Evénements de la semaine

D’ISLAMABAD AU CAIRE, EN PASSANT PAR PARIS ET RABAT

La crise du Proche-Orient a été, cette semaine, au centre des débats et des échanges de vues au plus haut niveau et sous toutes les latitudes: au sommet de l’OCI à Islamabad; à la conférence des ministres arabes des A.E. au Caire; lors de la rencontre du président Nabih Berri avec le président Chirac (notre photo) et d’autres responsables français à Paris; au cours de la réunion du Comité Al-Kods, convoqué d’urgence à l’effet de délibérer à propos du problème, combien épineux et délicat, de Jérusalem. Mais sur le plan pratique, le résultat sera le même, tant que l’Amérique ne renoncera pas à sa politique partiale à l’égard d’Israël.

Le branle-bas de combat diplomatique déclenché par la décision du Cabinet Netanyahu, relative à la nouvelle colonie juive de Jérusalem-est - doublé d’affrontements sur le terrain en Palestine occupée - s’est transposé à Islamabad et enfin au Caire, en passant par Rabat et Paris. Dans la capitale pakistanaise, le sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) “a exprimé son mécontentement du comportement de l’Etat hébreu... et donné satisfaction aux Palestiniens (sur la Ville sainte), en condamnant la politique israélienne de colonisation”. Les cinquante-quatre pays participants à cette conférence - dont le Liban - ont affirmé que “Jérusalem fait partie intégrante des territoires palestiniens occupés en 1967”. De plus, ils ont dénoncé la construction d’une nouvelle colonie juive dans la partie arabe de la cité qui abrite la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam. Dans un appel aux Nations Unies, le sommet de l’OCI, a invité l’organisation internationale à contraindre Israël “à arrêter, immédiatement, la confiscation de terres palestiniennes pour y édifier de nouvelles colonies de peuplement”, y compris celle de Har Homa à Jabal Abou-Ghoneim. Au préalable, Yasser Arafat avait accusé l’Etat hébreu “de chercher à isoler Al-Qods” (Jérusalem) et à la judaïser, en ajoutant “qu’il n’y aurait pas de paix sans le retour de cette ville aux Palestiniens qui projettent d’en faire la capitale de leur futur Etat”. Dans leurs discours, le chef de l’Etat et le Premier ministre pakistanais avaient proclamé “le soutien du monde musulman dans son ensemble aux droits inaliénables du peuple palestinien.” Pendant ce temps, le président Nabih Berri conférait à Paris avec le président Chirac au palais de l’Elysée, en présence de M. Philippe Seguin, président de l’Assemblée nationale française, à propos de la conjoncture proche-orientale, suite aux initiatives malencontreuses de Tel-Aviv, qui transgressent les accords conclus avec l’Autorité palestinienne. Le chef du Législatif libanais, résumant ses entretiens avec les responsables français a dit qu’il avait évoqué “la possibilité de rendre plus efficace le rôle européen au Proche-Orient, ainsi que le souhaitent les pays arabes... en plus d’une coopération économique plus active dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen.” Quelques jours plus tard, le Comité Al-Qods devait siéger à Rabat sous la présidence du roi Hassan II et, par la suite, le Conseil politique de la Ligue arabe était appelé à se réunir à l’échelon des ministres des Affaires étrangères, à l’effet de délibérer à propos de la crise israélo-arabe dans son ensemble et, spécialement, du problème de Jérusalem. Que de paroles prononcées et de suggestions formulées, partant du fait, du reste réel, que “la communauté internationale est excédée par le comportement israélien dans les territoires occupés.” Oui, mais comment mettre un terme à ce comportement qui va à l’encontre de la logique et trangresse les résolutions de la légalité internationale, du moment que l’Amérique, supposée être le “parrain honnête et impartial” de l’opération de paix, en entrave le processus par sa politique partiale et ambivalente, ainsi que le prouve le fait pour elle d’avoir usé du droit de veto au Conseil de Sécurité, deux fois en moins de deux semaines, pour mettre en échec un projet de résolution comportant un blâme à l’Etat hébreu?


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