Saturnale


Par MARY YAZBECK AZOURY.

“IL PROFESSORE” ET “L’OLIVIER”

LA POMME DE DISCORDE NOUVELLE DIPLOMATIE DE CHOC
Une visite selon le cœur et selon la raison. Telle peut être résumée en quelques mots la visite de M. Romano Prodi, président du Conseil italien au Liban. Surnommé “Il Professore”, car il était professeur de philosophie à l’université avant de se lancer dans la politique, Prodi est le fondateur du Parti de “L’Olivier”, un parti qui veut bien dire ce qu’il professe: la paix. La paix sur tous les fronts, surtout, dans les domaines économique et social. Romano Prodi, un catholique croyant et pratiquant, est né en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ayant vécu les séquelles de l’après-guerre et c’est pourquoi ce pacifiste inné a choisi la branche de l’olivier comme symbole de son parti, qui se trouve actuellement au pouvoir. Au Liban, bien que rapide, sa visite a été de qualité et toute la République s’est mise sur son trente et un pour le recevoir avec son épouse et toute la délégation qui l’accompagne. Au déjeuner de son homologue libanais, M. Hariri, un demi millier d’invités, parmi lesquels M. Walid Joumblatt en cravate (ce qui est à noter), MM. Boutros Harb, Najah Wakim, Zaher el-Khatib, entre autres... A mentionner, aussi, la présence de jeunes libano-italiens, parmi lesquels l’ingénieur Sandro Acar qui a servi d’interprète bénévole aux dames du groupe. Sur toutes les tables des raviers de labné, décorés d’olives noires et vertes. Est-ce le hasard ou un clin d’œil au parti du Premier ministre italien? Pour une fois, tous les invités étaient ponctuels à la minute et le soufflé au fromage a pu être servi, comme entrée. Dans son discours, Prodi a, bien sûr, parlé de la paix, de la stabilité et de l’intégrité au Liban. Il a souligné l’importance du Liban dans le monde et a conclu en disant: “La décision de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II de visiter le Liban prochainement, prouve combien on accorde de l’importance à ce pays, au plus haut niveau spirituel. Je suis un chrétien catholique, concerné par la présence des communautés chrétiennes au Liban. Mais nous respectons toutes les religions et tous les responsables politiques au Liban...” En cette veille du dimanche des Rameaux, jamais visite du président-fondateur du “Parti de l’Olivier”, n’aura été plus propice. Le ministre de l’Agriculture, Chawki Fakhoury, a répondu aux protestations officielles égyptiennes, concernant l’inter-diction faite aux Libanais d’importer des pommes de terre égyptiennes, en invoquant les difficultés que rencontrent les pommes libanaises en Egypte. Fakhoury a déclaré que les pommes libanaises restaient dans leurs cageots à l’intérieur des conteneurs frigorifiés, des mois. Aussi, quand elles sont livrées aux importateurs, elles sont souvent à moitié pourries. Telle est la raison de l’embargo imposé aux pommes de terre égyptiennes. La pomme de discorde? Le chef du gouvernement a quitté le Liban pour l’Egypte afin de régler le différend. Il semble que, depuis Adam et Eve, la pomme est et restera un sujet épineux. Pourquoi la pomme est-elle appelée pomme de discorde? Selon la mythologie grecque, Pélée, roi légendaire (non pas le Pélé du football) d’Iolcas, épouse en secondes noces la Néréide Thétis. Les dieux apportent leurs présents. Eris ou la Discorde (D majuscule) a été négligée et n’a pas été invitée. Elle apparaît quand même aux noces et jette au milieu des invités son cadeau: la fameuse “Pomme d’Or” avec l’inscription “A la plus belle”.... qui devait directement ou indirectement causer tant de guerres, entre autres la Guerre de Troie. Car depuis ce moment, la paix n’a plus régné sur terre, chacune des filles d’Eve - sans compter ses fans -prétendant être la plus belle. Qui au Liban pourrait prétendre le contraire? Elle n’est plus toute jeune, elle n’est pas particulièrement jolie, ni très douce. Et pourtant! Madeleine Albright, secrétaire d’Etat américain, a reçu un nombre record de bises chaleureuses sur les deux joues, en commençant par le président Chirac et a eu droit à des centaines de baisemains proto-colaires; elle est reçue partout avec chaleur et enthousiasme. Ce que Madeleine Albright possède est, selon ceux qui l’ont rencontrée, beaucoup de charme et de naturel. Sa connaissance parfaite de plusieurs langues la met parfaitement à l’aise partout. Et récemment encore en Russie, Boris Eltsine a renvoyé son interprète officiel, pour s’entre-tenir une bonne demi-heure en tête-à-tête avec le secrétaire d’Etat américain, en langue russe. Le département d’Etat voulait lui imposer une dame de compagnie pour l’habiller, la coiffer, la maquiller. Elle a refusé tout net, affirmant qu’elle se débrouillera. Quant à ses cheveux, elle a décidé de porter des chapeaux. Lorsqu’elle a visité le Kremlin au clair de lune, elle n’a pas hésité à répondre à ceux qui lui demandaient son impression; “C’est fort beau, mais je gèle...” Elle boit très peu d’alcool, mais a une préférence très nette pour le champagne rosé très frappé. La diplomatie de choc semble bien convenir aux Américains, car ils savent où et comment la pratiquer. Au Liban, seul un diplomate de carrière pouvant marcher sur des œufs peut survivre.

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TOP SECRET
Le journal “As-Safir” (L’Ambassadeur) du 3 mars annonce qu’un certain nombre de ministres ont transformé leurs bureaux ministériels, en quartier général pour les élections municipales, au vu et au su de tout le monde, y compris des plus hautes autorités. Dans le même journal, en date du 10 mars, on lit qu’un représentant d’une organisation des Nations Unies, a déclaré “confidentiel-lement” sous le sceau du secret que la situation administrative au sein du gou-vernement est la pire qu’il ait jamais connue, au cours de sa longue carrière et de sa grande expérience professionnelle dans les pays les moins développés du monde. Selon lui, la gabégie, le gâchis, le gaspillage et, surtout la perte de temps provoquent plus du tiers de perte en argent du budget de l’Etat. Ce qui est le plus choquant est, qu’aucun responsable ne se sente concerné, aucun n’est disponible pour examiner les choses en profondeur, alors qu’on les voit se pavaner pour ne rien dire devant n’importe quel micro de radio ou TV.

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ART BUCHWALD ET DOLLY On a demandé à Art Buchwald, un des meilleurs écrivains et éditorialistes américains ce qu’il pensait du clonage et de Dolly. Pince sans rire, il leur a répondu: “Pour moi, toutes les brebis se ressemblent. Je ne pourrais distinguer Dolly d’aucune autre.”.


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