EXCLUSIF
RENCONTRE AVEC LE CHEF DE L’ARMEE POPULAIRE POUR LA LIBERATION DU SOUDAN
JOHN GARANG:
“NOUS SOMMES DES UNIONISTES ET LE FRONT AL-BACHIR-TOURABI EST SEPARATISTE!”
Les sept fractions opposantes ayant rallié le Rassemblement national, participent aux batailles en cours”, a déclaré le colonel John Garang, chef de l’Armée populaire pour la libération du Soudan, surnommé “l’homme de la forêt équatoriale”, que nous avons rencontré à Al-Karmak, ville située à la frontière avec l’Ethiopie. Il a estimé que quelque chose a changé maintenant dans la crise soudanaise, en ce sens que “la guerre n’est plus confessionnelle, mais est devenue politique en premier lieu, du moment que le parti fédéral démocratique dont la base populaire se réclame de la communauté d’Al-Khatmiya et le parti “Al-Oumma”, formé de la communauté d’Al-Ansar, combattent le régime. Dans le même temps, l’appel au “jihad” du (président) Al-Bachir et de Hassan At-Tourabi, leader du front national islamique n’a pas été entendu. Garang ne cache pas que l’objectif de la guerre est d’arriver à Khartoum pour y instaurer un régime démocratique pluraliste et préserver l’unité du Soudan.
NOTRE VICTOIRE EST DUE A L’EFFET DE SURPRISE
- Pourquoi avez-vous ouvert un front à l’est dans le combat contre l’armée soudanaise et ne l’avoir pas élargi au Sud? Cela n’est-il pas considéré comme une dispersion de vos capacités combatives?
Garang: “Je ne veux pas parler de notre stratégie militaire. L’important est que nous progressons et les garnisons d’Al-Karmak et de Kissane par exemple, que nous avons soumises il y a près de deux semaines, disposaient d’une grande quantité d’armes et d’une capacité de défense. Mais notre victoire est due à l’effet de surprise et nous avons gagné la bataille qui a duré près de trois heures et demie. Le butin de cette bataille victorieuse nous permettra de poursuivre les combats au cours des mois prochains sans utiliser aucune arme de notre arsenal. La contre-offensive que Khartoum prétend vouloir déclencher, emportera le régime en place et se retournera contre lui. Car la future bataille constituera très prochainement une grande surprise; je ne vous dirais pas davantage. Nous nous dirigerons vers le nord avec force. “J’ai appris ce matin (19 janvier) que le gouvernement de Khartoum accuse Addis-Abeba d’avoir perpétré l’agression, nos forces étant une simple couverture. “Le gouvernement soudanais a pris l’habitude de justifier son échec devant son peuple, en l’attribuant à des forces extérieures. Je ne suis pas surpris de le voir reprendre la même rengaine après son échec à Al-Karmak et Kissane. “Quand je dis que nous ne recevons pas d’appui extérieur, cela ne signifie pas que nous n’obtenons pas des armes d’en dehors du Soudan, car nous ne disposons pas, ni le front national islamique d’ailleurs, de fabriques d’armes à Khartoum.
NOUS CONTROLONS TOUTE LA REGION AU SUD DU NIL BLEU
“Nos combattants engagent maintenant des combats féroces et progressent à partir de Kissane en direction de Damazine. Elles sont parvenues avec les forces de l’alliance se réclamant de l’opposition à occuper des positions dans les régions de Yakrou, Ajtoura et Mansa au nord du Nil Bleu. Nous avons détruit des unités militaires gouvernementales et contrôlons, actuellement, toute la région située au sud du Nil Bleu, à l’exception de la zone comprise entre Damazine-Rosros et Damazine-Dondarah. “Jusqu’à présent, nous contrôlons huit protectorats, ceux d’Al-Karmak, de Kissane, Saky, Kiky, Wadih, Mansour, Oura, Chamali el-Fil et Bong. Au nord du Nil Bleu, près des frontières avec l’Erythrée, nos forces se sont emparées des protectorats de Yafoura, Yabisra et Manza. Des unités de la milice pro-gouvernementale, des forces de la défense populaire ont rallié nos rangs, la dernière bataille ayant eu pour théâtre “Abou-Chénina” au sud de la ville orientale de Damazine”.
