EXCLUSIF

ENTRETIEN AVEC L’ÉMIR DE BAHREIN CHEIKH ISSA BEN SALMANE AL-KHALIFA

À MELHEM KARAM:

“NOUS AVONS DÉPASSÉ LA PHASE DE LA SÉDITION, MAIS DES ÉLÉMENTS PERVERS, SOUTENUS DE L’EXTÉRIEUR, S’EMPLOIENT À COMPROMETTRE LA SÉCURITÉ ET LA STABILITÉ DE LA RÉGION”

Cheikh Issa Ben Salmane Al-Khalifa a vécu les crises dans leur acuité et leur a trouvé des solutions. Il a dominé les événements, sans les laisser lui échapper, prenant toujours l’initiative, ce qui est le propre du leadership. Il a porté les charges, qui ne sont pas simples, des Bahreinis, charges à la mesure de leur patrimoine et de leurs aspirations. Il souhaite être éloigné en permanence de la violence, appelant à la concorde, ayant conscience de la bonté et de l’ambition de ses concitoyens. En plus de son affiliation locale, il s’est aligné sur l’arabisme. Aussi, a-t-il œuvré sans cesse en vue d’unifier les rangs et d’éliminer tout ce qui divise. “Le commandement sain, dit-il, est une position de dignité. C’est, aussi, une fierté et un orgueil qui se manifeste dans le sytle de pouvoir.” Il affronte les épreuves avec fermeté et traite toute crise avec le long souffle de ceux qui scrutent l’horizon pour cueillir la victoire, au terme d’un chemin semé d’embûches, de ronces et d’épines, à l’instar des croyants stoïciens. Sa détermination n’a jamais faibli face à une difficulté, ayant réalisé tôt que le drame de ce siècle est, d’abord, celui de l’homme. Il s’est libéré du complexe et s’est confirmé par la foi, pour s’adonner au travail sérieux, coordonnant toujours entre les battements de son cœur et le pouls de son peuple. C’est pourquoi, son action est allée de pair avec sa parole, avec une régularité parfaite. Le sort de son peuple se traduit par l’affection et une coopération de tous les instants. Il refuse qu’un citoyen se sente frustré ou qu’un autre bénéficie d’un traitement de faveur. Il se soucie de faire sentir à son peuple qu’il participe à l’édification; bien plus, qu’il est le seul bâtisseur. Il a connu la gloire et évolué à son ombre; affronté les difficultés et les risques sans jamais faillir. Cheikh Issa Ben Salmane Al-Khalifa jouit d’une grande perspicacité, d’une longueur de vue et a une vue futuriste des faits et des choses. Telles sont les qualités qui motivent son action constructive, par laquelle il ne vise que le prestige de Bahrein, l’unité et le bien-être de son peuple; ainsi que la gloire des habitants du Golfe et de tous les Arabes. La rencontre a eu lieu au cabinet princier, en présence de Mohamed Ibrahim Moutaweh, ministre pour les affaires du conseil des ministres et de l’Information; Abdel-Hassan Ibrahim Bou-Hussein, directeur du ministère de l’Information; M. Al-Babili, conseiller médiatique; Saër Karam, Ahmed el-Bouz et Georges Saad. L’Emir m’a reçu sur le perron du palais et nous a raccompagnés avec mes compagnons jusqu’à la porte extérieure, à l’extrémité de la place jouxtant son cabinet où nous avons pris la photo-souvenir. Il nous a accueillis et nous a salués à notre départ avec une affection fraternelle dont nous conservons le plus noble souvenir.

Photo souvenir pour Cheikh Issa Ben Salmane Al-Khalifa
avec MM. Melhem Karam et Mohamed Moutaweh.

Melhem Karam: - Jusqu’à quel point peut-on dire que Bahrein a réussi à extirper les racines de la sédition ayant visé la stabilité de l’Etat et ses institutions?

Cheikh Issa: “Nous pouvons dire que nous avons dépassé, Dieu merci, les tentatives de semer les germes de la sédition et du confessionnalisme dans notre société. Ceci a été accompli grâce à la solidarité des citoyens et de leur direction qui ont rejeté la violence, le sabotage et dénoncé les éléments de la sédition, les fauteurs de troubles ayant projeté d’exposer au danger la sécurité et la stabilité de ce pays. “Cependant, certains éléments tentent de raviver ces événements de l’extérieur. Ils bénéficient du soutien et de l’aide de milieux dont l’objectif n’est pas, uniquement, de compromettre la sécurité et la stabilité de Bahrein, mais de toute la région.”

