ORGANISÉE PAR LE SCL

RENCONTRE NATIONALE DE SPÉLÉOLOGIE.

EN VUE D’UNE
MEILLEURE COLLABORATION ET
D’UNE EXPLOITATION
DES RESSOURCES
SOUTERRAINES


Progression dans l’eau d’un des anciens, dans la grotte de Jéita.


1996 a été une année fructueuse pour les spéléologues du Liban. Cette conclusion, nous l’avons tirée suite à la Rencontre nationale de spéléologie organisée par le Spéléo Club du Liban (SCL) les samedi 11 et dimanche 12 janvier à “La Collina” (Mtayleb), à l’occasion du cinquantenaire de la première expédition spéléologique libanaise de Lionel Ghorra à Jéita. Placée sous le patronage du ministère des Ressources hydrauliques et électriques et avec la collaboration de la Lebanese Canadian Bank S.A.L., elle mit en présence, pour la première fois, tous les spéléologues du Liban, anciens et nouveaux, afin de conjuguer l’expérience de près d’un-demi siècle d’exploration sous terre et la fougue d’une jeunesse active, qui a déjà à son palmarès pas mal de découvertes. Divisé en quatre séances de travail, le séminaire fut déclaré ouvert par Joe Zgheib, président du SCL avant d’accueillir à la tribune M. Antoine Rabbat, représentant de M. Elie Hobeika, ministre des Ressources hydrauliques et électriques qui se trouvait, alors, en Syrie. Dans son allocution, M. Rabbat souligne l’importance des travaux spéléologiques en matière d’hydrogéologie, du fait que toute découverte de nappes phréatiques ou de rivières souterraines serait profitable, d’une manière ou d’une autre, au ministère et, par conséquent, aux habitants des régions concernées.

Première séance: de g. à dr. Sami Karkabi, Hani Abdul-Nour, Farid Zoghby, Lionel Ghorra et Louis Eid.

PREMIÈRE SÉANCE

Présidant la première séance de travail, Farid Zoghby, un des spéléolo-gues les plus anciens du Liban et mem-bre du SCL présente les conférenciers. Parmi eux, nous découvrirons de vrais “monstres sacrés” de l’histoire de la spéléologie libanaise. Prenant la parole, Lionel Ghorra, premier Libanais à pratiquer la spéléologie en 1940, cite ses premières expériences sous terre. Il explorera la grotte de Jéita, à partir de 1946, en particulier avec Louis Eid, également présent parmi les conféren-ciers. Les deux “anciens” relatent les longs séjours de la première équipe libanaise dans la grotte de Jéita. Récit on ne peut plus vivant, puisque Louis Eid exhibe d’anciens plans de topographies, effectués sur du papier d’emballage jauni par les années et des photographies en noir et blanc, les premières à être faites dans les parties les plus reculées de la plus grande grotte du Liban et commandées par le président Camille Chamoun. Documentation inesti-mable, surtout si l’on songe aux équipe-ments et matériels primaires qui étaient à la disposition de ces “aventuriers du ventre de la terre.” Dr Hani Abdul-Nour, membre consulta-tif de l’Association libanaise des Etudes spéléologiques (ALES), rappelle les gran-des lignes de la relation entre les hommes et les cavernes depuis l’époque préhistorique où l’homme y trouvait refuge contre les intempéries et les assauts des autres groupes humains en passant par la période phéni-cienne où l’homme donnait aux cavernes des connotations magiques, sacrées ou religieuses. Ce n’est qu’à partir des XIXe et XXe siècles que prit naissance la vraie spéléologie dans son sens scientifique. Sami Karkabi, membre fondateur du SCL, trace l’historique de la spéléologie libanaise ainsi que le récit des grandes découvertes faites aux gouffres de Faouar Dara et de Qattine Azar respectivement 7e et 10e gouffres d’Asie.

La rencontre a regroupé la jeune génération de spéléologues libanais, venus des quatre clubs du Liban.

DEUXIèME SéANCE: REGROUPER LES CLUBS

Deuxième journée, deuxième séance. Président, Sami Karkabi. Michel Majdalani, vice-président du SCL, prononce un discours fort judicieux sur les applications concrètes de la spéléologie dans le domaine public, à savoir: le captage des eaux, des sources, siphons ou rivières souterraines. A cet effet, l’Etat libanais projette de créer un Office National des Eaux. Recen-ser et localiser les ressources de chaque région aquifère; empêcher la pollution et la prévenir, tel devrait être le programme du comité de cet Office dont l’un des membres désignés devrait être un spéléologue vu le rôle de base que joue la spéléologie dans les découvertes géologiques . Pierre Abi-Aoun, membre adjoint du comité du GERSL, communique, alors, les travaux du club en matière de spéléo-archéologie. Une carte du Liban distribuée à l’assistance indique les différents sites spéléo-archéologiques du pays, concentrés, essentiellement, dans la région du Nord. Dr Bahzad Hakim, fait par la suite un long commentaire sur les recherches karstiques du Liban et présente la géologie comme “une science nécessaire pour des études avancées de la spéléologie”. Badr Jabbour-Gédéon, secrétaire géné-rale de l’ALES, expose les circonstances et la découverte du gouffre de Qattine Azar dont l’exploration a été faite par l’ALES en collaboration avec le SCL.

Le président Camille Chamoun félicitant la première équipe d’expédition libanaise à Jéita.
On reconnaît sur la photo, le photographe Alémian et Robert Kasparian.

TROISIèME SéANCE

La troisième séance, présidée par Georges Farra, met en présence des membres représentants les quatre clubs du Liban. Chacun parlant des activités de son club. Joseph Abou Aqar, président du club de Wadi el-Arayech (Zahlé), et Alain Maroun, secrétaire général de GERSL, ont tous deux tracé un parcours sur les activités de leurs clubs respectifs. Hani Abdul-Nour, membre consultatif de l’ALES, montre par une projection de diapositives les dernières découvertes du club, à savoir: le réseau supérieur de la grotte de Moutran à Zghorta et d’autres découvertes à Jbab. Marwan Zgheib, membre du SCL, retrace l’histoire plus récente de son club, dont les activités ont été ralenties par les douloureux événements; puis, la relance de ces activités après 1992. Une projection de diapositives montrant la grotte de Roueiss et celles de la région d’Antélias dont les entrées sont hélas! bouchées par les carrières qui rongeaient jusqu’à tout récemment la montagne. Les activités prochaines du club consistent à poursuivre les recherches afin de retrouver les accès aux grottes d’Antélias. Une suggestion ayant soulevé l’enthou-siasme général, celle de se voir obtenir les encouragements tant moraux que maté-riels de l’Etat. En conclusion, coordonner les activités entre les différents clubs serait d’une plus grande utilité au domaine public.

HELENE RECHMANY