D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
EVALUATION ET SUGGESTION
“Les meilleures élections organisées au Liban furent celles de 1972, assure le président Hussein Husseini. Car l’Assemblée qui en a été issue était représentative de toutes les fractions nationales. Tous les leaders et les porte-parole des différentes régions siégeaient, alors, sous l’hémicycle. La législature de l’époque était, en fait, le miroir où se reflétait la société libanaise tout entière”. L’ancien chef du Législatif ajoute: “Les législatives de 1996 ont montré que la nouvelle génération n’était pas très renseignée sur le mécanisme selon lequel se déroule le scrutin. En conséquence, M. Husseini suggère qu’à l’avenir, les bureaux de vote soient équipés d’un dispositif peu coûteux, permettant aux délégués des candidats de suivre à la minute le déroulement des élections dans leurs diverses phases, comme c’est le cas en France.
PLUS DE POSTE DE «SECRÉTAIRE DE LA CAPITALE»
Suite au différend opposant les hauts responsables de l’Etat aux notabilités de la communauté orthodoxe, quant au découpage administratif de Beyrouth, en ce qui concerne le partage des attributions entre l’administrateur (grec-orthodoxe) et le président du Conseil municipal (sunnite), il a été jugé préférable de renoncer à l’idée d’instituer un poste de «secrétaire de la capitale» qui n’a pas obtenu l’appui requis, surtout au sein de la communauté grecque-orthodoxe. On présume que la campagne déclenchée par Mgr Elias Audeh, métropolite de Beyrouth, à la suite des rafles de fin d’année, avait été motivée par l’intention prêtée aux gouvernants de réduire les prérogatives de l’administrateur de Beyrouth.
AUTOUR DE LA RECONDUCTION DU MANDAT DE LA FINUL
La résolution 1095 du Conseil de sécurité, en vertu de laquelle le mandat de la FINUL est prorogé pour un nouveau semestre, réaffirme l’engagement de cette instance internationale, à préserver la souveraineté absolue du Liban, son indépendance et son unité territoriale, à l’intérieur de frontières internationalement reconnues. De plus, la résolution fait état de la nécessité d’appliquer la résolution 425 exigeant le retrait inconditionnel d’Israël des tronçons du territoire national que ses troupes occupent illégalement. Enfin, le Conseil de sécurité a exprimé son inquiétude quant à la perpétuation de la violence au Liban-Sud.
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL DÉBORDÉ...
Une source proche du Conseil constitutionnel indique que non moins de deux cents dépositions émanant de parties politiques et militaires, en rapport avec les législatives, ont été enregistrées jusqu’ici, englobant des instances civiles et spirituelles. Etant donné le grand nombre de paperasses à consulter et de chiffres à vérifier, le Conseil constitutionnel ne pourra pas rendre son arrêt, avant fin février, à propos des demandes d’invalidation présentées par des candidats malchanceux contre certains députés.
LA NOUVELLE LOI ÉLECTORALE
Un responsable a déclaré que le gouvernement était enclin à adopter la proposition du chef de l’Etat quant aux principes sur base desquels sera élaborée la nouvelle loi électorale. Il a précisé, à ce propos, que le projet de loi avait été mis au point dans ses grandes lignes et sera, incessamment, distribué aux membres du Cabinet avant d’être inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Le projet mentionné opterait pour la proposition présidentielle préconisant d’organiser les élections législatives à un double niveau: d’abord, du caza; puis, dans tout le Liban considéré comme une circonscription unique. Tout candidat devrait obtenir 20 pour cent, au moins, des suffrages au niveau du caza, pour avoir le droit de se présenter au niveau de la circonscription unique.
UNE MISSION SÉCURITAIRE US À L’AIB
Une mission américaine traitant des questions sécuritaires, a conféré dernièrement avec les responsables des organismes préposés au maintien de la sécurité à l’Aéroport international de Beyrouth, lesquels ont exposé les mesures prises en vue de prévenir tout acte de nature à menacer la sécurité de l’aérogare. Un membre du gouvernement a précisé que l’arrivée de la mission mentionnée avait coïncidé avec la présence à Beyrouth de M. Jonathan Wenner, vice-président du bureau pour la lutte contre la drogue relevant du département d’Etat. Celui-ci a eu des entretiens avec le vice-président du Conseil, ministre de l’Intérieur; les ministres de la Justice, des Affaires étrangères et le ministre d’Etat pour les affaires financières, autour de l’action à entreprendre sur le plan de la lutte contre les stupéfiants. M. Wenner qui s’est dit satisfait de ses entretiens, présentera à l’Administration américaine un rapport exhaustif, sur base duquel le président Clinton décidera de l’aide à allouer au Liban, pour lui permettre de soutenir des cultures de rechange à la culture du haschisch et de mieux combattre la contrebande de la drogue.