Melhem Karam: - Les mesures sécuritaires sont-elles garantes de la non-réédition d’une telle sédition ou bien d’autres dispositions sont prises et quelle en est la nature?

Cheikh Issa: “Il n’existe pas de traitement sécuritaire à la sédition, mais une confrontation avec ceux qui menacent la sécurité des citoyens, leurs biens publics et privés, tout en exposant au danger les installations et les réalisations de ce pays. Les agents de la sécurité ont déployé un grand effort pour protéger la société. Ils ont agi avec ces événements avec lucidité et responsabilité, conformément à la loi. “En ce qui concerne la façon de traiter la sédition, nos écrivains, intellectuels et représentants des médias, ainsi que toutes les institutions pédagogiques, scientifiques et culturelles ont œuvré à l’effet d’éclairer les citoyens, en dévoilant la nature des dangers auxquels la société est confrontée. De son côté, le gouvernement n’a pas arrêté ses plans en faveur d’un développement ambitieux, afin de relever le niveau de la société et d’ouvrir divers domaines en vue des investissements et de l’accroissement du revenu national, tout en procédant à la réforme administrative et en se dépensant dans les différents secteurs, surtout économique et humain, ces derniers étant l’objectif fondamental du développement.”

LES ÉLÉMENTS SÉDITIEUX OPÈRENT DE L’EXTÉRIEUR

Melhem Karam: - On dit que le chômage ayant affecté des fractions déterminées des Bahreinis a constitué un champ fertile aux ingérences étrangères. L’élément social explique-t-il seul la vague de troubles et de sabotage? Ce qui a été dit à propos de l’intervention iranienne est-il exact?

Cheikh Issa: “Le chômage ne concerne pas, uniquement, Bahrein. On sait que la région a connu des circonstances économiques difficiles, dont les retombées se sont fait davantage ressentir dans la principauté qui a un revenu restreint. “Malgré cela, le chômage ne représente pas une menace sécuritaire, car sa proportion est très faible comparée à celle de beaucoup d’autres pays. D’autant que le gouvernement n’a cessé d’assurer de nouveaux emplois, en appliquant des programmes sérieux pour la formation et l’entraînement, en vue de remplacer la main-d’œuvre étrangère par des ouvriers autochtones. “En dépit de cela, le chômage devient un champ fertile à l’entrée en action de certains éléments et un slogan ayant son impact sur certains autres. Fait étrange: la plupart de ceux qui ont été appréhendés pour avoir trempé dans les actes de sabotage et de troubles, n’étaient pas des chômeurs; ils occupaient des postes dans les secteurs public et privé. “Ceci explique ce que nous avons soutenu maintes fois, à savoir que les éléments séditieux opéraient en dehors de Bahrein et tentent de s’infiltrer au sein de notre société pour des fins maintenant connues de tous.”

Melhem Karam: - Quel est votre plan pour réactiver l’actuel Conseil consultatif et les autres institutions nationales?

Cheikh Issa: “Certains ne sont pas bien informés à propos du Conseil consultatif bahreini, de son règlement de travail, de ses spécialisations et de sa représentativité. Nous sommes fiers du Conseil consultatif qui groupe les meilleurs fils de ce pays. Il est formé d’hommes d’affaires, de professeurs d’université, de médecins, de journalistes, de professionnels et de personnalités ayant un grand crédit dans les domaines social et national. Ils jouissent d’un grand respect et de l’appréciation de tous. “Au début de la session actuelle du Conseil, nous avons porté de trente à quarante le nombre de ses membres. Le nouveau Conseil consultatif comprend plus de spécialistes, ce qui en fait le partenaire complet du gouvernement, participant avec lui à l’élaboration des lois et à la prise des décisions. “Le Conseil étudie et discute, en toute liberté, les lois que le gouvernement lui communique. Il y apporte des amendements que le gouvernement admet volontiers, car l’intérêt national et l’objectif sont les mêmes, à savoir: œuvrer en vue de servir nos citoyens et de relever notre pays. “En ce qui a trait aux transformations au double plan régional et international et les expériences d’autres Etats, je tiens à préciser que chaque Etat a ses circonstances, ses expériences et la forme politique qui correspond à sa nature. Ce qui peut réussir dans un pays, ne peut pas avoir le même succès dans un autre.”

L’Emir de Bahrein en conversation avec Melhem Karam; à gauche, M. Moutaweh.

LES PRIORITÉS DU PLAN ÉCONOMIQUE

Melhem Karam: - Quelles sont les priorités du plan économique?