- Il semble que l’offensive ait perdu de son intensité, suite à la contre-offensive du gouvernement de Khartoum. Auriez-vous épuisé votre capacité combative au cours des premières semaines de la bataille?
Garang: “Nous menons la lutte depuis des années et les jours ne comptent pas dans cette guerre. Je tiens à préciser que notre nouvelle campagne remonte à deux semaines tout au plus et ce que nous accomplissons maintenant constitue la première d’une série d’opérations, dont je ne peux encore déterminer le cadre. Cependant, je suis sûr que le front national islamique ne résistera pas à nos attaques, d’autant que nous avons mobilisé de larges fractions du peuple soudanais et ceci est très important. “La bataille d’Al-Karmak a été engagée par l’un des bataillons du commandement mixte des forces du Rassemblement national démocratique, représentées par les forces communes du Mouvement populaire pour la libération du Soudan. La treizième unité de mon armée a exécuté l’opération sous le commandement des majors Malek Hakkar, Pierre Aitam et du colonel Ombeid Ahmed Soleiman. Il en fut de même lors de la bataille de Kissane proche d’ici. Ceci est une traduction sur le terrain de la stratégie élaborée par le commandement du “rassemblement” le 16 juin dernier, date à laquelle fut formé le commandement militaire mixte, aux fins de renverser le régime du front national islamique de Khartoum et, partant, sauver notre peuple de sa dure épreuve. “Maintenant, nous avons achevé la première phase du plan des opérations au sud du Nil Bleu et avons libéré toute la région, à l’exception des villes de Damazine et de Roussairess”.
- Il est clair que l’Administration américaine vous est favorable, d’autant qu’elle considère la guerre comme étant soudano-soudanaise, sans immixtion extérieure. Le Caire a réagi de la même façon. Auriez-vous reçu le feu vert des Américains?
Garang: “La lecture américaine et égyptienne des événements en cours est exacte. Je suis vivement satisfait de la position de l’Egypte qui œuvre en vue de préserver l’unité du Soudan, pour laquelle je mène mon combat. A aucun moment, je n’ai parlé de séparatisme et le président Hosni Moubarak a raison quand il dit que ce qui se passe à l’est et au sud du Soudan est une affaire intérieure, sans aucune ingérence de la part de l’Ethiopie, de l’Erythrée, de l’Ouganda ou de la Tanzanie. Les allégations de Khartoum à ce sujet sont fallacieuses. “Khartoum a pris l’habitude de lancer les accusations à tort et à travers, dans une vaine tentative de présenter son régime comme étant celui d’un grand Etat dont le renversement nécessiterait les efforts de l’univers. Mais tout le monde sait que les affrontements actuels opposent le peuple soudanais au gouvernement. Ces accusations ne nous gênent pas, car nous agissons dans le cadre d’une stratégie élaborée par le Rassemblement national démocratique. “Cette stratégie repose sur trois éléments: Primo, la lutte armée pour faire tomber le régime. Secundo, faire flamber de nouveaux fronts, ceux de l’est et le front situé au sud du Nil Bleu. Tertio, soutenir un soulèvement à Khartoum; telle est la stratégie générale et ce qui en a été réalisé laisse prévoir la fin très proche du régime. Nous ne fixerons pas une date, mais nous poursuivons la lutte avec la participation des sept fractions de l’opposition opérant sous la houlette du Rassemblement national. Telle est la spécificité de la guerre actuelle qui la distingue des guerres précédentes. “Ce qui m’a excédé, c’est l’appui de certains Etats arabes à At-Tourabi et Al-Bachir, alors que, logiquement, un tel appui devrait nous revenir, pour que nous puissions préserver l’unité du pays, notre objectif stratégique étant le respect de la spécificité de chaque fraction du peuple. At-Tourabi et Al-Bachir utilisent l’Islam, prétendant qu’il est en danger. Nous considérons, quant à nous, l’Islam comme fondamental dans notre pays et nous nous y attachons. Ils ne reconnaissent pas l’arabité du Soudan. Nous, autres, avons foi en ce que la culture de notre pays englobe l’arabe qui n’est nullement menacé.
