URBANISME

L’AVANT-PROJET A ÉTÉ APPROUVÉ
PAR LE CONSEIL MUNICIPAL

LE PROJET DU
TALL À TRIPOLI

NÉCESSITERA LE DÉBOURS DE
20 À 30 MILLIONS DE DOLLARS


Après le complexe olympique à Montréal; le complexe hôtelier de Montfleury à Cannes; le projet du Golf club au Zaïre; la faculté de pharmacie à Toulouse; le Conservatoire de musique à Paris; l’usine de Coca-Cola à Grigny; le centre d’immunologie et de biologie à Saint-Julien en Genevois; le centre 300 au Luxembourg et tant d’autres projets et réalisations, Roger Taillibert se tourne maintenant vers Tripoli. Il ne s’agit pas de sa première visite au Liban, puisqu’il avait déjà réalisé l’école de formation des plans de sécurité à Beyrouth. Pour lui, l’architecture est une création intuitive, une réflexion intellectuelle et une logique constructive.

INNOVATION

Tout comme les grands architectes - Gaudi, Wright, Perret, Le Corbu-sier, Saarinen, Kahn... -, il pense que «l’innovation se manifeste bien plus dans la technique de construction que dans l’emploi d’un nouveau matériel». Dans toutes ses constructions, il semble avoir réintroduit l’architec-ture dans la vie collective, par la transformation de l’inimaginable en réalité et l’adaptation aux nécessités socio-économiques. C’est ce qui a motivé le brigadier Sami Minkara, président de la municipalité de Tripoli, à inviter lors d’une rencontre hasardeuse, cet ingénieur civil pour un séjour, durant lequel il lui a fait visiter la ville et exposé le problème du «Tall». «Ma tâche, explique le brigadier Minkara, ne consiste pas, unique-ment, en la propreté ou le réaména-gement de la cité, mais aussi, en la réalisation des projets pouvant contribuer à son développement et au règlement de tous ses pro-blèmes». “La porte de l’Orient” surgit comme la solution magique à la circulation dense et aux klaxons assourdissants de la place Abdel-Nasser, moyen unique d’en finir avec les débauchés et les vagabonds, les cireurs de chaussures et les vendeurs de falafel qui envahissent la ville.

CENTRE A SEPT NIVEAUX

C’est un centre à sept niveaux, pourvu d’un parc de stationnement de taxis, d’une galerie commerçante, d’une salle de congrès (de 1000 places) avec ses salles de commissions s’ouvrant sur un vaste foyer, qui permettra d’y organiser des expositions tempo-raires. La création de son équipement technique répond aux besoins d’une ville de 800.000 habitants, ne possédant actuellement qu’une salle de 450 places net-tement insuffisante pour sa vocation culturelle et touristique. Des bureaux pouvant être utilisés par des personnes exerçant des professions libérales sont prévus, ainsi qu’un restaurant s’espaçant pour 200 places assises, complément indispensa-ble à la salle de 1000 places. Cet équipement, répondant à de multi-ples fonctions, permet de résoudre l’engorge-ment du centre, actuel-lement saturé, où des travaux de restructura-tion du jardin public, en feront un quartier tota-lement réhabilité, vu sa proximité de l’Hôtel-de-Ville.

AVANT-PROJET APPROUVE

L’avant-projet proposé par M. Taillibert, fut présenté aux membres du Conseil municipal de Tripoli qui, après l’avoir approuvé, l’a transmis au Conseil des ministres, afin de charger le CDR de l’étudier en détail. Si la Direction des relations économiques extérieures (Drec) assure le financement de l’étude, des sociétés locales ou internationales seront appelées à assurer l’exécution du projet et à jouir de 80% des profits durant vingt ans, 20% des bénéfices revenant à la municipalité de Tripoli. La durée des travaux est de deux ans et le coût du projet varie entre 20 et 30 millions de dollars.

ANGELA SARRAF.