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Le cardinal patriarche Sfeir s’entretenant
avec le président de la République brésilienne,
M. Fernando Enrique Cardoso.
Avec
le président du Sénat brésilien.
C’est le 1er
mars que le cardinal Sfeir a entamé sa visite pastorale et officielle
au Brésil qui a duré quinze jours et dont Sao Paulo fut la
première étape. A l’aéroport, l’éminent prélat
a été accueilli par l’archevêque maronite du Brésil,
Mgr Youssef Mahfouz, le chef du protocole de l’Etat de Sao Paulo, Mme Barasilia
Di Erwada, MM. Mario Kovas et Hanna Ghorayeb (ce dernier d’origine libanaise)
membres du Conseil municipal de la ville; l’ambassadeur du Liban Ghazi
Chidiac et le consul général du Liban Charbel Aoun; Mme Dolly
Lahoud, chef du protocole à la municipalité de Sao Paulo,
ainsi que par plusieurs personnalités officielles, diplomatiques,
dignitaires religieux et fils de la communauté. Le convoi du patriarche
qui s’est ébranlé de l’aéroport vers l’archevêché
maronite, comptait non moins de vingt voitures et les routes de Sao Paulo
furent coupées à son passage. C’est au son des cloches et
des applaudissements des fidèles que le patriarche est entré
dans l’église de l’archevêché pour la prière
d’action de grâces, alors que des jeunes de la communauté
entonnaient des cantiques en syriaque et libanais. Répondant au
mot d’accueil de l’archevêque Mahfouz, il lui dit: Monseigneur vous
avez été le premier à nous adresser en votre nom une
invitation pour effectuer cette visite et cette invitation fut suivie de
celle de l’association de bienfaisance maronite; puis, de l’invitation
du président du Conseil épiscopal du Brésil, le cardinal
Luca Moriara Nifes. Je vous en remercie tous et demande à Dieu,
par la protection de la Vierge N.D. du Liban et St Maron de vous accorder
ses bienfaits et de faire de cette visite une bénédiction
afin d’assurer la continuité des liens entre vous et votre patrie
première.

Avec le président du Sénat brésilien.
BÉNÉDICTION DU SIÈGE DE
L’ASSOCIATION DE BIENFAISANCE MARONITE
Le soir même de l’arrivée du patriarche à Sao-Paulo,
l’Association de bienfaisance maronite a organisé une grande cérémonie
pour la bénédiction de son siège à laquelle
ont pris part plusieurs personnalités religieuses, diplomatiques
et officielles, ainsi que des milliers d’émigrés. Après
les hymnes nationaux libanais et brésilien chantés en chœur
par l’assistance, plusieurs allocutions furent prononcées dont en
premier, celle du président de l’Association, Antonio Chahine qui
a évoqué l’historique de cette association et les étapes
de l’émigration libanaise vers le Brésil, ainsi que la joie
et la fierté des Libano-Brésiliens que le patriarche des
maronites Mgr Sfeir soit le premier à fouler le sol de l’Amérique
latine, Sao Paulo en étant la première étape. Répondant
aux différentes allocutions, le patriarche Sfeir rend un vibrant
hommage à l’œuvre et à l’action de bienfaisance maronite,
à ses fondateurs et à ceux qui en ont poursuivi la tâche
et la mission tout au long d’un siècle avec la même fidélité.
Il évoque la place importante qu’occupent, aujourd’hui, les Libano-Brésiliens
dans tous les domaines au service du Brésil et rappelle que les
liens entre le patriarcat maronite et l’empereur Don Pedro le second, remontent
au dernier quart du siècle passé lorsque l’empereur a visité
le Liban à deux reprises en l’espace de dix ans et se serait rendu
au siège patriarcal de Bkerké.
SAO PAULO ET UN PÉRIPLE DÉMARRANT
EN FORCE
Dans la matinée du dimanche 2 mars, le cardinal Sfeir
a présidé une messe solennelle en l’église Notre-Dame
du Liban, dépendant de l’archevêché maronite de Sao
Paulo qui fut concélébrée par le cardinal Don Paolo
Avresto Arens, NN.SS. évêques Youssef Béchara Youssef
Mahfouz et l’évêque des Arméniens catholiques en Amérique
latine entouré des prélats grecs-orthodoxes, grecs-catholiques,
arméniens orthodoxes. Parmi l’assistance, deux députés
fédéraux d’origine libanaise, Wadih Hélou et Ricardo
Azar, les membres du Conseil municipal de la ville, l’ambassadeur Ghazi
Chidiac, le président de l’U.L.C.M. Georges Antoun, plusieurs autres
personnalités et dignitaires et une foule immense de fidèles.
