UN ROCHER:

MONACO

La famille Grimaldi
a fêté dans une simplicité austère ses
700 ans de règne sur
le rocher de Monaco.
Les Grimaldi ont
visiblement voulu faire
de cette cérémonie
une espèce de
«réunion de famille»
avec leurs sujets.


UNE DYNASTIE 7
FOIS SÉCULAIRE:


Les Grimaldi !

La famille princière des Grimaldi, au premier jour de la célébration des festivités du 700ème anniversaire de la principauté.

I - LA CÉRÉMONIE D’ANNIVERSAIRE:

La journée a commencé par une messe solennelle suivie d’un Te Deum en la cathédrale de l’Immaculée Conception, présidée par un envoyé spécial du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran. Quelque 600 personnes avaient pris place à l’église d’où tout décorum avait été banni - même pas de garde princière à l’intérieur. La tenue du prince Rainier et du prince héritier Albert et des princesses Caroline et Stéphanie affichait la même sobriété. La famille et tous les fidèles ont entendu avec recueillement le prélat commenter l’évangile de St Mathieu sur «le sage qui a construit sa maison sur le roc au contraire de celui qui l’a bâtie sur le sable... Et qu’au-delà de la façade, il faut souvent vérifier les fondations... Et que plus les princes sont grands, plus ils doivent donner l’exemple...» alors que les chœurs de la maîtrise attaquaient le Te Deum de Mozart. Après la messe, la famille Grimaldi accompagnée par la foule qui s’était assemblée au dehors, et conduite par les reporters et les cameramen, s’est dirigée vers la place du Palais où le 8 janvier 1297 François Grimaldi, l’ancêtre, avait mis le pied la première fois sur le Rocher. Sa statue signée Kees Verkade, un sculpteur néerlandais, a été dévoilée par une jeune monégasque s’exprimant en un dialecte mi-niçois, mi-gênois, qui est le dialecte monégasque. En soirée un spectacle audio-visuel s’est déroulé sur le port pour clore cette première journée des festivités - car, les célébrations officielles dureront toute l’année dans la Principauté, qui compte parmi ses 30.000 habitants bon nombre de célébrités, que l’absence d’impôt attire plus que le soleil! Quant aux touristes, ils ont été ravis des diverses manifestations qui ont marqué ce premier jour d’anniversaire - surtout les Japonais, qui étaient venus à Monaco «à cause des princes» et qui comme tous les Monégasques, les ont de leurs yeux vues!

Le prince Rainier III et les princesses Stéphanie et Caroline.

Le Prince, entouré de son fils Albert et de ses filles Stéphanie et Caroline assistant au spectacle commémoratif, racontant l’aventure du fondateur de la dynastie, François Grimaldi, le gênois.

Toute la dynastie des Grimaldi portée sur les grands écrans.

Conception et production de Gad Weil: déploiement en sons, images et lumière sur écrans géants, pour reconstituer l’histoire de la dynastie des Grimaldi.

II - LE ROCHER, LES GRIMALDI ET LEUR HISTOIRE:

