D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

AUTOUR DES PROPOS DE FERZLI

Les propos tenus, la semaine dernière, par M. Elias Ferzli, vice-président de la Chambre, insinuant qu’une profonde divergence oppose-rait les pôles du pouvoir, ce qui a provoqué l’éclatement de la troïka, ces propos ont retenu l’attention des milieux politiques. M. Ferzli a laissé entendre, en effet, que l’échange d’accusations entre certains responsables, serait en rapport avec des tentatives visant à dissocier les volets libanais et syrien dans les négociations de paix, en vue d’ouvrir la voie au projet “Liban, d’abord”...

SFEIR ET LES PROMESSES OFFICIELLES

Les ministres et députés ayant rendu visite à S.Em. le cardinal Nasrallah Sfeir, patriarche maronite, à l’occasion de la St-Maron pour lui présenter les vœux d’usage, ont quitté Bkerké avec la nette impres-sion que Sa Béatitude n’est nulle-ment satisfait de ses rapports avec les responsables. “Que puis-je faire, dit l’éminent prélat. Ils me prodiguent leurs pro-messes qu’ils ne tiennent pas! Peut-être sont-ils accaparés par leurs divergences qui les empêchent de se préoccuper des problèmes intéres-sant les citoyens dans leur vie quotidienne”.

AOUN ET LE DOSSIER FINANCIER

M. Ahmed Takieddine, procureur général financier, a nié l’existence d’un dossier en rapport avec l’impli-cation du général Michel Aoun dans quelque affaire de subtilisation de fonds publics. “Si, dit-il, un tel dossier devait être ouvert, cela serait du ressort de la haute juridiction seule habilitée à juger les présidents et les mi-nistres, le général Aoun ayant assu-mé les charges de chef du gouver-nement. Fait à signaler: le décret NÞ656 promulgué en date du 19/10/1990, déférait le général Aoun, les briga-diers Maalouf et Abou-Jamra devant la Cour de justice, sous l’inculpation d’avoir “violé l’autorité politique et militaire”. Il n’y est nullement question d’aucun scandale financier. En conséquence, le dossier dont avait été saisi la Cour de justice, a été classé, cette affaire étant englo-bée par la loi générale sur l’amnis-tie.

DANS L’ATTENTE DE LA RéUNION DU CONSEIL LIBANO-SYRIEN

Le climat politique actuel est appelé à se perpétuer, dit-on, jusqu’à la prochaine réunion du Conseil supérieur libano-syrien. En ce sens que la tension qui caractérise les relations entre Baabda et Aïn el-Tiné, est appelée à durer jusque-là, Damas préférant traiter à froid cette affaire, avec l’espoir que le temps contribuera à rasséréner l’atmosphère...

PAS DE CHANGEMENT MINISTERIEL EN ETE

Les milieux officiels écartent un éventuel changement ministériel en été et réfutent l’allégation de certains selon laquelle le différend opposant les présidents Hraoui et Berri a entre autres causes l’intention prêtée au chef de l’Etat de procéder à la formation d’un nouveau Cabinet, en accord avec le président du Conseil. Les mêmes milieux assurent, au contraire, que l’actuel gouvernement sera maintenu longtemps encore et, probablement, jusqu’à la fin du mandat (prorogé) du président de la Républi-que.

LOI ELECTORALE ET DECENTRALISATION ADMINISTRATIVE

Les membres de l’Assemblée s’interrogent sur la raison qui incite certaines parties politiques à établir un lien entre la nouvelle loi électorale et le projet relatif à la décentralisation administrative. Pourtant, observent les cercles renseignés, le document d’entente nationale adopté à Taëf, en Arabie séoudite, n’établit aucun lien entre elles. Ces derniers indiquent que la dé-centralisation administrative a pour but de faciliter les formalités, de réactiver les services gouvernementaux et n’a aucune implication politique. Les députés craignent que l’établis-sement d’un rapport entre la loi élec-torale et le projet de la décentralisation, soit pris comme prétexte en vue de reporter les élections municipales.

AUTOUR DU COLLOQUE JURIDIQUE DES COMMUNES

Me Ibrahim Kanaan, secrétaire général du Conseil juridique britan-nique pour le Moyen-Orient, a info-rmé le cardinal Sfeir avant son départ pour le Vatican et le Brésil cette se-maine, ainsi que plusieurs person-nalités, de la teneur des délibérations instituées lors du colloque organisé, dernièrement, au siège de la Chambre des Communes à Londres, par le Centre libanais pour les études juridiques et économiques, en coopé-ration avec l’Union parlementaire mondiale. La rencontre s’est déroulée autour du thème suivant: “L’étape de Taëf - Lecture et réévaluation”. Parmi les participants au colloque: M. Lakhdar Al-Ibrahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères qui a joué un rôle déterminant dans l’élaboration de l’accord de Taëf; Dory Chamoun, leader du PNL, en plus de Me Kanaan et d’un certain nombre de congressmen britanniques.