Une unité de l’Armée populaire pour la libération du Soudan en conflit avec Khartoum depuis plus de dix ans.
POUR UN SOUDAN UNIFIE
“Notre programme vise à édifier un Soudan unifié intégrant toutes les cultures et les religions de ses fils. C’est pourquoi je ne vois aucun motif ayant incité certains à soutenir Khartoum, alors qu’ils devraient nous apporter leur soutien dans l’intérêt de la paix et de la stabilité. A mon avis, la mobilisation générale entreprise par le gouvernement soudanais ne lui servira à rien, mais aggravera la situation du régime. Nous invitons nos fils et concitoyens dans cette étape décisive à œuvrer en faveur d’un Soudan nouveau, après avoir connu le visage hideux du régime d’Al-Bachir et d’At-Tourabi, ce dernier étant le principal obstacle à l’unité de notre pays”.
- Le gouvernement de Khartoum soupçonne Kampala, la capitale ougandaise, de vouloir ouvrir un front au sud pour appuyer vos forces qui font du surplace au front oriental. Est-ce exact?
Garang: “C’est un nouveau mensonge de Khartoum ayant pour but de camoufler les pertes énormes subies par ses forces. Nos effectifs ont capturé, depuis peu, des éléments de ce qu’on appelle “l’Armée de la résistance divine” (formation proche de l’opposition ougandaise), au moment où ils combattaient dans les rangs de l’année soudanaise. Nous les avons montrés à l’opinion internationale avant de les laisser regagner leur pays, après avoir obtenu des garanties quant à leur sécurité de la part d’organisations humanitaires, en plus de l’engagement de Kampala à assurer leur sécurité. “Nous n’avons nul besoin du territoire ougandais, notre présence fondamentale étant à l’intérieur du Soudan, non en Ethiopie, en Erythrée ou en Ouganda. Mais nous communiquons avec ces pays par l’intermédiaire de canaux officiels, exactement par le truchement du comité “Ifad” pour le développement et la lutte contre la sècheresse. J’assure que l’appui que nous accorde l’Erythrée est purement politique, Asmara nous ayant permis d’avoir un siège dans sa capitale”.
LA PLUPART DES DISSIDENTS ONT RéINTéGRé L’APLS
- On relève une contradiction entre votre action militaire et politique: vous voulez unifier toutes les fractions de l’opposition soudanaise et votre mouvement - l’Armée populaire pour la libération du Soudan - connaît des scissions et des dissidences. Le chef du “Mouvement pour l’indépendance du sud soudanais”, Rayac Machar, vous considère comme l’obstacle à l’unification de la résistance sudiste. Qu’auriez-vous à dire à ce sujet?
Garang: “Machar faisait partie de l’Armée populaire pour la libération du Soudan et était le directeur de mon bureau. Sa place est préservée parmi nous. Il peut réintégrer nos rangs à l’heure de son choix, sur base de la “Déclaration Lafont” pour l’unification du mouvement de libération sudiste. Cette déclaration prévoit l’amnistie des dissidents et la plupart de ces derniers sont revenus, sauf Machar, bien qu’il se soit engagé à la Chambre des Lords à Londres, à contribuer à l’unification des rangs. Il est naturel que je m’emploie à remettre de l’ordre à l’intérieur de ma maison, avant d’appeler à l’unité du Soudan sur base de la justice, de l’égalité et de l’affranchissement du lourd héritage du passé”.
