LES NOUVELLES AILES DE LA
MEA
Le plan de restructuration établi par la MEA est déjà amorcé depuis plusieurs mois. Les fonds mobilisés par la Banque du Liban devenue principal actionnaire de la compagnie servent aujourd’hui, après le renouvellement de l’élément humain grâce au recrutement de jeunes hôtesses et futurs administrateurs, à acheminer le premier des quatre airbus loués à la compagnie américaine ILFC (International lease finance corporation) qui les a acquis. Désir d’émerger d’une période sombre et désir d’excellence. L’Airbus industrie est le consortium européen qui met au point les avions les plus modernes à l’aube de l’an 2000...
UN AIRBUS FLAMBANT NEUF
L’ambiance dans le couloir de l’Airbus est à la fête. Les bulles du champagne éclatent quand M. Khaled Salam, PDG de la compagnie aérienne, MEA, le ministre des Transports Omar Meskaoui et M. Dietrich Knospe, senior vice-président des programmes et procédures à Airbus Industrie coupent le gâteau aux initiales de la MEA. “M” rouge comme un symbole du sacrifice libanais à travers les âges; “E” vert comme nos montagnes et plaines; “A” bleu comme nos parcelles de ciel et de Méditerranée. Cet airbus est aussi le premier à porter les nouvelles couleurs de la compagnie. Le magnifique cèdre de son empennage, repris sur les réacteurs, en fait un futur ambassadeur volant dans l’espace de demain. Les conversations vont bon train entre les membres de la presse libanaise invités et les représentants d’“Airbus Industrie”, d’ILFC, la compagnie intermédiaire qui a acheté l’appareil et en a assuré la location par la MEA et ceux d’IAE (International Aero Engine), consortium de quatre partenaires, à l’origine du fameux V2500, réacteur champion des Airbus.
LES CARACTERISTIQUES DE L’AIRBUS
Dès l’installation à bord, tout ce monde a déjà savouré les spécificités, astuces et incroyable confort de cette merveille technologique volante. Les explications données la veille au siège d’Airbus Industrie à Toulouse par David Vellupalai, manager régional des relations avec la presse, Hadi Akoum, directeur du “customer marketing” tous deux d’Airbus Industrie et Martin Johnson, directeur en “company communications” chez IAE, trouvent alors toute leur justification. Le fuselage, plus large possible dans un avion de 138 places (dont 24 en “front class”), permet aux passagers de bénéficier de sièges plus confortables, de compartiments de bagages à main plus spacieux-sacrifiant le gain de places supplémentaires au confort et offre la possibilité d’emporter dans les soûtes de l’avion de véritables cargos en containers.

DANS LE COCKPIT
La visite au cockpit renseigne bien davantage. Le capitaine pilote en chef de ce vol inaugural, Omar Alameddine et le capitaine Michel Al-Akl qui le seconde, se déclarent ravis de cette évolution dans le pilotage de l’avion par signal électronique. Il n’y a plus désormais de contrôle direct dans le déclenchement des appareils de service. L’ordinateur à bord permet d’enregistrer toute variation ou tout impair, limitant ainsi le coût et le temps d’entretien et de réparation. “La livraison de l’A-320 de janvier sera suivie, en effet, par celle d’un autre A-320 et de deux A-321 (à 169 sièges ceux-ci) dès le mois de mai”, annonce M. Riad Abdallah, directeur général de l’aviation civile. Il ajoute que “la location des nouveaux Airbus va sans doute donner de nouvelles ailes à la compagnie nationale. Et que l’entretien, la consommation des vieux Bœing 707 devenant chers, ces airbus vont permettre en les remplaçant, d’acquérir une compétitivité désormais bien nécessaire”.
RENOUVEAU DANS LA COMPAGNIE LIBANAISE
“Ces nouveaux Airbus s’ajoutant aux avions de la MEA (dont 5 Airbus A - 310) constituent un renouveau pour les passagers, les pilotes, les employés, confie M. Khattar Hadathi, directeur général des relations publiques de la MEA. Une nouvelle image brillante, un véritable impact étaient donc nécessaires. D’où le choix de ces appareils flambant neuf. La meilleure offre technique, financière, économique, a alors été retenue. Chaque Airbus permettra désormais d’économiser sur un Boeing 707 utilisé pour le même parcours 1.200.000$ U.S. par an comme frais d’opération (entretien, consommation de fuel), après paiement de ses frais de location. Le gain indirect résidera ainsi dans la différence du coût d’opération, permettant d’améliorer les revenus, grâce à la multiplication des lignes et des horaires du trafic, étape suivante de la restructuration. Ces avions à moyen courrier au nombre spécifique de sièges, se révèlent alors excellents pour la réalisation de cette stratégie établie au sein de la MEA par le groupe français de consultants Bossard/Cap Gemini.
L’ACCUEIL À TOULOUSE
Après une nuit à Paris, les représentants de la presse, le ministre des Transports M. Omar Meskawi et M. Riad Abdallah ont pris l’avion pour Toulouse. Ils y ont été rejoints par l’ambassadeur du Liban en France M. Nagi Abi Assi, M. Khaled Salam, PDG de la MEA et M. Charles Azar, directeur des bureaux de la MEA à Paris.
LA CEREMONIE DE LIVRAISON A AIRBUS INDUSTRIE
C’est le soir même, après une pause dans la ville rose de l’Aérospatiale, que nous rencontrons Jean Pierson, administrateur gérant d’Airbus Industrie; Eric Hinson, directeur du marketing chez ILFC et David Hygate, senior executive chez IAE. Ces deux derniers seront à bord du vol pour Beyrouth. Plus qu’une simple cérémonie scellant la livraison d’un airbus, la rencontre des deux parties est aussi celle d’un groupe qui brigue l’excellence à l’aube de ce XXIe siècle et d’une compagnie revenant de loin, et amorçant sa nouvelle vie, “arts auxquels ont été rompus les Libanais à travers les siècles”, comme le soulignera M. Salam.
NADA SKAFF.