QUELQUES VÉRITÉS EN MARGE DE LA VISITE DU MINISTRE BRÉSILIEN DES A.E.
Des milieux bien renseignés ont tenu à faire une mise au point et à “rétablir la vérité” à propos de la visite que M. Luiz Lampreia, ministre brésilien des A.E. vient d’effectuer au Liban, surtout en ce qui concerne les relations traditionnelles entre les deux pays. Il a été dit qu’il s’agissait du “premier contact officiel” entre Beyrouth et Brasilia, ce qui est faux. En effet, le Liban et le Brésil entretiennent des rapports au plus haut niveau depuis plusieurs années. Ainsi, rappellent ces mêmes milieux, le général Costa Silva, ancien officier supérieur de l’armée brésilienne, devenu chef de l’Etat, est venu au Liban; de même que deux autres présidents de la République: Janio Quadro et Jocelini Cubici. De plus, M. Aldredo Bouzeid, ancien ministre brésilien de la Justice (d’ascendance libanaise), a effectué plus d’une visite à son pays d’origine où sont, également, venues plusieurs délégations parlementaires, dont l’une comprenait 21 congressmen d’origine libanaise. Puis, le gouvernement libanais réservait au port de Beyrouth gracieusement, un entrepôt pour l’emmagasinage du café brésilien. Enfin, le gouvernement de Brasilia a décerné des distinctions à un certain nombre de Libanais dont beaucoup sont encore en vie.
AFFAIRE DU «LIWA» LES ORDRES DE LA PRESSE ET DES JOURNALISTES SE CONSTITUENT PARTIE CIVILE
Mes Antoine Houeiss et Farouk Yaghi, avocats des Ordres des journalistes et de la Presse, ont informé MM. Melhem Karam et Mohamed Baalbaki, présidents de ces deux corporations, qu’ils avaient intenté un procès aux éléments de l’organisme de sécurité de l’Etat ayant investi les locaux du journal «Al-Liwa», sans être munis d’un ordre en bonne et due forme du Parquet. L’action en justice a été introduite en présence de Me Mohamed Ali el-Tal, avocat du quotidien, et M. Adnan Addoum, procureur général près la Cour de cassation, lui a accordé un intérêt particulier, disant que «la Justice sert tous les citoyens et veille à préserver leurs droits». La plainte demande que les prévenus soient condamnés en vertu des articles 352 et 572 du Code pénal. M. Abdel-Ghani Salam, pro-priétaire du «Liwa» avait porté plainte et demandé que le Parquet militaire en soit saisi selon la procédure d’usage.
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LA FJA DÉNONCE LES AGISSEMENTS ISRAÉLIENS CONTRE LA PRESSE ARABE M. Melhem Karam, président de l’Ordre des journalistes libanais, vice-président de la Fédération des journalistes arabes (FJA), a dénoncé les poursuites engagées par les autorités israéliennes contre Naïm Toubassy, président du syndicat des journalistes palestiniens, qui a comparu devant le tribunal le 9 février, fête du Fitr, pour avoir proclamé son attachement à l’arabité de Jérusalem et refusé d’optempérer aux instructions arbitraires de l’autorité militaire. Cette dernière maintient sous garde à vue, depuis plus de quinze mois, deux confrères palestiniens: Rabhi Katamech et Hassan Abdel-Jawad, dont l’état de santé s’est dangereusement aggravé. Aussi, M. Karam a-t-il lancé un appel aux syndicats arabes, ainsi qu’aux organisations interna-tionales militant pour la liberté d’opinion, d’expression et en faveur des droits de l’homme, leur demandant de condamner les agissements criminels d’Israël, «d’exiger la suspension des poursuites contre Toubassy et d’élargir ses confrères, Katamech et Abdel-Jawad». «Le secrétariat général de la F.J.A., a dit encore M. Karam, estime que l’insistance de l’Etat hébreu à pratiquer le terrorisme politique, matériel et psycho-logique contre les citoyens palestiniens, en particulier contre les journalistes et les penseurs, compromet les chances d’une paix juste et véritable. «Telle est, conclut-il, la position de la F.J.A., de son président, Ibrahim Nafeh et de son secrétaire général, Salahed-dine Hafez». |
ON DIT...
