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À L’ORIGINE DE LA CRISE: L’ABSENCE D’UNE VISION CLAIRE ET D’UN ORDRE DE PRIORITÉS

C’est un membte du gouvernement qui l’a dit, en commentant la «révolte des affamés: «Nous sommes tous des égarés, en ce sens que nous ne savons pas comment résoudre les crises auxquelles nous sommes confrontés». Ce ministre reprend à son compte ce que nous ne cessons de ressasser, à savoir que l’absence d’une vision claire et d’un ordre de priorités rationnellement établi, est à l’origine de la situation socio-économique si peu enviable dans laquelle nous pataugeons.

Quoi qu’on dise ou pense de la “révolte des affamés” de cheikh Soubhi Toufaily, ayant rassemblé vendredi dernier, plusieurs milliers de personnes près du sérail de Baalbeck, on doit reconnaître qu’elle a remué la République de fond en comble et mobilisé d’importantes forces de l’ordre afin de prévenir tout dérapage. Si ce dernier n’a pas eu lieu, le mérite en revient, moins aux représentants de l’autorité, qu’à la sagesse du promoteur de ce vaste mouvement protestataire condam-né, uniquement, par la coterie des gouvernants et leurs thuriféraires... Parce que les gens repus ne peuvent vibrer avec les déshérités, ni comprendre leurs problèmes. Cela dit, il est curieux qu’un membre du Cabinet Hariri ait trouvé le mot juste pour qualifier le mouvement toufayliste: “C’est moins la révolte des affamés, que celle des... égarés”, a déclaré le ministre des Transports, avant d’enchaîner: “C’est la révolte des égarés à tous les niveaux: nous sommes tous incapables de cerner les problèmes auxquels le peuple est confronté et, encore moins, de leur trouver les solutions”. Ce ministre a bien diagnostiqué le mal; il reste à prescrire le remède adéquat à une crise socio-économique qui n’a pas fini de dérouter les citoyens, au point de les amener à désespérer de leur pays et de ceux qui le gouvernent. En fait, le drame provient de l’absence d’une vision futuriste et d’un ordre de priorités au niveau du gouvernement, engagé dans une voie cahoteuse dont nul ne sait où elle débouchera, en définitive. La justesse d’une politique, dit-on, se mesure à ses conséquences. Or, celle suivie depuis quelques années par le Sérail s’est avérée catastrophique, à juger par ses résultats sur le terrain: la situation socio-économique va de mal en pis, le marasme sévit sur une large échelle et le pauvre citoyen n’arrive plus à joindre les deux bouts. Ce qui n’empêche pas les responsables d’instituer de nou-veaux impôts et des surtaxes diffi-ciles à supporter par des contri-buables ayant perdu, depuis long-temps la capacité de supporter davantage de charges fiscales. “Le mal, affirme, à juste raison, un député, réside dans l’Autorité et non l’Etat... Citoyens, ne vous en prenez pas à l’Etat à cause des erreurs monumentales commises par le gouvernement”. Et ce dernier multiple les bévues, les unes plus flagrantes que les autres la toute dernière ayant consisté à refuser d’appliquer l’arrêt du Conseil d’Etat annulant une décision officielle, en vertu de laquelle la censure est imposée aux programmes politiques télévisés diffusés par satellite... Et la solution, diriez-vous? Elle a été indiqué par le Saint-Père dans son exhortation post-synodale. Malheureusement, deux mois après qu’il l’eut proclamée, son appel semble s’être perdu comme un cri dans le désert... ... Parce qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!


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