Le cardinal Arens a prononcé en premier une homélie souhaitant
la bienvenue à son “confrère” le patriarche maronite dans
son deuxième pays le Brésil et a rendu à l’action
des Libanais au service de leur nouvelle patrie et leur attachement indéfectible
en même temps à la mère - patrie. L’archevêque
Mahfouz a pris ensuite la parole pour retracer l’historique de l’émigration
libanaise au Brésil. Le patriarche Sfeir entame son homélie
par cette phrase de l’évangile: “Si le grain de blé meurt,
il portera beaucoup de fruits” et exprime sa joie de célébrer
la messe en cette église dédiée à N.D. du Liban
et de célébrer la St Maron fêtée au Brésil
le premier mars. Il s’attarde sur l’importance de Sao Paulo, une des plus
grandes villes au monde qui groupe le plus grand nombre de Libanais depuis
les débuts de l’émigration vers le Brésil. Il rend
hommage à l’action des émigrés libanais au Brésil
qui occupent des postes importants en différents domaines et secteurs
politiques, économiques, socio-culturels... A l’issue de l’office,
le patriarche a dévoilé une plaque incrustée dans
le mur de l’église et commémorant cet événement.
L’après-midi du même jour, le patriarche Sfeir et le cardinal
Arens ont concélébré une messe solennelle en la cathédrale
de N.D. de Sao Paulo à l’invitation de son conseil épiscopal.
Ainsi, au cours de ces deux premières journées marathoniennes
de sa visite historique au Brésil, le patriarche maronite a eu à
Sao Paulo un véritable bain de foule d’émigrés libanais.
“VOTRE PRÉSENCE PARMI NOUS, NOUS FAIT
GRAND PLAISIR”, AFFIRME LE CHEF D’ÉTAT BRÉSILIEN ACCUEILLANT
SFEIR
La deuxième étape de la visite du patriarche maronite
au Brésil sera l’étape officielle, au cours de laquelle il
sera reçu en la capitale brésilienne Brasilia par le chef
de l’Etat, les présidents de la Chambre et du Sénat et le
ministre des Affaires étrangères. Au palais présidentiel,
le cardinal Sfeir a été reçu par le chef d’Etat brésilien,
Fernando Enrique Cardoso durant une demi-heure en compagnie de NN.SS. Youssef
Béchara et Youssef Mahfouz et de l’ambassadeur Chidiac. Devant le
palais, la garde présidentielle a rendu les honneurs et le président
Cardoso accueillait chaleureusement Mgr Sfeir affirmant: “Soyez le bienvenu,
votre présence parmi nous, nous fait grand plaisir. La communauté
libanaise est une grande communauté dont on est fier, car elle a
largement contribué à la prospérité du Brésil
auquel elle est sincèrement attachée.” Le cardinal patriarche
Sfeir a répondu; “Nous sommes reconnaissants au Brésil pour
tout ce qu’il a offert aux émigrés libanais, d’autant plus
qu’un bon nombre d’entre eux a émigré dans des conditions
difficiles”. Il a ensuite demandé au président brésilien
s’il n’allait pas répondre à l’invitation qui lui a été
adressée pour visiter le Liban et M. Cardoso a répondu par
l’affirmative disant qu’il n’a pas encore toutefois fixé de date.
Au cours de sa première journée à Brasilia, Mgr Sfeir
a rencontré, pendant vingt minutes, le ministre des Affaires étrangères
et un déjeuner fut offert au ministère en son honneur, auquel
avaient été conviés: le nonce apostolique, les cardinaux
de Brasilia et de Sao Paulo, plusieurs ambassadeurs dont ceux de France,
d’Argentine, des Philippines, de Pologne... Le soir du même jour,
le patriarche a participé à une messe célébrée
au siège du congrès des prélats brésiliens
pour rencontrer ensuite les ambassadeurs arabes au siège de l’ambassade
du Liban à Brasilia. La journée s’est achevée par
un dîner offert par la communauté libanaise de Brasilia au
club «Monte Libano» en présence d’un grand nombre d’invités.
L’ambassadeur Chidiac devait offrir un déjeuner à l’ambassade
en l’honneur de Mgr Sfeir.
À BRASILIA: À LA CHAMBRE ET AU
SÉNAT
Pour sa deuxième journée de visite officielle
à Brasilia, le patriarche a rencontré au siège du
parlement, le président de la Chambre des députés
qui est d’origine libanaise, Michel Tamer. L’entretien a duré trente
minutes. M. Tamer a souhaité la bienvenue au patriarche qui a répondu
en exprimant sa fierté qu’un grand nombre de parlementaires soient
d’origine libanaise, félicitant M. Tamer pour son poste. Il lui
rappelle aussi que le Liban a besoin de recouvrer sa souveraineté,
sa liberté de pensée et d’expression, son indépendance,
d’autant plus que les résolutions appelant au retrait de toutes
les troupes étrangères de son sol ne sont toujours pas appliquées.
