Evénements de la semaine

PRÉSIDENT DE LA COMMISSION PARLEMENTAIRE DE L’AGRICULTURE

ELIE SKAF

«LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET DE MOUKHTARS CONTRIBUENT À CONSOLIDER LA DÉMOCRATIE»
Il est l’image de son regretté père, Joseph Skaf, au physique et au moral. M. Elie Skaf, président de la commission parlementaire de l’Agriculture, a acquis, en dépit de son âge, une vaste expérience dans le domaine politique, ayant suivi de près l’action de l’auteur de ses jours et hérité, son leadership dans la Békaa, qu’il s’est employé à raffermir davantage. Son élection aux dernières législatives en est une preuve. Comment explique-t-il sa capacité de perpétuer le souvenir du paternel? «Notre maison, dit-il, est connue depuis longtemps pour s’adonner au service public, tout comme de son éloignement des petitesses et consacrer ses efforts en vue de satisfaire les besoins des citoyens».

- Comment qualifiez-vous vos rapports avec le président de la République qui avaient été perturbés à un moment donné?
«Ils sont excellents à l’heure actuelle, le froid qui les caractérisait est maintenant du passé.»

POUR LA RÉACTIVATION DU SECTEUR AGRICOLE
- Comment jugez-vous la situation sur le plan agricole dans votre circonscription?
«Elle n’est ni bonne ni mauvaise. Les cultures locales dans la Békaa et les autres districts ont besoin d’être protégées, modernisées et soutenues. L’évolution de la recherche agricole scientifique chez nous, commence par la réactivation du service des recherches agricoles scientifiques, sous la supervision du ministère de l’Agriculture et des facultés d’agronomie. Celles-ci sont quatre relevant des universités libanaise, américaine, des Jésuites et de Kaslik. «Ces facultés doivent encourager les recherches dans le domaine agricole et, aussi, propager la technologie moderne au niveau de l’agriculture et du cultivateur, par le canal de l’orientation agricole.»

- Vous préconisez donc un plan de relèvement agricole?
«On souhaite vainement un tel relèvement, si on n’adopte pas les procédés modernes en vue d’une meilleure exploitation de la terre. «Aussi, le ministère de l’Agriculture et le Conseil national de la recherche scientifique ont-ils le devoir de contribuer à l’évolution de l’agriculture au Liban, l’orientation agricole étant le dénominateur commun entre la recherche scientifique et l’agriculture. «Cela exige l’adoption d’un plan pour l’évolution de l’enseignement agricole sous la supervision du ministère de l’Agriculture».

POUR LE MARKETING AGRICOLE
- Ne croyez-vous pas que tout cela reste incomplet en l’absence d’une conception évoluée du marketing agricole?

«C’est exact et je considère le marketing comme le maillon le plus important qui manque dans l’opération du développement agricole».

- Qui en supporte les charges?
«Les ministères de l’Agriculture, pour les affaires municipales et rurales, de l’Habitat et des Coopératives. Ces derniers ont la possibilité de trouver des débouchés pour l’écoulement de nos produits de la terre, par l’intermédiaire des marchés coopératifs ou populaires, en optant pour la transparence dans ce domaine».

- Qu’est devenu le plan de l’alimentation dont vous avez proposé l’élaboration?
«J’ai émis des idées et des suggestions dans ce sens, mais les ministères qualifiés, ceux de l’Agriculture, de la Santé, de l’Economie et du Commerce sont tenus d’améliorer la situation alimentaire dans le pays, en contrôlant la qualité des produits locaux».

IL FAUT PROTÉGER NOS RICHESSES NATURELLES
- Avons-nous des richesses naturelles?
«Certainement, mais nous ne faisons rien ou presque pour les protéger. Je pense notamment aux forêts, à la richesse poissonnière, ainsi qu’à la protection de la terre et de l’environnement et les espaces verts des incendies. «Il faut, également, multiplier et étendre les réserves naturelles, en vue de protéger les espèces animales menacées de disparition et, surtout, interdire la pêche au moyen de la dynamite et de filets non conformes aux normes déterminées par la loi».

- Peut-on taxer l’Etat de négligence?
«L’Etat est tenu d’accorder au secteur agricole l’importance voulue et de procéder à la classification des terres agricoles, pour pouvoir décider des cultures à adopter dans chaque région.»

OUI, AUX ÉLECTIONS MUNICIPALES
- Venons-en, voulez-vous, aux élections municipales et de moukhtars. Qu’auriez-vous à dire à ce sujet?

«De telles élections n’ont pas été organisées depuis 1963. Pourtant, les municipalités ont un rôle primordial à jouer sur le plan de l’équipement et du développement. «Le moment est venu pour le peuple d’élire ses conseillers municipaux et moukhtars. Les municipalités jouissent de la personnalité morale, de l’autonomie administrative et financière dans le cadre de la loi qui leur fixe leurs attributions et détermine le champ de leurs activités.»

- Vous attendez-vous à ce que les élections municipales aient lieu prochainement?
«J’affirme plutôt qu’elles seront organisées dans un délai moins long que certains imaginent».

- Quelle est votre opinion à propos de la décentralisation administrative?
«Elle doit être réalisée rapidement, car elle a pour avantage de répartir les fonctions de l’administration entre le gouvernement central et des organismes (les municipalités) ayant leur personnalité morale et œuvrent sous le contrôle gouvernemental.»

- Quel est votre avis au sujet de la loi sur la décentralisation administrative élaboré par le ministère de l’Intérieur?
«Elle est plus proche de la centralisation que la décentralisation administrative, car elle élargit les attributions et l’autorité du ministère de l’Intérieur au plan administratif dans toutes les régions libanaises. De fait, la nouvelle loi, l’administrateur voit ses prérogatives renforcées, à tel point de rappeler celles du Haut commissaire, dans le cadre du district. Aussi, aurait-il tendance à se montrer complaisant à l’égard du ministre de l’Intérieur, alors que le but de la réforme à ce stade est en rapport avec le développement. «L’administrateur doit être désigné par voie d’élection et non de nomination. Il est préférable qu’il soit du mohafazat dont il a la charge. Tel est mon point de vue, mais si une autre proposition est suggérée de nature à servir l’intérêt public, j’y souscrirai, car je suis un démocrate ouvert à toutes les suggestions.»

RENFORCE LA DÉMOCRATIE
- Le document d’entente nationale propose-t-il la décentralisation administrative en tant que simple formule de rechange?
«Il la conçoit en tant que moyen efficace de renforcer la démocratie, par le biais de la participation populaire au développement équilibré du pays».

- Vous l’intégrez dans les structures de l’Etat?
«Exactement, car le sujet concerne ces structures. Aussi, devons-nous procéder à la réforme du système administratif, comme cela doit être réalisé une ou deux fois au cours du siècle». Enfin, à la question: La conjoncture régionale affecte-t-elle le Liban au plan intérieur? M. Skaf répond: «Elle s’y répercute sans nul doute; ne faisons-nous pas partie de la région?» - Doit-on désespérer de la paix? «Netanyahu mène campagne contre la paix juste et globale en faveur de laquelle nous œuvrons avec la Syrie».

(Propos recueillis par Joseph Melkane).


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