existe d’excellents hôtels pour hommes d’affaires, telles les chaînes d’hôtels “Ibis” “Sofitel” ou “Novotel” où le tarif de la nuitée varie entre 300 et 400 francs français, seulement, soit l’équivalent de 80 dollars US. De même, il existe des établissements hôteliers réservés aux jeunes où un étudiant peut payer 25 dollars par jour. Où en sommes-nous de tout cela? Les 300 dollars, tarif d’une nuitée, se ramènent à 150 après la réduction des 50 pour cent. Autrement dit, le tarif après l’escompte reste plus élevé que celui fixé en Occident. Peut-on s’attendre à ce que l’économie dans les dépenses soit possible au niveau de la nourriture et de la boisson? Comment cela serait-il possible, du moment que le prix d’un repas chez nous est de l’ordre de 50 dollars, si ce n’est davantage? Qui veut des preuves à ce que nous avançons, peut en faire l’expérience! A Paris, le repas coûte vingt dollars ou 30 tout au plus par personne. Que devons-nous faire pour attirer les touristes ? Actuellement, des sociétés touristiques organisent des croisières dans notre région, à partir de capitales occidentales. Les chiffres indiquent que les frais nécessités par le séjour des participants à ces croisières pendant huit jours en Syrie et en Jordanie, suffisent à peine à couvrir les dépenses d’un jour et demi au Liban. Ceci étant, les organisateurs seraient-ils portés à inscrire le Liban sur leur itinéraire pour nos beaux yeux? Le climat, la beauté de nos paysages et notre hospitalité légendaire ne constituent pas des appâts efficaces pour attirer les touristes. Les responsables jugent-ils préférable qu’il en soit ainsi, afin de ne pas aggraver les embouteillages qui encombrent nos routes! Comment donc favoriser l’essor du tourisme dans nos murs, alors que notre pays est en voie de devenir le plus cher du globe, surtout si nous prenons en considération le salaire minimum vital qui est en-deça de deux-cents dollars, alors qu’il dépasse mille deux-cents dollars dans les Etats dont les prix se rapprochent des nôtres?
NADIM EL-HACHEM.