LIBAN-SYRIE
RÉUNI LUNDI DERNIER À DAMAS
LE COMITÉ DE SUIVI APPROUVE LES ACCORDS RELATIFS AUX INVESTISSEMENTS,
À LA DOUBLE IMPOSITION ET À L’ÉTABLISSEMENT DE POSTES FRONTALIERS CONJOINTS
S’achemine-t-on vers une “libéralisation des échanges” entre le Liban et la Syrie? Le président Rafic Hariri le souhaite, en reconnaissant que “le chemin sera long, ce qui a été réalisé jusqu’ici étant bien en-dessous de ce que nous espérons pour l’avenir”. De fait, et le chef du gouvernement l’a bien souligné, à l’issue de la réunion tenue à Damas, lundi dernier, par le comité de suivi et de coordination interministériel libano-syrien, “les systèmes appliqués dans les deux pays - économie dirigée dans le pays voisin et économie libérale chez nous - entravent le mouvement des échanges dans les deux sens. Aussi, la balance commerciale est-elle largement déficitaire pour la partie libanaise”. Le comité mentionné a siégé sur les bords du Barada sous la présidence des deux chefs de gouvernement, Rafic Hariri et Mahmoud el-Zohbi, pour parafer les accords conclus vers la mi-janvier et prendre acte des projets d’accords élaborés. M. Hariri a donc insisté sur la nécessité de libérer les échanges pour rétablir l’équilibre de la balance commerciale et le ministre de l’Economie et du Commerce, Yassine Jaber - l’un des membres du gouvernement ayant accompagné le Premier ministre - s’est prononcé en faveur d’un marché commun arabe, seul capable de régir les relations économiques entre les Etats membres de la Ligue et, partant, de leur permettre de faire face, avantageusement, à l’Etat hébreu.
La délégation ministérielle libanaise ayant accompagné M. Hariri dans la capitale syrienne.
SOURCE DES DIFFICULTÉS
Les systèmes économiques et de changes, différents dans l’un et l’autre pays voisins, sont donc à l’origine des difficultés signalées par le président Hariri. On en retrouve des traces dans les accords libano-syriens conclus, notamment, ceux relatifs à la libre circulation des personnes et des biens (marchandises et capitaux) et, peut-être même, à la double imposition. En plus des échanges commerciaux, le problème des échanges des produits agricoles suscite des difficultés qu’il importe d’aplanir. A ce sujet, décision a été prise par la commission agricole conjointe le 25 août 95, à propos de ces produits, de manière à préserver l’équilibre des échanges, tout en protégeant les droits des agriculteurs, la priorité étant accordée à la production agricole des deux pays. Par ailleurs, la Syrie se dit disposée à assurer les besoins du Liban en blé, quitte à examiner les mesures, dans une phase ultérieure, en vue d’une liberté totale des échanges des produits agricoles.
Les chefs de gouvernement des deux pays exposant aux journalistes les résultats de la réunion du comité de suivi.
ENCOURAGER LES INVESTISSEMENTS
Des décisions ont été prises et des projets de coopération élaborés dans les domaines suivants: l’énergie, l’eau, les rapports économiques, la circulation des personnes et des biens, des transports, de même que dans les domaines industriel, du pétrole et de la santé. Quant aux accords conclus les 11 et 12 janvier et adoptés par le comité, ils portent sur l’encouragement et la protection des investissements; l’élimination de la double imposition sur le revenu et l’établissement de postes frontaliers conjoints. Il va sans dire qu’à l’issue de la réunion du comité de suivi interministériel, le président Hariri a conféré avec M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien, de la coordination libano-syrienne au plan des affaires extérieures et dans le cadre des négociations de paix. (voir aussi “Les Evénements de la semaine”).