D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
JONES À MOUKHTARA
Dans le cadre d’une tournée qu’il effectue auprès des personnalités libanaises de tous bords, M. Richard Jones, ambassadeur des Etats-Unis, a rendu visite à M. Walid Joumblatt dont il a été l’hôte à déjeuner au palais de Moukhtara, en même temps que M. Ron Schlicker, chargé d’Affaires US. Les deux diplomates américains devaient conférer après le déjeuner avec des responsables du Parti socialiste progressiste, à propos des problèmes de l’heure au double plan local et régional, après la signature du protocole d’Hébron. La conférence des “amis du Liban” tenue dernièrement à Washington et ses résultats ont été également évoqués.
QUID DE LA LETTRE DE CHRISTOPHER À NETANYAHU?
Par ailleurs, M. Jones a nié être au courant de la lettre que l’ancien secrétaire d’Etat US, Warren Christopher, aurait adressée à Benjamin Netanyahu, dans laquelle il le “désengage” de la promesse faite par son prédécesseur, Shimon Pérès, relative au retrait de “Tsahal” des hauteurs du Golan. L’ambassadeur américain a dit que l’Administration américaine, sous la direction de Madeleine Albright, réactivera le processus de paix au Proche-Orient qui a été inscrit en tête de ses priorités.
EN MARGE DU DÉBAT SUR LE PROJET DE BUDGET 97
Les observateurs politiques attendent la fin du débat à la Chambre sur le projet de budget 97, pour se faire une idée précise du climat qui règne dans les sphères officielles, suite aux divergences opposant les chefs de l’Etat et du Législatif. Il va sans dire que la tournure des discussions sur la loi de finances permettra de clarifier les positions des uns et des autres, d’autant que le président de la Chambre continue à s’opposer fermement, au retour à la formule de la “troïka”...
L’ACCORD SUR HÉBRON ET CELUI D’OSLO
M. Michel Eddé, ministre d’Etat, spécialisé dans les affaires israéliennes, estime que le protocole d’Hébron récemment signé entre les parties palestinienne et israélienne explicite l’accord d’Oslo, lequel était incomplet et comportait les germes de perturbations à plus ou moins brève échéance. “M. Yasser Arafat, précise M. Eddé, a reconnu que ledit accord comporte quarante-trois points restés en suspens. Netanyahu a finalement approuvé le protocole mentionné, après le regroupement opéré autour du Liban et de la Syrie et le gel des pourparlers que certains Etats arabes notamment ceux du Golfe, avaient entamés à l’effet de normaliser leurs relations avec l’Etat hébreu.
UN DIFFÉREND “CALCULÉ”
“Le différend opposant les présidents de la République et de l’Assemblée nationale est étudié et “calculé”, a déclaré M. Marwan Hamadé, député du Chouf. L’ancien ministre a dit encore que l’équilibre devant être maintenu au sein de la communauté druze l’ont éloigné de la nouvelle équipe gouvernementale.
QUOI APRÈS LA RÉCONCILIATION KESROUANAISE?
Après leur réconciliation, MM. Farès Bouez et Rouchaid el-Khazen, députés du Kesrouan, envisagent de former un bloc parlementaire représentatif de toutes les circonscriptions, ayant pour principal objectif “de regrouper les forces vives de la nation en vue d’un avenir meilleur.” Les contacts se poursuivent aux fins d’amener M. Mansour el-Bone, autre parlementaire kesrouanais, à adhérer à ce bloc. Dans le même temps, plusieurs députés des autres districts sont appelés à le rallier. MM. Bouez et el-Khazen multiplient les rencontres et se concertent, à l’effet de réunifier les rangs et, partant, de hâter la réalisation des projets intéressant leur circonscription.
LE B.N. ET LE “CAS HAWAT”
Un membre du Bloc national a mis les choses au clair en ce qui concerne Me Jean Hawat, ancien secrétaire général du parti, après la réplique de ce dernier à une déclaration faite, à Paris, par le “amid” Raymond Eddé. Me Hawat ayant demandé d’être déchargé de sa responsabilité en tant que secrétaire général et membre du comité exécutif, ce dernier a accédé à sa requête. Cependant, pour avoir passé outre à la décision du parti relative au boycottage des dernières élections législatives, Me Hawat qui, en plus, a posé sa candidature à ces élections, avait été déféré au conseil de discipline et radié de la liste des membres.
