Des
tonalités chaudes pour la femme chrysalide du soir.
ALLUME LES BOUGIES D’UNE COLLECTION SCINTILLANTE
Pour Christian Lacroix qui fête cette année ses dix ans de couture, le designer en véritable peintre et orfèvre, a allumé les bougies d’une collection où tout scintille comme une myriade d’étoiles, comme si seule comptait la nuit. Un défilé qui fut une véritable fête pour les yeux avec des mannequins qui, telles des chrysalides, se succédaient sur le podium avec des robes de dentelle or rebrodée, des blouses en patchwork de paillettes portées sous des vestes de tweed irisées. Avec des top-models comme Karen Mulder et Carla Bruni, Lacroix n’a voulu garder en mémoire qu’une collection inspirée des atmosphères, des paysages. Un théâtre en deux actes avec des scènes inspirées par des bleus de Prusse, des océans, des bleus de brume, des bleus opales des mers du Sud ou des tonalités éclatantes comme illuminées par le soleil qui allume ses feux sur les robes du soir, aux coloris allant d’une infinie variété de roses à l’orange ou l’abricot.
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LE MAGICIEN DE LA HAUTE COUTURE
Légendairement influencé par le Sud dont il a souvent métissé les signes extérieurs dans des dessins souvent fulgurants, Lacroix a, cette année, délaissé pour une fois les brunes incendiaires sur lesquelles son style faisait merveille, pour ne travailler qu’avec des blondes dont il a flatté l’opalescence en les parant de couleurs sorbet, chartreuse, curry, saumon... Donc au programme du tout nouveau et du très beau. Lacroix en magicien offre un travail digne des plus grands orfèvres et peintres en brossant des tenues comme des tableaux à la manière de Monet, Manet, Pissaro, Van Gogh, Laurencin, les poudrant d’or et les parant de bijoux. Il a reconduit sa façon unique d’assortir, sans tape-à-l’œil, des matières hétérodoxes. «Je suis arrivé, a confié Lacroix, à une certaine abstraction qui se nourrit d’elle-même...»