Par MARY
YAZBECK AZOURY.
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S.S. JEAN PAUL II: «BASTA» (STOP-ASSEZ) |
LE PROTOCOLE DU CŒUR |
“MISSI DOMINICI” |
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| «BASTA» (assez) a dit
le Pape au cours de l’audience générale de Pâques,
aux milliers de visiteurs qui se sont pressés pour recevoir sa bénédiction.
«Basta» aux systè-mes économiques qui recherchent
exclusive-ment le profit maximum et font dépendre le droit au travail
à des considérations ou des aléas économiques
et financiers. «Basta» également, a-t-il clamé
à la misère, à la faim, au mépris du peuple
et au profit de quelques-uns. «Basta» aux violations des Droits
de l’Homme, aux atteintes à sa dignité. «Basta»
à la lutte des classes. «Si» (oui) à la lutte
en faveur des salaires dignes et justes. Oui à la Solidarité.
Solidarité entre tous les groupes sociaux, entre toutes les classes.
Oui à la Concorde. Oui à la Justice. Oui à la Charité.
Ecouterions-nous au Liban ces messages?
*** LA CONCORDE *** |
Il faut envoyer la République à une école
de savoir-vivre. Cela s’impose de plus en plus. Les dirigeants ignorent
l’A, B, C de la courtoisie et invoquent le protocole, un protocole qu’ils
interprètent à leur manière. On l’a bien vu au cours
de différentes réceptions officielles au Liban, où
on se demandait selon quels principes cinq ou six dames étaient
invitées au dîner du président de la République
en l’honneur du Chef de l’Etat français qui lui, n’était
pas accompagné de son épouse. Mais passons outre toutes les
bizarreries: les lettres qui demeurent sans réponses malgré
un escadron de secrétaires, d’attachés, de conseillers, de
sous-conseillers etc... Les téléphones auxquels on ne daigne
pas répon-dre, les remerciements ou les condoléances que
l’on oublie etc... etc... etc... «Le Roi peut faire un Lord, disent
les Anglais, Dieu seul peut faire un gentleman...» Ne serait-il pas
digne d’un «gentleman» libanais d’aller recevoir S.S. Jean-Paul
II, l’homme le plus écouté du monde. Celui dont le pouvoir
moral est le plus puissant. On invoque le protocole pour lui déléguer
des sous-fifres... (Les instances religieuses hors du sujet). Peu importe.
Le Pape est au-dessus de toutes ces mesquineries. On ne tiendra pas rigueur
à un pouvoir fragile qu’une double présence étrangère,
rend de plus en plus désemparé, d’un impair ou d’une gaffe...
C’est le protocole du cœur que devrait respecter le Libanais quel que soit
son titre!
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L’Histoire est un éternel recommencement. Tout nous
porte à y croire. Surtout depuis la recrudescence des “Missi Dominici”
au Liban. Les “Missi Dominici” sont les envoyés du seigneur. Quel
seigneur? Certainement pas Notre Seigneur. L’institution des “Missi Dominici”
a été organisée sous Charlemagne. Ils allaient toujours
deux par deux, tenaient des assises, rendaient la justice, recevaient des
plaintes, prononçaient des discours, mais surtout étaient
chargés de la surveillance des autorités locales et avaient
tout pouvoir de décision. Les autorités locales, qui n’avaient
d’autorité que le nom, devaient bien se tenir, obéir et exécuter
les ordres. L’institution dégénéra après Charlemagne,
disparut au IXe siècle en France et au Xe en Italie... ...Pour reparaître
dix siècles plus tard, ces vingt dernières années
au Liban.
*** EN VOIE DE SOUS-DÉVELOPPEMENT? “La grande culture et peut-être la seule culture typiquement libanaise”, écrivait un de nos grands humoristes avant sa disparition, René Najjar, “c’est la culture du Hash...” Exagérait-il? Aujourd’hui que c’est l’envol de la reconstruction au Liban, comment avons-nous établi les priorités? Où en sont la construction d’une Bibliothèque Nationale, d’une salle d’opéra, d’un ou de stades de football (outre la Cité Camille Chamoun)... Où sont-ils tous ces “must”, toutes ces conditions nécessaires indispensables au bon fonctionnement de l’âme, de l’esprit et du corps des Libanais? Si chaque fois que l’on construisait une tour en béton, on prélevait le centième ou le millième du coût de ces tours pour les placer dans les constructions culturelles et sportives, on serait sur le point d’achever de magnifiques réalisations. Le Liban actuel est une société déracinée. Plus de 50% de la population est obligée de réinventer tous les jours des voies de subsistance, jamais à l’abri du besoin. N’est-ce point un facteur majeur, sinon suffisant, de sous-développement? La société libanaise s’est transformée en société de capitalisme sauvage. Il faut rétablir, sans mettre en péril la libre entreprise, un meilleur système d’impôt. Il faut repenser la sécurité sociale, l’aide médicale, les frais scolaires et universitaires. Ce sont des priorités avant les autoroutes, les tours en béton et les palais pour gouvernants. |
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