D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
FERZLI: LA TROÏKA EST TOMBÉE SANS ESPOIR DE RETOUR
“La troïka est tombée sans espoir de retour”, ne cesse de répéter M. Elie Ferzli, vice-président de la Chambre. “C’est, ajoute-t-il, un bon indice permettant une amélioration dans la façon de gérer la chose publique. Il n’est pas logique que l’Etat soit mobilisé dans l’intérêt des personnes, quelles qu’elles soient, car nous aspirons tous à édifier l’Etat des institutions”. M. Ferzli appuie le principe de la coopération entre les trois présidents et, partant, entre les pouvoirs, mais dénonce l’immixtion de ces pouvoirs les uns dans les autres, par esprit de complaisance ou pour tout autre motif, ce qui se répercute, négativement, sur les institutions constitutionnelles. “Il faut que les pouvoirs s’affrontent dans l’intérêt de tous, en se conformant au principe défini par Montesquieu qui s’énonce de la sorte: “le pouvoir arrête le pouvoir”. C’est pourquoi, le contrôle est sacré, car il empêche les gouvernants de commettre des erreurs et des abus. “La formule de la troïka, conclut-il, n’est plus viable, d’autant qu’elle a été éliminée sous la pression populaire, médiatique et parlementaire.”
HAPPY BIRTHDAY, SAëB BEY
Le président Saëb Salam a fêté, vendredi dernier, son 92ème anniversaire entouré des seuls membres de sa famille. L’ancien chef du gouvernement a tenu, en effet, à célébrer cet anniversaire dans la plus stricte intimité. Ce qui n’a pas empêché de nombreuses personnalités de lui rendre visite ou de le contacter par téléphone pour lui présenter leurs vœux... ...Sans manquer de vanter l’action infatigable menée par le leader beyrouthin en faveur du Liban et de ses justes causes. A notre tour, nous présentons nos vœux à Saëb bey, en lui souhaitant une longue vie pleine de santé et de bonheur.
SABEH: LE GOUVERNEMENT NE PEUT ACCAPARER L’INFORMATION
“Le gouvernement ne peut accaparer l’information, mais peut expliciter sa politique dans le domaine médiatique”, a déclaré M. Bassem Sabeh, ministre de l’Information. “Ce ministère, Radio-Liban, l’ANI et le Conseil national de l’information relèvent des structures étatiques, mais non la télévision. Le département dont je détiens le portefeuille, joue le rôle “d’autorité de tutelle”, le directeur général de l’Information en étant le commissaire du gouvernement. “Il est vrai, ajoute M. Sabeh, que l’Etat est un mauvais commerçant, mais cela ne signifie pas que le mauvais commerçant ne peut être compétitif”. Le ministre précise que le ministère de l’Information et Télé-Liban ont à leur service 2.400 fonctionnaires et employés”.
DU NOUVEAU À TÉLÉ-LIBAN
Saëb Diab a pris en charge sa nouvelle fonction à Télé-Liban, en tant que directeur des informations dont il se propose d’améliorer la qualité, en les rendant plus objectives. La nomination de notre confrère a été favorablement accueillie, en raison de ses qualités professionnelles qui lui ont valu cette promotion bien méritée.
LITIGE EN VOIE DE RÈGLEMENT ENTRE HARIRI ET JOUMBLATT
La visite effectuée par M. Walid Joumblatt, ministre des Déplacés, au président Rafic Hariri, en la résidence du chef du gouvernement à Koraytem, pour le remercier de s’être associé à un deuil familial, a eu pour conséquence de dissiper le froid qui caractérisait les rapports entre les deux hommes depuis quelque temps. Par la suite, Ghazi Aridy, conseiller politique du leader du Parti socialiste progressiste, a été chargé de trancher les questions litigieuses opposant le président du Conseil au ministre des Déplacés. Aridy avait maintenu le contact avec le Premier ministre, même au plus fort du conflit...
PRÉVISIONS OPTIMISTES DES AMBASSADEURS ARABES
Au cours d’un déjeuner offert par un haut responsable en l’honneur d’un certain nombre d’ambassadeurs arabes accrédités à Beyrouth, plus d’une semaine avant la signature du protocole palestino-israélien sur Hébron, ceux-ci se sont montrés optimistes quant au processus de paix dans la région. Les diplomates présents ont soutenu que les pressions exercées par Washington sur Tel-Aviv finiront par déblayer le terrain des embûches qui entravaient l’aboutissement des pourparlers entre l’Etat hébreu et l’Autorité palestinienne. D’autre part, les ambassadeurs ont prédit la relance des négociations de paix sur les volets syro-libano-israélien à plus ou moins brève échéance, dès que Mme Madeleine Albright, nouveau secrétaire d’Etat US, prendra la relève de Warren Christopher et aura fini d’étudier le brûlant dossier du Proche-Orient.
