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“VOUS DÉTRUISEZ LA PAIX, JE N’AI PLUS CONFIANCE EN VOUS”! |
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Dans une longue lettre, dont l’existence a été
révélée par la presse israélienne, le roi Hussein
de Jordanie, a adopté un ton très dur, reprochant, notamment,
à Netanyahu sa décision de créer un nouveau quartier
juif à Jérusalem-Est. Le monarque n’est pas content de la
façon dont l’Etat hébreu conduit le processus de paix et
il l’a fait savoir au Premier israélien sans s’embarrasser de fioritures.
“Si cette mesure n’est pas rapportée, prévient-il, elle risque
de faire exploser le processus entier” prétendant entre autres,
ne pas comprendre les mouvements de balancier de la politique israélienne:
“Il s’agit de la période la plus difficile dans les relations entre
nos deux pays...” Cette lettre aurait été précédée
par un entretien téléphonique tout aussi tendu. Pour tenter
de faire oublier ces échanges d’aménités, le ministre
israélien de la Défense, Yitzhak Mordechai a été
dépêché à Amman, dans un de ces retournements
dont les dirigeants israéliens sont coutumiers; alors que le ministre
des Affaires étrangères David Lévy haussait le ton
en menaçant de geler le processus de paix en raison de la démarche
palestinienne appelant à un débat à l’Assemblée
générale de l’ONU - toujours bien entendu à propos
de la construction d’un nouveau quartier juif à Jérusalem-Est.
En somme la carotte et le bâton! Yasser Arafat, face à un
Netanyahu intraitable, mais fort du soutien international majoritaire,
joue la modération. C’est ainsi, qu’il a appelé Israël à agir en conformité avec la “paix des braves”, ajoutant qu’il est toujours impliqué dans le processus de paix - au moment même où il prépare une rencontre diplomatique internationale à Gaza, dans le but de faire le point! Israël a immédiatement réagi en prétendant que la tenue de cette réunion ne pouvait que compromettre le processus de paix et demandé aux Etats-Unis de boycotter cette rencontre - ce que ces derniers ont purement et simplement rejeté: “C’est l’occasion pour les Palestiniens d’exprimer leurs préoccupations quant à la situation actuelle au Proche-Orient et d’entendre les points-de-vue de pays amis tels les Etats-Unis (sic!)” C’est ce que s’est empressé de déclarer le porte-parole du département d’Etat, Nicholas Burns qui a ajouté: “Il est opportun que nous y allions”. Conscients de la frustration des Palestiniens, provoquée par le veto américain au Conseil de Sécurité, ayant poussé ceux-ci et tous les Arabes à se tourner vers l’Assemblée générale, les Américains essayent de la sorte de limiter les dégâts. Quant à Netanyahu, visiblement embarrassé par les reproches du monarque jordanien et à court d’arguments valables et désireux de justifier son comportement il a répondu au roi Hussein, qu’il avait hérité d’un processus de paix qui avait échoué et que les choses ne sont pas en train d’évoluer dans la bonne direction... “J’ai lu votre lettre, écrit-il, avec une profonde inquiétude et je ne voudrais surtout pas susciter le doute et l’amertume chez vous, Majesté. Mais j’ai hérité d’un processus qui échouait. Mon pays était secoué par la plus grave vague de terrorisme de son histoire: des autocars sautaient au milieu de nos villes et une guerilla meurtrière se déroulait au Liban. Alors, au lieu d’abandonner le processus convenu à Oslo, j’ai cherché à lui donner un second souffle et j’ai pris des décisions difficiles tels le redéploiement à Hébron - malgré les risques, - la libération de prisonnières palestiniennes, dont des meurtrières d’Israéliens, la levée partielle du bouclage des territoires palestiniens et le transfert de fonds à l’Autorité palestinienne - malgré les dettes accumulées par celle-ci envers Israël. Quant au processus d’Oslo, il a remis à la phase finale le réglement des problèmes les plus ardus avec les Palestiniens... Mais les relations israélo-jordaniennes ne peuvent être les otages des pourparlers israélo-palestiniens et des tiraillements qu’ils engendrent. Je ne comprends pas pourquoi et comment la construction de 2.500 logements réservés à des Juifs et des 3.015 prévus pour les Arabes à l’intérieur des limites municipales de Jérusalem peut être considérée comme une nouvelle implantation. Je pense que mes actes en dépit de l’opposition d’une partie de mes propres sympathisants parlent d’eux-mêmes... “M. Netanyahu a achevé sa longue missive de disculpation en félicitant le souverain hachémite pour son courage et sa compréhension. On devine aisément que les arguments spécieux avancés par le Premier israélien n’ont pas convaincu le destinataire de cette lettre truffée de faux prétextes. Du reste, la publication des deux lettres, l’une à Amman et l’autre à Tel-Aviv, ont étalé au grand jour le différend opposant le souverain hachémite au Premier israélien. Ce coup de sang jordanien constitue plus une annonce qu’une mise en garde contre des violences prochaines imminentes. Depuis dimanche, les voies de communication entre l’OLP et le gouvernement Likoud sont à nouveau coupées. Yasser Arafat ne répond plus aux appels de Benjamin Netanyahu. Son principal négociateur, Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen a démissionné. Faute d’interlocteur, l’Etat hébreu ne peut même pas effectuer le mini-retrait qu’il a décidé unilatéralement trois jours plus tôt - comme un os à ronger jeté aux Palestiniens! La réunion de Gaza, sur l’initiative de Yasser Arafat et à laquelle l’Amérique va participer, en dépit des objurgations israéliennes devrait accroître l’isolement de ces derniers: un ostracisme que l’Assemblée générale de l’ONU vient de confirmer par cent-trente voix contre deux lors de la conclusion de ses débats sur la “colonisation de Jérusalem-Est”. Cette dérive frappe en premier Netanyahu: lâché par la vieille garde du Likoud, impliqué dans une obscure affaire politico-judiciaire, le Premier ministre israélien semble plus seul que jamais! D’autant plus que les événements se précipitent justifiant ainsi les appréhensions du roi Hussein. Preuve en est: le massacre des sept collégiennes israéliennes, perpétré par un garde-frontière jordanien! Crime qualifié d’ignoble par les autorités jordaniennes - mais qui n’en illustre pas moins l’ampleur de la tension créée dans la région par le gouvernement Netanyahu depuis plusieurs mois et qui va croissant!
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