LE SOUDAN NE COURT AUCUN DANGER
- D’aucuns pensent que la guerre actuelle n’unifiera pas le Soudan, mais le transformera en une seconde Somalie...
Garang: “Le Soudan ne court aucun danger et il ne deviendra jamais une seconde Somalie. Nous ne projetons pas de libérer le Sud ou l’est du pays, mais de l’affranchir dans son ensemble d’un régime qui l’a détruit et cause un grand préjudice à son peuple. Le front islamique sera renversé, alors que le Soudan sera sauvegardé, son salut et son unité résidant dans l’élimination de ce régime. C’est pourquoi, je ne vois pas de risque de partition, l’action du “Rassemblement national” devant contribuer à le réunifier, car nous nous retrouvons au sein de ce mouvement sur des principes servant de base aux retrouvailles nationales reposant sur le respect, l’égalité et la justice pour tous les citoyens. “Le front islamique cherche à terroriser les gens par des dangers fictifs, alors qu’il constitue l’unique entrave à l’unité du Soudan. Nous en avons plus d’une preuve à travers ses pratiques et son idéologie étrangère à la pondération des Soudanais et à leur tolérance”.
PAS DE POSSIBILITE DE DIALOGUE AVEC LE “FRONT ISLAMIQUE”
- A votre avis, la solution politique de la crise n’est-elle plus possible?
Garang: “Nous ne pouvons dire que le temps n’est plus à une telle solution, quand il s’agit de sauver un peuple. Cependant, il n’existe pas de possibilité de dialogue avec le front islamique qui doit disparaître. Le peuple aura, alors, la possibilité de se réunifier pour rendre le sauvetage réalisable. Nous le sauverons, effectivement, d’Al-Bachir et d’At-Tourabi. “En ce qui concerne la relance des négociations en vue de mettre fin à la guerre civile, nous avons décidé au sein du “Mouvement populaire” que l’intérêt du pays est au-dessus de tous les intérêts. D’où les résolutions de la conférence d’Asmara portant sur des questions vitales engageant l’avenir de la nation. “Nous sommes disposés à nous attabler avec les négociateurs d’un gouvernement de salut public, à condition qu’on s’en tienne à l’initiative du groupe d’Ifad considérée comme la base de la solution finale. Quand Khartoum a voulu torpiller la négociation, il a envoyé à Nairobi une délégation dirigée par l’un de ses symboles de l’aile dure, Ghazi Salaheddine qui a tout compromis. “Je tiens à réaffirmer que le Mouvement populaire que je dirige, a des visées foncièrement nationales et milite en faveur des problèmes de tout le Soudan et non du sud seul. Il n’est nullement séparatiste, mais a foi en un Soudan nouveau et unifié, alors que le régime en place menace l’unité du pays et sa stabilité. “Il y a lieu de signaler qu’un large mouvement de rébellion est en train de se manifester dans les rangs de l’armée gouvernementale dans les zones des opérations, les militaires ayant finalement pris conscience du fait que le front islamique qui tient les rênes de commande depuis sept ans, a conduit le pays au bord de l’effondrement total”.