EN MARGE DE LA POLÉMIQUE HRAOUI-BERRI
Les milieux politiques se sont interrogés sur les motifs ayant incité M. Walid Joumblatt à critiquer le chef de l’Etat, à l’issue de son entrevue, à la fin de la semaine écoulée, avec le président Nabih Berri en sa résidence à Aïn el-Tiné. Pourtant, ces mêmes milieux avaient constaté une nette amélioration des relations entre Baabda et Moukhtara, le ministre des Déplacés ayant obtenu une promesse formelle quant au déblocage des 60 milliards de livres destinés à ce département ministériel, pour lui permettre de réactiver le retour des sinistrés à leurs villages, à commencr par ceux de Taalabaya (Békaa) auxquels devait être affecté un premier crédit de près de 3 milliards de livres.
LA DÉCHARGE DE BOURJ HAMMOUD PROVOQUE UNE CRISE...
La décision prise par le Conseil des ministres de retarder, de quelques mois, la fermeture de la décharge de Bourj Hammoud, semble devoir provoquer une crise dans les rapports des partis arméniens avec le Pouvoir. En effet, on prête à ces derniers l’intention de recourir à un mouvement protestataire, partant du fait que le rapport établi à ce sujet par les organismes qualifiés, ne minimise nullement le danger que constitue la décharge pour les habitants de la région metniote, surtout le long du littoral. Les partis arméniens attirent l’attention, à ce propos, sur les propositions d’organisations internationales concernées par le problème de l’environnement, qui ont offert de procéder à l’installation d’incinérateurs en haute montagne, pour débarrasser la capitale et sa banlieue de cette source d’épidémies.
MESSAGES US AUX TROIS PRéSIDENTS
M. Richard Jones, ambassadeur des Etats-Unis, a révélé dès son retour de Washington, la semaine dernière, avoir transmis aux présidents Hraoui, Berri et Hariri des messages en rapport avec le protocole sur Hébron. Par la même occasion, le diplomate américain a exposé aux trois responsables libanais le point de vue de l’Administration US, à propos de l’étape future et de l’évolution de la conjoncture régionale.
L’U.E. APPUIE LE PROCESSUS DE PAIX
Lors de son passage à Beyrouth, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, qui effectuait une tournée dans la région, a assuré que l’Union européenne continuait à appuyer le processus de paix au Proche-Orient et à fournir à tout Etat, qui la lui demande, toute l’aide dont il a besoin, à l’effet d’aplanir les obstacles pouvant entraver ce processus. Le chef de la diplomatie du Luxembourg a, d’autre part, mis l’accent sur l’instauration d’une paix juste et globale, de nature à préserver les droits de toutes les parties.
EN PRéVISION DE LA RéUNION éGYPTO-LIBANAISE
M. Adel Khodary, ambassadeur d’Egypte à Beyrouth, a effectué avec les responsables des contacts en prévision de la réunion que la commission mixte libano-égyptienne doit tenir, incessamment, dans la capitale libanaise sous la présidence des chefs du gouvernement des deux pays. Il s’agit d’en fixer la date et, aussi, de mettre au point l’ordre du jour de la réunion.
VERS LA RéUNIFICATION DES RANGS
Les cercles politiques font état de contacts intensifs effectués dans la plus grande discrétion avec les milieux de l’opposition, en vue de dissiper la tension ayant résulté des dernières rafles de fin d’année. Bkerké est, assure-t-on, au centre de ces contacts visant à resserrer les rangs et à les unifier, prélude à la réalisation de la réconciliation nationale, pour faire face à toutes les éventualités au plan régional...
ON DIT...
- Qu’une personnalité parlementaire préfère garder le silence plutôt que d’adopter, envers un haut responsable, une position susceptible de provoquer la rupture entre eux.
- Qu’un membre en vue de l’Assemblée, accuse un responsable de prendre le parti d’un autre pour des raisons qu’il ne parvient pas à s’expliquer...
- Qu’un député attribue le conflit ayant éclaté au grand jour entre les présidents de la République et de la Chambre, au “mûrissement des causes ayant favorisé l’explosion”, non aux réformes constitutionnelles préconisées par le chef de l’Etat.
EN RACCOURCI
- “Les membres du comité à qui doit être confié le contrôle des émissions télévisées par satellite, jouissent-ils des qualités les habilitant à s’acquitter d’une tâche aussi délicate”, demande M. Henri Chédid, député de la Békaa-ouest. Et pourquoi les médias audiovisuels ne procèderaient-ils pas à leur autocensure, à l’instar de la Presse écrite?”
- M. Saleh Kheir, député de Denniyé, déplore le niveau de Radio-Liban par rapport à tant de stations radiophoniques privées. “Pourtant, rappelle-t-il, nous affectons chaque année d’importants crédits en vue d’améliorer ses programmes sans jamais obtenir le résultat souhaité”.