- Qu’une personnalité politique en vue ne cesse de se demander “où va ce pays et l’annonce de la mort de la troïka serait-elle un prélude à une tempête qui emporterait tout sur son passage au Liban?”
- Qu’un chef de file de l’Assemblée estime que la popularité d’un de ses colistiers aux dernières législatives, est représentée par le nombre des voix qu’il a obtenues, en plus des suffrages qui ont été accordés à lui-même.
- Qu’un responsable a annulé la séance de questions-réponses qu’il avait l’habitude de tenir au terme de chaque repas, pour éviter d’évoquer le différend qui l’oppose à un autre responsable...
EN RACCOURCI
- Au cours de la dernière réunion de la commission parlementaire de l’Admi-nistration et de la Justice consacrée à l’examen au projet relatif à la décen-tralisation administrative, le vice-président du Conseil, ministre de l’Intérieur, a révélé la décision prise par le gouvernement de supprimer les “conseils de mohafazat” pourtant considérés comme “l’épine dorsale” dudit projet.
- Une personnalité officielle juge que la prochaine visite du Souve-rain Pontife comportera plus d’un message, dont les Libanais sont appelés à tirer plus d’une déduction.
OPINION
LA SALARIÉ... ET LA DERNIERE INDEMNITÉ
L’employé du secteur privé est à plaindre, car l’indemnité de fin de service à laquelle il a droit est dérisoire. Il est de notoriété publique que la Sécurité sociale se charge de liquider les indemnités, en prélevant les sommes dues sur la contribution provenant des employeurs, à cette fin: 8,5 pour cent du salaire, dont 8 pour cent sont placés en réserve, le reste allant à l’Etat. La guerre dont le Liban a été le théâtre a, naturellement, eu ses séquelles et implications sur toute chose, surtout par rapport au nerf vital dans ce domaine, à savoir: la livre libanaise, dont trois unités équivalaient à un dollar américain et dont la parité a régressé au point qu’un billet vert vaut, aujourd’hui 1.550L.L., la devise américaine ayant culminé, à un certain moment, jusqu’à atteindre 3.000 livres! Ainsi, actuellement, le salarié ayant travaillé dans plusieurs entreprises, trouve dans la Sécurité sociale une “tire-lire” où sont conservés les montants devant lui être remis à titre d’indemnité de fin de service. Ce salarié ayant passé, par exemple, cinq ans dans une société où il touchait 4.000 dollars par mois, perçoit en prenant sa retraite, le salaire d’un mois pour chaque année de service, soit 20.000 dollars. A supposer que le même salarié était employé dans une société de 1969 à 1979, moyennant un salaire de trois mille livres, il a droit à une indemnité à ajouter aux 20.000 dollars (en livres libanaises). S’il touchait en 1975, 2.000L.L., l’indemnité pour cette année est de 2.000 livres par mois; il en est de même pour 1978 s’il touchait, à cette date, 2.800 livres; son indemnité de fin de service est calculée sur base de 2.000 livres pour chaque année de travail. De ce fait, il ne percevrait pour les dix dernières années, pas plus de 200.000 livres. Après 1979, ce salarié passe à une autre société avec une mensualité similaire jusqu’en 1985. Son indemnité est, alors, calculée, sur base du salaire d’un mois par année, en livres libanaises; le montant qu’il touchera sera dérisoire. Un salarié ayant commencé avec un salaire de 200 livres, pour atteindre dans les années 80, mille ou mille deux cents livres et un million aujourd’hui, quelle sera son indemnité finale? C’est, à n’en pas douter, une somme modeste, si le salarié a eu la chance de rester dans une même société. Mais son indemnité serait minable, s’il s’est déplacé dans plusieurs entreprises. Les sociétés ont reconsidéré leur capital après la guerre, procédé à une réévaluation de leurs avoirs et régularisé leur situation pour suivre l’évolution du siècle. De son côté, la Sécurité sociale a suivi l’exemple des sociétés, spéculé sur le dollar et réalisé des bénéfices, ce qui lui a permis de se maintenir et de prospérer. Quant au peuple libanais, ses revenus sont restés en livres libanaises. Soixante pour cent de ce peuple ne perçoivent pas leur indemnité de fin de service pour les périodes précédentes sur la base requise, le montant global n’excédant pas 20.000 livres. Cela est-il permis? Est-il logique que la Sécurité sociale et les sociétés réhabilitent leur situation, alors que le salarié est régi par une loi héritée de la législation ottomane?
NADIM EL-HACHEM.