Cheikh Issa: “Nous avons un objectif clair et déterminé: faire perpétuer le plan de développement dans notre pays, ce qui nous aidera à réaliser les meilleures moyennes pour le développement et, partant, de répondre aux besoins de la société. “L’accent est mis sur les projets tendant à encourager le secteur privé. Nous avons réalisé, cette année, Dieu merci, un accroissement dans le développement national. Nous nous attendons à de meilleures moyennes l’année prochaine, à l’ombre de l’achèvement des infrastructures et de l’exécution des projets d’électrification, ce qui contribuera à assurer l’énergie à bien des projets et multipliera le nombre d’emplois.”

Melhem Karam: - Dans quelle mesure les pays du Golfe ont-ils soutenu les dispositions prises par Bahrein pour faire face aux événements et aux dangers?

Cheikh Issa: “ Ils nous ont apporté un soutien illimité. A cette occasion, j’exprime notre profonde appréciation et notre gratitude à la prise de position franche, sincère et fraternelle de nos frères du Conseil de coopération du Golfe qui nous ont appuyés avec force et ont adopté une attitude honorable face aux dangers qui nous menaçaient. “Cette attitude a prouvé que le Conseil de coopé-ration du Golfe est l’édifice qui protè-ge et appuie la sécurité et la stabilité de chaque Etat membre.”

ENTRE MANAMA ET TÉHÉRAN

Melhem Karam: - La médiation syrienne est parvenue à arrêter les campagnes médiatiques entre Manama et Téhéran. Beau-coup considèrent que ceci est un prélude à d’autres initiatives en vue du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux capitales. Peut-on s’attendre à une telle alternative?

Cheikh Issa: “Notre politique étrangère repose sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Elle tend à établir des liens amicaux avec tous les Etats, en respectant leurs droits et leur politique. “L’Iran est un Etat voisin avec lequel nous aspirons à entretenir en permanence de bonnes relations, ceci étant dans l’intérêt des deux pays, de la sécurité et de la stabilité des Etats de la région et de leurs peuples”.

Melhem Karam: - Vous avez boycotté le dix-septième sommet du Golfe ayant tenu ses assises à Doha. Croyez-vous, deux mois plus tard, que votre boycottage était justifié?

Cheikh Issa: “Nous avons exposé notre position clairement en son temps. Nous n’avons pas boycotté le sommet, car nous sommes engagés vis-à-vis de ses résolutions et recommandations. Nous avons foi en ce que le CCG constitue le cadre fondamental, apte à protéger les droits et les intérêts des Etats membres. “Notre histoire témoigne de notre soutien total et permanent du Conseil dont nous respectons les décisions. Puis, la présence de Bahrein à la conférence commune des pays d’Europe et du Golfe à Doha avait sa signification importante, à savoir que nous avons dépassé cette étape, en ce sens que nous espérons nous rapprocher davantage du peuple frère, dans l’intérêt de l’action commune des pays du Golfe”.

RELATIONS HISTORIQUES AVEC QATAR

Melhem Karam: - S.A. le prince héritier cheikh Hamad Ben Issa Al-Khalifa et cheikh Hamad Ben Jassem Ben Jabr Al-Thani, ministre des Affaires étrangères de Qatar, ont tenu deux réunions à l’hôtel Dorchester de Londres ayant rétabli les relations entre les deux pays. Quelles sont les bases de l’assainissement de ces relations?

Cheikh Issa: “Nos relations avec le Qatar frère sont historiques et éternelles. Il n’est pas étrange que le prince héritier rencontre le ministre qatariote à Londres ou en tout autre endroit. Nous sommes des frères qui pourrions nous entendre ou pas, mais nous restons des frères, en définitive. Nous envisageons avec optimisme l’avenir des relations entre nos deux pays”.

Melhem Karam: - Peut-on dire que la présence de votre ministre des Affaires étrangères, cheikh Mohamed Ben Mobarak Al-Khalifa aux réunions ayant rassemblé à Doha des représentants du CCG et de l’Union européenne, était la conséquence directe des rencontres de Londres?

Cheikh Issa: “Oui, ces rencontres ont eu leurs retombées positives, en plus de notre souci d’assainir le climat, ce à quoi œuvre la commission quadripartite sous la présidence de l’Arabie séoudite sœur. Cela découle, également, de l’importance que nous attachons à l’intérêt commun des pays du Golfe et à l’unité de leur position, face aux problèmes futuristes. Tout cela nous a incités à donner des directives quant à la nécessité de participer à ces assises”.