Pourquoi cet anniversaire est-il le 700ème? Parce que c’est le 8 janvier 1287 que le guelfe François Grimaldi, chassé de Gênes par les Gibelins de Florence, s’empare de la forteresse gênoise de Monaco - en représailles. Ses descendants ne quitteront plus le Rocher. Monaco depuis, reste aux yeux du monde un territoire privilégié vivant au rythme des amours princières, au bruit de la roulette du casino - même si de temps en temps la machine à sous est grippée, pas pour longtemps - sous un ciel bleu azur, dans un environnement paradisiaque. «Mais ne vous y trompez pas, explique un banquier. Au fil des ans, cette principauté s’est transformée en un véritable Etat où les activités financières et banquières prennent le pas sur le tourisme; où l’argent des jeux s’efface devant celui de l’immobilier; où la sécurité est maintenue par une police de fer». Son atout majeur est d’être restée une légende, et un pays moderne de surcroît avec ses réussites et ses zones d’ombre et qui réclame aujourd’hui de l’Union européenne un statut bancaire spécifique, qui lui permette d’accroître son rôle de place forte financière au cœur de l’Europe. Du reste il s’apprête à négocier au plus serré avec la France, la mise à jour du protocole qui lie les deux pays depuis 1912. Cette principauté de 197 hectares et de 30.000 habitants, dont 5000 sont monégasques, est avant tout la réussite personnelle d’un homme, le prince Rainier III. Ce jeune souverain play-boy qui monte sur le trône en 1949 - est-ce l’influence du clan américain que Grace Kelly qu’il épouse en 1956 avait amené dans ses bagages - ou son intuition personnelle, qui le téléguident? Toujours est-il que Rainier III a très vite compris qu’un Etat ne pouvait vivre de la roulette et du baccara exclusivement. Et qu’il fallait faire de Monaco autre chose... Depuis, la puissante Société des bains de mer, jusqu’à l’énorme boum de l’immobilier qu’il a parrainé, en passant par les importantes commissions occultes réalisées sur des transactions internationales qui ont enrichi les banques de la principauté, c’est au prince Rainier III qu’on le doit. Prévenir c’est guérir, dit-on. Ainsi, qui dit argent, qui dit casino - dit aussi luxe, appartements de grand standing, bijoux etc... Donc obligatoirement: sécurité. A Monaco, tous les spécialistes de ce “produit” de plus en plus rare et contesté, vous assureront que faire plus sûr qu’à Monaco - c’est difficile! Un seul chiffre statistiques parlant, est à lui seul plus éloquent que tous les plaidoyers: à Monaco on compte un policier par cent habitants! Etat policier, diront quelques uns? “Non, Etat sûr, répond le prince Rainier”.

Le prince Rainier III s’adressant à la nation.
La famille princière durant le fabuleux spectacle
de la célébration du sept centième anniversaire.
L’hommage des Monégasques à la famille
princière - qui représente la plus ancienne
monarchie dans le monde.
Le prince Rainier III et le prince héritier Albert
descendant les marches de la cathédrale,
après le Te Deum.

III - CE QUE DIT LE PRINCE ALBERT

Il aura bientôt 39 ans. A la question qui lui a été posée sur l’importance de cet anniversaire, il a répondu: “Selon un proverbe anglais tu ne dois jamais oublier qui tu es, ni d’où tu viens. A mon sens par delà la simple commémoration, il me semble que c’est là l’occasion de réfléchir à ce que nous sommes de façon à préparer l’avenir.” Et il a poursuivi: “Les Grimaldi dans le civil regroupent trois veufs, une divorcée et un célibataire. C’est une des dynasties les plus médiatiques et, je l’avoue, qui a accumulé peut-être le plus de déboires... Ce qui ne m’empêche pas de regretter que la vision du public sur Monaco soit exclusivement braquée sur le baromètre de la famille princière! C’est vraiment regrettable! Affaire de paparazzi...” Et dans le même ordre d’idées, il s’est empressé de renchérir: “Je ne suis pas satisfait de l’image de Monaco. Parce que dans une certaine presse, le sensationnel a pris le pas sur la réalité économique, voire “sérieuse” de la principauté. Cela nous porte préjudice... Et si j’ai un message à transmettre ce serait qu’on veuille admettre que Monaco est un Etat moderne qui s’intéresse aux nouvelles technologies et développe des pôles économiques de pointe. Et puis, qu’il s’implique dans l’action humanitaire. Monaco a un rôle à jouer sur la scène internationale en matière de solidarité et nous suivons, nous patronnons même un certain nombre de projets dans le monde. Moi-même je dois retourner au Niger en 1998 pour le 10ème anniversaire du dispensaire Prince Albert - et j’irai sans aucun doute, en fin d’été, à Madagascar à l’occasion des jeux de la Francophonie. Et puis, n’oublions pas une autre vocation de Monaco qui se porte vers la protection de l’environnement et de la mer...” Le Prince Albert se montre intarissable sur ce plan, mais quand on lui pose des questions sur sa vie privée, il reconnaît qu’à l’instar des hommes politiques - “on nous assimile à des vedettes du show-business. Je ne peux pas me révolter contre ce genre d’intrusion et de traitement c’est devenu une tradition, un fait établi.” Quant à ses éventuelles liaisons et aux pressions qui sont exercées sur lui pour un mariage éventuel, le prince Albert s’est montré très vague, sinon réticent, en soutenant que pour un prince, et surtout un prince héritier il ne faut pas souffrir de ne pas avoir le choix de son propre destin! Une réflexion hermétique qui dit tout et ne dit peut-être rien...

C.E.H.