RETRAIT ISRAELIEN IMMINENT DU SUD?

M. Karim Pakradouni, vice-président des Kataëb, prévoit un retrait imminent de “Tsahal” du Liban-Sud, dès le retour de Washing-ton de Benjamin Netanyahu, en prévision de la relance des pourparlers entre le Liban et la Syrie, d’une part et l’Etat hébreu, d’autre part, au début du printemps. “L’armée israélienne, dit-il, se retirerait du territoire libanais dans le cadre d’un règlement politique, si les négociations devaient aboutir sur le volet syro-israélien... Sinon, Israël opèrerait un retrait unilatéral, au cas où les négociations ne seraient pas reprises entre Damas et Tel-Aviv”

OU EN EST LE DIALOGUE ISLAMO-CHRETIEN?

Le comité du dialogue islamo-chrétien, constitué lors du sommet spirituel de l’été 1993, serait sur le point d’entreprendre une nouvelle initiative, destinée à réactiver cet organisme pour lui permettre d’attein-dre ses objectifs. Sans fournir aucun détail à ce sujet, un membre du comité a laissé entendre qu’il s’agit d’unifier le discours islamo-chrétien au niveau spirituel, en raison de l’étape délicate que traverse le pays, abstraction faite du différend opposant les chefs de l’Etat et du Législatif. A cet effet, le comité mentionné effectue des contacts avec les chefs religieux, aux fins de dégager une formule susceptible d’être agréée par toutes les parties.

VERS UN NOUVEL AJOURNEMENT DES MUNICIPALES?

Des sources parlementaires s’atten-dent à un nouvel ajournement des élections municipales, initialement fixées à la première quinzaine de juin prochain, en laissant au gouvernement toute latitude d’en fixer la date. Si cela devait s’avérer exact, la balle serait relancée dans le camp du Cabinet et l’Assemblée ne serait plus soup-çonnée de manœuvrer aux fins de reporter les municipales. Le gouvernement invoquerait l’impossibilité de préparer les élections en quelques mois et, surtout, de mettre au point la carte électorale. n SOS DE PIERRE HéLOU M. Pierre Hélou, ancien parle-mentaire, a lancé un SOS par rapport à l’avenir de la situation économico-financière dans le pays. “Le Liban, dit-il, est appelé à vivre une situation non naturelle... Je ne dis pas que les Libanais se révolteront, car la révolution n’est pas dans leur sang, d’autant qu’ils ont été “apprivoisés”. Cependant, je dis et puissé-je n’avoir pas raison, que la proclamation de la faillite n’est pas éloignée, à l’ombre d’un déficit qui ne cesse de s’amplifier autant que la dette extérieure, en plus de l’accroissement de la valeur des bons du Trésor”.

QU’EST-CE QUI RETARDE LA CONSTITUTION DU BLOC BOUEZ-KHAZEN?

M. Rouchaïd el-Khazen, député du Kesrouan, se plaint d’interven-tions visant à restreindre le bloc parlementaire qu’il envisage de constituer avec M. Farès Bouez, ministre des Affaires étrangères (après la réconciliation des deux hommes). M. el-Khazen fait état d’entraves empêchant la formation du bloc en question. “Il semble, observe-t-il, qu’un mot d’ordre est lancé, en vertu duquel il est interdit de sortir des rangs”.

QUELLE EST LA PART DE JBEIL DU PRET DE LA B.M.?

M. Gabriel Germanos, ancien parlementaire, fait grief aux autori-tés concernées de ne pas veiller à assurer l’équilibre au caza de Jbeil, dans la répartition des 43 millions de dollars accordées par la Banque mondiale (B.M.) au Liban en tant que prêt. “Quelle est la part de Jbeil de ce montant?” demande-t-il, avant d’ajouter: “La commission parle-mentaire des Finances et du Budget s’est réunie, la semaine dernière et a réparti les crédits à la demande de M. Ali Hrajli, ministre des Travaux publics; aucune somme n’a échu à Jbeil. “Aucun des trois députés de cette circonscription n’a assisté à la réunion, ne serait-ce qu’en qualité d’observateur, pour réclamer la part qui revient à ce caza. Le seul crédit a été affecté à la route reliant Amchit à Mayfouk et Hattoun (caza de Batroun) et, de là, aux Cèdres via Tannourine”.

ON DIT...

- Que des milieux parle-mentaires s’apprêtent à rouvrir un certain nombre de dossiers, en rapport avec la manière dont ont été dépensés d’importants crédits, ce qui placerait dans l’embarras certains ministres et le gouvernement dans son ensemble.

- Que des sources gouver-nementales pensent que l’idée a mûri en ce qui concerne l’institution d’une surtaxe sur les produits de luxe, en vue d’alimenter la caisse des déplacés.