PAS DE NORMALISATION AVEC ISRAËL AVANT UNE PAIX JUSTE

Melhem Karam: - Approuvez-vous la normalisation des relations avec Israël avant l’instauration d’une paix juste et globale? Et quelle est votre position envers des Etats du Golfe ayant établi des relations commerciales avec l’Etat hébreu et ouvert des bureaux de représentation à Tel-Aviv?

Cheikh Issa: “En ce qui concerne la normalisation, la question est claire. Il est difficile de normaliser les relations avec Israël, tant qu’elle occupera des territoires arabes, tout en entravant les négociations sur les volets syrien et libanais. La présence arabe est un tout indissociable. On ne peut persévérer dans la normalisation, alors que des Etats arabes frères continuent à lutter pour obtenir la reconnaissance de leurs droits et la restitution de leurs territoires. “La paix juste et globale, d’abord; par la suite, il sera question d’une coopération avec tous les Etats de la région, à l’ombre d’un climat de sécurité et de confiance”.

Dans le salon princier: l’Emir répondant aux questions
de Melhem Karam, en présence de MM. Mohamed Moutaweh,
El-Bouz, Saër Karam, Abdel-Hassan Bou-Hussein, et El-Babili.

NON À DE NOUVELLES CONFRONTATIONS MILITAIRES AU P.O.

Melhem Karam: - Peut-on s’attendre à une nouvelle guerre entre la Syrie et Israël?

Cheikh Issa: “Nous ne souhaitons nullement de nouvelles confrontations militaires dans la région dont les répercussions négatives affecteront tout le monde. “La guerre moderne est préjudiciable à toutes les parties, c’est pourquoi les possibilités de son déclenchement sont plus difficiles”.

Melhem Karam: - La paix serait-elle imminente ou proche ou bien Israël entrave-t-il son avènement d’une manière insidieuse?

Cheikh Issa: “Le train de la paix pourrait tarder à démarrer, mais il est certain qu’il a commencé sa course et ne s’arrêtera pas, car la paix est la langue du siècle... Des entraves seraient posées, sciemment pour obtenir plus d’acquis; cependant, le mécanisme de la paix se poursuit et nous souhaitons qu’il réussisse, car son substitut serait la guerre, laquelle serait coûteuse et destructrice pour toutes les parties. “Le sommet du Caire a affirmé que la paix est une option stratégique pour les Arabes, c’est pourquoi nous y sommes attachés. L’action arabe se poursuit en vue de faire aboutir les efforts de paix. Il reste à Israël de poursuivre les négociations à partir du point où elles se sont arrêtées et non de les reprendre à zéro”.

POUR UNE COOPÉRATION INTERNATIONALE CONTRE LE TERRORISME

Melhem Karam: - La violence, le terrorisme et l’extrémisme intégriste continueront-ils à dominer l’état sécuritaire dans le monde?

Cheikh Issa: “Ces phénomènes sont temporaires et comptent parmi les séquelles de la guerre froide. Ils pourraient être nécessaires à certains régimes dans le jeu de la lutte politique, afin que leurs institutions restent en éveil et en activité. Toujours est-il qu’ils affecteront tout le monde par leurs retombées négatives. “C’est pourquoi, le monde commence à traiter avec eux d’une manière ferme et tient des conférences internationales pour faire face au terrorisme. Mais ces efforts ne réussiront pas sans une coopération internationale véritable, pour affronter ces fléaux dont les menaces ne se limitent pas à une seule société, mais concerne la sécurité mondiale tout entière”.

Melhem Karam: - Quel est l’état de vos relations avec l’Arabie séoudite?

Cheikh Issa: “Nos relations avec la grande sœur l’Arabie séoudite sont cordiales, d’un genre spécial et privilégié. Nous en sommes fiers, d’autant qu’elles se basent sur la solidarité et la complémentarité à tous les niveaux, à l’ombre de la direction du “Serviteur des deux saintes mosquées”. Le roi Fahd Ben Abdel-Aziz Al-Séoud a beaucoup donné en faveur des causes de sa nation arabe et islamique, à partir de données islamo-arabes, à la dimension de la position privilégiée du royaume séoudite au double plan islamique et arabe”.

LE GOLFE FACE AUX DANGERS ET AUX DÉFIS

Melhem Karam: - Quels dangers pourraient menacer, actuellement, la région du Golfe?

Cheikh Issa: “En tant que région riche en pétrole, le Golfe fait face à bien des dangers et des défis de la part de milieux recherchant leurs intérêts dans l’instabilité de la région et les séquelles de ses crises. “Par leur solidarité, leur complémentarité et l’examen de leurs problèmes avec un esprit de cordialité, de fraternité et de l’intérêt commun, les Etats du Golfe peuvent déjouer les tentatives de sédition et les germes de discorde entre eux, tout en fermant la porte à ceux qui leur veulent du mal et convoitent leurs richesses”.

