Evénements de la semaine

DANS QUEL ÉTAT REVENEZ-VOUS Ô FÊTE DE L’ADHA ET ANNIVERSAIRE DE CANA!

Le 17 avril, anniversaire combien poignant du massacre de Cana, attriste encore plus les Libanais, car ils baignent dans un climat très peu réjouissant aux plans politique, social, universitaire, syndical et de la vie quotidienne. De fait, les citoyens ont perdu toutes leurs illusions, alors qu’ils en ont plus besoin que de pain (Bernanos dixit). Les dignitaires religieux mahométans l’auront rappelé, hier, dans leurs prêches. Mais est-il de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre?

Le premier anniversaire du massacre de Cana est rendu encore plus triste par la conjoncture régionale et internationale (en rapport avec le conflit israélo-arabe), autant que locale, en raison de la situation intérieure si peu réjouissante et qui laisse beaucoup à désirer. Au plan régional, une malencontreuse décision du Cabinet Netanyahu, relative à la construction d’un nouveau quartier à Jérusalem-est, a remis le feu aux poudres. De fait, les affrontements meurtriers ont repris entre Palestiniens et Israéliens dans les territoires occupés. Le coordonnateur américain revient cette semaine au Proche-Orient “pour consulter Arafat et Netanyahu sur les moyens de relancer le processus de paix”. Au plan international, plus précisément à La Valette, la conférence euro-méditerranéenne qui a inscrit la crise proche-orientale en tête de son ordre du jour, avait du mal à s’entendre sur son communiqué final, dont la rédaction achoppait sur la définition de la paix, de la résistance (à l’occupation) et du terrorisme; et sur la détention par Israël d’armes de destruction massive... Aux dernières nouvelles, les vingt-sept congressistes étaient saisis de trois textes (européen, arabe et israélien) de communiqué. Quelle casse-tête! Au moment où nous mettons, un jour à l’avance, sous-presse (en raison du chômage de l’Adha), nous ignorons lequel des trois documents sera adopté en définitive! Au plan local, la situation est autant morose que préoccupante en cet anniversaire du 17 avril qui endolorit les cœurs, succédant à celui (du 13 avril), non moins affligeant, passé inaperçu ou presque, tant les gens sont confrontés à des problèmes de plus en plus stressants... Au niveau universitaire, syndical et de la vie quotidienne, tout n’est pas rose. Ce qui est arrivé dimanche dernier à Saïda - non loin de Cana - est de nature à ternir le souvenir et la mémoire des martyrs du Sud et du Liban. De Paris où il se trouvait mardi, le chef du gouvernement faisait savoir qu’il s’excusait de ne pouvoir recevoir les vœux à l’occasion de l’Adha “parce qu’elle coïncidait avec l’anniversaire de Cana”. Est-ce, uniquement, pour cette raison, ou bien d’autres causes portent-elles le Premier ministre à ne pas célébrer la fête? “Un ventre de misérable a plus besoin d’illusion que de pain”, lit-on dans “Journal d’un curé de campagne”, de G. Bernanos. Même cette illusion, beaucoup de citoyens en sont privés! Mais les gouvernants continuent à soutenir, de leur thébaïde, que tout va pour le mieux sous notre ciel, en tournant l’oreille sourde au peuple et à ses justes doléances pour n’avoir pas à les satisfaire. Les dignitaires mahométans n’auront pas manqué de le signaler, hier, dans leurs prêches, surtout à la grande mosquée Omari où le mufti de la République a présidé les prières d’usage... Ils auront, sans nul doute, prêché dans le désert, car il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, ni de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...


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