PROCESSUS DE PAIX

LE PROTOCOLE D’HÉBRON AURA-T-IL PLUS DE SUCCÈS QUE CEUX DE MADRID ET D’OSLO?

Le protocole a été parafé au passage d’Eretz en présence de Yasser Arafat, de Netanyahu et de Dennis Ross, coordonnateur US.

Il y a eu Madrid, Washington, Oslo et, maintenant, l’accord palestino-israélien qui a été parafé par Saëb Oraykate et Dan Shomron, en présence de Yasser Arafat et Benjamin Netanyahu, au passage d’Eretz, au terme de trois mois de pourparlers si laborieux et incertains que nous les avons fait ressembler à une “cuisson de cailloux”. Ce nouveau protocole de onze pages, comporte trois annexes et le calendrier des retraits des forces israéliennes de Hébron. Celles-ci devront se redéployer dans un délai allant de mars 97 à juin 1998, “Tsahal” conservant le droit de se maintenir dans les poches de la ville où habitent près de quatre cents colons et aux alentours de la mosquée Al-Ibrahimi. Il s’agit, du premier progrès dans le processus de paix depuis sept mois et demi, soit depuis la prise du pouvoir par la droite nationaliste en Israël. L’accord a été qualifié “d’équitable” et d’équilibré” par Dennis Ross, coordonnateur US qui a fait la navette entre Jérusalem (ou Tel-Aviv) et Gaza, n’épargnant aucun moyen ni effort pour rapprocher les positions palestinienne et israélienne. Le roi Hussein et le président Hosni Moubarak se sont mis de la partie dans l’ultime phase des négociations, partant du fait “qu’un blocage du processus de paix réactiverait le terrorisme qui est pire que la guerre”. Le président Bill Clinton a été le premier à se réjouir du résultat, disant que “les forces de la paix l’ont emporté, en définitive, sur ses ennemis”. Il l’a déclaré après des entretiens au téléphone avec Arafat et Netanyahu qu’il a félicités, en les engageant à aller de l’avant et à entretenir la dynamique de la paix. L’Egypte, la Jordanie le France, l’Union européenne et le Japon n’ont pas caché leur satisfaction, tout en insistant sur “la nécessité d’appliquer le nouvel accord dans le plus bref délai.” Mais les colons ont fait entendre un autre son de cloche et pensent que “Netanyahu est tombé dans le piège tendu par Arafat” avant de proclamer, sous le ton de la menace: “Nous combattrons l’accord avec tous les moyens en notre pouvoir”. Le nouveau protocole peut relancer les négociations avec le Liban et la Syrie; tout dépend maintenant de Netanyahu, de sa détermination à l’appliquer et, surtout, de sa capacité à tenir tête aux chefs des colons, non seulement au niveau du Conseil des ministres et de la Knesset, mais dans la rue où ces derniers se proposent de transposer leur mouvement protestataire... Washington donne des garanties et s’engage à soutenir le processus de paix qui pourrait se perpétuer, pour peu que la juiverie américaine prête main forte à la capitale fédérale et contribue à déblayer le terrain de tant d’embûches qui empêchent le Proche-Orient de jouir d’une paix juste et globale à laquelle aspirent tous les peuples de la région.

Ed. B.