Au Sénat, le patriarche Sfeir a rencontré de même son
président Magalis durant une vingtaine de minutes. Lors de l’impressionnant
dîner offert par la communauté libanaise au club «Monte
Libano», Sa Béatitude fut accueilli par de vifs applaudissements.
Puis, après que la fanfare eut joué les hymnes nationaux
libanais et brésilien, Mgr Sfeir a levé le voile sur une
plaque commémorant l’événement.
BELO HORIZONTE: TROISIÈME ET RICHE ÉTAPE
Belo Horizonte, capitale de l’Etat de Minas Geraës, fut la troisième
étape du périple patriarcal au Brésil. Il y reçut
à la fois un accueil officiel et communautaire. Devant l’entrée
du palais du gouverneur de l’Etat, ou «Palacio de la libertad»,
le tapis rouge avait été déroulé jusque dans
la rue, les gardes dans leur tenue bariolée s’étaient placés
des deux côtés pour rendre les honneurs. Le patriarche Sfeir
fut accueilli par le gouverneur Eduardo Azirodo entouré de ses ministres
d’origine libanaise et de personnalités et notables libano-brésiliens.
L’entretien d’une trentaine de minutes fut suivi d’un déjeuner à
la table du gouverneur. Côté communautaire, le patriarche
fut accueilli, à l’aéroport de Belo Horizonte par le chef
de l’épiscopat de Minas et le cortège officiel s’est rendu
directement à l’église N.D. du Liban des maronites, où
les fidèles s’étaient rassemblés en nombre impressionnant
à l’extérieur et à l’intérieur de l’église.
La messe fut célébrée dans le plus pur rite maronite
avec des psaumes en syriaque. Le soir, le patriarche et la délégation
qui l’accompagnait étaient les hôtes du dîner offert
en leur honneur par le club libanais de Belo Horizonte.
ŒCUMÉNISME ET CONVIVIALITÉ
Toujours à Belo Horizonte répondant aux questions des journalistes,
le patriarche Sfeir devait affirmer surtout que «l’occupation par
Israël de 15% du sol libanais, ainsi que la présence de 400.000
Palestiniens et de 35.000 soldats syriens au Liban créent une situation
anormale. Il a relevé que la volonté libanaise et la libre
décision se heurtent à des obstacles tout en ayant la certitude
que cela ne durera pas. Mgr Sfeir a parlé aussi de l’esprit œcuménique
qui existe au Liban entre les communautés catholiques et non catholiques,
de la convivialité entre chrétiens et musulmans dont le Liban
se démarque en dépit des secousses qui ébranlent cette
convivialité de temps à autre. Il a affirmé, par ailleurs,
que malgré l’arrêt de l’état de guerre, le Liban attend
toujours une paix globale et réelle. L’Etat de Bahia fut la quatrième
étape de ce voyage avec le même accueil officiel et chaleureux.
Le gouverneur Paolo Ghanem Soto, d’origine libanaise, souhaiterait visiter
le pays de ses ancêtres partis de Jezzine.
RIO DE JANEIRO: UNE ÉTAPE IMPORTANTE
A son arrivée à Rio, le cardinal Sfeir s’est rendu
au sanctuaire de Corcovado du Christ Roi. Aux pieds de la statue, le père
Georges Khoury a donné un aperçu historique du monument et
des régions qu’il domine. Après ce pèlerinage, le
patriarche s’est rendu directement au domicile du consul général
du Liban, Moustapha Hamdane qui avait réuni à déjeuner
en l’honneur du patriarche et de la délégation qui l’accompagnait,
soixante-quinze personnalités libanaises ou d’origine libanaise.
Plusieurs allocutions, furent prononcées. Quant à la mission
libanaise et à la paroisse N.D. du Liban qui lui est rattachée,
elle a offert un dîner au club «Monte Libano» de Rio,
auquel ont pris part plus de huit cents personnes. Le patriarche a clôturé
son week-end à Rio de Janeiro par une messe solennelle à
N.D. du Liban. Il a prononcé une importante homélie insistant
sur les valeurs spirituelles et morales de la chrétienté
et de son Eglise.
DE RIO GRANDE À SAO PAOLO, ULTIME ÉTAPE
Après Rio de Janeiro, le patriarche s’est rendu à
Porto Allegre, capitale de l’Etat de Rio Grande où il a inauguré
une place portant le nom de St Maron et prononcé une allocution
évoquant les enseignements de Saint-Maron qui sont ceux du Christ.
