SATURNALES
LE DÉPART DE L’AMBASSADEUR
Il semble de plus plus en probable, selon une source autorisée que l’ambassadeur de France, M. Jean-Pierre Lafon ne quittera pas le Liban au mois de mai, comme prévu initialement. Il demeu-rera au Liban à son poste jusque après la visite du Souverain Pontife au Liban. Car selon l’ordre de préséance diplomatique, si ce changement a lieu avant la visite papale, le nouvel ambassadeur de France risque d’être tout à la fin de la liste des chefs de missions diplomatiques en poste au Liban au cours des cérémonies et réceptions, ce qui ne siérait pas au représentant de “la fille aînée de l’Eglise”. Idem, si c’est un chargé d’Affaires qui représente la France, les chargés d’Af-faires suivant en préséance tous les ambassadeurs et respectant entre eux-mêmes une préséance selon la date de leur nomination. En raison du protocole, M. Jean-Pierre Lafon verra, sans doute, son séjour au Liban prolongé. Cela est très courant dans la vie diplomatique qu’un pays donné diffère le départ ou le transfert de son ambassadeur quand un événement important est prévu dans un proche avenir. Ainsi à Moscou en 1980, lors des Jeux Olympiques, l’ambassadeur du Canada M. David Henry Ford qui était en poste depuis plus de seize ans à Moscou et qui aurait dû rentrer au pays au début de l’année, a été maintenu en URSS jusqu’en septembre 1980, afin qu’il demeure le doyen du Corps diplomatique et ne cède pas sa place à l’ambassadeur de Bulgarie lors de toutes les manifestations qui devaient avoir lieu à l’occasion des jeux d’été. Une raison de plus invoquée alors et toujours valable: un ambassadeur en poste depuis quelques années, est plus au courant des us et des coutumes, ainsi que des susceptibilités à ménager qu’un nouveau venu, fut-il Metternich ou Talleyrand réincarnés.
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LE “PÈRE” DE LA NOMENKLATURA N’EST PLUS
C’est au début des années 1970, que le mot “NOMENKLATURA” entre officiellement dans le jargon politique occidental. Le mot veut dire l’élite officielle, politique, administrative ou intellectuelle en URSS et dont la nomination à des postes importants dépend du parti, des syndicats ou des Soviets. Leur liste constitue une nomenclature. C’est l’historien Michael Voslensky qui a fait entrer ce terme “nomenklatura”, grâce à son livre paru chez Belfond et qui porte le titre: “La Nomenklatura, les privilèges en URSS”. Ce dernier vient de mourir en Allemagne à l’âge de 76 ans. Né en 1920, sur les bords de la mer d’Azov, Michael Voslensky a fait des études de sciences politiques et d’histoire. En 1946, il est interprète au procès de Nuremberg. Il travaille ensuite au service d’information du Conseil mondial de la paix à Prague, puis à Vienne. En 1955, il rentre à Moscou où il enseignera avant de quitter définitivement l’URSS en 1972. Il est aussi l’auteur “Des maîtres de la nomenklatura” (Belfond) et “Des nouveaux Secrets de la nomenklatura” (Plon). Quand et qui dévoilera les secrets de la nomenklatura libanaise? Ce sera sans aucun doute un nouveau livre des Mille et une Nuits, sans compter les jours.
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LA FRANCOPHONIE? SOUTIEN ET SOUTIEN!
On ne soutient que ce qui tremble, ce qui flagelle, ce qui hésite, ce qui vacille. On ne soutient pas ce qui est fort, ce qui est solide, ce qui est ferme! Il faudrait cesser de parler du “soutien à la Francophonie”, car cela donne une idée péjorative de la situation. Les anglophones et anglophiles ne parlent jamais de soutien à l’anglais, à l’anglophonie. Ils se moquent pas mal de ce que l’on baragouine. Ils n’ont même pas d’Académie qui définit les mots, les termes, les usages etc... Et l’anglais, non seulement ne s’en porte pas plus mal, mais est en train de conquérir le monde. Plutôt que de parler continuellement de “francophonie”, d’“encouragement à la francophonie”, il suffirait de prendre des mesures plus concrètes, d’envoyer des troupes de théâtre françaises dans les pays amis, francophones, d’envoyer des coopérants qui enseigneraient aux professeurs indigènes de français, comment parler eux-mêmes, de distribuer des films de cinéma valables, au lieu des bêtises que l’on projette sur nos écrans. Où sont les très bons films français? Même s’ils ne sont pas des succès commerciaux, il faut les encourager! Et qu’on cesse de parler de “soutien à la langue française”, car la seule impression que cela donne est que la langue française est en train de tomber.
| MORALE FÉMININE ET MORALE MASCULINE
A l’aube du troisième millénaire, les Libanais en sont encore à pratiquer la discrimina-tion entre les garçons et les filles. Une enquête récente, établie par un sociologue de l’Université Américaine, arrive à la conclusion que 90% des parents interrogés déclarent qu’ils sont pour une expérience sexuelle prémaritale pour le sexe fort. Quant aux membres de la gent féminine, il est exigé qu’elles arrivent au mariage pures comme le lys de la vallée. Mais où est donc cette logique? Si les hommes doivent faire leurs expériences, avec quel sexe le feront-ils? Un troisième sexe? Sans le dire clairement, les parents suggèrent que cela “se fasse” avec des étrangères... Là c’est différent, disent-ils, ailleurs, c’est entré dans les mœurs... Mais au Liban, non, non et non. Quelle hypocrisie! Combien seraient-ils étonnés et déçus de réaliser que leur progéniture femelle a passé outre, depuis bien longtemps, leurs interdits. Ne comprennent-ils donc pas ces Libanais, que la morale est une, que cela soit pour les garçons ou pour les filles. Le mal est le mal et le bien est le bien sans distinction de sexe, de race et de religion. Nul n’est en train de prôner la licence des mœurs. Mais il est absurde de maintenir une barrière étanche entre ce qui est permis aux garçons et ce qui est permis aux filles. Un homme qui trompe son épouse, cela n’est pas grave. C’est à peine une erreur! Une femme qui trompe son époux, c’est inadmissible! C’est impardonnable! Et dire qu’on célèbre avec éclat la fête de la Femme au Liban! |
MARY YAZBEK AZOURY.