LA PROROGATION DU MANDAT PRÉSIDENTIEL, UNE PLAISANTERIE?
Un ancien responsable a rejeté les raisons invoquées pour justifier la “plaisanterie” du président Rafic Hariri, au cours du dernier Conseil des ministres, lorsque le chef de l’Etat a dit qu’il continuera à exercer ses prérogatives jusqu’à la fin de son mandat, soit durant une année et dix mois. Le chef du gouvernement a enchaîné, sur un ton plaisant: “Il reste encore au président trois années”, laissant entendre que le mandat présidentiel serait prorogé une fois de plus. Le responsable en question rappelle que l’idée de la reconduction du sexennat présidentiel avait été évoquée, pour la première fois, lors de la visite qu’une délégation syrienne de haut rang avait effectuée à Zahlé, pour féliciter le président Hraoui à l’occasion de sa fête patronymique. “Personne, conclut-il, n’avait pris au sérieux cette idée qui devait se concrétiser par la suite”...
QU’EST-CE QUI A MONTÉ Mgr AUDEH CONTRE LE POUVOIR?
Des cercles politiques et religieux s’emploient à connaître les mobiles ayant incité Mgr Elias Audeh, métropolite de Beyrouth, à adopter une prise de position hostile au Pouvoir, à la suite des rafles de fin d’année opérées après le mitraillage du minibus syrien à Tabarja. Il est apparu que Mgr Audeh avait reçu les parents de plusieurs personnes gardées à vue. Celles-ci avaient demandé son intervention auprès des responsables pour obtenir l’élargissement de leurs proches. On sait que ceux-ci avaient été maintenus en état d’arrestation au-delà du délai fixé par la loi et l’éminent prélat n’avait pu s’empêcher de dénoncer la procédure suivie par les organismes qualifiés. Une autre raison a indisposé Mgr Audeh, à savoir: l’intention prêtée au gouvernement de restreindre les prérogatives de l’administrateur de Beyrouth, au profit du président du Conseil municipal. (On sait que l’administrateur se réclame, généralement, de la communauté grecque-orthodoxe).
QU’EN EST-IL DU CONSEIL CHARGE DE JUGER LES RESPONSABLES?
Les milieux juridiques estiment que le haut Conseil chargé de juger les responsables - les présidents et les ministres en tête - serait inefficace, si cet organisme n’était pas dûment constitué, en vertu d’une loi définissant, minutieusement, la procédure à suivre et les attributions dudit Conseil. Ces mêmes milieux constatent que la loi et la Constitution permettent de poursuivre le chef de l’Etat pour haute trahison, mais ni le Code pénal, ni la loi portant création du Conseil chargé de juger les responsables ne définissent le crime de “haute trahison”, ni la procédure à suivre en pareil cas.
DECENTRALISATION ADMINISTRATIVE ET MUNICIPALES
Les milieux parlementaires écartent la possibilité d’approuver un projet ou une proposition de loi en rapport avec l’élection des conseillers municipaux et des moukhtars, avant fin février prochain. Ils invoquent, à l’appui de leur assertion, la nécessité par l’Assemblée nationale d’entériner le projet relatif à la décentralisation administrative. Or, la mise au point de ce projet requiert du temps; aussi, se trouve-t-on devant l’alternative suivante: organiser les municipales sur base de la loi actuelle révisée ou reporter les élections, une fois de plus, pour une nouvelle date à fixer ultérieurement...
DANS LES COMMISSIONS PARLEMENTAIRES
M. Marwan Hamadé a mis au point un règlement intérieur à la commission parlementaire de la reconstruction et de la planification dont il assume la présidence. Et ce, afin d’en réactiver le rôle, pour que la commission puisse le jouer d’une manière effective dans le cadre de la reconstruction en cours. La tendance, semble-t-il, serait en faveur du rétablissement du ministère du Plan dont l’action est jugée utile dans les circonstances présentes.
ON DIT...
- Que des sources renseignées appréhendent d’éventuels affrontements entre certains groupements pouvant avoir de fâcheuses répercussions dans des régions névralgiques.
- Que les cercles mondains n’ont pas fini d’évoquer dans leurs conversations la “bataille sanglante” ayant mis aux prises deux amies d’un responsable, au cours d’une réception...
