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Le prince héritier Abdallah Ben Abdel-Aziz d’Arabie
séoudite,
arrivant à la salle de réunion. Assis, à gauche, Yasser
Arafat.
Les représentants de cinquante-quatre pays ayant participé
au sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) qui
a tenu ses assises, durant le dernier week-end, à Islamabad (Pakistan)
ont souscrit aux requêtes présentées, d’une part, par
le Liban et la Syrie, réclamant l’arrêt de la normalisation
avec Israël et d’autre part, par la délégation palestinienne,
condamnant la politique de colonisation israélienne, spécialement
la judaïsation de Jérusalem. Et ce, après la décision
du Cabinet Netanyahu de construire un nouveau quartier juif dans le secteur
oriental de la Ville sainte. Dans son intervention, le président
Rafic Hariri a qualifié “d’injustifiées” des relations économiques
entre certains Etats islamiques et l’Etat hébreu... “car l’injection
d’un sang nouveau dans l’économie d’Israël, dit-il, aidera
ce pays à poursuivre ses agressions contre les pays arabes.”

Le président Rafic Hariri échangeant
une poignée
de main avec le président iranien, Ali Akbar Hashemi Rafsandjani.
HARIRI DÉNONCE LA POLITIQUE ISRAÉLIENNE
Le chef du gouvernement a dénoncé la politique
israélienne dans les territoires occupés et au Liban-Sud
et exposé les moyens d’y faire face. Aussi, a-t-il appelé
à une position arabe et islamique unifiée pour mettre en
échec cette politique qui met en péril le processus de paix
au Proche-Orient. “Nous demandons, a-t-il enchaîné, une attitude
franche et claire pour empêcher Israël de poursuivre ses agressions,
notamment à Jérusalem... Depuis l’accession de la droite
israélienne au pouvoir, Israël n’a cessé de s’enfoncer
dans son entêtement. En dépit de la décision du Liban
de s’engager dans le processus de paix conformément aux principes
définis à Madrid, Israël poursuit ses agressions contre
la partie méridionale et la Békaa Ouest, provoquant des tués,
des blessés et des dégâts matériels considérables”.
Enfin, il a réclamé l’application de la résolution
425 du Conseil de Sécurité, exigeant le retrait immédiat
et inconditionnel d’Israël du Liban.
KHADDAM: HALTE À LA NORMALISATION
M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien, a adopté
une position similaire, en appelant à l’arrêt des contacts
et de la normalisation avec l’Etat hébreu, “afin de répondre
aux aspirations les plus élémentaires des peuples musulmans.”
De plus, il a vivement critiqué “une paix noyée par les concessions.”
“Personne ne sera capable d’une paix telle que la conçoit Israël.”
MM. Hariri et Khaddam se sont entretenus longuement dans la capitale pakistanaise,
avant de conférer avec le prince héritier Abdallah d’Arabie
séoudite et M. Nawaz Charif, Premier ministre du Pakistan. Le vice-président
syrien devait déclarer à l’issue de la rencontre: “La politique
actuelle d’Israël n’aura aucune répercussion sur le Liban...
Il fut un temps où elle aurait pu en avoir. Mais il existe, à
présent, au Liban une unanimité pour faire face à
Israël, considéré comme un Etat agresseur et spoliateur.”
LES PALESTINIENS SATISFAITS
La délégation palestinienne n’a pas caché
sa vive satisfaction, le sommet d’Islamabad ayant condamné la judaïsation
de la Ville sainte, estimant “qu’elle fait partie intégrante des
territoires palestiniens occupés en 1967.” Les congressistes ont
critiqué avec violence la décision de Tel-Aviv d’entreprendre
la construction d’un nouveau quartier juif dans le secteur oriental de
Jérusalem, la partie arabe de la cité abritant la mosquée
Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam. L’OCI a demandé
aux Nations Unies “de contraindre l’Etat hébreu à arrêter
la confiscation des terres palestiniennes et la construction de nouvelles
colonies de peuplement, y compris celle de Har Homa entamée sur
la colline d’Abou-Ghoneim. M. Yasser Arafat a accusé Israël
“de chercher à isoler Al-Kods et à la judaïser. Il n’y
aura pas de paix, a-t-il soutenu, sans le retour de la Ville sainte aux
Palestiniens qui projettent d’en faire la capitale de leur futur Etat.”
PRÉOCCUPATIONS PAKISTANAISES
Dans leurs interventions, le président pakistanais, Farouk Leghari
et son Premier ministre, Nawaz Charif, ont exprimé leurs préoccupations
et leur ferme opposition à la politique suivie par Israël dans
les territoires arabes occupés. “L’action israélienne, a
dit le chef de l’Etat hôte, vise à changer les réalités
démographiques et physiques dans la Ville sainte.” M. Charif réaffirme
“le soutien du monde musulman aux droits inaliénables du peuple
palestinien.” Vingt chefs d’Etat et de gouvernement et de princes héritiers
ont participé au sommet islamique, entre autres le président
iranien, Rafsandjani dont le pays accueillera, en décembre prochain,
le sommet ordinaire de l’OCI. Les congressistes ont plaidé en faveur
d’une meilleure coopération des Etats membres, dans les domaines
de la sécurité et du règlement des différends
interislamiques par les voies pacifiques et le dialogue. A cette fin, ils
ont recommandé la création d’un mécanisme islamique
de gestion des conflits. Signalons, enfin, parmi les points qui figuraient
à l’ordre du jour du sommet: la réconciliation en Afghanistan,
les accords de Dayton sur la Bosnie-Herzégovine, la dénonciation
de l’agression contre l’Azerbaïdjan et l’attachement à l’intégrité
territoriale de l’Albanie.
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