- Qu’un ancien parlemen-taire estime qu’il n’a aucune chance de récupérer sa position, tant que l’équipe actuelle est au pouvoir...

EN RACCOURCI

- Chaque fois que le danger s’aggrave, l’unité nationale de-vient impérative”, a déclaré l’imam Mohamed Mahdi Cham-seddine, président du Conseil supérieur chiite. Aussi, appelle-t-il au resserrement des rangs et invite-t-il tous les Libanais à se regrouper autour du “projet de l’Etat”.

- Le Dr Albert Moukhei-ber, président du RPR, a accueilli favorablement, l’ap-pel du président Bill Clinton, disant que l’occasion se pré-sente d’instaurer une paix juste au Proche-Orient. “Nous ne devons pas laisser passer cette nouvelle occasion, dit-il, mais à la saisir, afin que nous n’ayons pas à le regretter”.

OPINION

LE RETOUR AUX NÉGOCIATIONS EST IMMINENT, MAIS...

Les négociations entre le Liban et la Syrie, d’une part, et Israël, d’autre part, se sont arrêtées depuis l’arrivée de Benjamin Netanyahu au pouvoir. En accédant à la présidence du Conseil dans l’Etat hébreu au lendemain de l’opération “Grappes de la colère”, tout le monde a eu la nette impression que toute la chaleur des “grappes de la colère” s’est abattue sur Shimon Pérès et que Netanyahu va gouverner avec une mentalité biblique dont rien ne peut l’en faire dévier... La paix est à exclure dans le lexique de Netanyahu... Naturellement, la paix dans son sens véritable, non un état qui lui garantirait la sécurité. L’accord sur Hébron n’en témoigne-t-il pas? Il a laissé l’opinion mondiale s’illusionner qu’il a accompli une action pacifique, alors qu’en réalité, il s’agit d’une initiative ayant rendu les habitants de Hébron otage, en vue d’assurer la sécurité aux colons juifs dans la ville. Et dans le voisinage, aussi. En dépit de cela, “les vents ont soufflé contrairement ce que désirent les navires”. Cela prouve à travers les opérations de la résistance dans les lieux de stationnement des soldats israéliens au Sud, que la question n’est pas aussi facile qu’il l’imagine. La collision entre deux hélicoptères militaires s’étant soldée par soixante-treize victimes, considérées comme l’élite de “Tsahal” a, également, établi que les souhaits sont une chose et la réalité en est une autre. De là, le retour aux négociations sont imminentes, que ce soit du fait de pressions et d’interventions de la part des hautes instances à Washington ou suite à une nouvelle agression, ainsi que l’Etat hébreux nous y a habitués jusqu’ici. Dans le cadre des négociations, une proposition française quelque peu ambiguë fait l’objet de tractations. Mais la France n’aurait pas bougé, si elle ne préparait pas quelqu’initiative. A travers les développements, il ressort que la France n’a pu garantir que le Liban se prête à la dissociation des volets libanais et syrien. De plus, elle n’a pu obtenir d’Israël l’engagement de se retirer jusqu’aux frontières du 4 juin 1967 et, aussi, d’évacuer le Golan. En conséquence, la France évolue dans un cercle vicieux, surtout si elle persiste dans ses efforts visant à raviver les négociations. C’est pourquoi, elle a renoncé à ses démarches. Le président Rafic Hariri a tenté, au cours de sa présence à Paris, de clarifier l’image... d’autant que des rumeurs le concernant ont été propagées, laissant croire qu’il agit aux fins de court-circuiter les Syriens, à travers des pourparlers qu’il entreprendrait pour parvenir au désengagement. Plus d’un message lui est parvenu à la faveur du conflit surgi à propos de l’indemnisation des habitants du quartier d’Al-Maramel à Ouzaï. Pourtant, le président Hafez Assad devait recevoir M. Hariri pendant quatre heures et demie, ce qui indique que les faits diffèrent de ce que d’aucuns imaginent! Ce panorama fait percevoir la vérité ayant émergé lors de la présence à Paris du chef du gouvernement et du ministre des Affaires étrangères, où ils ont eu des entretiens autour des affaires libanaises et des négociations de paix. Le président Hariri et M. Farès Bouez sont concernés par les propositions en cours de discussion et par la prise de position unifiée de l’Etat libanais envers ces propositions. Celles-ci ont fait l’objet d’échanges de vue entre les présidents Chirac et Hariri et entre M. Bouez et son homologue français, M. de Charette. En dépit de cela, MM. Hariri et Bouez ne se sont pas rencontrés dans la capitale française et n’ont pas coordonné leur action. C’est, effectivement, ce qui s’est passé. De toute manière, le Conseil supérieur libano-syrien se réunira, prochainement, et mettra les choses au clair, en ce qui concerne la coordination libano-syrienne au plan des négociations de paix.

NADIM EL-HACHEM.