Editorial

NETANYAHU DONNE LE FEU VERT À HAR HOMA: LA PAIX COMPROMISE...

Rien ne va plus à... Jérusalem-est, est-on porté à dire, après le feu vert donné par Netanyahu aux bulldozers pour entreprendre les travaux à Har Homa, emplacement de la nouvelle colonie juive (la onzième) dans le secteur oriental de la Ville sainte. Cependant, au moment où éclataient les premiers affrontements palestino-israéliens, Arafat demandait aux Palestiniens “de ne pas recourir à la violence”. C’est, vraisemblablement, la conséquence de la médiation du roi Hussein (notre photo) auprès de Tel-Aviv et de la démarche effectuée par le prince héritier Hassan de Jordanie auprès de l’Autorité autonome à Gaza.

Netanyahu a donné le feu vert pour la construc-tion du nouveau quartier juif à Jérusalem - est, faisant la sourde oreille aux protestations suscitées dans le monde par la judaïsation de la Ville sainte. Dès le déploiement d’importants effectifs de fantassins appuyés par les blindés, les transports de troupes et les bulldozers aux abords du chantier, la tension s’est de nouveau manifestée sur le terrain où des affrontements limités, pour le moment, ont opposé Palestiniens et Israéliens. “Il ne nous reste plus qu’à descendre dans la rue”, a déclaré Fayçal Husseini. Cependant et contraire-ment à ce qu’on s’y atten-dait, le ton reste pondéré au niveau de l’Autorité palestinienne. Yasser Ara-fat ayant demandé au peuple palestinien “de ne pas recourir à la violence.” Abou-Ammar a lancé cet appel après avoir conféré avec un responsable israélien qui a mis en garde contre la violence, présentant cette dernière comme “un piège dans lequel nous ne devons pas tomber.” A vrai dire, l’Etat hébreu use de la carotte et du bâton: d’un côté, il proclame sa détermination à poursuivre sa politique de colonisation jusqu’au bout et, de l’autre, dans une tentative de déblocage, il permet à l’avion d’Arafat d’utiliser l’aéroport de Gaza récemment construit au sud de la bande. Autre signe encourageant: la reprise des pourparlers en vue de l’aménagement d’un port dans la même zone, ce qui est important pour le peuple palestinien et son économie. C’est, à n’en pas douter, la conséquence de la médiation entreprise dimanche par le roi Hussein et, par la suite, par le prince héritier Hassan de Jordanie, le frère du souverain hachémite ayant transmis au chef de l’Autorité palestinienne une offre arabo-américaine pour tenter de surmonter la crise. Quoi qu’il en soit, il faut attendre pour voir si la rue palestinienne se conformera à l’appel d’Abou-Ammar ou, au contraire, se rangera à l’avis de Fayçal Husseini, principal responsable de l’Autorité autonome et son représentant dans le secteur oriental de Jérusalem... D’ailleurs, le ton du Caire et de Damas ne rassure guère. “Comment pouvons-nous améliorer nos relations et les normaliser avec Tel-Aviv, alors que les Israéliens tuent nos frères?”, s’est demandé le président Hosni Moubarak. Et Farouk el-Chareh, ministre syrien des A.E. a déclaré d’un ton désabusé: “L’opération de paix au Proche-Orient a cessé d’exister depuis l’accession de Netanyahu au pouvoir Elle ne pourra pas être relancée tant que l’Etat hébreu refuse d’appliquer les résolutions internationales relatives au conflit israélo-arabe.” Quoi qu’on dise, Jérusalem constitue, n’en déplaise à Israël, une ligne rouge qu’il n’est pas permis de dépasser, car elle concerne et intéresse non seulement le judaïsme, mais les autres religions monothéistes dont les adeptes doivent disposer du droit d’accéder librement à la Ville sainte qui ne peut être judaïsée, ni devenir la “capitale éternelle’ d’un Etat raciste et spoliateur.


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