- Que les milieux syndicaux trouvent étrange la levée du soutien sur l’électricité, la farine et le pain, alors que les écoles privées continuent à en bénéficier, ce qui se traduit par des dépenses atteignant des centaines de milliards de livres par an.
EN RACCOURCI
- M. Mohamed Obeid, directeur général du ministère de l’Information, a critiqué certaines stations de télévision ayant obtenu des licences en bonne et due forme, disant “qu’elles reflètent une position ne concordant pas avec l’orientation nationale.
- M. Wadih el-Khazen multiplie ses visites à Damas, celles-ci ayant totalisé près d’une dizaine en l’espace de deux semaines. Selon des sources renseignées, les entretiens qu’il a eus avec M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien ont déblayé le terrain de certains obstacles qui empêchent les points de vue à propos des principes sur base desquels doit s’effectuer le dialogue entre la Syrie et la fraction chrétienne libanaise.
OPINION
L’ÉTAT EST-IL DEVENU CAPABLE D’ASSURER LA JUSTICE, L’ÉGALITÉ ET LA LIBERTÉ?
Quarante pour cent, seulement, des factures de l’électricité sont acquittées, alors que soixante pour cent restent impayées. C’est un responsable qui a fait cette révélation, en l’occurrence, M. Elie Hobeika, ministre des Ressources hydrauliques et électriques, à l’issue du Conseil des ministres. Ce que M. Hobeika n’a pas dit, une source responsable de l’OEL l’a proclamé, à savoir que 34 pour cent de l’énergie électrique sont volés. Ces propos nous laissent pantois. Des fonds dus à l’OEL ne lui sont pas versés ou sont dilapidés, alors que l’Office demande aux citoyens de payer des sommes auxquelles il n’a pas droit; ainsi, en toute impudence. Nous l’avons dit maintes fois et nous le répétons, car c’est la vérité. Des responsables de l’OEL ont fait payer aux abonnés des factures fictives, amoncelées durant des années, au tarif actuel. En ce sens que la consommation est calculée sur base du tarif de 1996, alors que l’énergie électrique avait été consommée en 1985 ou 86. D’où le grand écart dans les tarifs. Puis, les chiffres de certaines factures équivalent au double de celles d’autres revenant à des appartements ayant les mêmes spécifications et consommant davantage de courant. Ainsi, une catégorie et une région déterminées acquittent les quittances de l’OEL, alors que d’autres en sont exemptés! Du moment que ces anomalies ont été détectées, que comptent faire les responsables pour y mettre un terme, hormis de promettre de remettre de l’ordre à l’OEL et, surtout, au sein de son service préposé à la perception des factures? Ceci nous épargnera-t-il un relèvement du tarif de l’électricité, après la levée de la politique de soutien dont bénéficiait l’OEL? Et ce, à l’effet de couvrir les prix du fuel oil, la main-d’œuvre, les frais d’entretien des générateurs et du réseau de distribution? Pourquoi priver l’OEL de la politique de soutien (soit 200 milliards de livres) et ne pas annuler tant de factures fictives et faire payer celles représentant 60 pour cent de la consommation de l’énergie électrique? Par ailleurs, il nous revient qu’un projet de loi a été déposé sur le bureau de la Chambre infligeant des sanctions à l’encontre de quiconque vole le courant, les auteurs des infractions étant passibles d’une peine de prison. Ce projet est gelé au parlement. Dans ce cas, pourquoi ne pas lever la couverture politique dont bénéficient des citoyens résidant dans des régions déterminées, pour que tous les Libanais soient traités sur le même pied d’égalité? Ceci paraît impossible, car, au Liban, les gens sont classés en différentes catégories; les uns ont droit à des privilèges et à un traitement de faveur, alors que les autres sont contraints d’acquitter les factures, les impôts et les taxes... Sans doute, parce que ceux-là descendent de la cuisse de Jupiter! L’Etat chez nous est-il devenu capable d’imposer la souveraineté de la loi et, partant, d’assurer la justice, l’égalité et la liberté à tous les administrés? Ou bien reste-t-il impuissant à assumer ses responsabilités, sauf dans des circonstances déterminées et lorsque les intérêts de certaines fractions sont en jeu? Quand finirons-nous de cette manière désordonnée et inéquitable de traiter la chose publique?
NADIM EL-HACHEM.