A Porto Allegre comme tout au long de cette visite, en plus des rencontres
officielles et communautaires, le patriarche fut l’hôte à
déjeuner à l’hôtel St Raphaël de la communauté
libanaise, alors que le Club libanais organisait en son honneur un grand
dîner. Dans cette ville, il a visité l’asile libanais des
vieillards. A l’heure de quitter cet Etat vers la dernière étape
de son voyage, les éléments de la police fédérale
et les agents de la circulation qui étaient chargés d’accompagner
le patriarche et d’assurer sa sécurité lui ont demandé
de réciter une prière spéciale à leur intention,
car leur vie est souvent en danger. C’était émouvant de voir
bon nombre d’entre eux à genoux à l’entrée du salon
d’honneur de l’aéroport écoutant les prières du cardinal
Sfeir. Après avoir été la première escale,
Sao Paulo fut aussi l’ultime étape de ce voyage historique du patriarche
maronite au Brésil. Dans cette métropole, il aura encore
plusieurs activités officielles et pastorales. Il y rencontre le
gouverneur de l’Etat, Mario Covas évoquant avec lui les problèmes
libanais et ceux de l’émigration. Il se rend de même en pèlerinage
à la cathédrale N.D. du Brésil, la Vierge Noire à
Aparecida, accompagné d’un cortège de voitures et aura droit
à un véritable bain de foule. Un accueil émouvant
lui est réservé. Il participe à un office divin célébré
en latin et en syriaque. Toujours à Sao Paulo Mgr Sfeir inaugure
une rue portant le nom de Saint Maron et évoque dans son allocution
l’histoire mouvementée des maronites du Liban, affirmant que le
Libanais ne peut pas vivre sans liberté, sans démocratie
et sans respect des droits de l’homme. En l’honneur de Sa Béatitude,
l’Association de bienfaisance maronite a offert au club Monte Libano un
dîner auquel ont pris part 2000 personnes dont plusieurs personnalités
politiques, administratives et religieuses...
LA CONFÉRENCE DE PRESSE: “LA JUSTICE
NE PEUT PAS ÊTRE SÉLECTIVE”
A Sao Paulo, l’avant-veille de son retour, le patriarche Nasrallah Sfeir
a tenu une conférence de presse, au siège de l’archevêché
maronite. Les questions des journalistes brésiliens venus nombreux
à cette conférence ont essentiellement porté sur la
souveraineté du Liban, sur le cas du leader des F.L. Samir Geagea,
sur la reconstruction et l’exode des chrétiens du Liban et de l’ensemble
de la région du Proche et Moyen-Orient. A la question: “Comment
pouvez-vous qualifier la situation au Liban”, Sfeir répond: “Sur
le plan économique, il y a une crise car sur les quatre millions
de Libanais, un million vit sous le seuil de la pauvreté. Sur le
plan social, la guerre a créé des clivages entre les Libanais,
dont un demi million de déplacés et autant d’émigrés.
Seuls 20% des déplacés ont réintégré
leurs foyers. Sur le plan politique, tout est limité au Liban: la
pratique du pouvoir, la souveraineté, la libre décision”.
A la question relative à ses prises de position qui dérangent
certaines parties au Liban il affirme: “Je ne fais que dire la vérité.
Je ne voudrais pas décevoir l’espoir du peuple. Ni je critique,
ni j’attaque, je dis simplement ce qui se passe afin de porter les responsables
à corriger ce qui doit l’être à changer de pratique
là où il le faut”. Quant à l’affaire Geagea il affirme:
“M. Samir Geagea comme tant d’autres était un chef de milice et
se trouve actuellement en prison. Le Liban vivait à cette période
dans un état de pagaille et il y avait plusieurs milices. L’opinion
publique critique aujourd’hui le fait que seul Geagea est jugé,
alors que d’autres comme lui ne le sont pas”. “Soit on juge tout le monde,
soit on ne le fait pas pour tous. La justice ne peut pas être sélective”.
Dans tous ses messages, allocutions et déclarations, S.Em. le cardinal
Sfeir évoque l’histoire du Liban, ainsi que celle des maronites,
l’attachement de tous ses fils au fil des siècles à leur
liberté et l’espoir qui demeure vivant au cœur de tous, qu’ils recouvreront
leur pleine souveraineté, leur indépendance et leur liberté.
Il rendra hommage aux émigrés, les invitant à venir
au Liban ne serait-ce que pour de brefs séjours. Samedi 15 au soir,
le patriarche Sfeir était de retour au Liban.
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