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INTERVERSION DES PRIORITÉS ET NOUVELLES ORIENTATIONS ÉCONOMIQUES

Après avoir soutenu pendant quatre ans que l’ordre (gouvernemental) des prirorités est irréversible, le Pouvoir change de ton et crée la surprise en décidant en Conseil des ministres (notre photo) de procéder à de “nouvelles orientations économiques” au profit des secteurs agricole et industriel. Ainsi, l’importation sera interdite à partir d’octobre de tout produit de la terre ayant son équivalent sur place. De plus, un projet de loi visant à promouvoir les investissements va être élaboré.

Au cours des quatre dernières années, le Pouvoir ou sa coterie ressassait à longueur de temps, que l’ordre des priorités établi par le Sérail était irréversible. Avait-il adopté cette attitude par conviction, parce que la jugeant saine et valable ou par esprit de contradiction, pour la raison que l’interversion de cet ordre était réclamée par ses détracteurs? Quoi qu’il en soit, il n’est jamais tard pour bien faire et “mieux vaut tard que jamais”. Au cours de son avant-dernière réunion, le Conseil des ministres a créé la surprise en optant pour de “nouvelles orientations économiques”. En effet, il a décidé d’interdire, à dater du 1er octobre, l’importation de tout produit agricole ayant son équivalent sur le marché local. Au cours des sept mois à venir, le ministère de l’Agriculture devra établir la liste des produits de la terre pouvant être trouvés sur place et de ceux que le Liban ne peut s’empêcher d’importer. Si elle est appliquée - et nous espérons qu’elle le sera - cette décision aura pour conséquence de réactiver le secteur agricole qui n’a cessé de péricliter depuis plusieurs décennies. A tel point, que de vastes superficies de notre sol sont laissées en friche ou inexploitées, faute de main-d’œuvre et de moyens. Le gouvernement est donc tenu de prendre les dispo-sitions voulues, afin de freiner l’exode des campagnards vers les régions urbaines à la recherche d’un gagne-pain et, aussi, d’accorder à ces derniers une aide substantielle, consistant en prêts à taux réduit, en semences sélec-tionnées, en machines et en engrais chimiques pour leur permettre de reprendre le chemin des champs. On pourra, alors, répéter le vieux dicton populaire: “Un paysan qui se suffit est un sultan caché.” Et cet autre non moins significatif: “Heureux quiconque possède une litière de chève dans la montagne libanaise”, qu’on évoquait en un temps maintenant révolu! Nous écrivons cela au moment où les cultivateurs de la Békaa manifestent et brûlent leurs fruits et légumes à même la chaussée, en signe de protestation contre le refus de l’Etat d’acheter la totalité de leur récolte de tabac, pour avoir planté quelques dounoms en plus sans permis! Ces mêmes agriculteurs menacent de s’adonner de nouveaux aux cultures illicites ou probibées - telle celle du hashich - si on ne leur assure pas des cultures de rechange.

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Le secteur industriel est le second objectif des “nouvelles orientations économiques. Le gouvernement concentrera ses efforts sur les industries se signalant par leur compétitivité, dont la production est destinée, d’abord, à la consommation locale; puis, à l’exportation. Il leur accordera toute son attention et un soin particulier. A cet effet, un projet de loi portant promotion des investissements sera élaboré et transmis à la Chambre, pour ratification. Dans le même temps, le ministère de l’Indus-trie, récemment séparé de celui du Pétrole, soumettra dans les prochaines semaines, un plan d’action, sur base d’une étude exhaustive effectuée par l’Institut de promotion des investissements dans les secteurs productifs. “Il n’est pas juste de soutenir que nous sommes uniquement, un pays de tourisme; nous pouvons également compter sur l’industrie et l’agriculture”, a déclaré le chef du gouvernement. Il en était temps. Aussi, est-il nécessaire, pour stimuler ces deux secteurs, d’encourager les investissements, en commençant par simplifier les formalités, pour permettre le démarrage des entreprises agricoles et industrielles. Ainsi, il sera mis fin aux tracas administratifs dus à la routine. Il faut, également, faciliter l’entrée des ressortissants étrangers, surtout au port et à l’aéroport et faire bénéficier les voyageurs d’avantages auxquels ils sont habitués pour les encourager à venir et, surtout, à retourner dans notre pays après y être venus une première fois, devenant ainsi nos plus fervents propagandistes.


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