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EN MARGE DES CRISES: HARIRI CHEF D’ENTREPRISE OU DE GOUVERNEMENT?

L’action du Cabinet et sa politique n’ont pas l’heur, c’est un fait, de satisfaire les administrés. D’autant que son chef entreprend de longues pérégrinations - auxquelles il confère une note économico-financière - laissant au temps le soin de régler tant de problèmes et de crises internes aussi complexes les uns que les autres. Ainsi que le R.P.N. (notre photo) l’a observé, «M. Hariri se comporte davantage en chef d’entreprise que de gouvernement...»

Les perpétuelles pérégri-nations du chef du gouverne-ment au cours desquelles il an-nonce la signature de protocoles financiers ou d’accords de coopération aux plans de la re-construction et des investisse-ments (tout en excluant la double imposi-tion), donnent de plus en plus de M. Rafic Hariri l’image d’un chef d’entreprise (ou d’homme d’affaires) que d’un Premier ministre. Tout d’abord, de tels protocoles ou accords pourraient fort bien être négociés par des membres qualifiés du Cabinet, le plus naturellement indiqué étant son bras droit, le ministre d’Etat pour les affaires financières ou tout autre ministre bénéficiant de sa confiance. M. Hariri entreprend le tour du globe alors que dans son pays tout ne va pas sur des roulettes... De fait, maints dossiers chauds requièrent des solutions rapides. Nous nous limiterons à ceux parmi ces dossiers qui ont besoin d’être ouverts d’urgence, à savoir: ceux de l’Université libanaise, de la centrale syndicale, des municipalités, de l’audiovisuel, des Libanais du Zaïre, etc... Dans son dernier communiqué, le “Rassemblement parlementaire national” (groupe Husseini, Hoss, Karamé, Harb, Lahoud et Beydoun) - constate, non sans inquiétude, que “le gouvernement agit comme s’il était en congé ou en voyage, se dérobant ainsi à ses responsabilités dans cette étape cruciale et laissant le pays se débattre dans une série de crises à rebondissements, au lieu d’affronter les problèmes qui se posent pour leur trouver des solutions”. Le R.P.N. dénonce, en conséquence, “l’irresponsabilité” du Cabinet et s’interroge sur les buts des voyages du Premier ministre, en observant “qu’ils dérogent aux règles en vigueur... leurs résultats étant rarement exposés au Conseil des ministres”. De plus, le R.P.N., ainsi que d’autres formations politico-parlementaires, syndicales et populaires dénoncent les “ingérences gouvernementales” dans tous les domaines - la toute dernière s’étant exercée lors d’élections syndicales à Saïda, fief de M. Hariri, “où la répression s’est manifestée dans toute sa laideur” (Hoss dixit). Dans une question adressée au sérail par le canal de la Chambre, un député réclame des explications sur les graves incidents de Saïda, où des journalistes et des reporters-photographes ont été agressés et empêchés d’accomplir leur mission. Il estime que “le moment est venu de réclamer des comptes au gouvernement... dont le maintien au pouvoir met en péril la stabilité politique, sociale et la paix civile”. “Hariri ferait-il ses valises?”, écrivait notre éditorialiste la semaine dernière. Cette interrogation n’a pas manqué d’intriguer beaucoup de nos amis lecteurs qui ont téléphoné “pour de plus amples renseignements”... En réalité, le façon cahoteuse dont évolue le char gouvernemental rend une telle interrogation impérative! Les Libanais bien pensants pensent, en leur for intérieur, que M. Hariri ferait mieux, un chef d’entreprise qu’un homme d’Etat. Aussi, sont-ils persuadés qu’il serait bien inspiré s’il cédait la présidence du Conseil à un autre titulaire plus qualifié, pour se consacrer à la reconstruction qu’il ferait profiter de ses qualités reconnues d’administrateur... D’ailleurs, un membre du Cabinet, en l’occurence M. Farès Bouez, ministre des A.E., a envisagé une telle alternative, dans une déclaration faite lundi à partir de La Valette où il participait à la conférence euro-méditerranéenne.


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