Melhem Karam: - Comptez-vous effectuer une visite à Washington prochainement? Le mois prochain, trois leaders arabes: le président Arafat, le président Moubarak et le roi Hussein rencontreront le président Clinton. Washington annonce que d’autres leaders arabes entreprendront des visites similaires?

Cheikh Issa: “ Nos contacts avec l’Administration et les responsables américains sont permanents. Nous coopérons dans bien des domaines avec compréhension et souhaitons aux trois leaders arabes qui se rendront dans la capitale américaine de réussir dans leurs efforts visant à relancer le processus de paix dans la région. “Nous croyons qu’en tant que parties directement concernées par les négociations avec Israël, ils déploieront de grands efforts auprès de l’Administration US, en vue de trouver une formule d’équilibre équitable en prévision des pourparlers de paix”.

QUID DES CONFLITS FRONTALIERS?

Melhem Karam: - Croyez-vous que les conflits frontaliers influeront sur l’action du Conseil de coopération du Golfe?

Cheikh Issa: “Tout conflit, quelle que soit sa dimension, a des répercussions préjudiciables, s’il n’est pas tranché rapidement. Au sein du CCG, nous jouissons d’une situation spéciale, en tant que frères unis par des liens solides, c’est pourquoi, nous devons nous élever au-dessus des problèmes frontaliers, afin de préserver la spécificité des relations entre nos peuples et nos sociétés”.

Melhem Karam: - Jugez-vous nécessaire de tenir un sommet arabe aux fins d’examiner les modalités d’application des résolutions du dernier sommet du Caire, surtout après le raidissement de Netanyahu?

Cheikh Issa: “Nous appelons en permanence à des réunions périodiques du sommet arabe. Il s’agit de rencontres nécessaires à l’examen de nos problèmes, car elles nous permettent de passer en revue les résolutions qui n’ont pas été appliquées. Et, aussi, d’unifier nos positions dans l’intérêt de notre nation arabe et notre avenir unique. “Dans les rencontres des dirigeants arabes s’offre une occasion pour l’échange des vues, des opinions et des idées, tout en réalisant plus de coopération et de rapprochement entre nous”.

LE LIBAN RECOUVRE SA VITALITÉ

Melhem Karam: - Comment voyez-vous la situation actuelle au Liban? Quelle est votre vision futuriste? La sécurité et la prospérité y seront-elles raffermies?

Cheikh Issa: “Nous rendons grâces à Dieu que la situation dans ce pays frère s’est stabilisée et que la reconstruction du Liban se poursuit d’une manière parfaite. Nous avons confiance dans la capacité du peuple libanais et la sagesse de ses dirigeants qui parviendront à y ramener la prospérité. “Ce qui s’y est passé durant les années de guerre, a endolori notre cœur, mais avec ses hommes sincères, le Liban frère est capable d’effacer les séquelles de ces années dures, pour recouvrer sa vitalité”.

Melhem Karam: - Dans une récente interview à notre hebdomadaire, le président Hosni Moubarak a fait état de préparatifs en vue de la tenue d’une conférence internationale pour la lutte contre le terrorisme sous les auspices des Nations Unies. Que pensez-vous de cette initiative, comme de la direction du Raïs et de sa personnalité?

Cheikh Issa: “Nous appuyons, comme je l’ai dit, tout effort à l’échelle internationale destiné à combattre le terrorisme et la violence dans le monde. “Nous nous tenons aux côtés du président Moubarak dans tout ce qu’il entreprend dans ce domaine. Quant à sa direction historique de l’Egypte, elle se passe de commentaire: ce qu’il a offert à son pays et les efforts qu’il a déployés pour servir les causes de sa nation arabe et islamique, témoignent de sa sage direction et de sa vision lucide des événements”.

Melhem Karam: - Quelle est votre opinion à propos de la position du président Hafez Assad hostile à tout règlement du conflit régional qui ne restituerait pas la totalité de la souveraineté et des territoires arabes?

Cheikh Issa: “Dans cette position, le président Assad ne traduit pas, uniquement, son opinion personnelle, mais des options arabes et nationales sincères et franches ayant foi en ce que la paix juste et globale ne se réalisera que par la restitution de tous les territoires arabes occupés, en vertu des résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité et du principe de la terre contre la paix. “Le président Assad jouit d’une personnalité transcendante qui lui dicte ses prises de position nationales sincères”.