- Comment qualifiez-vous vos rapports avec
le président de la République qui avaient été
perturbés à un moment donné?
«Ils sont excellents à l’heure actuelle, le froid qui
les caractérisait est maintenant du passé.»
POUR LA RÉACTIVATION DU SECTEUR AGRICOLE
- Comment jugez-vous la situation sur le plan agricole dans votre circonscription?
«Elle n’est ni bonne ni mauvaise. Les cultures locales dans la
Békaa et les autres districts ont besoin d’être protégées,
modernisées et soutenues. L’évolution de la recherche agricole
scientifique chez nous, commence par la réactivation du service
des recherches agricoles scientifiques, sous la supervision du ministère
de l’Agriculture et des facultés d’agronomie. Celles-ci sont quatre
relevant des universités libanaise, américaine, des Jésuites
et de Kaslik. «Ces facultés doivent encourager les recherches
dans le domaine agricole et, aussi, propager la technologie moderne au
niveau de l’agriculture et du cultivateur, par le canal de l’orientation
agricole.»
- Vous préconisez donc un plan de relèvement agricole?
«On souhaite vainement un tel relèvement, si on n’adopte
pas les procédés modernes en vue d’une meilleure exploitation
de la terre. «Aussi, le ministère de l’Agriculture et le Conseil
national de la recherche scientifique ont-ils le devoir de contribuer à
l’évolution de l’agriculture au Liban, l’orientation agricole étant
le dénominateur commun entre la recherche scientifique et l’agriculture.
«Cela exige l’adoption d’un plan pour l’évolution de l’enseignement
agricole sous la supervision du ministère de l’Agriculture».
POUR LE MARKETING AGRICOLE
- Ne croyez-vous pas que tout cela reste incomplet en l’absence
d’une conception évoluée du marketing agricole?
«C’est exact et je considère le marketing comme le maillon
le plus important qui manque dans l’opération du développement
agricole».
- Qui en supporte les charges?
«Les ministères de l’Agriculture, pour les affaires municipales
et rurales, de l’Habitat et des Coopératives. Ces derniers ont la
possibilité de trouver des débouchés pour l’écoulement
de nos produits de la terre, par l’intermédiaire des marchés
coopératifs ou populaires, en optant pour la transparence dans ce
domaine».
- Qu’est devenu le plan de l’alimentation dont
vous avez proposé l’élaboration?
«J’ai émis des idées et des suggestions dans ce sens,
mais les ministères qualifiés, ceux de l’Agriculture, de
la Santé, de l’Economie et du Commerce sont tenus d’améliorer
la situation alimentaire dans le pays, en contrôlant la qualité
des produits locaux».
IL FAUT PROTÉGER NOS RICHESSES NATURELLES
- Avons-nous des richesses naturelles?
«Certainement, mais nous ne faisons rien ou presque pour les
protéger. Je pense notamment aux forêts, à la richesse
poissonnière, ainsi qu’à la protection de la terre et de
l’environnement et les espaces verts des incendies. «Il faut, également,
multiplier et étendre les réserves naturelles, en vue de
protéger les espèces animales menacées de disparition
et, surtout, interdire la pêche au moyen de la dynamite et de filets
non conformes aux normes déterminées par la loi».
- Peut-on taxer l’Etat de négligence?
«L’Etat est tenu d’accorder au secteur agricole l’importance
voulue et de procéder à la classification des terres agricoles,
pour pouvoir décider des cultures à adopter dans chaque région.»
OUI, AUX ÉLECTIONS MUNICIPALES
- Venons-en, voulez-vous, aux élections municipales et de
moukhtars. Qu’auriez-vous à dire à ce sujet?
«De telles élections n’ont pas été organisées
depuis 1963. Pourtant, les municipalités ont un rôle primordial
à jouer sur le plan de l’équipement et du développement.
«Le moment est venu pour le peuple d’élire ses conseillers
municipaux et moukhtars. Les municipalités jouissent de la personnalité
morale, de l’autonomie administrative et financière dans le cadre
de la loi qui leur fixe leurs attributions et détermine le champ
de leurs activités.»
- Vous attendez-vous à ce que les élections municipales
aient lieu prochainement?
«J’affirme plutôt qu’elles seront organisées dans
un délai moins long que certains imaginent».
- Quelle est votre opinion à propos de la décentralisation
administrative?
«Elle doit être réalisée rapidement, car
elle a pour avantage de répartir les fonctions de l’administration
entre le gouvernement central et des organismes (les municipalités)
ayant leur personnalité morale et œuvrent sous le contrôle
gouvernemental.»
- Quel est votre avis au sujet de la loi sur la décentralisation
administrative élaboré par le ministère de l’Intérieur?
«Elle est plus proche de la centralisation que la décentralisation
administrative, car elle élargit les attributions et l’autorité
du ministère de l’Intérieur au plan administratif dans toutes
les régions libanaises. De fait, la nouvelle loi, l’administrateur
voit ses prérogatives renforcées, à tel point de rappeler
celles du Haut commissaire, dans le cadre du district. Aussi, aurait-il
tendance à se montrer complaisant à l’égard du ministre
de l’Intérieur, alors que le but de la réforme à ce
stade est en rapport avec le développement. «L’administrateur
doit être désigné par voie d’élection et non
de nomination. Il est préférable qu’il soit du mohafazat
dont il a la charge. Tel est mon point de vue, mais si une autre proposition
est suggérée de nature à servir l’intérêt
public, j’y souscrirai, car je suis un démocrate ouvert à
toutes les suggestions.»
RENFORCE LA DÉMOCRATIE
- Le document d’entente nationale propose-t-il la décentralisation
administrative en tant que simple formule de rechange?
«Il la conçoit en tant que moyen efficace de renforcer
la démocratie, par le biais de la participation populaire au développement
équilibré du pays».
- Vous l’intégrez dans les structures de l’Etat?
«Exactement, car le sujet concerne ces structures. Aussi, devons-nous
procéder à la réforme du système administratif,
comme cela doit être réalisé une ou deux fois au cours
du siècle». Enfin, à la question: La conjoncture régionale
affecte-t-elle le Liban au plan intérieur? M. Skaf répond:
«Elle s’y répercute sans nul doute; ne faisons-nous pas partie
de la région?» - Doit-on désespérer de la paix?
«Netanyahu mène campagne contre la paix juste et globale en
faveur de laquelle nous œuvrons avec la Syrie».
(Propos recueillis par Joseph Melkane).
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