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DANS L’ATTENTE D’UNE CONTRE-OFFENSIVE DES FORCES GOUVERNEMENTALES «LA BATAILLE OPPOSE LES CROYANTS AUX MÉCRÉANTS ET AUX TRAÎTRES», DECLARE LE PRESIDENT AL-BACHIR Les forces armées soudanaises et de la défense populaire, soutenues par les volontaires soudanais, s’apprêtent à déclencher la plus grande contre-offensive de l’histoire de la guerre civile au Soudan, en vue de récupérer les villes d’Al-Karmak et de Kissane, situées dans la région du Nil Bleu, celles-ci ayant été occupées, dernièrement, par les forces de l’opposition. Le commandement général des forces armées soudanaises avait diffusé, récemment, un communiqué annonçant que ses unités stationnées à Al-Karmak et Kissane s’étaient exposées à une attaque de la part des forces éthiopiennes, avec le soutien des rebelles du mouvement de John Garang... Le communiqué ajoutait que les forces armées avaient été la cible d’un pilonnage intensif au moyen de toutes sortes d’armes à partir du territoire éthiopien. AL-BACHIR: «LA PAROLE EST AU KALACHNIKOV» Le président Al-Bachir avait fait état de la suspension de tous les efforts et démarches aux frontières orientales, affirmant que «la parole est, à présent, au fusil et au Kalachnikov». «La guerre au Soudan, a-t-il ajouté, ne peut être une promenade, mais une bataille décisive entre le droit et l’injustice, entre les croyants et les traîtres qui se sont regroupés ensemble». Situées aux frontières soudano-éthiopiennes, Al-Karmak et Kissane avaient été attaquées par l’armée populaire (de John Garang) au mois de décembre 1987, au temps du gouvernement de Sadek Al-Mahdi. Celui-ci a rejoint les mouvements de l’opposition soudanaise à Asmara, en Erythrée. Mais les forces armées soudanaises sont parvenues à libérer les deux villes rapidement et avec facilité. Al-Karmak avait été placée sous les feux de l’actualité pour la première fois lors de l’assassinat de l’imam d’Al-Ansar, Al-Hadi Abdel-Rahman Al-Mahdi, en 1970, lorsqu’il tentait de quitter le Soudan pour se réfugier en Ethiopie, suite à l’affrontement sanglant ayant opposé, à l’époque, des éléments d’Al-Ansar aux forces de l’ancien président Jaafar Noumeiry dans l’île d’Aba. Les responsables soudanais et les moyens officiels d’information à Khartoum avaient accusé l’Ethiopie, lui faisant assumer la responsabilité de l’attaque. De plus, ils ont indiqué que le plan américain annoncé l’an dernier, ayant octroyé 20 millions de dollars à trois pays limitrophes: l’Erythrée, l’Ethiopie et l’Ouganda, pour encercler le Soudan et faire embraser plusieurs fronts à la fois, ce plan connaît aujourd’hui un début d’exécution. KHARTOUM ACCUSE L’ÉTHIOPIE Le général Mohamed As-Sanoussi Ahmed, chef d’état-major adjoint et porte-parole officiel des forces armées soudanaises, a déclaré: «L’offensive de la manière dont elle a été déclenchée et avec les armes utilisées, ne pouvait être entreprise que par un Etat, à savoir l’Ethiopie». Il a dit encore qu’aucune force rebelle ou de l’opposition n’est en mesure de pilonner des positions frontalières avec toutes sortes d’armements lourds. «Ce qui s’est produit, a-t-il enchaîné, est une guerre menée par des forces régulières et non par des bandes armées». De son côté, le Dr At-Tayeb Ibrahim Mohamed Kheir, porte-parole officiel du gouvernement soudanais, ministre de l’Information et de la Culture a dit: «La visite du général Al-Zoubeir Mohamed Saleh à l’Egypte, avait pour but de rendre compte de ce à quoi le Soudan s’est exposé et de révéler toute la vérité à l’Egypte en tant que pays voisin, car ce qui menace le Soudan, menace aussi l’Egypte d’une manière directe ou indirecte». Le Dr Hassan Abdallah At-Tourabi, président du Conseil national a déclaré quant à lui: «L’agression éthiopienne aux frontières orientales du Soudan, se passe de preuves pour accuser les Etats limitrophes et non les rebelles, tous s’étant alliés à John Garang. Et de conclure: «De grandes puissances, dont Israël, veulent imposer leur hégémonie à l’est du Soudan et dans la région des grands lacs où le Nil prend sa source». ABDALLAH MOHAMED BOUBAKR Khartoum |