OPINION
AFIN QUE LE LIBAN RETROUVE SA VERDURE D’ANTAN !
Le pays de la pluie et de la neige en a été privé jusqu’à tout dernièrement, alors que l’Europe et d’autres continents pâtissaient du froid et des inondations, à tel point que beaucoup de personnes y sont mortes de froid. Chez nous, on se croyait en été ou au printemps en plein hiver. Pourquoi? Dieu nous a-t-il donc abandonnés? Non, pas du tout, mais nous avons renoncé à nous-mêmes au point de tout perdre: la patrie et la terre, ceux qui y restent vivant dans un état de perdition, angoissés par la peur du lendemain. Nous avons fait le commerce avec toutes sortes de produits et d’articles, y compris le sang, les déchets toxiques et tant de produits prohibés. Si bien que la Nature elle-même nous a abandonnés. De fait, notre saison hivernale s’est déroulée jusqu’à tout dernièrement comme si on se trouvait au printemps. Cela était attendu, après les méfaits que nous avons commis contre la Nature. Nous coupons les arbres sans retenue et sans pitié. Il ne se passe pas d’été sans que les forêts soient la proie des flammes. Avec la pluie et la neige, ces forêts faisaient du pays des Cèdres un paradis cité plus d’une fois dans la Bible. Ne sont-ce pas ces forêts qui ont valu à notre pays le nom de “Liban vert”? Que lui est-il resté de tout cela? Le béton et le fer ont supplanté la verdure qui a été supprimée par la civilisation du XXème siècle avec toutes ses tares et ses laideurs. La conséquence, on la touche du doigt à présent: le Liban commence à se désertifier, preuve en est la régression inquiétante des chiffres de sa pluviométrie. Il y a chaque année moins de pluie et de neige, celles-ci étant devenues aussi précieuses que les devises rares. Le pays se désertifie et nul ne se soucie de remédier à cette anomalie. Ce phénomène s’avère plus catastrophique que la pollution, laquelle prend de plus en plus de l’ampleur. Les responsables se contentent de combattre tous ces fléaux par des promesses jamais tenues! Quel responsable se préoccupe d’appliquer, rigoureusement, le slogan: “Plantez et ne coupez pas?” En Occident, une campagne est menée contre ceux qui attentent aux forêts, notamment, en Amazonie où on procède à la coupe sauvage des arbres pour les besoins des industries. Car les promoteurs de cette campagne craignent que la disparition de ces forêts, connues sous le nom de “Rain forests”, ait pour conséquence de raréfier les averses. Nous avons la mer dont les eaux s’évaporent comme partout dans le monde. Il nous reste l’arbre qui attire les nuages, lesquels nous gratifient de la pluie qui, à son tour, se transforme en neige. Or, l’arbre a été “assassiné” par des vandales qui agissent à la manière du chat qui passe sa langue sur la lime et se prélasse du goût du sang, pour découvrir par la suite qu’il s’agit de son propre sang... La question est plus dangereuse que le différend des gens de la “troïka”, car il s’agit d’une question de vie et de mort. Les indices montrent que la crise s’aggrave jour après jour. En effet, les réserves d’eaux souterraines, propres ou polluées s’amenuisent, progressivement, avant de disparaître... A ce moment, il ne servira à rien de se plaindre ou de regretter notre comportement illogique, voire criminel! En quoi consiste donc la solution? Il faut arracher le mal par ses racines, c’est-à-dire cesser de couper les arbres et de transformer les surfaces forestières en chantiers. Là aussi réside un autre problème: l’aridité des terres. Pour remédier à cela, il faudrait procéder à la plantation d’arbres et persévérer dans le projet. On se demande peut-être, où trouver les crédits nécessaires? Le coût de l’opération est minime, ce qui facilite la tâche. Nous demandons à l’Etat d’investir dans la culture des surfaces, dont il dispose. Il faut procéder à l’installation de pépinières au Sud, à la Békaa et au Akkar. Il suffit de quelques kilogrammes d’engrais et d’une faible main-d’œuvre pour entretenir ces surfaces cultivées. Quant à la plantation d’arbres, 10.000 éléments de l’armée suffiraient pour accomplir ce labeur. Une moyenne de 200 arbres par an, nous en donnerait à l’avenir 2 millions. D’autre part, il faut inculquer l’amour de la nature en chaque citoyen, depuis ses années d’école. Le retour aux sources, n’est-il pas la meilleure solution de nos problèmes? Le Liban retrouverait ainsi sa verdure d’antan! Et notre richesse hydraulique augmenterait. Sinon on attendra toujours les vagues de froid venant de la Sibérie, de la Scandinavie ou de la Turquie pour provoquer chez nous la pluie. A moins que cette vague change de direction, ce serait à notre désavantage!
NADIM EL-HACHEM.